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  • : COMPRENDRE LE DEFI DU NUMERIQUE
  • COMPRENDRE LE DEFI DU NUMERIQUE
  • : Ce site traite de la question des usages des TIC par les collectivités locales, mais aussi par les individus. En Afrique particulièrement, mais également dans le monde.
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27 décembre 2008 6 27 /12 /décembre /2008 18:21
En raison du développement de plus en plus massif des Technologies de l'Information et de la Communication, la communication est devenue l'objet d'une véritable « ivresse » et d'une « compulsion ». Elle est perçue comme une nouvelle « panacée sociale », en même temps qu'elle s'érige en un nouveau paradigme offrant une grille de lecture convaincante de la réalité du monde contemporain. L'usage effréné du vocable « communication » pousse aujourd'hui, et plus que jamais, à admettre l'existence d'un impératif communicationnel, s'exprimant tant dans la sphère politique que dans la sphère économique, sociale, artistique, etc. « Il faut communiquer ». « Tout est communication ». Ce mot d'ordre rappelle la mise en garde formulée par Paul Watzlawick qui, déjà en 1979, lançait cet avertissement : « on ne peut pas ne pas communiquer »[1].

 

Au Sénégal, l'importance du rôle des TIC en général et de l'Internet en particulier est progressivement reconnue au niveau national et local par les acteurs de la sphère politique, économique et sociale. Tous semblent se rendre à l'évidence que ces outils représentent un puissant levier pour favoriser le développement économique et social, bonifier les performances organisationnelles, susciter l'intérêt ainsi que l'implication des citoyens dans le jeu politique. Cette prise de conscience se traduit par une appropriation sans cesse croissante du vaste espace virtuel que représente le web. Par conséquent, le développement du cyberespace sénégalais s'effectue à un rythme élevé. Selon la Commission Université Réseaux d'Informations (CURI), un organisme rattaché à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar et chargé de l'enregistrement et de la gestion des noms de domaines « .sn », le nombre de sites web sénégalais déclarés serait passé de 62 en 1998 à 914 en 2002, soit une multiplication par plus de quatorze en en une période de quatre ans. En avril 2007, l'Observatoire  sur les Systèmes d'Information, les Réseaux et les Inforoutes au Sénégal (OSIRIS) estimait le nombre de domaines « .sn » déclarés à 1921, 540 étant le nombre de sites effectivement en ligne.


L'étude réalisée sur les sites web de l'information urbaine à Dakar dans le cadre du Projet eAtlas n'avait pas pour objectif de répertorier tous les sites en ligne. Il ne s'agissait pas non plus d'analyser dans le détail le contenu de chaque site. Il était question plutôt d'étudier certains parmi eux, choisis en fonction des domaines de préoccupations couverts par le projet eAtlas auquel nous avons été associé en tant que chargé de mission au Sénégal, mais aussi en fonction de préoccupations scientifiques personnelles[2]. Bref, il fallait répondre de manière générale à une série de trois questions simples : quelle est la nature des informations que fournissent les sites web d'information à Dakar ? A qui sont-elles destinées ? Comment sont-elles utilisées ?


Cette recherche réalisée entre dans le corpus géographique, notamment dans le champ de la géographie urbaine. Elle a été bâtie autour de la problématique encore nouvelle, tout au moins dans les pays en développement, de l'insertion des TIC dans la ville en tant que dispositifs de communication et d'information, d'action et d'interaction. De ce fait, le propos reposait sur l'hypothèse que les Technologies de l'Information et de la Communication, et Internet notamment, sont d'un grand apport dans la mise en œuvre des initiatives visant à garantir aux populations urbaines des conditions de vie meilleures. Par la rapidité des traitements qu'elles autorisent, et les masses d'informations qu'elles permettent de stocker et de diffuser, les TIC créent de nouveaux modes d'organisation caractérisés par une grande flexibilité des procédures de travail, une mobilité accrue, de nouvelles formes d'interactivité et de nomadisme ainsi qu'une gestion optimale des tâches en temps réel. Ces outils de communication sont alors susceptibles d'améliorer les relations entre élus et citoyens par exemple, tout en optimisant les politiques urbaines de mobilisation et de sensibilisation sociales.


Dans le cadre de la politique de décentralisation engagée par l'Etat du Sénégal depuis 1996, les Régions, les Communes et les Communes d'Arrondissement se sont dotées d'un nouveau panel de compétences touchant à la fois aux domaines politique, économique, environnemental, social et sanitaire. Avec les réformes issues de la décentralisation, le principe de la libre administration a été instauré dans ces collectivités territoriales qui, désormais, disposent d'instruments juridiques et institutionnels pouvant leur permettre de jouer un rôle crucial dans la création des conditions du développement local. Dans ce contexte précis, le questionnement élaboré renvoyait à l'analyse de logiques sociétales dans lesquelles s'inscrivent des procédures numériques. En effet, quel est le niveau de documentation de ces domaines de compétence et leur mise en application perceptible à travers le web ? Quel est le rôle que jouent les TIC dans ce domaine, notamment en termes d'éducation des citoyens au développement durable, de renforcement des connaissances et des compétences, d'information sur les décisions importantes des élus, de participation à la vie politique locale, de mise en réseau d'initiatives à l'échelle locale, nationale ou internationale ? Ce sont là quelques questions auxquelles l'étude a tenté de répondre.


Types de sites web d'information étudiés

 

Au total, plus de 200 sites ont été visités au cours de la recherche, 33 parmi eux ont été dépouillés et analysés. Les sites analysés ont été regroupés en trois catégories : les sites dits gouvernementaux, les sites dits municipaux, les sites des organisations de la société civile. Toutefois, pour diverses raisons, l'analyse a porté principalement sur la seconde catégorie de sites web[3].

  • Les sites gouvernementaux

Cette catégorie de sites web est constituée de tous les portails dont la création relève directement ou non de l'initiative du gouvernement ou d'une institution déconcentrée.


La création de ces sites s'inscrit en général dans le cadre de la stratégie NTIC mise en œuvre par l'Etat du Sénégal sous la conduite de l'Agence De l'Informatique de l'Etat (ADIE). Cette stratégie se décline en deux axes majeurs correspondant à une « double transition ». Il s'agit pour la première transition de passer d'un gouvernement à un e-gouvernement, un objectif qui nécessite l'intégration des nouvelles technologies dans le fonctionnement de l'Administration afin d'améliorer son efficacité, de doter les agents de l'Etat de tableaux de bord pertinents et d'offrir aux citoyens la possibilité d'accéder en ligne à des services publics de qualité. La deuxième transition préconise le passage du citoyen au e-citoyen. Pour cela, l'Etat envisage de démocratiser l'accès aux nouvelles technologies au sein de la société dans le but de permettre au plus grand nombre de bénéficier des opportunités dont elles sont porteuses.

  • Les sites municipaux

Les sites web municipaux sont les portails d'information mis en service par les mairies de Communes de villes et de Communes d'Arrondissement. Ces sites ont fait l'objet d'un traitement particulier au cours de l'étude.

  • Les sites des organisations de la société civile

Dans cette catégorie de sites, nous avons classé les portails d'information de quelques Organisations Non Gouvernementales s'activant dans le domaine des TIC ou disposant d'un volet TIC dans leur programme.


Que ce soit dans le domaine de l'éducation et de la formation, de l'économie, de la santé, ou du social en général, les ONG jouent un rôle particulièrement important dans la promotion de projets de développement. Ce constat est aussi valable pour le secteur élargi de la communication sociale, et en particulier pour celui de nouvelles technologies où ces organisations militent fortement pour la croissance de l'accès et l'utilisation des TIC par le plus grand nombre. Il existe plusieurs organisations à but non lucratif qui s'activent dans le domaine des TIC et qui pouvaient valablement être concernées par l'étude. Mais celles dont les sites ont été visités se distinguent des autres du fait de leur dynamisme remarquable à travers leurs réalisations respectives, mais surtout du fait qu'elles répondent plus ou moins aux deux critères principaux de sélection qui avaient été définis pour guider le choix. Il s'agit d'abord de leur rôle dans la fourniture d'informations en direction de divers publics et ensuite de leur implication dans le processus de décentralisation et dans la définition des formes de gestion urbaine.

 

Caractérisation des sites web d'information


Les sites web d'information urbaine de l'agglomération dakaroise présentent des différences notoires tant sur le plan des services qu'ils offrent que sur le plan managérial et fonctionnel. Même en s'intéressant de près à certaines caractéristiques et fonctionnalités de ces sites, comme l'interactivité, la mise à jour des informations, les procédures administratives en ligne ou autres, la recherche n'a décelé que quelques rares éléments de ressemblance. 

 



MODALITES


Sites gouvernementaux


Sites municipaux


Sites d'ONG

Types d'informations

- Organisation administrative

- Ministères

- Communiqués, textes officiels, rapports publics

- Grands projets de l'Etat

- Sénégal en bref

- Annuaires services administratifs

- Guides des procédures

- Infos pour investir au Sénégal

- Présentation de la Commune

- Potentialités économiques, touristiques, etc.

- Secteurs d'activités

- Actions du maire et de son équipe

- Associations de base

- Guides adresses

- Présentation

- Actions menées

- Publics / partenaires cibles

- Publications / bibliothèque électronique

Mode de collecte des informations

- Etudes

- Informations des services administratifs

- Professionnels de l'information

- Groupes de jeunes des ASC

- Agents municipaux

- Professionnels

- Public partenaire

Mise en ligne des informations

- Webmasters professionnels

- Webmasters formés en cascade

- Webmasters professionnels

Mise à jour

Irrégulière

Très rare

Fréquente

Formes d'interactivité

- Email (Votre avis)

- Forum discussion

- Contact téléphonique

- Email

- Contact téléphonique

- Forum discussion

- Lettre d'information

- Email

- Contact téléphonique

Démarches en ligne ?

 Oui        

www.demarches.gouv.sn

Non

Non

Trait dominant

- Services d'informations aux usagers

- E-administration

- Marketing territorial (recherche de partenaires, promotion du tourisme local)

- Promotion de la participation citoyenne et du développement local

 


Catégorisation des sites web d'information


Les sites web étudiés ont été classifiés en tenant que compte de la fonction qui leur a été assignée par leurs promoteurs. Les appellations utilisées sont cependant inspirées de la littérature existant sur et à propos de la technologie Internet et surtout par la classification proposée par l'Agence Régionale des Technologies de l'information en Île de France (ARTESI) dont la mission consiste à accompagner les collectivités locales de cette région administrative française dans leur politique TIC.



TYPOLOGIE DES SITES


Caractéristiques


Types de messages


Exemples de sites

« Site promotion »

 - Une page d'accueil

- Quelques pages supplémentaires de marketing territorial

- Pauvre en informations d'intérêt général

- " Ce site met en exergue les actions de la Commune, fait la promotion de la destination touristique de l'île et permet de découvrir son patrimoine".

- "Visitez notre ville, un vrai environnement touristique !"

  Goree

Ngor

Ville de Dakar

Camberene

Ouakam

« Site promotion avancé »

- Allie promotion de la ville et fourniture d'informations au public visiteur

"Une équipe municipale au service de sa population !"

Dalifort

Grand Yoff

Wakhinane Nimzatt

Parcelles Assainies

« Site passif »

- Caractère essentiellement descriptif

- Problèmes techniques

- Site moribond

Présentation générale non évolutive de la Commune

 

Mermoz

Rufisque Ouest

Hann Bel Air

« Site interactif »

- Permet l'échange et la collaboration entre élus locaux et citoyens

Promotion de l'approche participative du développement

Yoff

Médina

« Site dynamique d'information et d'actualité »

- Met en ligne diverses informations concernant l'actualité nationale ou internationale

- Observatoire

- Appui au développement

- Portails officiels

Sites d'ONG

Site de gouvernement


« Site mobilisation »

- Fournit des informations à l'endroit d'une communauté bien définie en vue de la mobiliser autour d'une cause déterminée

"Un quartier inondé douze mois sur douze. Des infrastructures (mosquées et centre de santé) et des maisons abandonnées à cause des inondations et des ordures. Sauvons Gounass !"

Médina Gounass

« Portail local citoyen »

- Facilite les démarches administratives par la mise en ligne de services d'informations souvent actualisées

"L'administration va s'organiser autrement en simplifiant ses procédures afin de se mettre à l'écoute et au service du citoyen. Avec demarches.gouv.sn, fini le temps des va-et-vient et des longues  attentes ! "

Le site des démarches administratives

 


Le web municipal sénégalais : quelques éléments d'appréciation


L'étude a révélé que le web municipal sénégalais se développe, mais avec de sérieuses difficultés. En l'an 2000, c'est-à-dire quatre années après la connexion officielle du Sénégal au réseau Internet, aucun service ni information pratique n'était offert en ligne de manière à éviter aux citoyens les déplacements inutiles, assurer une certaine transparence dans la gestion des affaires communales ou encore accroître la participation citoyenne. A l'époque, seuls la Mairie de Dakar, le Conseil Régional de Louga et le Conseil Régional de Tambacounda étaient présents sur le web. Aujourd'hui, la situation a évolué car plus de vingt six collectivités locales se sont aménagées un espace dans le web et beaucoup d'autres envisagent de le faire. Cependant, elles demeurent confrontées à quelques problèmes.


La majorité des collectivités locales qui disposent d'un site web se trouve dans la région de Dakar. Quinze d'entre elles ont concerné l'étude. Il s'agit notamment de la ville de Dakar et des Communes d'Arrondissement de Yoff, Cambérène, Grand Yoff, Médina, Yarakh (Hann Bel Air), Médina Gounass, Mermoz/Sacré-Cœur, Parcelles Assainies, Rufisque Ouest, Ngor, Ouakam, Wakhinane-Nimzatt, Dalifort et Gorée.


Conscients des défis à relever dans la gestion de leur ville à l'ère de la société de l'information, certains élus, selon des modalités diversifiées, s'attachent à innover dans leur action. On assiste à l'adoption au sein de beaucoup de collectivités locales sénégalaises de nouvelles formes d'action publique moderniste. Il ne s'agit pas d'un remplacement des modes classiques de l'action publique et du contrôle politique mais plutôt de l'intégration de nouvelles procédures, du développement de nouveaux savoir-faire, d'une nouvelle organisation des services destinée à rendre la gestion des affaires publiques plus efficace, et à donner aux institutions le dynamisme tant recherché.


A l'ère de l'information, le site web s'avère incontournable. Son potentiel informationnel, communicationnel voire transactionnel en fait un puissant outil de service à la population. Pour une municipalité, cet outil constitue le premier pas vers une utilisation des TIC destinée à offrir des services directement à ses citoyens par le biais d'Internet. Le web municipal est susceptible de rassembler toutes les composantes de la population autour d'une même vitrine, où elles peuvent s'informer tant sur les aspects législatifs, économiques, politiques que sur les activités socioculturelles de leur municipalité. La mise en œuvre d'un site web municipal peut aussi optimiser les chances d'atteindre les objectifs élaborés par les équipes municipales. Dans le contexte d'urbanisation massive et de décentralisation par exemple, ce type de site peut constituer un formidable moyen de sensibilisation des citoyens sur les problèmes auxquels ils seraient confrontés. Cet outil pourrait servir de médium pour la diffusion du message citoyen en ville, le message du comportement responsable, celui qui permettrait à tous les acteurs urbains de dialoguer afin de négocier leurs différences, celui qui, enfin, donnerait l'opportunité à l'administration locale d'opérer plus efficacement et d'agir de façon plus transparente et participative.


Pourtant, la mesure de l'information concernant la gouvernance urbaine à travers les sites web révèle une timidité de l'action des élus locaux, qui se cantonne encore à une présentation - avec un style essentiellement narratif - de l'organisation de l'administration locale telle que définie dans le cadre de la décentralisation. L'analyse ne décèle véritablement pas de dynamisme au sein des portails étudiés, l'information étant souvent statique, désuète et non renouvelée. De ce fait, aucune option sérieuse n'est affichée quant à une réelle volonté de faire du web un endroit où se diffusent, se partagent, se discutent, voire même où s'élaborent des décisions politiques relevant de stratégies de développement urbain, de promotion de l'économie locale, de financement des actions citoyennes qui ont rapport avec la lutte contre la pauvreté dans les territoires, de gestion concertée du patrimoine foncier et du budget de fonctionnement communal. Autant de facteurs susceptibles de donner, d'une part, du souffle à la démocratie locale et, d'autre part, de la transparence à la gestion des municipalités.  


Les lignes éditoriales des sites municipaux demeurent pour le moment partagées entre trois principaux ordres d'intention :

-          le « marketing territorial » procédant d'une volonté des élus de promouvoir l'image de leur ville sur l'international ;

-          le « prosélytisme politique » qui consiste à l'exhibition des réalisations de l'équipe municipale, dans le but de gagner la confiance d'un électorat sans cesse courtisé ;

-          la mise à la disposition des administrés de nouveaux services en ligne ou « e-administration ».


Cependant, il faut noter qu'en l'absence d'interactivité, cette dernière logique de production des sites municipaux se heurte à des problèmes quant à sa concrétisation. D'ailleurs, l'absence d'interactivité n'est pas le seul facteur bloquant. D'autres insuffisances peuvent également être soulignées concernant la mise à jour des informations portées en ligne. En effet, la plupart des sites municipaux se caractérise par la fixité de leurs pages. Les informations qu'ils véhiculent sont parfois en déphasage absolu avec l'évolution des actualités sur le plan local, national et international. A cela s'ajoutent les problèmes d'ordre managérial, liés à la carence de ressources humaines, à la modicité des moyens matériels et financiers, au manque de volonté de certains élus politiques, et quelquefois au désintéressement de leurs concitoyens. Ce qui se traduit par l'absence de généralisation et de mise en réseau des sites publics créés, l'absence de connexion à Internet dans les différents services administratifs et la sous-exploitation des potentialités organisationnelles des TIC en général et de l'Internet en particulier. La question des infrastructures technologiques dans les mairies est donc posée. Mais elle s'avère plus compliquée que les autres questions car elle a une implication budgétaire souvent délicate à gérer. Dans beaucoup de cas, l'investissement dans le domaine des TIC n'est pas positionné comme une priorité pour les élus qui, dans leur grande majorité, ignorent encore sinon perçoivent mal l'utilité d'un choix politique allant dans ce sens.


La situation est pourtant appelée à évoluer. Faut-il continuer à gaspiller du temps et de l'argent dans la réalisation de certaines procédures administratives alors qu'on dispose de la possibilité de promouvoir les téléprocédures qui non seulement permettent d'économiser toutes ces ressources, mais aussi ouvrent des perspectives plus intéressantes en matière de gestion administrative, de concertation, de développement économique et social ?


En fait, il ne s'agit pas, en répondant à cette question, de se positionner pour « pour » ou « contre » Internet. Le vrai débat, comme l'a souligné Joël de Rosnay[4], se situe ailleurs, sur les conditions d'entrée dans le nouvel espace-temps instrumenté par cet outil révolutionnaire. Les villes, à l'ère de l'information, sont face à l'obligation d'avancer, et les élus sont devant l'injonction de faire des choix à moyen et long terme, autant en ce qui concerne l'accès, que ce qui est des bonnes pratiques, et la volonté d'innovation. Sous ce rapport, les municipalités sénégalaises détiennent des atouts importants, étant donné que le pays dispose d'une bonne infrastructure technologique. En effet, en plus d'un réseau de télécommunications entièrement numérisé, d'une bonne liaison avec l'international par câbles sous-marins à fibres optiques et par satellite, etc. le Sénégal a une bande passante large de 3 Gbps, soit le réseau Internet le plus performant du continent après celui de la République sud-africaine. A cela s'ajoute bien entendu la disponibilité des ressources humaines, qualifiées et à bon marché.  


Les expériences menées à travers le monde, et pas seulement dans les Etats développés, ont abouti dans beaucoup de cas à des résultats concluants. Le site web municipal s'est avéré être un instrument de communication pouvant permettre aux élus de se rapprocher davantage de leurs concitoyens, de les informer au plus près de leurs préoccupations, qu'il soit de l'ordre de l'amélioration de la prestation de services, de l'engagement social ou de la performance économique. Par ailleurs, la production et la diffusion d'informations entraînent les municipalités sur le terrain de la transparence et de l'ouverture démocratique. Or, la démocratie participative passe par une meilleure information. Les élus et les services administratifs, en plus de faire leur métier, ont donc l'obligation de communiquer.

 


I.S.



[1] Paul Watzlawick & al, Une logique de la communication, Paris, Seuil, 1979. 

[2] Notamment nos recherches en thèse qui portent sur les  TIC et les collectivités locales, précisément les Communes d'Arrondissement de la Région de Dakar.

[3] Ces raisons sont liées d'une part au manque de temps, l'étude ayant été réalisée en une période de six mois, et, d'autre part, à l'intérêt que ces genres de portails Internet suscitent de plus en plus chez les décideurs et acteurs politiques au niveau local. En fait, l'insertion de ces outils dans les dispositifs de communication des villes suscite de grands espoirs quant à leur contribution à l'émergence d'une démocratie locale « dialogique ».   

[4] Joël de Rosnay, « Stratégie pour le cybermonde », Manière de voir, n°46, Révolution dans la communication, août-septembre 1999.



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Published by Ibrahima - dans Mes billets
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