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7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 11:25
Didier Quillot, 49 ans, dirige Lagardère Active, qui regroupe les activités magazine, audiovisuelles et Internet du groupe Lagardère. Il a ouvert, lundi 6 avril, la Semaine de la presse magazine, dans le cadre d'une table ronde sur le thème "Editeur, métier global". Il livre sa vision de l'évolution du secteur de la presse.

La presse traverse une crise sans précédent. Comment analysez-vous ce qui se passe ?


2009 est une année charnière où la crise publicitaire s'ajoute à une tendance structurelle : la migration des lecteurs vers Internet. Il faut utiliser cette crise comme une opportunité pour faire évoluer notre métier.


Les recettes publicitaires sont en fort recul. Assiste-t-on à une modification en profondeur du marché publicitaire ?


Personne n'est capable de dire aujourd'hui si l'on retrouvera les niveaux d'avant la crise. La réponse dépendra certainement des secteurs. Les titres uniquement tournés vers les services, comme les féminins pratiques, la presse professionnelle ou informatique, vont sans doute davantage souffrir du fait d'une exposition plus grande à la concurrence d'Internet. En revanche, la presse féminine, l'art de vivre ou les news magazines se porteront mieux, car les annonceurs investiront en priorité sur les segments qui apportent de la valeur d'image ou de la puissance, à condition que ceux-ci soient en position de leadership et soient porteurs d'une marque.


Qu'entendez-vous par là ?


Une marque de presse, c'est un concept éditorial, des contenus, des centres d'intérêts qui accompagnent les lecteurs-consommateurs dans leur vie au quotidien. Le meilleur exemple, c'est le magazine Elle. La lectrice l'achète, va plusieurs fois par jour sur le site, utilise une application iPhone sur son mobile, achète des produits sous licence "Elle Passions". Elle fait partie d'une communauté. On passe ainsi d'un contrat de lecture à un contrat de vie.


Quelles en sont les limites ?


Ne pas s'éloigner de l'univers de la marque, de ses valeurs, respecter ses lecteurs. La marque Elle s'adresse aux femmes dans toutes les composantes de leur vie. Elle fait rêver avec l'univers de la mode et ses égéries, traite de l'actualité culturelle. Elle est aussi citoyenne, parce que militante sur des sujets de société, comme les droits des femmes. Quand toutes ces dimensions sont réunies, pourquoi rester uniquement sur le papier ? Le métier d'éditeur doit devenir global.


Les rédactions vous suivent-elles dans cette évolution ?


Elle commence à être comprise et peut même être admise dès lors que le contrat de confiance avec le lecteur est respecté. Nous devons trouver de nouvelles formes de revenus pour un magazine, et cela passe aussi par la dimension marketing. Je suis optimiste, parce que le contexte économique nous oblige à faire preuve d'imagination.


Par exemple ?


Nous venons de lancer, le samedi, le Journal du Dimanche Première Edition. Avec près de 20 000 exemplaires de ventes supplémentaires, nous avons augmenté de plus de 20 % la diffusion en Ile-de-France et dans les villes de provinces concernées. C'est un bilan positif et encourageant, mais il faut viser encore plus haut pour que l'opération soit rentable. L'innovation, c'est aussi la nouvelle formule de Télé 7 Jours. Sur le plan publicitaire, nous proposons des offres couplées entre radio, presse et Internet. Par ailleurs, nous avons réuni dans un même lieu les rédactions d'Europe 1 et de Newsweb pour mettre en place un news flow, un "flux d'informations", dans le cadre de Lagardère News.


Quels impacts ont ces changements sur le plan social ?


Parce que 2009 est une année difficile, il faut faire preuve d'innovation, engager avec les organisations syndicales une réflexion sur tous les sujets, y compris le temps de travail, la formation.


Comment la presse magazine doit-elle aborder la concurrence d'Internet ?


Les deux sont complémentaires. Internet, c'est de l'immédiateté et de l'interactivité. La presse magazine permet la réflexion, la mise en perspective, l'analyse. Si elle ne fait que de l'information pratique, elle sera, à terme, en difficulté face à Internet. Quant au journaliste, l'idéal est qu'il puisse travailler à la fois pour le papier et pour le Web, et que les rédactions papier et Internet se rapprochent.


La gratuité des informations sur le Net est-elle un modèle viable ?


C'est la réalité actuelle du marché et elle va durer. Mais avec la crise publicitaire actuelle, il faut s'interroger sur la capacité de rendre payante une partie des informations. Cela nécessite des contenus éditoriaux enrichis. Nous sommes en train d'expérimenter une version e-magazine de Paris Match, avec des contenus complémentaires par rapport à l'édition papier, téléchargeables pour 99 centimes d'euros. Nous avons approché Apple pour une distribution sur iTunes. La génération Internet, qui est née avec cet outil, doit comprendre que ce qui a de la valeur a un prix.

 

 

Source : Le Monde, le 06 avril 2009.


 

 


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Published by Ibrahima - dans Avis-interview
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