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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 11:43
Le « deal » entre le gouvernement et France Telecom n’aurait-il pas capoté ? C’est la question qui s’impose, puisque que les travailleurs affirment avoir reçu des informations de sources dignes de foi révélant que le Conseiller régional des marchés financiers de la Bourse régionale des valeurs mobilière (Brvm) a rejeté la transaction.

L’information est tombée presque après la conférence de presse qui faisait suite à l’Assemblée générale des travailleurs de la Sonatel, tenue hier, vendredi 10 avril à l’agence de la Médina.


L’ancien coordonnateur de l’inter-syndicat, M. Ibrahima Conté venait de recevoir un coup de fil au moment où les reporters des stations radios recueillaient la version wolof de la déclaration de l’inter-syndicat de la Sonatel.


M. Conté a fait savoir aux journalistes que : « nous venons de recevoir une information qui est une première victoire de notre résistance. Vous pouvez au retour de votre rédaction vérifier dans le net ».


Pour être plus précis, M. Ibrahima Conté a confié : « on vient de m’informer, mais je ne peux pas donner la source, que le conseiller régional des marchés financiers de la Bourse régionale des valeurs mobilière (Brvm) vient de rejeter la transaction effectuée par France Télécom et l’Etat, parce que jugée illégale ». L’annonce a fait un tôlé dans le cafétaria de l’agence Sonatel Médina où se tenait la conférence de presse et qu’avaient pris d’assaut les travailleurs.

Pour rappel, en date du 8 avril 2009, l’Etat du Sénégal et France Telecom ont rendu public un communiqué de presse conjoint intitulé « Renforcement du partenariat stratégique entre France Telecom et Sonatel ». Dans ce document, il est annoncé qu’un protocole d’accord signé le même jour conduira à l’acquisition par France Telecom de 9,87% du capital, portant ainsi la participation de France Telecom à 52,2%


Au cours de leur conférence de presse, les travailleurs ont dénoncé cette vente des actions de la Sonatel qu’ils qualifient de « crime économique ». Le coordonnateur de l’inter- syndical de la Sonatel, Mouhamed Aïdara Diop, a révélé que « la moitié des 17% de la transaction est actuellement nantie dans une banque de la sous-région et cela génère de l’argent ».


Les responsables des travailleurs de la Sonatel se demandent comment l’Etat peut s’aventurer à vendre une entreprise qui est le premier contribuable sénégalais compte tenu du volume de taxes qu’elle reverse annuellement. Selon Ibrahima Conté, la Sonatel pèse 5% du Pib sénégalais et représente 40% du volume boursier à la Brvm.


Toute la Sonatel (cadres, travailleurs, chauffeurs...) est ainsi debout comme un seul homme pour dire non à la fragélisation des part de l’Etat dans la Sonatel. Les syndicalistes disent ne pas comprendre l’attitude du Président de la République qui, selon eux, rame à contre courant des initiatives prises dans le monde, à l’image de son homologue des Etats-Unis, Barack Obama qui est en train de mobiliser 700 milliards dollars pour faire face à la crise financière internationale et redonner un souffle nouveau aux entreprises. « Dans notre pays, nous constatons que le Président Wade, au lieu de consolider la part de l’Etat dans Sonatel, il est en train de la fragiliser pour transformer l’entreprise en une filiale de France Telecom ».


Ces travailleurs craignent que France Telecom aient un objectif stratégique de transformer la Sonatel en une simple société de service. « Dans le cadre d’une organisation de groupe, les Français vont déconnecter toutes les filiales importantes pour les rattacher directement à France Telecom. Ce qui sera suivi par une stratégie de réduction des effectifs et de minimisation des bénéfices pour arriver, dans trois ans, à déclarer n’avoir réalisé aucun bénéfice à Senelec parce qu’ils auront tout transformé en charges et en marchés pour leurs propres entreprises. Ils feront comme ils ont fait à Côte d’Ivoire Telecom avec des bilans qui commenceront à être négatifs. Ce qui signifiera plus d’impôts sur les bénéfices des sociétés, plus de redistribution de dividendes pour les actionnaires ».


Les travailleurs de Sonatel qui ne comptent pas se laisser faire annoncent un front pour faire face. « Nous ne l’accepteront pas ou nous allons nous battre avec le peuple sénégalais. Nous avons déposé un pré-avis de grève, nous sommes en train de prendre des initiatives ». Ces « résistants » qui affirme avoir eu à rencontrer hier une partie du forum civile, prévoient d’aller voir la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, la plateforme du patronat, les centrales syndicales, les organisations de droit de l’homme « pour pouvoir à termes mettre en place une coalition nationale devant défendre le patrimoine nationale que constitue Sonatel mais au delà de ça pour défendre le patrimoine national qu’ils sont en train de brader ».


Le coordonnateur de l’inter-syndical, s’adressant aux gens qui ont effectué la vente des actions Sonatel que détenait l’Etat, estiment que : « c’est des voleurs, des prédateurs, des magouilleurs et nous n’accepterons pas que le patrimoine national à travers Sonatel soit bradé au profit d’un groupe mafieux ».


Venu apporté son soutien, Amath Dansokho estime que « tout ce qui intéresse Wade c’est de gagner des commissions ». Pour lui, la vente des actions de l’Etat dans Sonatel montre que le Président de la République n’est intéressé par une vente aux enchères du pays pour accumuler des commissions.


Face au « silence bavard » de la direction générale de la Sonatel, les travailleurs ont lancé un appel en direction de Cheikh Tidiane Mbaye qui est le manageur général du groupe. « Nous lançons un appel à M. le directeur général, Cheikh Tidiane Mbaye pour qu’il dise qu’il est publiquement contre cette opération ».

 

 


Source : Sud Quotidien, le 11 avril 2009.


 

 


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