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  • : Ce site traite de la question des usages des TIC par les collectivités locales, mais aussi par les individus. En Afrique particulièrement, mais également dans le monde.
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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 22:01

Dans le monde entier, l'enseignement supérieur est secoué par des changements profonds. L'explosion des inscriptions pendant la dernière décennie soumet les systèmes d'enseignement supérieur à des tensions financières très importantes. Dans le même temps, les ordinateurs et l'Internet ont permis des transferts mondiaux de savoir sous des formes inimaginables auparavant.

Les établissements sont de plus en plus concurrentiels, se battant pour des ressources financières rares dans leur pays et pour les étudiants de plus en plus nombreux qui étudient en dehors de leurs propres pays. Les universités, parmi lesquelles un nombre croissant d'universités privées, signent des partenariats internationaux, et ouvrent des programmes d'études et même des filiales à l'étranger comme jamais auparavant.

Ces tendances ont été débattues à la Conférence mondiale de l'UNESCO sur l'enseignement supérieur de 1998. Mais elles se sont intensifiées pendant la dernière décennie, créant de nouvelles opportunités et de nouveaux enjeux pour les participants à la Conférence mondiale sur l'enseignement supérieur de 2009 qui va se tenir au siège de l'UNESCO à Paris du 6 au 8 juillet.

Les questions sont souvent complexes et les solutions sujettes à controverse. Quand les systèmes publics sont débordés par des inscriptions galopantes, comment trouver l'argent pour répondre à ce surnombre d'étudiants, pour maintenir ou améliorer les standards éducatifs ? L'enseignement supérieur doit-il être considéré comme un bien commun, essentiel pour le développement économique et financé sur les deniers publics ? Ou est-ce un bien privé, qui aide à l'avancement individuel, et n'est capable d'avoir des résultats que si les étudiants le paient ? L'accès aux études supérieures dépendra-t-il de la richesse plutôt que du mérite ?

Le passage aux économies post-industrielles a conduit à une demande massive d'enseignement supérieur. Les inscriptions progressent à une vitesse vertigineuse. Il y avait 152,5 millions d'étudiants dans le supérieur en 2007, soit globalement 50 % de plus qu'en 2000.

Il y a seulement un demi-siècle, les études post-secondaires étaient réservées à une petite élite, principalement masculine, dans la plupart des pays. Mais aujourd'hui, des taux de 40 à 50 % de jeunes gens étudiants sont considérés comme vitaux pour la croissance économique. Au plan mondial, le pourcentage de jeunes gens en âge d'aller à l'université inscrits dans l'enseignement supérieur a augmenté de 19 % en 2000 à 26 % en 2007. Les femmes représentent désormais la majorité des étudiants et on prévoit que leur prédominance va augmenter.

Le taux moyen masque cependant des disparités régionales. 71 % des jeunes en âge universitaire en Amérique du Nord et en Europe de l'Ouest sont étudiants, 26 % dans la région Asie orientale - Pacifique, 23 % dans les Pays arabes, 11 % en Asie du sud et de l'Ouest, et malgré une hausse rapide, seulement 6 % en Afrique. Un enfant d'Afrique subsaharienne a moins de chance de finir son primaire qu'un Européen d'entrer à l'université.

A l'intérieur des pays, certains groupes de population n'ont pas le même accès à l'enseignement supérieur que d'autres. Les personnes à faibles revenus ou celles qui sont dans des endroits reculés, les minorités ethniques, les immigrants, et les handicapés sont moins représentés dans l'enseignement supérieur. Certains responsables de l'éducation ont cherché à améliorer l'égalité et l'inclusion avec des mesures telles que des prêts étudiants, des bourses pour les étudiants à faibles revenus, des programmes culturellement ciblés, et des quotas réservés aux membres des minorités ou des castes inférieures.

L'enseignement supérieur est de plus en plus vu comme un moteur du développement économique. Mais avec l'expansion du nombre d'étudiants, les revenus fiscaux des Etats ne parviennent pas à rester à la hauteur des coûts croissants des systèmes publics. Il en résulte souvent un manque de moyens plus important : des classes et des salles de conférence surchargées, des fonds de bibliothèque pas à jour, des financements déclinants pour la recherche et une détérioration des infrastructures. Le problème a été plus handicapant pour l'Afrique subsaharienne, mais il est ressenti dans tout le monde en développement ainsi que dans les pays en transition.

Les établissements publics, autrefois largement dépendants d'un financement étatique, ont été obligés de compenser par eux-mêmes une part de plus en plus importante de leurs coûts. La méthode la plus courante a été la mise en place de frais de scolarité qui ont été introduits dans de nombreux pays où l'enseignement était gratuit ou quasi-gratuit (par exemple, en Chine en 1997, au Royaume-Uni en 1998 et en Autriche en 2001). Les frais de scolarité ont été introduits à travers l'Europe, pendant longtemps le bastion de l'enseignement supérieur gratuit. De plus, de nombreux pays africains ont augmenté de façon substantielle les coûts à la charge des étudiants, pour l'hébergement, la nourriture, et d'autres services.

Les établissements sont devenus plus entrepreneuriaux. Ils réalisent des recherches payées pour des sociétés ou des administrations, et développent des formations payantes pour répondre aux besoins des entreprises locales. C'est parfois préoccupant. A trop mettre l'accent sur la création de recettes, on peut saper les activités universitaires traditionnelles. Les programmes et la recherche dans les sciences humaines, par exemple, n'ont pas d'applications commerciales. Les groupes de théâtre, journaux, radios et télévisions non commerciales, sur les campus ne produisent généralement aucun revenu. Mais de telles activités font des universités des centres de la vie intellectuelle.

Les pouvoirs publics remplacent de plus en plus les financements de la recherche via le budget par des financements soumis à compétition. Tous ces développements renforcent la concurrence et créent des différentiations entre les établissements. De nombreuses universités font désormais attention à leur rang dans les classements internationaux. L'impact est particulièrement évident dans les systèmes à dominance publique où jusqu'à récemment les universités étaient supposées être plus ou moins équivalentes.

Certains établissements et certains systèmes nationaux introduisent plus de programmes techniques et professionnels dans leur offre d'enseignement. C'est une question cruciale dans les économies en développement qui ont à la fois besoin de diplômés dans les disciplines techniques et aussi de professionnels et de cadres dotés de culture générale, créativité et pensée critique. Il y a aussi un besoin urgent de recherche centrée sur les besoins locaux de développement.

Les établissements, particulièrement dans les pays industrialisées, rivalisent fortement pour attirer les étudiants étrangers qui sont de plus en plus nombreux. Plus de 2,8 millions d'étudiants ont choisi d'étudier dans un pays autre que le leur en 2007. Le plus grand nombre vient de Chine (421 100), d'Inde (153 300) et de République de Corée (105 300). Leurs destinations principales ont été les Etats-Unis (595 900, le Royaume-Uni (351 500) et la France (246 600).

La mondialisation affecte l'enseignement tertiaire d'autres manières aussi. La dernière décennie a vu une véritable explosion de programmes et d'établissements opérant au plan mondial. Plusieurs pays se développent comme des centres internationaux d'enseignement supérieur (Qatar, Singapour et Emirats Arabes Unis en sont des exemples importants). Des accords régionaux sur la promotion de la coopération et des échanges en matière d'enseignement supérieur commencent à voir le jour. Le Processus de Bologne, adopté dans cette ville italienne en 1999, harmonise ce qui était une myriade de systèmes distincts de diplômes dans plus de 40 pays européens. Des efforts similaires sont en cours en Amérique latine, Afrique, Asie du Sud-Est et région Asie-Pacifique.

L'un des grands enjeux actuels est d'être en mesure de comparer des institutions et des diplômes dans des pays différents. Les nouveaux mécanismes nationaux de garantie de qualité dépendent de l'avis des autres établissements et non des agences gouvernementales. Et ils sont centrés autour des résultats - capacités et connaissances acquises par les diplômés - plutôt que par ce qui est offert, tels que les qualifications des enseignants et les fonds des bibliothèques. Les personnalités qualifiées de l'enseignement ont commencé à travailler sur les façons de comparer les résultats d'évaluation d'un pays à l'autre.

Un développement très marquant a été la rapide expansion de l'enseignement supérieur privé. Alors que les institutions privées ont toujours joué un rôle important en Asie de l'Est et aux Etats-Unis, elles représentent aujourd'hui 30 % des inscriptions au plan mondial. Les institutions privées ont été la clé de la rapide expansion des inscriptions dans des pays comme le Brésil, le Chili et de nombreux pays africains, où la demande dépasse de beaucoup le nombre de places disponibles dans les institutions publiques.

De nombreux fournisseurs privés à but lucratif posent le problème de l'assurance qualité et de l'émergence de distributeurs de diplômes frauduleux. La croissance du télé-enseignement ajoute au besoin d'une coopération internationale accrue, car l'Internet permet à de tels programmes de traverser facilement les frontières.

Les inscriptions dans le supérieur vont continuer à croître rapidement. Les populations d'étudiants vont continuer à se diversifier, comptant plus de gens qui travaillent déjà, des étudiants à temps partiel, et des étudiants étrangers.

Mais bien que cette expansion soit largement bienvenue, elle comporte de sérieux défis, notamment dans les pays en développement à faibles revenus. Le besoin d'un nombre toujours plus grand d'enseignants signifiera que leurs qualifications vont avoir tendance à rester faible. Et il est de plus en plus demandé aux autorités de s'assurer que l'accès à l'enseignement supérieur ne soit pas réservé aux plus riches, mais bénéficie à tous ceux qui pourraient en tirer profit.

 


© News Press 2009.

 

 


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