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  • : Ce site traite de la question des usages des TIC par les collectivités locales, mais aussi par les individus. En Afrique particulièrement, mais également dans le monde.
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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 17:23

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Labours et jachères numériques dans les territoires ruraux

ICTs in rural areas

 

L. BARTHE - MCF de Géographie & Aménagement université de Toulouse le Mirail – Dynamiques rurales UMR 1936 –MA 104
&
Ph. VIDAL, MCF de Géographie & Aménagement université du Havre UMR 6266 IDEES-CIRTAI

Cet appel à publication de la revue NETCOM porte sur la façon dont les espaces ruraux s’approprient ou rejettent les technologies de l’information et de la communication. Trois dimensions problématiques par catégorie d’espace rural (non exclusives d’autres types de positionnement) sont envisagées. La première, renvoyant au périurbain repose sur l’hypothèse que les TIC seraient les nouveaux véhicules de l’urbanité et que leur introduction aurait pour conséquence une perte de substance rurale, c'est-à-dire une modification profonde des « modes d’habiter » gommant peu à peu les traditions et les solidarités anciennement à l’œuvre (I). La deuxième tendance suppose au contraire qu’il existe des campagnes innovantes et créatives, les TIC ne remettant pas en question la ruralité mais contribuant plutôt à son maintien voire à son renouveau avec une profonde diversification des activités non agricoles (tourisme vert, télétravail…) (II). Enfin, la troisième tendance souligne une forme d’impasse devant laquelle se trouvent les espaces de faible densité, ceux qui souffrent le plus de « fracture numérique » et dont on perçoit mal aujourd’hui les modalités de raccordement au haut et davantage encore, au très haut débit même si la solution intercommunale entretient l’espoir (III).

 

I- Les TIC exportatrices de l’urbanité dans les campagnes proches des villes

 

Dans la plupart des pays européens, la ville « grignote » la campagne. Ce phénomène qualifié de périurbanisation renvoie à l’installation de ménages urbains ayant gardé leurs habitudes citadines dans des territoires dont le cadre de vie est empreint de ruralité. Ce phénomène apparaît souvent comme à l’origine de bien des maux, coupable d’une déliquescence de la ruralité et surtout d’une modification profonde des modes d’habiter. On assisterait à un recul inexorable de l’espace agricole (artificialisation des sols), à un phénomène qui épuiserait les réserves foncières, segmenterait et isolerait les catégories sociales, détisserait le lien social, banaliserait les paysages… Les TIC, un des derniers symboles de cette urbanité, accéléreraient-elle cette entreprise d’absorption du rural par la ville ? Ne contribueraient-elles pas, après la voiture, le téléphone, le congélateur, ou encore la forte présence des grands supermarchés à exporter l’urbanité à la campagne ?

 

Dans le cadre de ce premier volet, il nous semblerait intéressant de pouvoir recueillir des analyses sur :

 

1-      Les transformations des modes de vie en lien avec les TIC dans les espaces ruraux sous influence urbaine. Les propositions reposant sur les formes d’organisations et de pratiques à l’intérieur des ménages périurbains (équipements, place des jeunes, commerce électronique…) sont particulièrement souhaitées.

 

2-      Les réponses des acteurs publics sur l’équipement et l’accompagnement des usages numériques dans ces espaces qui ne sont pas tout à fait la ville et plus tout à fait la campagne.

 

3-      La problématique du télétravail partiel dans ce type d’espace où il devient possible de repenser la relation à l’emploi. L’usage des TIC accompagnerait-il la création de nouvelles centralités liées à l’emploi dans les espaces périurbains (recentrage des formes d’activités mobilisant les TIC).

 

II- Campagnes innovantes

 

Les campagnes innovantes seraient celles où les TIC serviraient l’économie rurale. Si la ville reste le creuset de l’innovation dans le domaine du numérique, l’invention en milieu rural et l’existence de savoir-faire spécifiques sont réels. Ainsi, dans les années 80, le monde agricole a montré de grandes dispositions à accueillir le minitel. Les agriculteurs utilisèrent le terminal comme peu de professions surent le faire : s’informer sur la météo, suivre le cours du blé ou du lait étaient comme aujourd’hui des démarches vitales. Plus récemment, le tourisme vert n’aurait pas progressé sans la position centrale de l’internet dans sa promotion. Les chambres d’hôtes, les gites ruraux, les sites naturels à découvrir, autant de services spécifiques se rapportant à ce type d’espace et pouvant être rendus via les réseaux électroniques. Un certain nombre de dispositifs relevant de l’e-administration sont aujourd’hui expérimentés en campagne pour répondre à la transformation progressive des services publics. Le commerce électronique n’est pas en reste. Sur le web fleurissent désormais des plateformes de distribution des produits du terroir (Paysans.fr, Pôle d’Excellence Rurale Corbières Minervois) s’adressant aux particuliers désireux de disposer de produits alimentaires frais.

 

Dans le cadre de ce deuxième volet, des contributions sur les questionnements suivants sont attendues :

 

1-      Les stratégies de développement numérique des territoires ruraux. La question des coopérations intercommunales et des partenariats publics privés sera au cœur du problème. Evoquer les éléments de réussite mais aussi les échecs permettra un regard distancié sur l’action publique engagée en la matière depuis plus d’une décennie.  

 

2-      Comment les TIC s’intègrent dans des logiques de développement économique en milieu rural  et dans les différents secteurs de l’économie rurale ?

 

3-      Le rôle des espaces publics numériques et des cybercafés comme activateur social en milieu rural. Des analyses issues de retours d’expériences sont attendus.

 

III- Les espaces de faible densité face à la fracture numérique

 

Les espaces ruraux de faible densité (moins de 30 habitants au KM²) sont par définition isolés, mal desservis et peu à même de réunir compétences et savoir-faire susceptibles d’apporter des réponses claires au défi de l’égalité numérique des territoires. Ce sont ces espaces qui souffrent le plus de « fractures numériques », tant du point de vue infrastructurel que de la production de contenus et de services territoriaux. Les débats publics portant sur ce type d’espace se concentrent surtout sur le haut débit et la connectivité des territoires. Ce sont des espaces d’expérimentations des TIC, notamment autour de solutions alternatives à la fibre optique (kit satellite, WIMAX)

 

Dans le cadre de ce troisième volet, des contributions sur les questionnements suivants sont attendues :

 

1-      L’isolement, enclavement/désenclavement face aux TIC. Comment « sortir » de la problématique infrastructurelle ultra dominante dès lors que l’on confronte espace de faible densité et TIC ? Des propositions, de type études de cas, sur des expérimentations locales sur les usages des TIC dans les espaces de faible densité sont particulièrement bienvenues. Une réflexion spécifique sur le développement des web publics et privés territoriaux est également attendue.

 

2-      Les applications touristiques reposant sur les TIC ne peuvent-elles pas servir de tremplin numérique vis-à-vis d’espaces a priori peu rentables du fait de leur faible densité ? En quoi les produits nomades peuvent-ils servir le tourisme vert qui se développe dans les régions de faible densité ?

 

3-      L’impact de la généralisation de l’internet mobile sur les régions de faible densité. Si cet impact concerne tous types d’espaces, les conséquences sur le rural profond peuvent singulièrement changer la donne (télétravail, e services). Des études sur ce thème sont attendues.

 

 

 

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Published by Ibrahima - dans Ouvrages-Etudes
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