Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : COMPRENDRE LE DEFI DU NUMERIQUE
  • COMPRENDRE LE DEFI DU NUMERIQUE
  • : Ce site traite de la question des usages des TIC par les collectivités locales, mais aussi par les individus. En Afrique particulièrement, mais également dans le monde.
  • Contact

Rechercher

Archives

10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 11:30

De nombreux lecteurs du site " Mwinda " résidents en France s’interrogent des raisons pour lesquelles les communications téléphoniques vers le Congo sont devenues subitement plus chères. Il n’y a pas si longtemps une carte prépayée  de 6,50 euros leur donnait droit à 90 minutes de conversation, expliquent-ils. Or, depuis  quelques mois la même carte du même opérateur n’offre plus que 30 mn, et encore ! Sollicités sur cette baisse spectaculaire du crédit des cartes téléphoniques les opérateurs de la place de Paris, unanimes, indexent le gouvernement congolais, donc le ministère des Télécommunications qui surtaxerait les appels entrants. A les entendre, les opérateurs installés à Brazzaville auraient répercuté les nouvelles taxes auxquelles ils sont assujettis auprès de leurs correspondants étrangers.


congotelecomBeaucoup de nos compatriotes ont en effet lié la baisse du crédit de ces cartes à la mise en place au Congo, en août 2009, d’un contrôle des appels entrants  effectué par un Centre de supervision et de contrôle du trafic international entrant nouvellement créé. Une nouvelle organisation qui rapporterait 12 milliards de FCFA chaque année.


De là à  penser que des fonctionnaires de Congo Télécom ou du ministère congolais des Télécommunications s’enrichiraient au détriment d’une Diaspora supposée disposer d’un pouvoir d’achat plus élevé que le commun de nos compatriotes vivant au pays il n y a qu’un pas que certains ont déjà franchi. « La desserte de Brazzaville par avion est l’une des plus chères au monde ; maintenant à l'heure de l'Internet, pour téléphoner aux parents il faut encore se saigner, comme il y a vingt ans, alors que les Maliens et les Sénégalais par exemple téléphonent ou construisent des maisons chez eux pour des cacahuètes. Pourquoi tout doit toujours être plus cher chez nous ? » s'est indigné un Congolais rencontré à Château rouge, le grand marché africain de Paris.


Pour essayer d’en savoir plus, " MwindaPress " a adressé, le 2 février dernier, par email une demande d’information au service communication dudit ministère. Celle-ci demeure sans réponse à ce jour….

 

Coïncidence, le 5 février, les Dépêches de Mpila, publication financée par le palais du même nom fait sa Une sur un scoop : « Des fraudeurs opèrent à la centrale de Congo Télécom à Ouenzé », titrait ce journal. Et d’expliquer que « des opérateurs illégaux ont réussi à détourner une partie du trafic international entrant des lignes de la société Congo Télécom, à partir de la centrale du rondpoint Koulounda à Ouenzé, dans le cinquième arrondissement de Brazzaville. Bénéficiant sans doute de complicités au sein de la structure, les trafiquants avaient installé des équipements dont les mouvements échappaient jusque là à tout contrôle »

Surprenant. S’agit-il d’une opération camouflée d’un service de sécurité parallèle destinée à espionner la population ? Serait-on en présence d’une manoeuvre du ministère lui-même pour justifier un éventuel manque à gagner sur les recettes préalablement annoncées ? Serait-ce le fait d’un opérateur pour dissimuler une partie de son trafic ou assisterait-on à un banal piratage par un homme seul ?


centraletelephonqiueUn flou que ne dissipe nullement le site officiel du Congo, lequel consacre également un article sur ce sujet : « Nous avons été informés de ce qu’une grande partie des appels internationaux entrants échappaient à une plateforme technique que nous avons mise en place pour accueillir ce trafic. Nous avons procédé aux recherches et nous avons été malheureusement surpris que ces équipements se trouvent dans nos locaux de Congo Telecom, notamment le central de Ouenzé. C’est un opérateur étranger qui a installé les équipements et a dû procéder aux essais », croit savoir le responsable du centre téléphonique concerné. Et ce dernier de préciser : « Comme ce type d’opération constitue une violation de la réglementation, nous avons procédé à l’enlèvement de ces équipements. L’opérateur n’est pas encore identifié, nous sommes sur une plateforme technique, les contrats commerciaux n’étant pas élaborés ici », avant de conclure qu’il ignorait « ce que le client fait derrière, car c’est une ligne numérique qui se trouve en phase d’essai » et qu’il n’avait pas «  tous les documents pour officialiser cette connexion »…


Après le réseau mafieux des hydrocarbures qui organisait la pénurie de l'essence dans le pays, après les fonds vautour congolais qui saignent le trésor public voici peut-être la mafia du téléphone, secteur devenu fort juteux. Quoiqu’il en soit il est un fait. Tout est possible aujourd’hui dans un pays où la corruption et les détournements à tous les niveaux gangrènent l’appareil d’Etat. Ni l’introuvable Commission nationale de lutte contre la corruption, la concussion et la fraude présidée par le brave et sympathique Alphonse Nzoungou, ni  la Cour des comptes et de discipline budgétaire et les bons sentiments Mme Yvonne Kimbembé, ci-devant Procureur général près cette Cour n’y feront absolument rien. La raison : le ver est dans le fruit, c’est-à-dire que le mal réside au cœur même d’un système qui garantit d’avance l’impunité à tous les fraudeurs parce que ceux-ci appartiennent en général au cercle familial au pouvoir ou qu’ils y ont leurs protecteurs.


Qu’on le sache : corruption, concussion et fraude constituent la respiration même du système de M. Sassou sans laquelle celui-ci cesserait de vivre.Tout le reste n’est que littérature.



Source : Afrique Rédaction, le 8 février 2010.


 


Partager cet article

Repost 0
Published by Ibrahima - dans Le mobile
commenter cet article

commentaires