Partager l'article ! Dossier : Dissolution du Fonds de Solidarité Numérique sous fond de tension: Ce dossier contient des articles de presse relatant l'affaire ...
Accusé de détournements de fonds par Me Wade, Alain Clerc, le Secrétaire exécutif de la Fondation du Fonds de solidarité numérique (Fsn), charge le chef de l’Etat : ‘Ses accusations sont non seulement délirantes, mais elles sont infondées’. Dans l’entretien exclusif qu’il nous a accordé, le Suisse ne ménage pas Me Abdoulaye Wade, père fondateur du Fonds de solidarité numérique (destiné à réduire le gap numérique entre le Nord et le Sud.
Wal Fadjri : Qu’avez-vous à répondre aux graves accusations de détournement portées contre vous par le président Abdoulaye Wade ?
Alain Clerc : Ces accusations sont non seulement abracadabrantes, voire délirantes, mais elles sont totalement infondées. J’imagine qu’elles proviennent de personnes désireuses de nuire et de discréditer la démarche que nous avons engagée depuis la Conférence de Bamako en 2000 : ‘L’Afrique et les Tic’, avec le soutien très actif du président Alpha O. Konaré et que nous avons poursuivie avec le lancement du Fonds mondial de solidarité numérique (Fsn). Il faut cependant noter que le président Wade a déjà usé de propos similaires au sujet d’autres institutions africaines ou internationales, notamment la Fao et tout particulièrement à l’égard de son Directeur général, le Sénégalais Jacques Diouf, avant d’être, sauf erreur, vertement remis en place par le représentant des Etats-Unis.
Dès le départ, nous étions mus, au Secrétariat du Fsn, par une forte ambition : saisir l’opportunité de la transition d’une société industrielle vers une société de l’information pour promouvoir une plus grande équité et une véritable solidarité dans la société de l’information, en d’autres termes, permettre à tous d’accéder aux connaissances. Cet accès est une condition essentielle du développement et à la bonne gouvernance. Or, cet objectif ne peut être réalisé sans une forte volonté politique et des engagements contraignants de la part des principaux acteurs concernés, notamment les pouvoirs publics (les Etats et les collectivités locales), le secteur privé et la société civile. Le Fsn exprimait cette volonté partagée de parvenir ensemble à une inclusion de tous dans la société de l’information. Le mécanisme que nous avons proposé pour parvenir à ce but est ‘la contribution de 1 % de solidarité numérique’. C’est un nouveau mécanisme financier qui n’obère pas les finances publiques et qui peut rapporter plusieurs milliards d’euros chaque année.
Malheureusement, cette démarche a buté sur l’opposition farouche des milieux néo-libéraux, notamment des porte-paroles les plus extrémistes de cette mouvance pour qui seuls les mécanismes du marché et la charité peuvent répondre aux besoins des pays en développement. Or, nous constatons aujourd’hui les graves conséquences, notamment pour les pays en développement, de ces théories néo-libérales. Les critiques formulées aujourd’hui par le président Wade s’inscrivent dans cette vision néo-libérale.
Wal Fadjri : La réunion a eu lieu à Dakar sans vous. Pourquoi ?
Alain Clerc : Il est évidemment plus facile de critiquer lorsque l’on bâillonne la vérité. Je n’étais pas invité et j’ai même été verbalement menacé. Il était, dès lors, aisé de dénigrer. Cela étant, on peut museler toute opposition, mais cela n’empêchera pas les idées justes de progresser. Je suis convaincu que nous gagnerons notre combat pour une plus grande solidarité numérique. Car au lieu de profiter aux plus démunis, les théories néo-libérales exacerbent les disparités et aggravent tous les jours le fossé numérique. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui engagent aujourd’hui tant de jeunes et talentueux africains à quitter leur patrie au péril de leur vie pour rejoindre l’Europe ou l’Amérique du Nord. Et si, selon les théories néo-libérales, les mécanismes de marché permettaient seuls (avec la charité) de réduire les disparités, croyez-moi, nous le saurions !
Wal Fadjri : Qu’avez-vous réalisé en tant que secrétaire exécutif au Fonds mondial de solidarité numérique ?
Alain Clerc : Il m’est désagréable de souligner nos réalisations et les succès que nous avons enregistrés. Je me bornerai aux plus évidents. Toutefois, avant de les évoquer, permettez-moi de situer notre action. Le Fonds mondial intervient au moment où l’aide internationale diminue fortement. Reportez-vous aux données du Comité pour le développement de l’Ocde. Alors que l’aide internationale devait augmenter de près de 50 milliards de dollars par année pour atteindre les Objectifs du millénaire, elle diminue. Certains pays du Nord ont réduit leur aide de plus de 15 % de 2006 à 2008 et la tendance à la baisse se renforce. Nous avons pensé, en suivant d’ailleurs les propositions du président Jacques Chirac, qu’il fallait dès lors promouvoir de nouveaux mécanismes de financement pour le développement. Le président Chirac a, lui, proposé une taxe sur les billets d’avion. L’idée était judicieuse, pourtant en dépit d’énormes moyens diplomatiques et politiques, la France n’est pas parvenue à entraîner les autres Etats dans cette direction. Le Fsn a, lui, proposé une démarche ambitieuse et triplement gagnante, ‘la contribution de 1% de solidarité numérique’. Elle ne coûte rien aux Etats et aux collectivités publiques qui l’appliquent, elle favorise le développement de l’activité industrielle des entreprises numériques en leur ouvrant de nouveaux marchés et elle répond aux attentes des pays en développement. Qui plus est, elle est universelle, mais comme elle est perçue sur les transactions numériques, elle affecte essentiellement les pays riches qui sont les plus grands consommateurs de produits numériques. Elle profite donc aux pays en développement.
En moins de trois ans, nous sommes parvenus, au terme d’un engagement inimaginable du tout petit Secrétariat que nous sommes, à faire endosser ce principe par plus de 150 chefs d’Etat et de rassembler autour de notre initiative l’ensemble du ‘Groupe des 77 + la Chine’ lors de l’Assemblée générale des Nations Unies de l’année passée. De plus, à travers des projets pilote avec les villes de Genève et de Lausanne, nous avons démontré que cette contribution fonctionnait parfaitement et qu’elle était même positivement ressentie par les entreprises qui devaient la payer !
Rappelons, dans ce même contexte, que le principe du prélèvement du 0,7 % du Pib des pays de l’Ocde pour l’aide publique au développement a été lancé il y a 40 ans à l’initiative du Premier ministre canadien Lester Pearson et qu’il n’est pleinement réalisé à ce jour que par trois ou quatre Etats. A côté de cet engagement couronné de succès sur le plan politique et en dépit de moyens très insuffisants, nous avons consacré plus de 50 % de nos fonds à des projets concrets sur le terrain dans les pays en développement. C’est paradoxalement parce que nous avons réussi que les milieux néo-libéraux se sont déchaînés et tentent, par tous les moyens, de nous vilipender.
‘Le Fsn est désormais l’affaire de tous ses membres. En faire une organisation proprement africaine serait un immense gâchis. D’ailleurs, une majorité d’Etats africains s’y opposeront’.
Wal Fadjri : Le Fonds mondial de solidarité numérique n’est-il pas une initiative africaine ?
Alain Clerc : Le Fsn est certes d’inspiration africaine, mais il résulte d’un accord adopté dans le cadre du Sommet mondial sur la société de l’information (Smsi) et de l’Assemblée générale des Nations Unies. A côté de l’Afrique, il a donc été porté également par les pays d’Asie, d’Amérique latine et de l’Europe. Et comme le Smsi était ouvert aux collectivités locales, à la société civile et au secteur privé, le Fsn est la première organisation internationale qui comprend, à côté des Etats, des représentants de ces différents milieux. Parmi les vingt-six membres fondateurs, onze ne sont pas originaires de l’Afrique. Faut-il aujourd’hui renvoyer ces membres fondateurs ? Faut-il dire aux dizaines d’entreprises internationales qui soutiennent l’idée d’une contribution de solidarité numérique que ce principe doit être abandonné ?
Même si dans le passé, le président Wade fut, à côté notamment des présidents Obasanjo (Nigeria), Bouteflika (Algérie) et Fernandez (République Dominicaine), l’un des chantres du Fsn, il n’en est évidemment pas le propriétaire. Le Fsn est devenu une véritable organisation internationale. Les derniers soutiens reçus l’attestent tout particulièrement. Ils proviennent de tous les pays de l’Oci et de l’Ompi (encore en octobre 2009). Le Fsn est donc désormais l’affaire de tous ses membres. En faire une organisation proprement africaine serait un immense gâchis. D’ailleurs, une majorité d’Etats africains s’y opposeront.
Wal Fadjri : Le transfert du siège du Fonds mondial de solidarité numérique en Afrique serait-il bénéfique ?
Alain Clerc : Cette idée avait été avancée par le président Abdoulaye Wade à Bamako, lors d’une réunion du Conseil de Fondation du Fsn. Il proposait même qu’une nouvelle fondation africaine soit installée dans les bureaux de la présidence de la République du Sénégal. Une majorité d’Etats africains s’y sont fortement et carrément opposés. Et ils avaient évidemment raison. Une fondation strictement africaine n’a aucun sens, car elle n’aura pas les moyens de sa politique. Elle agira tout au plus comme une petite Ong locale. Elle pourra, peut-être, au début, trouver quelques appuis de différentes entreprises tout heureuses de se dédouaner en fournissant quelques poignées de dollars, mais son action restera extrêmement marginale. Elle ne répondra pas aux exigences d’une plus grande justice Nord-Sud. De telles actions avaient été proposées par Alain Madelin et furent aveuglément soutenues par le président Wade au début 2008. Elles ont coûté fort cher et n’ont abouti à strictement aucun résultat.
Wal Fadjri : La dissolution du Fonds mondial de solidarité numérique est-elle une bonne solution ?
Alain Clerc : La dissolution du Fonds en tant que fondation de droit suisse est une idée que le Secrétariat du Fsn a lui-même lancée avec l’appui du Conseil de Fondation lorsque M. Guy-Olivier Segond présidait le Fsn. J’ai œuvré en ce sens de concert avec l’ancien ministre des Affaires étrangères du Sénégal, Cheikh Tidiane Gadio, avec un grand succès puisque cette idée a été reprise par le ‘Groupe pilote sur les financements innovants pour le développement’ qui comprend 55 Etats du Nord et du Sud (voir la Déclaration de Conakry : http://www.leadinggroup.org/rubrique1.html). L’idée défendue avec force par Cheikh Tidiane Gadio visait à mettre, en lieu et place de la fondation de droit suisse, une vraie organisation internationale qui avait l’avantage d’être à la fois plus transparente et plus ouverte à l’ensemble des acteurs intéressés. Cette démarche passait donc par la dissolution du Fsn en tant que fondation de droit suisse.
Wal Fadjri : Avez-vous la conscience tranquille ?
Alain Clerc : Ma conscience personnelle n’est pas en cause. Les succès du Fsn relèvent de l’engagement de tout un groupe de personnes au Secrétariat et en dehors du Secrétariat qui nous ont constamment apporté leur soutien. Nous avons mis en place une dynamique qui a rencontré un immense succès sur le plan mondial. Le président Wade l’a d’ailleurs lui-même constaté. Il fut lui-même un ardent défenseur du Fsn, de la ‘contribution de 1% de solidarité numérique’ et du travail du secrétariat jusqu’au début 2008. A cette époque, il m’adressait encore publiquement ses plus vives félicitations. Tout cela figure dans les rapports du Conseil de Fondation.
J’aimerais également souligner que nous avons rencontré au Sénégal de très nombreuses personnes et personnalités qui, fort heureusement, continuent de nous soutenir. C’est le cas dans toute l’Afrique et sur tous les continents. C’est également l’attitude des représentants de tous les milieux diplomatiques sans exception à Genève avec lesquels nous avons toujours très étroitement travaillé. C’est encore le cas des représentants de la société civile, de nombreuses organisations internationales, en particulier de l’Oif, et du secteur privé. J’ai donc la conscience d’un travail bien fait et j’aimerais saisir cette occasion pour remercier tous ceux qui vont encore se battre pour une société de l’information plus solidaire. C’est indispensable si nous voulons créer les conditions d’une société mondiale plus harmonieuse. Le Secrétariat du Fsn, à travers son engagement, a sans aucun doute participé à cet effort.
Propos recueillis à Genève par El Hadji Gorgui Wade Ndoye (ContinentPremier.Com).
Source : Wal Fdjri, le 31 octobre 2009.
Le Fonds de solidarité numérique dont la gestion a été dénoncée mardi par son initiateur, le Président Abdoulaye Wade, est en voie de dissolution à Genève et son ex-secrétaire général, Alain Clerc, sous la menace d’une plainte. On en oublie que le FSN a été lancé en mars 2005 et offrait aux pays qui le souhaitent de verser « 1% du montant de leurs marchés relatifs aux technologies de l’information et de la communication pour lutter contre la fracture numérique dans les pays du Sud. Soutenu dès le départ par Rome, Paris et Tunis, il ne sera toutefois opérationnel qu’en 2006, selon Afrik.com qui précise que « 60% des collectes devaient être attribués aux projets provenant des pays moins avancés, 30% aux projets provenant des pays en développement, 10% à ceux des pays en transitions et développés ». Une idée brillante qui avait permis de collecter 7,8 millions d’Euros (plus de 5 milliards de FCFA). C’est justement l’utilisation faite de ces fonds qui pose problème, puisque 6 % seulement devaient servir aux dépenses administratives, alors qu’il s’est avéré que le Suisse Alain Clarc en a dépensé plus de 50 %. Scandaleux ! Pour rappel, le fossé numérique, tel qu’il a été présenté dans walfadjri du 13 avril 2005, cité par « Coopération, solidarité, développement », est alarmant. « En Afrique, il n’y a que 25 téléphones pour 1 000 habitants, contre 673 aux États-Unis. Alors que l’Afrique compte 9,7 % de la population mondiale, les internautes africains ne représentent que 1,1 % sur le web. 97 % des sites Internet se créent dans les pays développés, l’Afrique ne générant que 0,4 % du contenu de la toile. De même, l’Afrique ne dispose que de trois serveurs Internet pour dix mille habitants, tandis que l’Asie en possède 37, l’Océanie 995, les Amériques 1 440 et l’Europe 2 293 », dit le journal sénégalais. Cette situation a certes évolué avec 1/3 des populations connectées grâce au mobile, mais les ordinateurs et l’internet restent encore largement cantonnés dans les couches nanties des villes.
Ayant constaté l’échec du Fonds de solidarité numérique mis en place pour combler le gap entre les pays du nord et ceux du sud, le chef de l’Etat, qui s’est fort indigné de cette situation, considère, avec ses partenaires, que le Fonds n’est plus viable dans sa forme actuelle.
Le Fonds de solidarité numérique, une initiative du président de la République du Sénégal, créé pour combler la fracture numérique entre les pays du nord et l’Afrique s’est soldée par un échec. Un échec qui reste à travers la gorge du chef de l’Etat. Car pour Me Abdoulaye Wade, qui revendique la propriété intellectuelle de ce projet, « il y a un détournement d’objectif », à l’origine de l’échec. « La fondation créée à Genève n’a pas suivi ce que je pensais, en tant que fondateur », a déploré le président de la République qui croit d’ailleurs qu’il en a été écarté. « Je me suis senti moi-même marginalisé pour une vision financière qui n’était pas la mienne. »
Mais le chef de l’Etat impute ce manquement à Alain Clerc, le Secrétaire général de la fondation numérique, qui avait hérité de ce poste suite à la démission du maire de Genève, qui en est un membre fondateur. Le président de la République souligne que beaucoup d’argent était dépensé pour des voyages. Selon les résultats de l’audit cités par le Président, pour des fonds de 7 800 000 000 francs Cfa, plus de la moitié, soit 5 200 000 000 frs Cfa vont en frais de fonctionnement, là où le Secrétaire général affirme n’avoir dépensé que 2 800 000 frs. Et le plus bizarre dans tout cela, pour Wade, c’est que « nous n’avons aucune preuve de l’existence de son projet ». C’est de ce constat d’échec que la rencontre de Bamako a été tenue, en vue de prendre certaines décisions. Au sortir de celle ci, il a été convenu de mettre un terme aux fonctions de M. Clerc. C’est ainsi qu’il sera décidé de confier au Président Wade les rênes de la fondation pour une période transitoire, ce qui lui confère aussi le droit de procéder à la dissolution de la fondation en Suisse. Cette entreprise, Wade va l’entamer en s’attachant les services d’un avocat commis pour suivre les procédures de dissolution, et un auditeur, qui a procédé aussi à l’audit de la Fondation.
Et l’audit aurait révélé des insuffisances dans la gestion du Secrétaire général. Seulement, les avis sont partagés sur la question, car d’aucuns estiment que c’est plutôt un détournement de fonds, là où d’autres voient une faute de gestion. En tout cas, la religion du Président Wade a été faite : « C’est un détournement de biens sociaux collectés par les pays membres de la fondation numérique, auquel vient se greffer une usurpation de fonction. » Maître Abdoulaye Wade signale qu’après la décision de mettre fin à ses fonctions de Secrétaire général, Alain Clerc « a continué à se prévaloir de son ancien titre », en faisant des déclarations et convoquant des assises, comme celles qui ont eu lieu à Abuja.
Pour hier, le chef de l’Etat sénégalais avait pour mission de convoquer une nouvelle Assemblée générale, un nouveau conseil de la fondation. Mais après le constat de ces insuffisances, il a préféré convoquer une réunion d’urgence, tenue hier à l’hôtel Méridien en présence des autorités d’autres pays membres de la fondation.
Unanimité sur la dissolution de la fondation. Les membres du Fonds numérique de solidarité se sont accordés à mettre fin à cette fondation et de créer une nouvelle qui sera relancée sur des bases claires où le rôle de chacun sera déterminé. Mais la question est de savoir où domicilier cette nouvelle fondation qui va voir le jour après l’ancienne. On s’attend pour certains à ce qu’elle soit une exclusivité de l’Afrique et pour d’autres, il faut inclure les autres puissances. Et c’est ce que pense le père de cette fondation qui voudrait l’élargir aux autres pays mais en gardant le contrôle de son esprit. Wade pense que si les puissances mondiales dirigent cette structure, elles ne seront pas contrôlables par les Africains. Alors que son objectif, c’est d’arriver à voir chaque africain avec un ordinateur pour résorber cette question de la fracture numérique.
Le Quotidien, le 28 octobre 2009
Le Fonds de solidarité numérique est à vau-l’eau. Et le processus de dissolution est en cours à Genève. Son ex-secrétaire général, Alain Clerc, accusé de détournement de fonds sociaux et de fonds d’actionnaires après un audit, est sous le coup d’une plainte. C’est le président Wade qui en fait révélation hier, lors d’un face-à-face avec la presse.
Bien accueilli à sa naissance, le Fonds de solidarité numérique (Fsn) vient de tomber à l’eau. C’est le président Wade qui l’a annoncé hier en conférence de presse à Dakar, à la suite d’une réunion du Conseil de fondation. Selon Me Wade qui présidait cette réunion pour la relance de ce projet qui lui est cher et dont il réclame la propriété intellectuelle, l’échec de cette belle initiative est à mettre à l’actif de son ex-secrétaire général, Alain Clerc qui, selon lui, a détourné l’objectif de la fondation, en se lançant dans une recherche d’argent. ‘Nous avons constaté des faits très graves dans la gestion du Fonds que d’aucuns considèrent comme des détournements de fonds et que d’autres qualifient de faute de gestion. En ce qui me concerne, ce sont des détournements de fonds sociaux et de fonds d’actionnaires’, a déclaré Me Wade qui s’exprimait en présence de quelques délégations de pays et d’Ong membres du fonds. Pis, soutient le chef de l’Etat, qui se base sur l’audit de la fondation qui vient d’être réalisé, ‘Clerc a consacré plus de la moitié des cotisations des membres de la fondation à des dépenses de fonctionnement alors qu’il était convenu que ces dépenses ne devaient pas dépasser les 6 % du budget de ladite fondation’, poursuit Me Wade. Ainsi, selon les résultats de l’audit sur lesquels Wade fonde ses déclarations, sur les 7,8 millions d’euros (9,6 millions de francs suisse) recueillis par le Fonds de solidarité numérique, l’ancien secrétaire général aurait dépensé 5,2 millions d’euros.
Dont, poursuit le chef de l’Etat, ‘2,8 millions d’euros qu’il dit avoir investis dans des projets dont nous n’avons aucune trace’. C’est la raison pour laquelle, le président Wade annonce que des enquêtes sont en train d’être faites pour voir si les projets déclarés ont été réalisés dans les pays indiqué par le sieur.
Cependant, ce qui semble le plus irriter le président de la République dans cette affaire, c’est ‘l’usurpation de fonction’ que l’ancien secrétaire général fait en convoquant des réunions et en participant à une réunion à Abuja au nom de la fondation bien qu’il ait été débarqué lors de la dernière assemblée générale de Bamako et après que la fondation lui a versé tous ses droits. Toutes choses qui, selon Me Wade, pourraient pousser la fondation à entamer des poursuites judiciaires contre son ancien secrétaire général, Alain Clerc, pour détournement de fonds sociaux et détournement de fonds d’actionnaires. ‘Nous avons demandé à notre avocat de nous proposer un projet de plainte motivée pour que nous puissions savoir s’il faut porter plainte contre l’ancien secrétaire général du fonds’, annonce Wade.
Ayant reçu mandat de la dernière assemblée générale de la fondation pour la relancer, en sa qualité de propriétaire intellectuel du titre, le président ne voit l’avenir du fonds que sous de bons auspices. ‘La fondation a échoué, mais cela ne nous empêchera pas à continuer. Je vais préparer de nouveaux statuts que je soumettrai. Après leurs amendements, il sera procédé à la validation de ces statuts par l’assemblée générale du Fonds’, soutient le président Wade qui estime, dans la même lancée, que le siège de la fondation doit désormais se trouver en Afrique. En outre, le chef de l’Etat sénégalais pense que ce premier échec dans la gestion de la fondation du Fonds de solidarité numérique ne peut pas décourager ses initiateurs et toutes les bonnes volontés qui ont envie de soutenir ce projet qui devait avoir pour but de combler le gap numérique qui existe entre les pays développés et les pays en voie de développement en donnant à l’Afrique des instruments dynamiques. ‘Nous allons partir sur de nouvelles bases claires. Car je n’ai pas envie d’un nouvel échec. S’il y en a, je n’hésiterai pas à détruire mon titre de propriétaire’, soutient le président Wade. Qui, sans doute pour revigorer les troupes, a profité de l’occasion pour annoncer que la société française d’assurance Axa et la commune de Besançon (France) viennent d’octroyer 30 mille ordinateurs de seconde main qui sont en train d’être réhabilités au Sénégal par des personnes vivant avec des handicaps.
Lancé en 2005, le Fonds de solidarité numérique visait à réduire considérablement le fossé numérique entre les pays du Nord et ceux du Sud. A travers cette initiative, les promoteurs voulaient doter l’Afrique de plus de 500 millions d’ordinateurs connectés à Internet pour lui permettre de rattraper son retard.
Wal Fadjri, le 28 octobre 2009.
Le président de la République, Me Abdoulaye Wade est très remonté contre Alain Clerc. Lors d’un point tenu hier, mardi 27 octobre, au Méridien Président, le Chef de l’Etat du Sénégal a accusé l’ancien directeur du Fonds de solidarité numérique (Fsn) de détournements de fonds sociaux et de fautes graves de gestion. Une plainte serait même suspendue sur la tête du Suisse.
‘’Le Fonds n’a pas réussi. Parce que Alain Clerc a dépensé les cotisations que nous avions données dans des voyages’’, dénonce le président de la République du Sénégal, Me Abdoulaye Wade qui chiffre le montant à 9,6 millions de F Suisse, 7,6 millions d’euros (plus de 4 milliards F. Cfa).
Tout cet argent serait utilisé selon le Chef de l’Etat du Sénégal dans des dépenses de fonctionnement. Or, selon Me Wade, ces dépenses ne devraient pas dépasser 6 % du budget.
‘’Nous avons constaté des faits graves dans la gestion du Fonds. Certains ont parlé de mauvaise gestion. Pour moi, c’est des détournements de fonds sociaux. Nous avons relevé des usurpations de droits de propriété intellectuelle’’, a-t-il encore martelé, lors d’un face à face avec la presse.
Pourtant, les décisions de Bamako avaient clairement indiqué à M. Clerc d’arrêter ses activités au sein du Fsn, souligne Me Wade. Malheureusement, ce dernier a continué à percevoir de l’argent au titre de Secrétaire général.
C’est pourquoi, l’assemblée générale a décidé de la dissolution du Fsn. Il a commis un avocat pour une éventuelle plainte contre le Suisse. Le Fsn attend juste la fourniture de certains dossiers administratifs. Un audit indépendant et financier est aussi lancé pour éclairer toutes les erreurs notamment celle d’orientation par rapport à la volonté de Me Wade qui se dit être le détenteur de la propriété intellectuelle pour avoir parlé pour la première en Suisse du Fonds de solidarité numérique.
Pour le Président de la République, “l’éducation de la masse en Afrique passe par l’utilisation de l’ordinateur“.
“Nous demandons des ordinateurs neufs et d’occasions“, mais s’empresse-t-il de préciser, “je veux des ordinateurs de moins de deux ans. Parce qu’il ne faut pas transformer l’Afrique en dépôtoire. Malheureusement le Sg était plutôt préoccupé par la recherche d’argent et non d’ordinateurs“.
Me Wade confie d’ailleurs que le Sénégal a déjà recyclé 30.000 ordinateurs. Mais qu’il demande 500 millions pour l’Afrique.
L’avenir du FSN ?
Tous les membres ont noté la mésaventure du fonds. Mais, ils ont demandé sa continuation. Pour mener à bien cette mission, Me Wade est désigné pour en assumer l’intérim. Dans quelles conditions ? Le Chef de l’Etat ne cache pas sa gêne. Parce que confie-t-il, “j’ai demandé aux Chefs d’Etat, par téléphone, de soutenir ce fonds. J’ai même reçu un prix international. Donc, il faut que je le mérite“.
C’est pourquoi, révèle-t-il, “nous allons préparer de nouveaux statuts pour éviter des interférences, parce que « je n’ai pas envie de déchirer mon titre de propriétaire intellectuel“.
Mieux, le Fsn va être domicilié en Afrique, parce que dira Me Wade, “je ne suis pas d’accord avec l’idée de remettre le Fsn au secrétaire général des Nations unies“.
Quant aux journalistes, plutôt préoccupés par l’affaire Alex Segura, ils n’ont pu soutiré mot de Me Wade qui s’est même énervé face à la récurrence de question et à tout bonnement “lever la séance“.
Sud Quotidien, le 28 octobre 2009.
Le Fonds de solidarité numérique (Fsn) a connu un échec dans sa gestion. La révélation a été faite, hier, à Dakar, par le président Wade, qui faisait face à la presse, à la fin de la réunion du Conseil d’administration du fonds. Le président de la République, Me Abdoulaye Wade, a annoncé qu’une procédure de dissolution du Fonds de solidarité numérique est en cours. Il a aussi annoncé son intention de procéder à la création d’un nouveau fonds après le détournement d’objectif constaté.
Me Abdoulaye Wade a révélé qu’à la suite de nombreux manquements et erreurs relevés dans le fonctionnement du Fonds de solidarité numérique, une procédure de dissolution a été enclenchée à Genève où se trouve son siège. Il a précisé que les autorités suisses ont donné leur accord. Sur le plan judiciaire, Me Wade ajouté qu’il n’est pas exclu d’entamer des poursuites contre l’actuel secrétaire exécutif, Alain Clerc. Le conseil d’administration a demandé à son avocat de proposer un projet de plainte.
Me Wade a regretté qu’Alain Clerc ait consacré plus de la moitié des cotisations se chiffrant à 6,2 milliards de Fcfa à des voyages ou aux frais de fonctionnement alors qu’ils ne devaient pas dépasser 6%. Ce qui a poussé le président Wade à parler d’erreurs dans la gestion du Fonds ou de mauvaise gestion. Il en a conclu à un détournement de fonds sociaux et une usurpation de ses droits de propriété intellectuelle.
Pour lui, l’ancien secrétaire exécutif a détourné non seulement l’argent collecté mais aussi les objectifs de recherches d’ordinateurs en faveur du continent africain. Des erreurs ont aussi été notées dans l’orientation qui fait oublier l’objectif initial.
Même s’il a constaté que le projet a connu un échec du fait de sa gestion, Me Wade assure que cela ne va pas les arrêter. Il a fait part de sa grande gêne pour avoir eu à solliciter et obtenu de certains amis chefs d’Etat leur contribution. Pas moins de 15 Etats, des Ong et villes avaient apporté leur soutien au Fonds.
Le président Wade a réaffirmé sa volonté de continuer le projet et décidé de recueillir les points et suggestions des partenaires et amis qui souhaitent comme lui que le projet soit maintenant. Il va aussi soumettre un projet de statuts qui pourra être amendé avant son adoption finale.
L’initiateur de la Solidarité numérique a aussi préconisé le transfert du siège de la fondation en Afrique.
Le président Abdoulaye Wade a lancé le concept en 2005 pour réduire la fracture numérique entre l’Afrique et le reste du monde. En proposant l’initiative de la Solidarité numérique, le président Wade voulait créer, avec l’aide de la communauté internationale, les conditions de doter l’Afrique de 500 millions d’ordinateurs.
Le Soleil, le 28 octobre 2009.
Le président de la République, Me Abdoulaye Wade, a annoncé mardi à Dakar qu’une procédure de dissolution du Fonds mondial de solidarité numérique (FSN) est en cours.
Le FSN est une initiative du président Abdoulaye Wade lancée en 2005 pour réduire le dénuement technologique de l’Afrique. L’un des objectifs de cette initiative était de doter le continent de 500 millions d’ordinateurs, a rappelé son promoteur, en marge d’une réunion du Conseil de la fondation du FSN, à Dakar.
‘’La dissolution du Fonds est en procédure de dissolution à Genève (son siège). Les autorités suisses ont donné l’autorisation de (le) dissoudre. Ils ont accepté cette procédure de dissolution, ce qui requiert la fourniture d’un certain nombre de documents administratifs’’, a affirmé le chef de l’Etat lors d’un point de presse.
Il n’exclut pas d’entamer des poursuites judiciaires contre l’actuel secrétaire exécutif, Alain Clerc.
‘’Nous avons demandé à notre avocat de nous proposer un projet de plainte motivée pour que nous puissions savoir s’il faut porter plainte contre le secrétaire exécutif’’, a-t-il affirmé.
‘’Nous attendons le projet de plainte de notre avocat, a poursuivi M. Wade. Le Conseil de fondation (chargé de l’administration du projet) a échoué, mais cela ne va pas nous arrêter. Mais, moi je suis très gêné. J’ai demandé à des chefs d’Etat d’y contribuer, ils l’ont fait. La fondation a échoué. Je suis particulièrement gêné’’.
Environ 15 Etats et quelques ONG et villes ont rejoint le FSN.
‘’Le Fonds n’a pas réussi. Il a dépensé les cotisations que nous avions données’’, a-t-il dénoncé, chiffrant à 9,6 millions d’euros (6,2 milliards de francs CFA) l’argent ‘’beaucoup’’ dépensé pour ‘’des voyages’’.
‘’Nous avons constaté des faits graves dans la gestion du Fonds. Certains ont parlé de mauvaise gestion. Pour moi, c’est des détournements de fonds sociaux. Nous avons relevé des usurpations de droits de propriété intellectuelle’’, a-t-il encore dénoncé.
Selon le chef de l’Etat, qui s’exprimait en présence de délégations de pays et ONG membres du FSN, un audit du projet est ‘’déjà fait’’.
APS, le 27 octobre 2009.
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