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  • : Ce site traite de la question des usages des TIC par les collectivités locales, mais aussi par les individus. En Afrique particulièrement, mais également dans le monde.
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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 13:37

http://s2.e-monsite.com/2009/12/01/11/resize_550_550//porno.jpgRecherchés: sites porno pas encore censurés en Chine. Récompense: Jusqu'à 10 000 yuans pour les internautes qui aideront les autorités chinoises et dénonceront les sites "obscènes" ou faisant la promo d'objets liés au sexe.Après les Wu Mao Dang, ou "Parti des cinq maos", commentateurs prétendument rémunérés un demi yuan par post pro-gouvernemental inspiré laissé sur les forums chinois, voici les dénonciateurs à 10 000 yuans. Le Centre de dénonciation d'informations illégales de Chine a publié conjointement avec certains ministères et le Bureau national contre les publications illégales et pornographiques une circulaire encourageant les internautes à rapporter l'existence de sites "contenant des informations obscènes" ou de la "publicité illégale pour des produits liés au sexe". Les personnes dénonçant de tels sites se voient promettre de 1000 à 10 000 yuans, de 100 à 1000 euros.

 

A ce tarif, pas étonnant que le standard soit saturé. Samedi, au lendemain de l'annonce, le Centre avait reçu 13 000 dénonciations par le web et plus de 500 appels téléphoniques, selon l'agence officielle Chine Nouvelle. Elle précise qu'un comité a été désigné pour déterminer si les délateurs méritent une récompense et son montant.

Les autorités chinoises lancent fréquemment des campagnes contre la pornographie, bien que les sites "X" soient d'ores et déjà bloqués. Ces campagnes, lancées avec grand bruit et souvent à l'approche d'événements officiels sont l'occasion d'insister sur le fait que le web ne doit pas être un instrument de déviance morale. Elles servent aussi de prétexte au resserrement du contrôle sur des sites qui n'ont rien d'érotique mais touchent à des questions jugées sensibles par le Parti.

Les autorités étaient jusqu'à présent restées discrètes sur les récompenses offertes aux internautes leur rendant de loyaux services. Elles ont pourtant recours à ce procédé depuis plusieurs années. Selon David Bandurski, co-fondateur du China Media Project rattaché à l'Université de Hong Kong, l'idée de rémunérer les internautes a germé dès 2005. Le ministère de l'éducation purgeait alors les forums de discussions entre étudiants. Au moment où le populaire forum de l'Université de Nankin "Little Lily" fermait, des responsables de l'établissement auraient recruté une poignée d'étudiants zélés pour rapporter les commentaires idéologiquement dérangeants et en rédiger d'autres, plus adaptés. Les responsables du parti de la province, le Jiangsu, auraient à leur tour commencé à engager des cyber-commentateurs. La rumeur s'est ensuite rapidement répandue sur le web que ces internautes à la solde du parti touchaient 5 mao, soit 5 cents d'euro par message posté.

Les responsables politiques chinois sont toujours restés discrets sur de telles pratiques, de sorte qu'il est difficile de savoir avec précision combien d'internautes sont rémunérés pour leurs commentaires, combien ils perçoivent et qui les paye au sein de l'administration. Selon M. Bandurski, on dénombrerait 280 000 "Wu Mao Dang".

 

Les leaders du Parti ne font en revanche pas mystère de leur intention d'utiliser le web dans leur sens. En Janvier 2007, dans son discours de référence sur le sujet, le président Hu Jintao appelait les chefs du PCC "à étudier l'art et élever le niveau de la gouvernance en-ligne et à utiliser activement les nouvelles technologies pour accroître la force de la propagande positive". Il définissait ainsi ce que l'équipe du China Media Project nomme le "contrôle 2.0": ne pas subir le développement du web, mais au contraire surfer dessus pour renforcer sa propre légitimité et diffuser son message. Afin de guider l'opinion selon la tradition marxiste à l'heure du web participatif, l'administration chinoise juge qu'il est nécessaire de rémunérer les contributions.

C'est la première fois que l'administration promet ouvertement de si fortes rétributions pour appâter les internautes. Mais si l'annonce de telles récompenses de la part du gouvernement fait exploser le standard du centre de délation, elle est également le signe d'un affaiblissement idéologique proportionnel au sein de la société chinoise.

 

 

 

Source : Aujourd'hui la Chine, le 8 février 2010.

 

 

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