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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 15:40
Avis d'expert  - L'Avicca n'est pas tendre avec l'initiative du gouvernement qualifiée d'opération de communication.

Lancé il y a quelques jours, le label 'Haut débit pour tous' doit permettre aux consommateurs d'identifier les forfaits Internet intéressants financièrement et techniquement.

 

"L'objectif est d'encourager le développement d'offres garantissant aux utilisateurs l'accès en haut débit à Internet à des conditions équitables et techniquement satisfaisantes. Ce label permettra ainsi à chaque utilisateur d'identifier facilement les offres d'accès proposées sur la totalité du territoire de son département à un tarif inférieur à 35 euros par mois, matériel compris", peut-on lire dans un communiqué.

 

Pour se prévaloir de ce label, les FAI ADSL, câble ou satellite devront respecter un certain nombre de critères comme un débit minimum de 512 kb/s au minimum (96 kbit/s en montant). Ces offres devront être disponibles "en toute habitation du territoire de couverture". Chaque opérateur doit donc déclarer les départements où son offre sera accessible.

 

Pas de miracle

 

Etant donné que ce label vise à encourager les opérateurs à couvrir les zones grises ou blanches (2 à 5% de la population) en proposant des offres d'accès à Internet haut débit assurant la couverture de 100 % de la population sur un territoire donné, il s'agira certainement de labelliser des offres utilisant des technologies alternatives comme le satellite. 

 

De quoi doper le développement de ces offres alternatives ? L'Avicca n'y croit pas. L'association des villes et des collectivités pour les communications électroniques et l'Audiovisuel, estime que l'initiative sent bon l'opération de communication.

 

Dans un communiqué, Yves Rome, président de l'association n'y va pas par quatre chemins. "Pour le modeste coût de fabrication d'un logo, il permet d'affirmer qu'il n'y a plus de problème de haut débit, alors que d'importants investissements sont encore nécessaires. Il n'y a pas de miracle : si des ménages, des services publics et des entreprises sont en zone blanche, c'est que le secteur privé n'y trouve pas une rentabilité suffisante pour y apporter le service".

 

Et de poursuivre : "Un label, cela ne permet pas de lancer des satellites.Bien évidemment, sont aussi exclues toutes les situations qui ne permettent pas de recevoir le satellite (obstacle, proximité d'une source électromagnétique, etc.), sans que les opérateurs n'aient aucune obligation d'offrir le signal par un autre moyen. Le label ne leur coûte rien non plus."

 

"Le prix est limité à 35 euros, mais il ne comprend pas la téléphonie illimitée, ni les frais d'installation, ni la mise en service (plafonnée à 100 €). La durée d'engagement peut aller jusqu'à 24 mois, et, bien entendu, les limites en volume de transit, au minimum de 2 Go par mois, sont entérinées. En bref, le label correspond aux offres satellitaires actuelles".

 

"Le label gouvernemental donne de la visibilité à cette seule technologie, au détriment des autres. Il risque donc de jeter le trouble auprès des populations dans les territoires où les collectivités et leurs partenaires ont consenti des investissements importants (de 3 à 10 millions d'euros par département en général) dans des solutions non labellisées".

 

L'association reproche surtout au gouvernement d'avoir fait disparaître du texte, "par un habile tour de passe passe" l'obligation faite aux opérateurs de fournir le haut débit en tout lieu : " Chaque Français, où qu'il habite, bénéficiera ainsi d'un droit à l'accès à Internet haut débit, opposable à des opérateurs clairement identifiés", pouvait-on lire initialement.

Bref, l'Avicca, comme de nombreux habitants de ces zones peu ou mal couvertes, sont très sceptiques. D'un autre côté, en matière de réseaux haut débit, les collectivités locales et les départements font depuis longtemps figure de précurseurs.

 

Lassés d'attendre le bon vouloir des pouvoirs publics (et des opérateurs pas pressés d'équiper des zones peu rentables), ils prennent leur destin en main et mettent en place leurs réseaux par le biais de DSP (délégation de service public). Les exemples se multiplient un peu partout avec des réseaux rapidement déployés et financés par les départements, les régions, utilisant des technologies alternatives comme le WiMax, le CPL...

 

 

Par Olivier Chicheportiche, ZDNet France


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Published by Ibrahima - dans Avis-interview
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