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  • : COMPRENDRE LE DEFI DU NUMERIQUE
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  • : Ce site traite de la question des usages des TIC par les collectivités locales, mais aussi par les individus. En Afrique particulièrement, mais également dans le monde.
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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 11:44

L’Algérie devra rattraper un retard dans le domaine des TIC qui prend de plus en plus l’air d’une fracture. Voilà, le mot tabou est lâché, le mot redouté et craint qui exige des mesures énergiques de la part des pouvoirs publics et de l’ensemble des acteurs des TIC. En effet, l’Algérie se classe loin (très loin) de la Tunisie voisine, qui est arrivée, en quelques années, à tirer honorablement son épingle du grand jeu des TIC. Cependant, peut-on dire que le citoyen en a tiré profit, à tout point de vue, de cette technologie 10 années après son lancement. Pas tout à fait.

 

JPEG - 43.7 ko Certes, les choses ont changé par rapport à la dernière décennie, mais l’Algérie est encore « loin » de ses objectifs et ses ambitions concernant les TIC (Internet). Une raison pour laquelle le ministre de tutelle reconnaissait que l’un des axes majeurs de ces objectifs est la mise en œuvre de l’infrastructure haut débit. L’Algérie devait enregistrer à la fin 2009 quelque 1,2 million accès à l’ADSL et projette d’atteindre les six millions avec une mise à niveau l’infrastructure. Évidemment, ces augmentations du nombre d’abonnés n’étaient possibles que grâce à la baisse graduelle des prix à l’accès à l’ADSL depuis 2000. Et une baisse encore plus conséquente (-50 %) a été décidée à la moitié de 2008, à l’époque de M. Haïchour. A contrario, le pouvoir d’achat des Algériens ne cessait de se dégrader depuis, et les prix des produits alimentaires augmentaient de façon exponentielle. La pomme de terre, par exemple, qui coûtait en début des années 2000, 15 DA, a atteint en 2009 plus 80 DA. Les lentilles ou les haricots ont atteint dernièrement des prix quasiment inaccessibles (140 et 180 DA le kg). Ou encore le sucre qui a atteint la barre des 90 DA le kg. Pendant que les prix des produits alimentaires connaissaient sans cesse des augmentations devant l’absence de régulation du marché, les tarifs de la téléphonie fixe et l’accès à l’ADSL subissaient des baisses conséquentes. Cela s’explique par l’absence de l’échelle de valeurs qui fait que le travailleur n’arrive pas à terminer ses fins de mois. Même avec la baisse des tarifs à l’accès à l’ADSL, le commun des mortels des Algériens ne pense qu’à la façon de remplir son panier de la semaine si ce n’est celui de la journée. L’accès à l’ADSL figurera parmi ses derniers soucis. Ce qui va retarder à replacer le pays dans la trajectoire du progrès, en augmentant le développement domestique des TIC, et à l’arrimer à la compétitivité internationale. Les collectivités locales, en tant que démembrements de l’Etat et interface directe des citoyens, ne semblent pas bénéficier du niveau d’attention requis, au moment même où la volonté politique sans cesse réaffirmée est de promouvoir une gouvernance de proximité dans laquelle les TIC sont appelées à jouer un rôle majeur. L’Internet permet d’être relié au monde... et à son monde (enfants, parents, amis...). Ainsi, les TIC n’ont pas de mérite seulement pour les affaires, mais aussi pour l’épanouissement individuel et le divertissement. Ces avantages constituent des atouts précieux pour les zones rurales éloignées des centres. Les TIC permettent aussi la diffusion de formations et d’apprentissages selon des modes variés et accessibles au plus grand nombre : télé-université, enseignement interactif à distance, téléconférence, visioconférence, formation en entreprises... L’accès facile à des coûts de plus en plus bas à une grande diversité de services contribue à rompre l’isolement. Ainsi, l’on peut jouer au bridge ou aux échecs avec des partenaires résidant à des milliers de kilomètres, demander des catalogues de semences par Internet, acheminer par le même moyen la commande de graines, accéder à des sites Internet spécialisés en littérature, grandes bibliothèques, musées, galeries d’art, collections de photos, journaux, périodiques et radios du monde entier. Le courrier électronique permet à chacun de maintenir des liens réguliers avec ses proches, quelle que soit la distance les séparant : joindre aux messages envoyés de longs dossiers de photos numériques, graphiques et tableaux. Les TIC servent beaucoup le monde des affaires, en permettant à un grand nombre de personnes de vivre leurs rêves, passions, intérêts dans un environnement qu’ils auront choisi même si celui-ci est éloigné des grands centres urbains. Il n’en demeure pas moins que le citoyen se voit confronté à un autre problème, qui est celui du marché de l’informatique. Le marché domestique est fortement sensible au prix, au faible pouvoir d’achat (SNMG : 12.000 dinars soit équivaut 120 euros environ) et à l’absence du retail. Le projet Ousratic est en panne et il n’est pas à l’ordre du jour du gouvernement ; seul l’actuel ministre des PTIC continue à l’évoquer lors de ses sorties médiatiques. Il semble avoir conscience de son impact, mais le projet reste prisonnier du discours politique ambiant. La suppression des crédits à la consommation n’arrange pas les choses et l’accès limité à l’ADSL n’encourage pas les citoyens à opter pour cette option. Le réseau de distribution évolue dans un environnement peu structuré et pas du tout planifié, basé sur une demande très peu prédictible. La faible marge, la mauvaise segmentation et le peu d’investissement dans la ressource humaine et la gestion RH basique n’encouragent pas le développement du secteur. Il y a aussi la limitation du volume d’importation par des mesures administratives (loi de finances complémentaire 2009, arabisation, certificat de conformité et certificat d’origine). Enfin, l’industrie du contenu est assez faible, ce qui n’incite pas les Algériens à acheter en masse des équipements. Les opérations d’importation durent en moyenne 90 jours. Pour 2010, il y a des handicaps : détérioration de la situation du marché et de l’offre (locale et internationale) et le règne de la spéculation et des mauvaises pratiques.

 

Téléphonie mobile


Depuis sa mise en service, la téléphonie mobile a explosé en Algérie. Un téléphone portable n’est plus accessible à une certaine frange de la population (chefs d’entreprises, P-DG, hauts cadres…). Aujourd’hui, tout le monde peut avoir un cellulaire dans sa poche. 83 % des Algériens sont abonnés à la téléphonie mobile en Algérie, selon les derniers chiffres du département du ministre Bessalah. Sur une population de 34,8 millions, entre 26 et 27 millions sont abonnés aux trois réseaux (Mobilis, Nedjma, Djezzy). L’objectif du programme quinquennal est d’atteindre, au plus tard en 2014, un taux de 107 % du nombre global de la population algérienne. Comme il est affirmé que la couverture et la qualité des prestations des réseaux de la téléphonie mobile en Algérie répondent parfaitement aux « normes internationales ». Au-delà de ces constats et perspectives, il y a des insuffisances à relever et des retards. Parmi ces derniers, on peut citer l’adaptation de la législation et de la réglementation. L’évolution du marché de la téléphonie mobile a mis en relief les limites de la législation et de la réglementation en la matière en vigueur. On peut citer l’incapacité des dispositifs existants d’assurer à l’ARPT et/ou à l’institution concernée de l’Etat la maîtrise du marché dans l’esprit et la lettre de la loi (par exemple article 13) ouvrant la voie à un comportement unilatéral de l’opérateur dominant marqué par des pratiques d’abus de position dominante caractérisée. Un autre constat mérite d’être cité : la non-mise en service de la technologie 3G et 3G+ pénalise les entreprises, freine la généralisation du haut débit et retarde la télévision mobile. Bref, elle éloigne notre pays de la société de l’information. Le document portant stratégie « e-Algérie 2013 » présenté par le MPTIC au Conseil national économique et social est jugé par ce dernier d’extrêmement riche en informations, mais manque de détails et de vision claire.  Le CNES, par la voix de son directeur de communication, estime que l’horizon des cinq (05) années projetées pour réaliser un projet aussi ambitieux semble difficile à respecter compte tenu de l’intensité des contraintes identifiées dans le document. Selon M. Ouali, le Conseil considère en particulier qu’il convient de s’interroger sur les capacités d’absorption du tissu institutionnel, économique et social des différentes actions dont le développement est envisagé. « La démarche préconisée pour atteindre les objectifs fixés semble trop globale, et ne fixe pas d’échéances intermédiaires par objectif, entre 2009 et 2013, pour chacun des axes majeurs identifiés », explique notre interlocuteur. Un certain manque de cohérence est relevé quant à la nécessaire mutualisation des efforts et des moyens à mettre en œuvre, chaque partie prenante devant ici se doter de l’ensemble des moyens humains et matériels requis indépendamment de ce qui peut exister ou être acquis auprès de parties prenantes homologues.





Source : ITMag, le 3 mars 2010.




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