Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : COMPRENDRE LE DEFI DU NUMERIQUE
  • COMPRENDRE LE DEFI DU NUMERIQUE
  • : Ce site traite de la question des usages des TIC par les collectivités locales, mais aussi par les individus. En Afrique particulièrement, mais également dans le monde.
  • Contact

Rechercher

Archives

15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 08:03

TicMaroc.jpgSelon la dernière enquête annuelle du Crédoc sur la diffusion des nouvelles technologies en France, la crise n’a que peu d’impact sur notre consommation des TIC. Quel que soit le type de support, l’évolution enregistrée aujourd’hui dans nos usages se maintient et progresse. Si l’e-administration s’inscrit dans cette conjecture, ses structures ont besoin par contre d’une nécessaire et profonde mutation. D’un nouvel élan subdivisé depuis le mois dernier en vingt-cinq propositions d’actions pour une réelle ouverture vers l’e-citoyenneté.

 

Près d’un Français sur deux (48%) se connectent à Internet tous les jours (+5% par rapport à 2008). Près de trois sur quatre (74%) disposent d’un ordinateur chez eux, relié au web dans 90% des cas. 82% des Français possèdent aujourd’hui un téléphone mobile, et 13% (surtout les jeunes et les cadres) utilisent d’ores et déjà l’Internet nomade soit un doublement depuis 2008.

 

Les résultats de la neuvième enquête annuelle du Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) sur la diffusion des nouvelles technologies dans notre pays, sont formels. La crise n’a que peu d’impact dans notre consommation des TIC avec même une hausse de 7% des internautes actifs l’année dernière, ou bien encore des disparités d’accès à Internet au domicile qui se réduisent en termes de générations et de revenus (sauf chez les personnes les plus modestes). Face à de tels résultats, 2009 marque véritablement pour certains l’entrée de la France dans l’ère numérique.

 

Une hausse constatée mais biaisée


Une telle tendance se retrouve-t-elle pour autant dans une amélioration de la relation numérique à l’usager, et en particulier dans le domaine de l’e-administration ? Depuis plus d’une dizaine d’années, les chantiers allant dans ce sens se multiplient. Les ministères, collectivités territoriales et autres organismes d’Etat informatisent de plus en plus leurs procédures (déclarations fiscales, renouvellement de papiers, créations d’entreprises…), afin de rendre leurs services plus accessibles ou d’en améliorer leur fonctionnement interne.

 

Résultat, de nouveaux usages apparaissent à l’image des derniers chiffres enregistrés par le Crédoc. 40% des Français, soit 21 millions de personnes, ont effectué une démarche administrative ou fiscale en ligne en 2009, soit une hausse de 3% par rapport à l’année précédente. Les efforts de simplification payent. Mais des ombres demeurent au tableau.

 

Selon le Crédoc, ce nombre progresse en effet uniquement grâce à la hausse globale du nombre d’internautes. Et de grandes disparités persistent encore sur le pourcentage des usagers des procédures en ligne au regard de la tranche d’âge (67% pour les 25-39 ans mais seulement 29% pour les 60-69 ans), ou bien encore en fonction du niveau d’études (73% des diplômés du supérieur contre 13% pour les sans-diplômes). Bref, des efforts pédagogiques restent encore à accomplir pour accompagner ces populations et les familiariser avec les outils, pour ne pas passer d’une fracture numérique à une « fracture administrative ». Mais aussi et surtout peut-être pour leur donner confiance. Car pour nombre de personnes, et même pour ceux qui recourent régulièrement à Internet, le principal frein réside toujours dans les risques de divulgation des données personnelles et de protection de la vie privée.

 

Améliorer la relation au numérique


Toute la problématique est là. Pour offrir une véritable opportunité de progression à l’administration électronique en France, il s’agit d’abord et avant tout d’améliorer la relation qu’entretient l’administré avec le numérique, de simplifier les démarches aussi bien pour les simples citoyens que pour les entrepreneurs. Telle était la mission confiée en octobre dernier par Bercy à un comité d’experts issus d’entreprises publiques et privées. Après quatre mois de réflexions, celui-ci vient de rendre son rapport le 12 février avec une liste de vingt-cinq propositions d’actions concrètes visant à développer l’e-administration dans notre pays. Les mesures proposées s’inscrivent dans trois axes : rendre plus claire et identifiable la présence de l’administration sur Internet, développer des services plus personnalisés (dans la lignée du portail mon.service-public.fr), et enfin donner davantage la parole aux usagers.

 

Pour rentrer un peu plus dans le détail des propositions les plus emblématiques, il s’agira concrètement de diviser par dix les quelques 10 000 sites administratifs recensés. D’adopter une ergonomie et une charte graphique communes afin de reconnaître un site officiel au premier coup d’œil. De simplifier l’accès aux services avec un système d’identifiant unique tel que le récent label IDéNum pour en « finir avec le cauchemar des 1001 mots de passe ». De garantir un égal traitement quel que soit le canal utilisé (guichet, téléphone, courrier, mail). De développer les services d’alertes personnalisées par SMS ou mails. De proposer les dix démarches les plus attendues par profil type d’usagers. De systématiser la possibilité de notation des sites par les administrés. De créer une communauté d’entraide entre citoyens sur le modèle de questions/réponses validées par les fonctionnaires, afin de contribuer à sortir d’un jargon administratif jugé bien souvent trop obscur ! De mettre en place une plateforme de services baptisée « Etat Lab » qui, à la manière des applications sur Facebook*, permettra aux acteurs tiers (dont l’administration ne pourra pas se passer) de développer de nouvelles applications innovantes à partir de données publiques… Autant de propositions démontrant bien que le passage à une administration électronique ne pourra s’envisager que sous l’angle d’une refonte complète de ses procédures et non pas sous celui d’une simple duplication dématérialisée.

 

Premières mesures pour les entreprises


A l’instar des usagers, cette stratégie de refonte a déjà commencé pour les entreprises. Depuis décembre 2009, celles répondant aux marchés publics peuvent désormais télécharger leur attestation fiscale dématérialisée. Au regard des 12 000 demandes traitées dès le premier mois par la DGFIP (Direction Générale des Finances Publiques), ce service était pour le moins attendu ! Depuis le mois de décembre dernier là encore, la demande de transfert du siège social est désormais possible par Internet. Lorsque l’on sait que la cible estimée est de 250 000 transferts annuels, le progrès est au rendez-vous. Pour les créateurs d’entreprises (550 000 en 2009), un guichet unique « création » a été ouvert au 1° janvier 2010 pour un point de contact centralisé avec là encore la promesse de démarches simplifiées et dématérialisées d’ici cet été. Effectif désormais également sous la houlette de la DGFIP le lancement du projet de suppression des déclarations de participation à l’effort de construction et de formation professionnelle pour éviter aux entreprises d’avoir à fournir plusieurs fois les mêmes informations de base (chiffre d’affaires, effectif…) aux administrations. Etc.

 

Quel que soit le domaine concerné, la nécessaire mutation de l’e-administration est en marche. Financé par le budget alloué au numérique dans le Grand emprunt, l’ensemble des vingt-cinq propositions pourrait être réalisé dans les deux ans à venir selon les experts. Pour une offre de services organisée non plus en fonction de l’administration mais bien de celle d’un usager devenu un véritable e-citoyen.

 

 

 

Pour consulter la neuvième enquête annuelle du Crédoc sur la diffusion des TIC en France

Pour en savoir plus sur les vingt-cinq propositions des « Experts Numériques »

 

 

 

 

Source : ZenEntreprise, le 12 mars 2010.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Ibrahima - dans Ouvrages-Etudes
commenter cet article

commentaires