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  • : Ce site traite de la question des usages des TIC par les collectivités locales, mais aussi par les individus. En Afrique particulièrement, mais également dans le monde.
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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 13:07

TicTunisie.jpgLes TIC, voici un secteur dont tout le monde et surtout le Politique attend beaucoup et où les grands donneurs d’ordres publics investissent peu et où le concept des 3P (partenariat public privé) est devenu plus galvaudé qu’appliqué. Le nombre des appels d’offre non aboutis ou renvoyés ne se compte plus et  celui  des projets mobilisateurs ne dépassera pas les 20 cette année, en plus des 5 autres projets nationaux structurants.

 

Jusqu’au 31 décembre 2009, ce secteur comptait 400 entreprises. En 2010, selon les chiffres de la fédération TIC de l’Utica, il en a déjà perdu 25 et devrait encore en perdre 25 autres, l’année prochaine, pour ne remonter à 370 entreprises qu’en 2012.

 

Le secteur employait, l’année dernière, 32 mille personnes, mais ne dégageait qu’une valeur ajoutée de 5,3 MDT, dont 0,9 MDT, en contribution des services TIC, ne représentant que 1 % du PIB. Les investissements immatériels du secteur productif et des services publics n’ont pas dépassé, l’année dernière, 0,5 MDT ne représentant que 1 ,04 % du PIB. Et pour une vue plus réaliste du secteur, Faouzi Zaghbib, président de la fédération des TIC invitait, vendredi dernier, le ministre des TIC à exclure le secteur des télécommunications du calcul des ratios du secteur.

 

En face, les objectifs de développement qui sont assignés à ce secteur semblent énormes. En premier lieu, créer pas moins de 75 mille nouveaux postes d’emploi et renforcer la concurrence des entreprises du secteur jusqu’à arriver à 500 entreprises à forte valeur ajoutée (FVA) au rythme de 20 % annuellement. Pour y arriver, les professionnels ont invité, vendredi, leur ministre à un petit déjeuner au cours duquel ils lui ont remis un document  de 7 pages contenant pas moins de 44 demandes. A le présenter, Faouzi Zahi a dû monopoliser la parole presqu’une heure durant, jusqu’à donner la nette impression qu’à trop demander, on risquerait de ne rien avoir, au moins dans l’immédiat.


A la réponse, le ministre n’a d’ailleurs pas essayé  de répondre aux demandes de Zaghbib et comment le pouvait-il face au nombre et la complexité des demandes !

 

Un peu de nationalisme dans les TIC


En effet, s’il est possible et presqu’immédiatement faisable de consacrer des lots de terrains dans les technopoles, les zones industrielles et administratives aux investisseurs dans les TIC comme le demandent les professionnels, cela demandera plus de temps d’adopter une mesure telle que l’exemption de l’impôt, et sur les personnes physiques et morales sur 10 ans pour les activités FVA ou encore l’exemption des participations au capital des entreprises FVA de l’assiette fiscale même.

 

Plus réaliste et d’autant plus faisable pour le ministre Naceur Ammar, connaisseur du secteur où il était, entre autres, enseignant, est le fait de demander que le secteur public mette en exécution immédiate les 3P et l’externalisation au profit du secteur privé national. Un peu de nationalisme ne pourrait que faire du bien à tout le monde. Cela est aussi valable pour les entreprises nationales et les collectivités locales que le ministre des TIC pourrait, en collaboration avec son collègue de l’Intérieur [il suffirait d’une réunion conjointe ou d’un CIM] pourrait «obliger » à un peu plus de nationalisme pour acheter TIC tunisien. A défaut,  il restera vain de prétendre booster l’export de ces entreprises en refusant de leur donner la reconnaissance nationale. L’idée de Faouzi Zaghbib de cibler 20 grosses entreprises, telles que les banques, la Steg, la Sonede ou la SNCFT pour les «inciter » à recourir plus aux entreprises locales pour la modernisation de leurs systèmes d’information et leur garantir 50 % au moins des budgets de ce chapitre en exigeant que 70 % des ressources humaines soient tunisiennes, est tout aussi réaliste. Il est tout aussi temps, et cela est tout aussi faisable pour le ministre des TIC qui pourrait ainsi marquer d’une pierre blanche son passage au ministère des TIC, de donner l’exclusivité aux entreprises TIC et FVA tunisiennes et pas uniquement les centres publics, pour le développement et le suivi de 5 grands projets structurants nationaux par an.

 

 

 

Source : African Manager, le 19 mars 2010.

 

 

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