Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : COMPRENDRE LE DEFI DU NUMERIQUE
  • COMPRENDRE LE DEFI DU NUMERIQUE
  • : Ce site traite de la question des usages des TIC par les collectivités locales, mais aussi par les individus. En Afrique particulièrement, mais également dans le monde.
  • Contact

Rechercher

Archives

9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 23:48
Ah il est fort, quand même notre président. "Souvenirs de la chute du Mur de Berlin, le 9 novembre 1989, peut-on lire sur sa page Facebook, le texte suivant illustrant la jolie photo ci-contre : J’étais alors secrétaire général adjoint du RPR. Le 9 novembre au matin, nous nous intéressons aux informations qui arrivent de Berlin, et semblent annoncer du changement dans la capitale divisée de l’Allemagne. Nous décidons de quitter Paris avec Alain Juppé pour participer à l’événement qui se profile. Arrivés à Berlin ouest, nous filons vers la porte de Brandebourg où une foule enthousiaste s’est déjà amassée à l’annonce de l’ouverture probable du mur." Le journaliste de Libération Alain Auffray se gausse sur son blog : "Marteau en main, il y était, Sarko, à Berlin. L’homme qui s’apprête à faire l’Histoire ne pouvait rater ce moment historique. Epatant !" Suit une réfutation en règle des propos présidentiels : "Le problème c’est que l’histoire qu’on nous raconte ne tient pas debout (...) Le matin du 9 novembre, personne à Paris - ni même à Berlin - ne pouvait soupçonner que le mur allait tomber. les radios et télévisions ouest-allemandes n’ont commencé à évoquer la "libre circulation" qu’à partir de 20h. Et ce n’est qu’après 23 heures que les Berlinois de l’Est, prenant ces informations prématurées pour argent comptant, furent si nombreux à se masser devant le poste frontière de la Bornholmer Strasse que les garde-frontière est-allemands finirent par lever la barrière. Parole de témoin : jamais "l’événement" ne s’est "profilé". Témoin, Alain Auffray l’est assurément : il était alors en poste à Berlin, correspondant de plusieurs journaux français. "Et pour faire bonne mesure, poursuit le journaliste, il ajoute cette scène totalement fantaisiste : "Arrivés à Berlin ouest, nous filons vers la porte de Brandebourg où une foule enthousiaste s’est déjà amassée à l’annonce de l’ouverture probable du mur". A aucun moment l’annonce d’une "ouverture probable" n’a provoqué le moindre rassemblement à l’Ouest. La foule était massée à l’Est. Et beaucoup plus au Nord, dans le quartier de Prenzlauer Berg. Les Berlinois de l’Ouest n’ont commencé à s’attaquer au mur que le lendemain 10 novembre. Ils ont été rejoints par des visiteurs venus du monde entier. Parmi lesquels, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé." L’invraisemblance totale du récit discrédite sans appel le menteur. Mais était-il même à Berlin le lendemain, comme l’avance Auffray ?

Benjamin Ferran a mené l’enquête pour Offnotes  : "Voici un extrait du livre Le Joker, de Céline Edwards-Vuillet. Il s’agit d’une biographie “non autorisée” de 2001 consacrée à Alain Juppé et trouvée grâce à Google Books. J’en ai assemblé de brefs extraits pour obtenir plusieurs phrases complètes. "Lorsqu’il retourne à Berlin six mois plus tard, le 16 novembre, avec François Léotard et Alain Madelin, Alain Juppé découvre un autre univers. Là, il touche les quelques pans de mur encore debout, passe de « l’autre côté », tandis que des Allemands de l’Est accélèrent à coups de pioche la désagrégation de quarante années de honte." (...) Confirmant cette chronologie, voici comment Claude Sarraute parlait dans Le Monde du 21 novembre 1989 de tous ces politiques qui se sont rués vers Berlin avec plusieurs jours de retard. Il y est fait mention d’Alain Juppé et d’Alain Madelin. "Il y a qu’à voir la ruée de nos politiciens et de nos intellos en mal de pub, amenés là par charters entiers, qui se pavanent en travelling arrière devant les caméras. Juppé, Madelin, Mur de Berlin. Une, première. Silence. Moteur. Et encore, je vous parle que des retardataires. Il y a huit jours, on les a pas vus à la télé because raté." De fait, le 10 novembre 1989, Alain Juppé réagissait à la télévision sans la moindre mention d’un voyage éclair. Qu’en conclure ? Que cet Alain Juppé, que l’on voit sur la photo à côté de Nicolas Sarkozy, a fait son premier voyage à Berlin avec d’autres élus du RPR le 16 novembre d’après un livre qui lui est consacré et n’était pas à Berlin le soir-même selon Claude Sarraute (il n’est pas fait mention nommément de Nicolas Sarkozy, mais le message Facebook indique qu’ils ont fait juppéle voyage ensemble). (...) Dans un entretien à TV5, Alain Juppé évoque sa venue le “10 ou 11 novembre”. Mais plus le 9 novembre". Ce qui contredit ce qu’il affirme sur cette vidéo, dans laquelle il reprend la fable de sa présence à Berlin le 9, le jour de la chute du mur. A présent que le mensonge est établi, lisons la fin du texte de Sarkozy, "racontant" les événements berlinois : "Nous filons ensuite vers Check Point Charlie pour passer du côté est de la ville, et enfin confronter ce mur dans lequel nous avons pu donner quelques coups de pioche. Autour de nous, des familles se rassemblaient pour abattre le béton. Certaines venaient nous parler pour nous expliquer leurs sentiments, leurs ambitions nouvelles, et partager leurs émotions après des décennies de séparation. La nuit s’est poursuivie dans l’enthousiasme général : les retrouvailles du peuple allemand sonnaient la fin de la guerre froide et le début d’une période de grande liberté en Europe." Voyez avec quel aplomb il s’invente un rôle. Cet homme ne connaît décidément aucune limite. Et c’est encore Internet qui stoppe la désinformation.

 

 

 

Source : AgoraVox, le 9 novembre 2009.

 

 

 

Repost 0
Published by Ibrahima - dans Avis-interview
commenter cet article
9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 12:56

Des fans clubs de l’artiste Youssou NDOUR ont entamé des actions citoyennes en lançant une pétition pour dire « oui, au démarrage des programmes de TFM». Ils ont ainsi décidé de témoigner leur solidarité au lead vocal de «Super Etoile» mais aussi en tant que citoyens de s’insurger contre les pratiques qui découragent l’entreprenariat national.

Groupe Futurs Médias a bénéficié, en mars 2008, de la part du ministère sénégalais de l’information, de l’attribution d’une fréquence pour une station de radiodiffusion télévisuelle. Ceci a occasionné, selon le promoteur, l’artiste de renommée int ernationale, Youssou NDOUR, des investissements colossaux afin que le Sénégal et l’Afrique puissent bénéficier d’un nouvel espace d’expression culturelle, professionnelle.

A ce jour, il s’avère que la TV de Futurs Médias ne puisse pas émettre du fait de l’absence d’une dernière autorisation, le cahier de charges, devant être délivré par l’état sénégalais.

Aujourd’hui encore, le débat est posé pour savoir si l’état qui nous gouverne a pour ambition d’encourager les citoyens qui l’ont élu de faire vivre l’activité économique de ce pays (création d’emplois, taxes reversés à l’état, etc..) et d’exporter le savoir-faire sénégalais ou l’asphyxier tout simplement. Pour des intérêts inavoués, des manœuvres sont toujours mises en branle pour contrecarrer des initiatives qui n’ont que pour seul but d’apporter du « neuf » dans ce pays mais aussi de créer de la valeur ajoutée pour le bien être de nos concitoyens. Ceci n’est pas une première dans notre «Teranga», mais quand prendront-elles fin ?

Vous pouvez vous joindre à cette initiative de citoyens sénégalais, africains de tout bord, toujours désireux de voir leurs droits civils respectés. Vous pouvez nous rejoindre en vous inscrivant sur la liste et envoyer ce mail à vos contacts pour une large information et à l'adresse suivante : houreta@gmail.com <mailto:houreta@gmail.com>



Source :
PressAfrik, le 8 novembre 2009.


Repost 0
Published by Ibrahima - dans Avis-interview
commenter cet article
7 novembre 2009 6 07 /11 /novembre /2009 21:10
Bessalah pronne la protection des internautes.L'internet, qui capte de plus en plus l’intérêt des Algériens, notamment celui de la franges juvénile, donne apparemment quelques soucis aux pouvoirs publics


Pour preuve, ces derniers, à travers le projet de création d’un centre national d’échanges des données Internet, comptent avoir la haute main sur ce moyen de communication qui connaît un fulgurant succès. Le ministre de la Poste et des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) a révélé avant-hier que ce centre sera opérationnel au début de l’année prochaine.

Amine Salama Le Midi libre 7.II.09
Proposé par NINAS EL MADAURI

Hamid Bessalah, qui s’exprimait du haut de la tribune de l’Assemblée populaire national (APN) lors d’une séance plénière consacrée aux questions orales , a précisé que ce centre national sera «une sorte de portail électronique par où transitent toutes les connexions Internet».

Répondant à une question du député Tahar Abdi du MSP, qui l’interpellait sur les moyens que compte mettre en œuvre son département ministériel en vue de protéger les jeunes surtout en ce qui concerne les sites classés X, le ministre a, après avoir rappelé la mise en place de nombreux textes législatifs, reconnu.

«La dangerosité du contenu de ces sites sur nos valeurs en rappelant que la lutte contre la cybercriminalité constitue une priorité pour le gouvernement».

Hamid Bessalah a aussi souligné que la mission principale du centre consistera en l’aide qu’il apportera pour faciliter «une utilisation optimale du réseau Internet car toutes les informations de et vers l’Algérie via Internet transiteront par ce portail ». L’orateur a aussi annoncé que le centre sera financé par un fonds d’appropriation des usages et du développement des TIC.

Il a rappelé que le rôle des parents, qui « doivent impérativement être vigilants », reste cruciale pour protéger leurs enfants de ces sites. A ce titre il dira qu’un logiciel de centrôle à destination des parents a été mis en place pour surveiller le portail intégré actuellement dans les "Modem" qu’Algérie Télécom fournit aux abonnés à Internet.

Le gouvernement semble apparemment conscient de la nuisance de ces sites et c’est pourquoi il a confié à une commission interministérielle le soin de mettre en place une charte auquel doivent se conformer les cybercafés. «Il faut que les cybercafés, qu’il soient publics ou privés, aient une charte qui encadre leurs activités et qui explicite les droits des jeunes à s’informer », dira encore le ministre des TIC.

L’élaboration de cette charte a été confiée à une commission interministérielle, mise en place au mois d’avril dernier et qui comprend des représentants des ministères de l’Intérieur et des Collectivités locales, des TIC, de l’Education nationale ainsi que du ministère délégué chargé de la Famille et de la Condition féminine.

Par ailleurs le ministre a, dans une déclaration faite en marge de cette séance plénière, fait montre de son optimisme quant à l’issue du conflit opposant Algerie Telecom (AT) à l’Epead même s’il a considéré que « ce conflit commercial ne relève pas des prérogatives de son ministère.



Source :
Jijel.Info, le 7 novembre 2009.






Repost 0
Published by Ibrahima - dans Avis-interview
commenter cet article
6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 13:17
« Le monde est devenu une grande maison de verre, un acquis contre les régimes totalitaires dans la mesure où l’information n’est est plus le quatrième pouvoir mais le pouvoir lui-même. »

Les journées mondiales de la liberté de la presse est célébrée tous les 03 mai 2009 et celle de la société d’information a lieu tous les 17 mai selon l’adoption par l’assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies de la résolution A/RES/60/252 renvoyant à un Etat de droit et plus de démocratie. L’infrastructure de l’Internet se répand aujourd’hui autour du monde pour créer un large réseau mondial et ce grâce à l’informatique qui permet aujourd’hui de numériser les informations et de gérer de nouveaux systèmes. Ceci a des implications importantes sur la formation et l’enseignement.: Par exemple, les nouveaux produits et services TIC ne peuvent être utilisés que si les consommateurs ont des connaissances technologiques de base minimales. L’expansion est spectaculaire. En 1984 il y avait 1000 ordinateurs connectés, en 1987 10.000, en 1989 100.000, en 1991 apparition du World Wide Web , en 1992 1.000.000 d’ordinateurs connectés, en 1992 apparition du Navigateur web NCSA Mosaic , en 1996 10.000.000 d’ordinateurs connectés, en 1999, 200 millions d’ordinateurs dans le monde , en 2000 Explosion de la Bulle Internet , 20005 , 1 milliard d’utilisateurs dans le monde , en 2007 2,32 milliards d’ordinateurs et il semble que les 3 milliards aient été dépassés entre 2008/2009 et cela n’est pas fini.

I- SOCIÉTÉ DE L INFORMATION OU SOCIÉTÉ DE LA CONNAISSANCE ?


La société d’information désigne une société dans laquelle les technologies de l’information jouent un rôle fondamental. Par contre la notion de société de la connaissance (knowledge society), apparue vers la fin des années 1990, est utilisée en particulier dans les milieux universitaires, comme une alternative jugée préférable par certains à la notion de «société de l’information. Aussi, le débat n’est pas clos, et actuellement sur le plan théorique il y a désaccord, bien que l’emploi du premier se soit imposé, et aucun des deux n’a pu être l’objet d’un consensus. Alors que l’optique beaucoup plus technique de la société d’information fait référence aux données, aux canaux de transmission et aux espaces de stockage de l’information, la notion de société de la connaissance évoque les êtres humains, les cultures et les formes d’organisation et de communication, l’information étant déterminée en fonction de la société et non l’inverse.


Par exemple, Abdul Waheed Khan de l’Unesco : « La société de l’information est la pierre angulaire des sociétés du savoir. Alors que, pour moi, la notion de société e l’information est liée à l’idée d’innovation technologique, la notion de “sociétés du savoir” comporte une dimension de transformation sociale, culturelle, économique, politique et institutionnelle, ainsi qu’une perspective de développement plus diversifiée. À mon sens, la notion de société du savoir” est préférable à celle de société de l’information car elle fait une place plus large à la complexité et au dynamisme des changements qui sont à l’œuvre. (…) Le savoir en question est utile non seulement pour la croissance économique, mais aussi parce qu’il contribue à l’autonomie et au développement de la société dans son ensemble ».

Yves Courrier, différencie les deux termes comme suit : la « société de l’information met l’accent sur le contenu du travail (processus de saisie, de traitement et de communication des informations nécessaires) tandis que la société de la connaissance » met l’accent sur le fait que les agents économiques doivent posséder des qualifications supérieures qu’ils mettront à contribution dans l’exercice de leurs métiers.

 

Dans un important ouvrage coordonné par Alain Ambrosi, Valérie Peugeot et Daniel Pimienta dans « Enjeux de mots : regards multiculturels sur les sociétés de l’information » je cite « les politiques visant au développement de la société de la connaissance devant être axées sur les personnes, d’après leurs besoins et dans le cadre des droits humains et de la justice sociale ». Et de conclure « Le concept de société de l’information apparu avec la globalisation néolibérale, sous-entend que, désormais, ce seront les révolutions technologiques qui détermineront l’orientation du développement ; les conflits sociaux appartiendraient au passé. Pour cette raison, ce concept n’est pas le plus approprié, que ce soit pour qualifier les nouvelles tendances des sociétés et, encore moins, pour décrire un projet de société anti-hégémonique … toute définition du terme société ne peut pas décrire une réalité limitée à Internet ou aux TIC. Internet peut être un nouveau cadre d’interaction sociale, mais cette interaction est étroitement intégrée au monde physique, et les deux domaines se transforment mutuellement. L’information doit être un bien public, et non pas une marchandise ; la communication un processus de participation et d’interaction ; la connaissance une construction sociale partagée et non pas une propriété privée ; et les technologies un support pour tout ceci, sans qu’elles deviennent une fin en soi ».

II- LES INCIDENCES SOCIALES CULTURELLES ET ÉCONOMIQUES AU NIVEAU MONDIAL


Les mutations que connaît l’économie mondiale ont leur équivalent dans le domaine de l’information et de la communication. Elles ont une répercussion fondamentale sur la bonne gouvernance, sur l’urgence du renouveau du mode d’enseignement (c’est fini les cours dispensés par voie orale), sur la presse avec le développement de nouveaux médias utilisant Internet qui seront dominants à l’avenir et d’une manière générale un impact sur tous les mécanismes de gestion tant centrale que locale des institutions et des entreprises : passage de l’organisation hiérarchique de type militaire à l’organisation en réseaux. En effet, on observe aujourd’hui une métamorphose complète du paysage médiatique mondial qui est due principalement à la combinaison dynamique de deux facteurs : l’essor exceptionnel du capitalisme financier et la ‘‘révolution numérique’’ qui a donné aux technologies de l’information et de la communication un essor non moins exceptionnel. L’intégration des télécommunications, de l’informatique et de l’audiovisuel a donné naissance à la Société de l’information qui fait l’objet d’une attention particulière de la part des États et des organisations internationales. Cet intérêt s’est trouvé accru depuis une décennie en raison des retombées socio-économiques et culturelles des nouvelles technologies de l’information de la communication (NTIC) : la ‘‘fracture numérique’’ transcende en effet les clivages géographiques et traverse de part en part toutes les sociétés humaines. C’est que les nouveaux moyens de télécommunication facilitent l’échange et la diffusion de la connaissance. Ces nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) changent donc profondément la vie au quotidien des citoyens, le fonctionnement des entreprises, de l’État. Tout cela entraîne de nouvelles représentations mentales et sociales. Cela est plus patent au niveau multimédia (TV, vidéo à la demande, GPS, musique…) sur les téléphones portables.

 

Sur le plan macroéconomique, les nouveaux processus mis en place grâce aux TIC ont des conséquences sur l’analyse de la valeur des produits et services, que l’on effectuera davantage sur le cycle de vie, lequel a tendance à se raccourcir et influe sur les gains de productivité et la croissance liée à l’introduction des TIC. Les TIC influencent également la recherche scientifique et technique et permettent indirectement de réaliser de nouvelles découvertes qui ont à nouveau un effet macroéconomique. Enfin les TIC ont un impact dans de nombreux autres domaines comme les loisirs, la culture, la santé, la gestion du temps, les comportements en société. L’avènement d’Internet et le développement formidable qu’il connaît depuis quelques années ont pratiquement mis en demeure l’entreprise – de quelque importance qu’elle soit – de s’adapter et d’en faire l’usage le plus judicieux et le plus productif. La compétitivité l’obligeant à obtenir ou à donner l’information en temps réel, l’entreprise va en effet investir la Toile et recourir à l’électronique pour faire face à la concurrence et développer ses activités. Les NTIC permettent de mettre en place depuis quelques années des modèles d’organisation du travail dont les principales caractéristiques sont la décentralisation et flexibilité. Le phénomène de délocalisation de l’emploi tient largement de la recherche des gains de productivité et des possibilités offertes par les NTIC aux entreprises, particulièrement à celles qui sont d’une grande envergure : télé-saisie, télétraitement et télémaintenance informatique sont maintenant une réalité de tous les jours. Un tel phénomène est même observable à l’intérieur des pays développés où le recours au télétravail semble susciter un phénomène de repeuplement de certains espaces ruraux.

 

III-DE L’INTÉRÊT DES NTIC SUR LA BONNE GOUVERNANCE


Du point de vue de l’ONU, les bienfaits des NTIC, particulièrement pour les pays du Tiers monde, peuvent être considérables : gain de temps et d’argent, prévention de catastrophes humanitaires, extension de la bonne gouvernance, accroissement du pouvoir de mobilisation de la société civile.

 

C’est ce qui ressort de cette déclaration faite par Koffi Annan,ex Secrétaire général des Nations Unies, lors de la 56e Assemblée générale :

 

«L’énorme potentiel de ces technologies défie notre imagination. Mais dès aujourd’hui nous pouvons en mesurer l’immense utilité.


Lorsque les entrepreneurs de régions rurales peuvent passer commande ou vérifier le cours de leurs produits par téléphone cellulaire, le gain de temps et d’argent peut être énorme.


Lorsque les satellites nous renseignent sur l’imminence d’une tempête ou d’une inondation et que l’information circule rapidement grâce à un réseau de communication électronique, ce sont autant de catastrophes humanitaires qui peuvent être évitées.


Lorsque les citoyens peuvent obtenir directement sur Internet des informations indépendantes concernant les politiques de leur gouvernement, la bonne gouvernance a d’autant plus de chances de prendre racine.


Et lorsque des milliers d’entre eux peuvent communiquer en un rien de temps, par-delà les frontières, grâce au courrier électronique, le pouvoir de mobilisation de la société civile en faveur de la paix, de la justice et de la démocratie devient illimité».

 

Voilà donc pourquoi la compréhension des enjeux que représentent les NTIC et la maîtrise de leurs mécanismes et des instruments qu’ils utilisent restent essentielles. Elles permettraient de contribuer de manière décisive à réduire les disparités qui existent entre le Nord et le Sud et ouvrir à ce dernier des possibilités très grandes non seulement dans le domaine économique mais aussi en matière de modernisation des Etats qui le composent.

 

IV- LA QUESTION LANCINANTE DE LA FRACTURE NUMÉRIQUE


La ‘‘fracture numérique’’ est une expression d’origine américaine, apparue en juillet 1995 dans un rapport publié par le Ministère du Commerce américain. Il est fait état dans ce rapport de l’existence d’inégalités dans l’accès à Internet, inégalités entre les riches et les pauvres et entre les différentes ethnies qui composent la nation américaine. Ce rapport est actualisé en 1998 sous le titre ‘‘Digital Divide’’, ce qui a été traduit par ‘‘fracture numérique’’, ‘‘fracture digitale’’, ‘‘fossé numérique’’. Ce thème est repris à l’occasion de rencontres internationales, comme celle que le G8 a organisée à Okinawa en août 2000 et qu’il a consacrée aux inégalités d’accès aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. Au plan interne, des pays ont rapidement fait de cette question un sujet d’intérêt, voire de préoccupation, national. Internet aggrave, en effet, les inégalités existant au niveau mondial et au plan national : d’un côté, entre pays riches et pays pauvres et, de l’autre, à l’intérieur de ces mêmes pays, ceux du Nord voyant émerger des ‘‘sociétés numériques’’ et ‘‘à plusieurs vitesses’’. Ces deux types d’exclusion peuvent être repérés à partir d’une double analyse : celle de la répartition de la population internaute mondiale et celle des différents profils d’internautes qui existent à l’intérieur des sociétés étudiées. Identifiable donc à deux niveaux distincts, la fracture numérique requiert de la part des pays développés une prise en charge qui soit attentive à la réduction des disparités qui existent chez eux et une coopération internationale qui prenne en considération les besoins des pays du Sud supposant des conditions politiques, matérielles et financières nécessaires à la mise en œuvre d’une telle entreprise.

Car, les données statistiques montrent on ne peut mieux une concentration de la population des internautes dans les pays développés, essentiellement les pays anglo-saxons, des disparités à l’intérieur du monde développé et un retard important des pays en développement, notamment ceux du continent africain subissant une exclusion presque totale de la Société de l’information Car, l’insertion dans la Société de l’information des pays sous développés est confrontée à des obstacles quasi insurmontables. L’absence d’infrastructures adéquates et conséquentes, des coûts élevés rendent presque utopique toute idée de voir les pays les plus pauvres et l’Afrique surtout, se mettre, dans un proche avenir, à l’heure de la Société de l’information . Pour ne prendre que le cas d’Internet, on peut identifier au moins trois obstacles au développement de son utilisation.

 

a-Le prix de l’accès à la Toile : ce prix a trois composantes : le matériel et le logiciel, les fournitures de l’accès et les taxes téléphoniques. Selon le document de base du NEPAD (composante NTIC), « une connexion coûte en moyenne en Afrique 20 pour cent du PIB par habitant par rapport à une moyenne mondiale de 9 pour cent et à 1 pour cent dans les pays à revenus élevés ».

 

b- La pénurie d’infrastructures : ce problème est pris de plus en plus en charge par les pouvoirs publics dans les pays en développement en raison de l’incidence des NTIC sur le développement socio-économique. Ainsi, des mesures sont prises dans ce sens par certains pays, mesures qui consistent à laisser plus de liberté aux opérateurs historiques et à leur permettre de réinvestir leurs bénéfices; ouvrir au privé le capital des entreprises du secteur public; permettre à des opérateurs privés d’investir dans ce créneau.

 

c- Le problème de la disponibilité des contenus : les contenus existant dans les langues en usage posent eux aussi un problème de disponibilité qu’il n’est pas facile de régler. L’environnement culturel particulièrement pauvre, la faiblesse des systèmes éducatifs et l’absence d’investissement dans la recherche aggravent davantage le problème.

 

Conclusion


Toute relation ou activité humaine nécessitent des échanges d’information. Le regretté Claude Levy-Strauss un des plus grand anthropologue définit d’ailleurs la société comme un ensemble d’individus et de groupes qui communiquent entre eux. Les groupes organisés- ceux qui poursuivent la réalisation de but définis- ne peuvent fonctionner efficacement que si les informations internes et externes circulent convenablement, notamment aux points de concentration des informations, là ou se prennent les décisions. Le fondement de la société, la constitution de la civilisation repose sur une bonne communication de tout pouvoir. Une communication qui vise à informer à faire connaître et à faire comprendre. Une communication qui vise à constituer d’une part une interrelation entre les différentes structures de l’Etat et d’autre part entre l’administration et les différentes couches de la société. Car une mauvaise communication des appareils d’Etat (ère de l’époque stalinienne dépassé alors que la population parabolé a un large éventail dorénavant d’information avec la parabole) ne peut que conduire au manque de crédibilité de la communication des pouvoirs public ce qui accentue la fracture politique/citoyens et donc le divorce État/citoyens.

 

C’est que toute communication fiable doit prendre en considération les exigences créées par le développement de l’environnement médiatique mais aussi sociopolitique, culturel et économique tant interne que mondial. En effet, la concurrence médiatique avec tous ses caractéristiques : démultiplication des moyens de diffusion de l’information ( presse , radio, télévision, internet, etc…), rapidité dans la diffusion et la circulation de l’information exige une veille permanente. Cette attention particulière des Médias sur l’action publique répond à un besoin de l’opinion dans une démocratie pluraliste, celui de pouvoir juger les Gouvernants parce que devant les choisir. Ainsi les médias parlés / écrits crédibles concourent modestement à asseoir la démocratie. Une presse (ou de intellectuels) aux ordres s’adonnant aux louanges est contre productive pour le pouvoir lui-même.

 

ANNEXE


Les apports de Nicolas Curien


- Conservatoire national des arts et métiers et Académie des technologies et Pierre -Alain Muet -École polytechnique et Inspection générale des finances (France)- in « La société de l’information »

Introduction du Professeur Christian De BOISSEU et commentaires des Professeurs Élie COHEN et Michel DIDIER

Complément A. Les enjeux juridiques de l’Internet au regard de la préparation du Sommet de Genève-Isabelle Falque-Pierrotin B. La société de l’information :quels enjeux pour l’industrie des TIC-Didier Zmiro -C. Équipement des ménages en micro-ordinateurs et principales mesures incitatives dans dix-huit pays de l’OCDE-Direction des relations économiques extérieures- D. Favoriser la diffusion du micro-ordinateur et de l’Internet dans les ménages français- Karine Revcolevschi- E. La numérisation des biens artistiques : danger ou opportunité ? Le cas de l’industrie du disque-Gilles Bordes et Alain Crawford F. L’économie fondée sur le savoir-Dominique Foray- G. Documents et numérique-Jean-Michel Salaün – H. Mesure statistique de la société de l’information -Raymond Heitzmann, Fabrice Lenseigne et Patrice Roussel-Les enjeux de l’administration électronique-Gilles Brégant- J. Sécurité des réseaux et économie numérique -Mireille Campana- K. Les collectivités locales, acteurs du modèle français de la société de l’information Emmanuel Éveno et Daniel Latouche- L : Internet et les TIC au service de la santé -Michel Villac

la Documentation française. Paris, 2004 – ISBN : 2-11-005534-0

Je propose de faire une synthèse de cet important rapport (305 pages) de référence sur la nouvelle économie, en suivant les cheminements des auteurs ; quitte par la suite à en apporter une lecture critique

 

1.- De l’ère industrielle à l’ère de l’information


La nouvelle économie se résumait au développement du commerce De biens et services sur Internet, il s’agirait là d’un phénomène certes important pour l’avenir, mais dont les conséquences demeureraient assez circonscrites. Les changements organisationnels qu’entraîne la diffusion des technologies de l’information se portent en réalité vers tous les secteurs de l’ancienne économie », et ce sont ces changements qui induisent une nouvelle révolution industrielle. Comme les précédentes, celle-ci résulte de lacombinaison de plusieurs facteurs et se manifeste sous plusieurs dimensions, notamment : l’avènement de « l’entreprise-réseau », l’autonomisation du travail, le rôle moteur des marchés financiers dans la dynamique industrielle et les processus d’innovation, la transformation profonde de la gestion des savoirs et la montée en puissance d’une économie de la connaissance.

 

2- Changements dans l’organisation du travail


À l’ère de l’information, le travail est l’objet de deux transformations majeures : d’une part, le retour vers une plus grande autonomie, après la bureaucratisation de l’ère industrielle ; d’autre part, la réintégration dans la pratique professionnelle d’un savoir et d’une culture acquis dans la sphère de vie quotidienne : alors qu’à l’ère industrielle, les travailleurs des industries taylorisées ne devenaient opérationnels qu’en étant « dépouillés des savoirs, des habiletés et des habitudes développés par la culture du quotidien

 

3- Le rôle des marchés financiers


Le développement de la nouvelle économie entraîne également une mutation importante du fonctionnement des marchés financiers. La déréglementation des marchés, amorcée aux États Unis dans les années quatre vingt, a ouvert à la concurrence des secteurs initialement occupés par des
quasi-monopoles. A cette déréglementation, s’est ajoutée une profonde modification des modes de financement des entreprises qui a conduit, en l’espace de quelques années, d’une économie de l’intermédiation financière dominée par le crédit à une économie de marchés financiers.

4- Paradoxe de l’économie numérique


Biens publics, rendements croissants, externalités positives de consommation, paquets de produits liés, échanges de signaux hors marché, etc. : un tel tableau jure singulièrement avec les hypothèses de la concurrence parfaite. Si les TIC fournissent les instruments qui devraient en théorie favoriser un fonctionnement plus efficace d’une économie de marché, elles installent dans le même temps les ingrédients d’une économie publique ! ».

 

5-TIC et nouvelles relations économiques


Au fur et à mesure que les innovations induites par la logique inventive perceront les résistances de la logique défensive, une économie d’un type spécifique émergera peu à peu, dans laquelle les mécanismes traditionnels du marché et de sa régulation s’hybrideront avec de nouvelles formes de
relations coopératives entre les agents économiques. Dans une telle perspective, le paradigme pertinent ne consiste pas à penser les TIC comme le support technologique naturel du libre échangisme, mais plutôt comme l’instrument d’une « coordination distribuée » entre les agents, une coordination sans représentation institutionnelle explicite.


6-Le réseau comme forme institutionnelle


« Écosystèmes » de consommateurs, « viviers » d’entreprises entretenant des relations mi-concurrentielles mi-coopératives, « sélection » adaptative de routines et de savoirs, autant de formulations suggérant que la métaphore la plus pertinente pour évoquer le rôle des réseaux dans l’économie numérique est vraisemblablement celle du vivant, plutôt que celle de la machine. Poursuivant dans cette voie, on peut se risquer à ériger le réseau en institution, au même titre que le marché ou la hiérarchie, et à établir à grands traits un parallèle entre trois types d’organisation économique, respectivement basés sur la hiérarchie, sur le marché, et sur le réseau. Pourtant, ce modèle hiérarchique, viable pour un système économique de taille modeste et opérant dans un domaine de rendements de production croissants, devient inadapté pour un système économique de grande taille, en raison de problèmes liés à la transmission des informations entre le centre et la périphérie, ainsi qu’à l’apparition de dysfonctionnements grandissants lorsque s’allonge la chaîne hiérarchique (rendements organisationnels décroissants). Comme le note Eric COHEN dans son commentaire de cette importante étude « sous l’effet de la montée en puissance de l’information, de nombreux biens économiques deviennent des biens complexes (« paquets » intégrant des prestations à façon), des biens d’expérience (dont l’utilité est difficile à apprécier à l’avance), ou des biens paramétrables (modulables selon le profil du consommateur). Il en résulte que le signal-prix adressé par un marché traditionnel ne suffit plus pour éclairer les choix des consommateurs, surtout lorsque la gratuité se généralise pour certains biens purement informationnels. Dans ce type d’économie fondée sur l’information, le fonctionnement décentralisé du marché ne conduit pas à l’optimum collectif, mais peut au contraire favoriser les excès de concentration et les rentes de monopoles (voir Microsoft).

 

7- Les politiques gouvernementales


La prise de conscience des enjeux de la société de l’information a conduit la plupart des gouvernements à mettre en oeuvre des programmes d’action portant sur le développement des infrastructures, l’administration électronique, la formation et l’éducation, la lutte contre la fracture numérique.

 

8- Régulation et enjeux internationaux


L’Internet s’est internationalisé très rapidement. En quelques années, il s’est imposé à tous les États, qui se sont parfois trouvés aussi démunis face à son développement qu’ils l’ont été face à la mondialisation des échanges économiques et financiers. Il est difficile de contraindre ou d’interdire sur Internet et la réglementation publique traditionnelle, déjà délicate à mettre en oeuvre dans l’espace international, semble encore plus malaisée pour un réseau sans frontière, en continuelle expansion, où interagissent de multiples acteurs.

 

Abderrahmane Mebtoul est Docteur d’Etat en Sciences Économiques (1974), Expert International, professeur d’université en sciences économiques


Références bibliographiques


Baslé M. et T. Penard (eds) (2002) : la société européenne de l’information en 2010, Economica.
Caillaud B. (2003) : « La propriété intellectuelle sur les logiciels » in Propriété intellectuelle, Rapport du CAE, n° 41, La Documentation française.
Carnoy M. (2000): Sustaining the New Economy: Work, Family and Community in the Information Age, Cambridge, Harvard University Press.
Castells M. (2002) : La galaxie Internet, Fayard, traduction française.
Clément J. (2001) : « L’adieu à Gutenberg » in Apprendre le multimédia et
Cohen D. et M. Debonneuil (2000) : « L’économie de la nouvelle économie
» in Nouvelle économie, Rapport du CAE, n° 28, La Documentation française.
Curien, N. et M. Gensollen (2003) : « TIC et nouvelles relations économiques,
Écosystèmes et coopétition » in Encyclopédie de l’innovation, Mustar et Pénan (eds), Paris, Economica.
La Net économie, Andrée Muller, 2001, PUF
Alain Ambrosi, Valérie Peugeot et Daniel Pimienta novembre 2005 C & F Éditions « Enjeux de mots : regards multiculturels sur les sociétés de l’information
Rapport de Nicolas Curien -Alain Muet « La société de l’information » Commentaires Élie COHEN et Michel DIDIER « la Documentation française. Paris, 2004 – ISBN : 2-11-005534-0

 

 


Source : Algérie Focus, le 6 novembre 2009.

 

 


Repost 0
Published by Ibrahima - dans Avis-interview
commenter cet article
5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 15:50

Anne-Rachel Inne, directrice des relations pour l’Afrique à l’ICANN, est l’un des meilleurs experts du continent en politiques des TIC pour le développement. Elle a, par exemple, travaillé depuis 1997 à la mise en place de projets nationaux et régionaux avec plusieurs institutions régionales. Elle presse les pays africains de s’impliquer davantage dans l’internet.

 

Anne-Rachel Inné : « Nous sommes très loin du compte en matière de gestion technique et administrative des noms de domaine, qui sont pourtant l’identité de nos pays sur Internet, d’où l’abondance des noms de domaine génériques et autres adresses emails gratuites. »

Anne-Rachel Inné : « Nous sommes très loin du compte en matière de gestion technique et administrative des noms de domaine, qui sont pourtant l’identité de nos pays sur Internet, d’où l’abondance des noms de domaine génériques et autres adresses emails gratuites. »

 

Propos recueillis par Chérif Elvalide Sèye

 

Les Afriques : Le contrat liant le Département américain du commerce à l’organisme en charge des problématiques de noms de domaine et d’adresses IP dans le monde (ICANN) a pris fin le 30 septembre. Qu’est-ce qui change fondamentalement dans l’internet avec ce fait ?

 

Anne-Rachel Inné : Avec l’affirmation des engagements, ou affirmation of commitments en anglais, que l’ICANN et le gouvernement américain viennent de signer, nous assistons tout d’abord à la reconnaissance du modèle multiacteurs (gouvernements, société civile, secteur privé, académique, utilisateurs) avec lequel l’ICANN a fonctionné depuis bientôt onze ans.

 

Ensuite, l’ICANN devient maintenant comptable devant toute la communauté internationale et non plus seulement au Département du commerce américain, à qui l’organisation envoyait les rapports d’étapes auxquels elle était soumise depuis sa création en 1998. Des comités, qui seront composés de membres de gouvernements siégeant au conseil consultatif gouvernemental et d’experts et membres de la communauté, auront pour tâches de réexaminer certains aspects de l’organisation et de suivre la mise en place des recommandations appropriées. Ces comités effectueront des examens réguliers des travaux de l’ICANN dans quatre domaines : la concurrence entre les domaines génériques (tels que com et net), le traitement des données des titulaires de noms de domaine, la sécurité, la stabilité du réseau et la transparence des actions de l’ICANN, ainsi que la comptabilité et l’intérêt public, le seul comité dans lequel l’Amérique conserve un siège permanent.

 

LA : L’Afrique est-elle concernée dans les faits par ce débat ?

 

ARI : Comme toutes les autres régions, l’Afrique est concernée par la gouvernance de l’internet. Outil que nous utilisons souvent sans trop bien comprendre d’ailleurs les tenants et aboutissants d’un nom de domaine ou d’une adresse IP, ou même du réseau sur lequel ils reposent. Mais une fois de plus, la région n’est pas très présente au niveau des constituantes de l’ICANN, et particulièrement au conseil des gouvernements. Pour être tout à fait honnête, l’Afrique est pratiquement absente en termes de contributions aux travaux de l’ICANN, même dans les discussions sur les futurs nouveaux noms de domaine, les noms de domaine internationalisés (IDNs), ou la mise en place de l’affirmation des engagements. Pourtant, l’implication de l’Afrique est essentielle dans le débat au niveau international pour que nous évitions de simplement prendre ou consommer ce que les autres décident… car eux sont là quand les décisions sont prises.

 

LA : L’Afrique gère désormais des noms de domaine. Est-ce que cela a changé fondamentalement quelque chose ?

 

ARI : L’Afrique en majorité gère ses noms de code pays de premier niveau appelés ccTLD, tel le .sn (Sénégal), .dz (Algérie), .za (Afrique du Sud).

 

Mais nous ne gérons encore aucun registre générique (gTLD). Nous avons trois registrars (revendeurs) de noms de domaine agréés par l’ICANN, dont deux non opérationnels.

 

Au niveau de l’infrastructure sur laquelle les ccTLDs reposent, nous sommes très loin du compte en matière de gestion technique (exemple : sécurité) et administrative (exemple : charte régissant le TLD) de ces noms de domaine. D’où un manque d’appropriation locale de ces noms, qui sont pourtant les portails, l’identité de nos pays sur Internet, et l’abondance des noms de domaine génériques et autres adresses emails gratuites.

 

Le changement s’amorce avec l’Association des gérants de noms de domaine pays (AfTLD), qui devient plus active aujourd’hui pour, par exemple, former les gérants aux normes de gestion internationales. L’Afrique a un registre Internet régional, AfriNIC, qui distribue les adresses IP. Il existe une organisation qui aide les réseaux d’éducation et de recherche, AfREN, et une autre, AfNOG, qui aide les opérateurs de réseaux en les formant aux dernières techniques internationales. Disons que nous pourrions faire beaucoup mieux. Cela demande de la volonté de la part de tous, et surtout de nos dirigeants, pour que les efforts faits se traduisent en profits pour tous au niveau local.

 

LA : Quels sont les enjeux pour l’Afrique de la gestion des noms de domaine ? Que doit-on faire ? A-t-on seulement une claire conscience de ces enjeux ?

 

ARI : Les enjeux sont énormes sur le plan économique et pour le développement. Le prochain sommet des chefs d’Etat africains en janvier 2010 sera consacré aux technologies de l’information et leur apport au développement. Nous disons souvent que l’internet est une technologie transformatrice qui va continuer à nous mobiliser tous au niveau global, à stimuler l’innovation, faciliter les échanges et le commerce, et permettre la circulation libre et sans entrave de l’information.

 

Nous devons faire en sorte que nos réseaux locaux soient la fondation de nos futurs e-gouvernement, e-éducation, e-santé et autres e-commerce dans nos pays. Aujourd’hui, je dirais que les ccTLDs, comme les adresses IP, font partie de l’infrastructure de base de la région et de nos pays. Car, qu’elles que soient les largeurs de bande passante que nous aurons, si les contenus et l’innovation ne sont pas au rendez-vous au niveau local, nous n’avancerons pas dans cette société de l’information que, pourtant, notre région a aidé à conceptualiser depuis le départ.

 

La déclaration finale de la Conférence régionale africaine en mai 2002 à Bamako disait déjà, entre autres, que « la création des contenus locaux est d’une très grande importance » ou que la mise à la disposition de tous les citoyens des moyens leur permettant d’utiliser les réseaux dans un esprit de service public sont des pré-requis que tous, et notamment les gouvernants, doivent encourager et aider à créer.

 

Je suis sûre que, comme moi, beaucoup rêvent de faire une demande de visa en ligne partout en Afrique, d’aider les membres de leur famille à payer leurs impôts en ligne ou de faire une demande de passeport ou une demande de diagnostic en ligne. En usagers éclairés, nous demanderons bien sûr que nos informations personnelles et confidentielles soient sur des sites locaux en .sn pour vous, .ne pour moi, et ainsi de suite, et que nos juridictions soient éclairées sur le sujet et puissent nous aider en cas de litiges.

 

Je suis certaine qu’aujourd’hui les utilisateurs et les entreprises dans tous les pays africains seraient ravis d’avoir un nom de domaine local si, en technicité et administration, ils pouvaient rivaliser avec les autres qui sont aux normes internationales. C’est donc une question de confiance à instaurer au niveau local, une bonne gouvernance à mettre en place pour que tous y adhèrent. Dans certains pays du continent, c’est déjà le cas.

 

LA : Que pensent les institutions africaines du sujet ? Sont-elles impliquées ?

 

ARI : Elles le sont à l’ICANN. La Commission de l’Union africaine, l’Union africaine des télécommunications (UAT), la Commission économique pour l’Afrique (CEA) sont toutes présentes au GAC. Seulement, dans l’internet comme ailleurs, il y a beaucoup de choses qui ressortent de la souveraineté nationale, telles que décrites dans l’Agenda de Tunis du SMSI, et donc, malgré les efforts des institutions régionales qui, il faut le reconnaitre, n’ont pas beaucoup de ressources, si les Etats membres ne s’impliquent pas localement, nous n’arriverons pas à certaines choses comme des ccTLDs performants, à des contenus qui amèneront les populations locales à utiliser les réseaux, à une utilisation qui génèrera certainement beaucoup d’innovations de notre jeunesse en termes d’applications sur les réseaux par exemple.

 

LA : Vous résidez au Niger, l’ICANN a-t-elle des bureaux en Afrique ?

 

ARI : Cela a toujours été en projet et nous en aurons bientôt un, je l’espère, car l’affirmation des engagements dit, entre autres, que l’ICANN gardera un siège aux Etats-Unis et aura des bureaux partout dans le monde pour répondre aux besoins de la communauté mondiale. L’organisation est très jeune et ses ramifications seront à la hauteur des ambitions de la communauté puisque, maintenant, c’est la communauté internationale qui est aux commandes.



Source : Les Afriques, le 5 novembre 2009.

Repost 0
Published by Ibrahima - dans Avis-interview
commenter cet article
4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 10:30

L'anthropologue Claude Lévi-Strauss est décédé à l'âge de 100 ans, a-t-on appris mardi auprès des éditions Plon.

 

Né à Bruxelles en 1908, Claude Lévi-Strauss a changé notre perception du monde en jetant les bases de l'anthropologie moderne et influencé des générations de chercheurs.

Claude Lévi-Strauss est décédé dans la nuit de samedi à dimanche, selon la présidence de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales.

 

Son autobiographie intellectuelle, "Tristes Tropiques", paru en 1955, est considérée comme l'un des grands livres du XXe siècle.

 

Professeur au Collège de France de 1959 à 1982, il est le premier anthropologue élu à l'Académie française en mai 1973. Claude Lévi-Strauss avait fêté ses 100 ans le 28 novembre 2008.

 

Il a proposé une appréhension nouvelle des mécanismes socio-culturels, en appliquant l'analyse structurale aux sciences humaines.

 

Né dans une famille de Juifs alsaciens, agrégé de philosophie, il a enseigné pendant deux ans en France (Mont-de-Marsan et Laon) avant de rejoindre en 1935 l'université de Sao-Paulo. Au Brésil, il a conduit des missions ethnographiques au Mato Grosso et en Amazonie.

 

De retour en France en 1939, il est mobilisé puis, l'année suivante, révoqué par Vichy en raison de ses origines juives. Réfugié dès 1941 aux Etats-Unis, il enseigne à New York puis devient conseiller culturel en 1946 près l'ambassade de France.

 

Il est nommé en 1949 sous-directeur du Musée de l'Homme à Paris. A partir de 1950, il occupe la chaire des religions comparées des peuples sans écriture à l'Ecoles des Hautes Etudes et, en 1959, celle d'anthropologie sociale au Collège de France.

 

Commandeur de la Légion d'honneur, il a publié notamment "Les Structures élémentaires de la parenté" (1949), "Anthropologie structurale" (1958), "la Pensée sauvage" (1962), "Mythologiques" (4 volumes de 1964 à 1971).

En juin 2006, il avait reçu un hommage appuyé de Jacques Chirac lors de l'inauguration par le chef de l'Etat du musée parisien du Quai Branly dédié aux arts premiers.

 

 

Source : L'Internaute, le 3 novembre 2009

 

 

 

Repost 0
Published by Ibrahima - dans Avis-interview
commenter cet article
4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 09:59
Ce mois ci la rédaction d’Itmag.sn reçoit pour sa rubrique « Invité du mois » Moustapha Diakhaté, secrétaire général du Rassemblement des Entreprises du secteur des TIC (RESTIC).

Bonjour M. Diakhaté. Pouvez-vous en quelques mots vous présenter à nos internautes ?


Mon nom c’est Moustapha Diakhaté, je suis un sénégalais. Du point de vue formation, j’ai eu après le BAC à faire l’université de Dakar, ensuite j’ai eu la chance d’aller aux USA où j’ai fais deux masters. Le premier je l’ai fait en management, le second je l’ai fait en management des TIC, ce qu’on appelle le fameux « IT management ». Après cela j’ai commencé une carrière dans la finance, mais par le back-office. Nous avons été les premiers à travailler pour les compagnies américaines comme la Chase Manhattan Bank mais surtout pour l’aspect backoffice. Après le backoffice, j’ai commencé le front office pour m’occuper des marchés obligataires en rapport même avec les investissements que ces grands opérateurs financiers faisaient dans la fibre optique entre les continents en enfouissant également des câbles sous-marins. Donc cela à été vraiment mon premier contact avec l’industrie des télécoms. Quand j’ai fini cela je suis revenu en Afrique où j’ai travaillé avec des fonds qui étaient sponsorisés par l’OPIC (office of privates investments Corporation) basé à Washington qui sponsorisait des fonds qui étaient destinés aux pays émergeants. Dans ce cadre là j’ai mis en place une structure qui s’appelle Walo Capital Advisers qui permettait à ces fonds qui étaient basés aux USA et à Londres de faire un travail de terrain sur des prospects en investissement visant à évaluer le potentiel du marché destinataire et essayer un peu d’évaluer le cadre macro économique, connaitre le potentiel de profit... donc j’ai fait ce travail là pendant quatre ans. Depuis deux ans j’ai mis en place avec des sénégalais une structure qui s’appelle « Fibre Réseaux » qui vise à participer au maillage global de l’Afrique en fibre optique. Nous nous sommes rendu compte finalement que ce maillage devait se faire non pas aussi rapidement que nous l’aurions souhaité mais que ça devrait se faire un peu progressivement. Voila grosso modo mon CV.

 

Qu’est ce qu’est le RESTIC et quelle est sa raison d’être ?


Le RESTIC a été fondé en septembre 2007 par un club d’entrepreneurs, des gens qui s’étaient connus dans la sphère internationale mais qui du point de vue de leurs relations se connaissaient pour la plus part depuis le lycée, depuis l’université d’abord de Dakar mais aussi des universités canadiennes et américaines. Certains servaient d’abord ici en Afrique de l’ouest, au Sénégal et dans la sous-région, d’autres servaient d’abord au Canada, en France et aux USA. Nous nous sommes retrouvés et nous avons pensé qu’il fallait mettre en place des mécanismes de plaidoyer dynamiques pour le secteur, parce que nous croyons qu’un secteur qui en terme de chiffre d’affaires dépassait le milliard de dollars, qu’il fallait au moins une meilleure présentation de son potentiel, mais aussi créer un cadre qui puisse être une sorte de pépinières pour les futures entrepreneurs et puis également en profiter pour lancer des concepts comme par exemple le capital risque (Venture Capital), créer ce qu’on appelle des incubateurs pour que ceux qui aspirent à l’entreprise, ceux qui aspirent à marier le capital et l’innovation puissent trouver un terreau fertile. Ce sont ces idées là qui nous ont poussé à mettre en place le RESTIC, pas comme une organisation patronale, mais plutôt comme un Trade Group, parce que dans un Trade Group l’aspect patronal n’est pas extrêmement important, ce qui est important ce sont les gens qui militent pour des idées, une façon en faire. Là c’était en 2007, maintenant que nous somme en 2009, après évaluation, nous nous sommes rendu compte que finalement l’aspect patronal devait avoir un certain poids dans notre travail, devait être fondamentalement une composante dans notre travail. Mais nous restons convaincu que nous sommes un Trade Group et que en le faisant nous pouvons participer à un meilleur essor et à un meilleur rayonnement des TIC et leur application pour faire avancer ce pays.

 

Combien d’entreprises membres comptez vous actuellement au sein du RESTIC ?


Aujourd’hui, plus d’une vingtaine, dont les neufs ou les douze sont les plus représentatives.

 

Il existe une autre organisation dans ce même secteur (NDLR : l’OPTIC), ne faites vous pas un peu la même chose ?


Nous ne faisons pas la même chose parce que du point de vue de nos méthodes de fonctionnement, nous sommes une organisation indépendante, nous ne sommes adossés à aucune organisation patronale agrégée, nous voulons être extrêmement indépendant dans nos méthodes opératoires, dans notre approche de la manière d’appréhender la problématique des TIC au Sénégal, mais aussi indépendant en termes de ressources et d’actions vis-à-vis de l’Etat, du gouvernement et des autres acteurs du secteur.

 

En votre qualité de secrétaire général du RESTIC, pouvez-vous nous faire un état des lieux du développement des TIC au Sénégal ?


L’Etat des lieux est extrêmement difficile à faire parce nous nous sommes rendu compte que l’environnement n’était pas un des meilleurs surtout pour le lobbying, bien que nous nous efforçons dans la mesure du possible de faire avancer un certains nombre de dossiers. Vous nous avez entendu la dernière fois faire une sortie sur le service universel qui devait être jusqu’à présent un très grand chantier sur lequel beaucoup d’entreprises sénégalaises pouvaient avoir l’opportunité d’y participer mais nous nous sommes rendu compte qu’a un certains moment le service universel n’avançait pas. Depuis 2001 le Sénégal a été l’un des premiers pays à lancer le fond de service universel (FDSU). Ce fond a été structuré depuis 2003, les contributions ont commencé à tomber depuis deux ou trois ans mais jusqu’à présent je me demande même si on est entrain utiliser le dixième des fonds qui jusqu’à présent ont été mobilisés. En réalité ce chantier ne connait pas d’avancement, c’est dans ce domaine là où le RESTIC compte inscrire son action, mais également sur un certains nombre de dossiers en attente ou en stand by, des dossiers qui n’avancent pas et qui doivent dans ce pays là avancer. Nous l’avons fait sur le dossier du dégroupage qui consiste à voir comment obliger l’opérateur historique à ouvrir ses répartiteurs, ses sous répartiteurs, ses fourreaux à d’autres start-up afin qu’ils puissent se déployer en ciblant des niches de marché. Tout cela sont des dossiers sur lesquels nous nous activons mais il est extrêmement difficile de le faire car jusqu’à présent nous n’avons pas une certaine identité avec un certains nombre d’acteurs sur un certain nombre de priorités.

 

Quels sont les leviers qui d’après vous sont essentiels pour un développement substantiel des TIC au Sénégal ?


Le levier essentiel c’est repenser un peu la réglementation et la régulation dans ce pays. Ceci est fondamental. Dans tous les pays où les TIC ont pu jouer leur rôle, c’est parce qu’en amont il y a eu une régulation et une réglementation qui a vraiment joué son rôle. D’abord pour plus de fluidité dans l’intégration de l’innovation pour une concurrence beaucoup plus effective mais aussi surtout pour éviter des situations de monopole ou de duopole. Donc il est extrêmement important de repenser toute l’armature réglementaire et régulatrice. L’autre levier est qu’il faut que nos autorités puissent savoir d’où nous venons en termes de TIC, où sommes nous, et vers où souhaitons-nous aller. En termes d’objectifs stratégiques, je ne suis pas sûr que nous savons où nous allons en termes de priorité pour le proche avenir, je ne suis pas sûr que les priorités sont bien agencées dans le domaine des TIC. Je le dit clairement, le Sénégal a été l’un des premiers pays à dérouler une plateforme pour le réseau fixe, après cela nous avons été l’un des premiers pays à faire ce que l’on appelle un maillage, à faire ce qu’on appelle un Ring de fibre optique, ensuite nous avons été rattrapé par l’essor du wireless à travers la téléphonie mobile. Mais il est extrêmement intéressant de voir à l’image de ce qui se passe en Europe, si nous délaissons notre fibre optique pour nous concentrer sur la téléphonie mobile, mais où vont passer les contenus ? Pour créer une industrie dynamique de contenus, il est extrêmement important de repenser le maillage de notre sous sol en fibre optique parce que ces contenus exigent des débits accrus et beaucoup de bandes passantes, débits qu’on ne retrouve pas sur les réseaux wireless. Devons nous aujourd’hui laisser tel quel le fixe qu’on avait fait avec la possibilité que ce fixe nous soit utile avec les fameux 4/6 et le 4/7 ? Devons nous continuer le maillage en fibre optique en repensant les coûts en terme de génie civil et en créant des conditions de mutualisation de ces coûts avec l’opérateur historique qui a fait un excellent travail dans ce domaine là ? Ou bien devons nous laisser tout cela pour nous lancer dans le WIMAX qui a montré aujourd’hui ses limites en termes de transit et de bande passante ? Je pense qu’il est extrêmement important dans ce pays que l’on puisse agencer nos priorités.

 

Les entreprises du secteur des TIC ont-elles accès aux marchés publics concernant les TIC ?


C’est ça le plus grands problèmes de ces marchés, c’est pourquoi nous avons dans le secteur des technologies des start-up qui n’auront jamais la chance d’aller au-delà de leur statut de PME et de PMI parce que l’accès à ces marchés là est devenu problématique parce il y un assaut des équipementiers étrangers via la coopération internationale et le cas le plus patent a été le marché de l’intranet gouvernemental avec ce qui a été donné aux coréens et aux chinois. Mais le second aspect est également le fameux code des marchés publics qui systématiquement ne permet pas à certaines PME et PMI avec des niveaux de capital qui ne sont pas conséquent d’accéder à la commande publique. Et ça c’est une réflexion majeure à engager au-delà des TIC. C’est la PME et la PMI sénégalaise dans tous les secteurs qui n’arrive pas à capter réellement sa part qui lui revient de droit dans la commande publique. Il faut faire une réflexion sur le code des marchés publics et créer des mécanismes d’allotissement qui sont aujourd’hui le moyen parmi tant d’autres qui permet à ces structures de taille moyenne d’avoir accès à ce marché de 700 milliards par an qui est assez conséquent.

 

Le Sénégal a depuis janvier 2009 un troisième opérateur de télécommunication. Ce nouvel entrant a-t-il eu un impact sur le marché ?


Je ne suis pas très bien placé pour savoir si ce nouvel entrant a eu impact ou non sur le marché globalement. Mais je pense que sur le principe de la diversité des réseaux et sur le principe de permettre une meilleure fluidité dans le secteur des télécoms, mais aussi pour donner au consommateur beaucoup plus de choix et de diversité, moi je pense que l’entrée de Expresso a été vraiment souhaitable pour le secteur. Maintenant il appartient à cette entreprise par son plan marketing, par sa possibilité de capter des parts de marché, mais aussi par sa possibilité disputer des parts de marché qui revenait aux opérateurs historiques, de trouver aussi son chemin parce maintenant c’est vraiment devenu le monde de la concurrence et il faut déployer également des trésors d’imagination, une stratégie pour pouvoir non seulement accroître sa part de marché mais aussi fidéliser ses parts de marchés.

 

Quelles sont les actions que réalise le RESTIC pour promouvoir les technologies de l’information au Sénégal ?


D’abord, le premier axe est le plaidoyer dynamique ou bien le lobbying actif comme on dit. Le second aspect qui me tient à cœur parce que nous sommes un regroupement d’entrepreneurs, il est extrêmement important que nous puissions mettre en place un cadre incubateur pour que les entrepreneurs potentiels puissent trouver auprés du RESTIC un accompagnement nécessaire à l’expérience de l’entreprise, ceci est extrêmement fondamental. L’autre axe que nous voyons nous voulons créer des situations pour meilleur accès aux capitaux dans ce pays. Le Sénégal est le seul pays qui apparemment est très sérieux dans ses ambitions de faire de notre pays une fenêtre des TIC hors nous avons ni le capital risque, ni de venture capital. Nous n’avons ni de fonds de pré amorçage, ni de fonds d’amorçage. Aujourd’hui, les jeunes entrepreneurs ou les innovateurs qui veulent se lancer dans l’entreprenariat ont d’énormes difficultés. C’est le parcours du combattant pour non seulement accéder au financement, mais aussi à ce qu’on appelle le « seat money », ce petit fond d’un à cinq millions qui vous permet d’avoir le temps de murir votre réflexion, de lancer un produit test pour savoir si ce produit peut prétendre à un potentiel commercial, pour ensuite lancer votre entreprise. Les entrepreneurs en gestation n’ont même pas accès au seat capital. Je pense que l’action du RESTIC est d’alerter les autorités pour qu’ensemble nous réfléchissions à améliorer le cadre, à créer ce qu’on appelle le terreau fertile qui permet l’émergence de futurs entrepreneurs. En réalité si Google est aujourd’hui Google, si Yahoo ! était hier Yahoo !, si Microsoft est aujourd’hui Microsoft, c’est parce qu’il y a eu des jeunes qui étaient dans leur vingtaine et à un certain moment ont eu des idées mais qui ont trouvé un cadre macro et microéconomique qui a porté ces idées là et qui les à aider à porter ces idées là. Google c’est quoi ? C’est l’histoire de deux étudiants qui étaient dans les labos de l’université de Stanford, Yahoo ! aussi c’est l’histoire de deux étudiants qui étaient dans leurs années de préparation de doctorat. Avant cela on a eu des compagnies comme Microsoft, c’est l’histoire d’un étudiant qui n’a même pas étendu son bachelor, qui a un certain moment a dit qu’il avait un réel potentiel avec ce qu’on appelle « Windows ». Tout çà a été possible parce qu’il y avait des gens qui ont cru à leurs idées, il y avait des systèmes qui avaient été mis en place pour les accompagner. Existe-t-il ces mécanismes d’accompagnement dans notre pays ? C’est ça la grande question ! L’Action du RESTIC s’oriente vers cela en posant d’abord le débat et en aidant également les autorités à mettre en place un cadre qui puisse permettre à ces entrepreneurs de pouvoir émerger.

 

Moustapha Diakhaté, la rédaction d’ITmag.sn vous remercie d’avoir bien voulu nous accorder cet entretien. Merci et à bientôt.


 

 

Source : ITmag, le 4 novembre 2009.

 

 

 

 

Repost 0
Published by Ibrahima - dans Avis-interview
commenter cet article
30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 19:18
L’émergence et la prolifération des réseaux sociaux et des blogs sur Internet ont conduit à la multiplication exponentielle des données personnelles des internautes. Ce qui fait qu’aujourd’hui, l’internaute bêta se doit de gérer une véritable « identité numérique » constituée de ses contributions et de ses traces qu’il répand sur la Toile avec comme corollaire une multitude de mots de passe et de codes pins à mémoriser. De plus, l’utilisation de plus en plus croissante du monde virtuel, ainsi que l’évolution d’Internet qui offre de plus en plus de services aux particuliers, aux entreprises et aux gouvernements amènent irrévocablement à se poser la question de la sécurité information et plus particulièrement de celle relative à la protection des données personnelles. Une des réponses à cette problématique consiste en la mise en oeuvre d’identités numériques s’appuyant sur des technologies d’authentification forte permettant d’apporter aux utilisateurs la confiance nécessaire dans l’utilisation de l’outil Internet et des réseaux de communication.
En effet, l’utilisation des données personnelles relatives à l’identité pour la communication et les transactions sur Internet est actuellement un sujet de plus en plus « chaud » dans les discussions sur la sécurité et la protection des données dans les médias numériques. Pour l’analogie, le monde est au même point que lorsque les Etats ont décidé de « donner » des cartes d’identité pour leurs citoyens. En ce temps-là, l’authentification était la photo et la l’empreinte du doigt. Mais qu’en est-il aujourd’hui au moment où l’on parle d’ADN, d’iris et bien d’autres authentifications dites fortes ? La réponse est ce que l’on peut appeler la E-identité. La question qui se pose alors est celle-ci : qui doit veiller à cela ? D’une manière générale, c’est de la responsabilité de l’Etat de veiller à la création d’une infrastructure sécurisée, fiable et de confiance, c’est important dans la communication sur le Net. L’Etat peut – et doit – créer des conditions générales appropriées pour tous les secteurs - privé et public -, qui permettent la mise en place de mesures légales et des garanties de sécurité, par exemple l’utilisation des procédés de certification. La carte d’identité numérique – projet actuel du ministère de l’Intérieur- en est un bon exemple, car cela va permettre de mettre en place des standards et, par ricochet, des infrastructures TIC qui seront utilisées par le projet structurant e-Algerie2013. Ce projet fait partie des priorités du gouvernement et se trouve au centre de la stratégie numérique en Algérie. La nouvelle pièce d’identité sera un catalyseur pour l’e-gouvernance, mais ses effets vont bien au-delà. Elle présente un avantage pratique conséquent pour l’e-business et l’e-gouvernance, et ne peut être menée à bien que par une coopération étroite entre l’administration, l’économie et l’industrie. Car au-delà de l’effet « Big Ben » cher à Orson Wells, le but principal de ce projet est de transférer les fonctions présentes sur la carte d’identité actuelle du « monde papier » au monde virtuel. Ce qui permettra au citoyen d’avoir un moyen d’authentification fort et d’être utilisé au quotidien autant dans le domaine privé que dans le domaine administratif et surtout d’aller vers les services online. Les champs d’application de ses nouvelles fonctions seront multiples. L’e-gouvernance doit en profiter à tous les niveaux. Des milliers de processus de demande de données standard – nom, adresse, âge, lieu de naissance – peuvent être automatisés. De plus, la mise en place de serveurs de formulaires pourra être utilisée en toute sécurité avec cette nouvelle carte. Des demandes et contrats peuvent être gérés de façon entièrement électronique, puisque la carte d’identité numérique remplit la fonction de signature manuelle et rend cette dernière accessoire, pour peu qu’elle soit intégrée de façon optimale dans les projets et concepts existants.
 

Répondre à cet article



Source : ITMag, le 24 octobre 2009.


Repost 0
Published by Ibrahima - dans Avis-interview
commenter cet article
25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 16:22

Une cérémonie de remise de Diplômes à la Case Foyer Wakhinane Nimzatt (WN)-Sénégal-

L’ONG CRESP, Centre de Ressources pour l’Emergence Sociale et Participative, honorera  le travail de ses étudiants, lors de la cérémonie de remise  de diplôme de la formation en informatique 1er et 2ème  niveaux, promotion CRESP/WN 2009, dans les locaux de la Case Foyer de Wakhinane Nimzatt en présence des autorités locales et d’une délégation de Open Society Initiative for West Africa (OSIWA) ainsi que des chefs d’entreprises de Guédiawaye


L’utilisation des TIC pour un développement socioéconomique durable de WN


Le projet de formation en TIC du CRESP vise à favoriser l’insertion socioprofessionnelle des jeunes. A travers la création du centre de formation en bureautique de WN, le CRESP forme non seulement un grand nombre d’apprenants mais aussi des nouveaux formateurs en Bureautique. Dans la deuxième phase du projet de  0SIWA à Wakhinane Nimzatt, le CRESP formera des techniciens en maintenance pour l’entretien et la réparation des ordinateurs. L’ONG CRESP formera les élus locaux ainsi que des jeunes issus de la formation initiale de Bureautique, en création de site web, avec la mise en œuvre du site web de Wakhinane Nimzatt. Le centre de formation de WN est le site pilote du  projet de Création de centres de formation pérennes en Informatique pour les Collectivités Locales du Sénégal  lancé en juin 2008 avec l’appui financier d’OSIWA. Ce projet donne la possibilité à chaque collectivité locale de créer son propre site web appelé S.I.Peey (Système d’Informations des collectivités locales, Peey en Wolof). Au service de la bonne gouvernance locale, les jeunes des quartiers font la collecte des informations de leur voisinage et apprennent à les saisir afin de créer une base de données pour ceux qui seront formés en logiciels de web design software pour réaliser les sites de leur gouvernement local au cours de la formation. Ces jeunes sont appelés des « journalistes-enquêteurs ».


La Méthode Cascade : la formation informatique qui fait la différence


Depuis 1997, le CRESP a peaufiné  « Méthode Cascade » qui forme un grand nombre d’apprenants, dont de nouveaux formateurs en bureautique et assure à la fin de chaque mois de formation la certification de 100 à 150 candidats, dont 35 formateurs, prêts à étendre et pérenniser la formation dans leur localité. Ce modèle de formation cascade, développé par l’ONG CRESP avec OSIWA se déroule déjà avec succès dans la commune de WN et d’autres collectivités locales hors de la banlieue.


Contact ONG CRESP : Moustapha Sarr NDIAYE - 77 561 16 02

 www.sipsenegal.org     taphus4@yahoo.fr

Centre de Ressources pour l’Emergence Sociale et Participative (CRESP)

- BP : 8873, Dakar –Yoff -


Repost 0
Published by Ibrahima - dans Avis-interview
commenter cet article
23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 13:20

Aucun expert ou analyste n’avait anticipé le développement exponentiel des technologies de l’information et de la communication (TIC) en Afrique. Avec une population jeune, qui va doubler à l’horizon 2050, les majors des télécoms peuvent encore s’attendre à des croissances à deux chiffres, quel que soit le contexte économique.

Par Thierry Téné, directeur A2D Conseil

 

Loin d’avoir atteint son apogée, le business des TIC présente encore des opportunités considérables en Afrique. Paradoxalement, c’est dans les contraintes (manque d’infrastructures, problèmes énergétiques, élimination des déchets, etc.) du continent qu’on trouve les niches.


Un Japonais jette en moyenne 19 kg de déchets électroniques par an. La valorisation des 5,3 kg de métaux contenus dans ces déchets permettrait de récupérer chaque année, entre autres, près de 41 tonnes d’or.

Un Japonais jette en moyenne 19 kg de déchets électroniques par an. La valorisation des 5,3 kg de métaux contenus dans ces déchets permettrait de récupérer chaque année, entre autres, près de 41 tonnes d’or.


Eco-conception des produits 


Pour maîtriser les coûts et réduire l’impact environnemental, la démarche d’éco-conception va consister à réduire la quantité de matière utilisée dans le process de fabrication d’un produit et la limitation du recours aux produits polluants. Ainsi, la réduction de la taille des unités centrales est une aubaine économique et écologique pour les fabricants. De la même manière, le passage des écrans cathodiques aux écrans plats permet des gains similaires.


E-formation, télémédecine, virtualisation, télétravail, e-banking, e-commerce, green data centers, dématérialisation, prévision des catastrophes climatiques, calls centers… les opportunités de business dans le domaine des IT en Afrique sont nombreuses.



Dans une démarche globale, les recharges téléphoniques peuvent être complètement dématérialisées. A court terme, la réduction de la taille des cartes de recharge des téléphones est envisageable. L’opérateur français SFR vient de lancer une carte à puce incorporée dans un support en plastique deux fois plus petit que ce qui était couramment utilisé. On peut également repenser la conception globale du produit. C’est le cas de l’une des machines de DELL, dont la coque extérieure est en bambou. Cet ordinateur prototype, conçu à partir de matériaux recyclés, mise également sur une consommation d’énergie de 70% inférieure à celle des ordinateurs classiques.

 

L’Afrique, championne du low cost


En intégrant les spécificités du marché africain (réduction de la facture numérique et faiblesse du budget des consommateurs), les sociétés d’IT peuvent non seulement réduire les coûts de production, mais aussi prospérer sur des niches et protéger l’environnement. L’entreprise Aleutia propose du matériel très léger, compact et modulable selon les besoins. En réduisant la taille des produits et en limitant les processeurs au strict minimum, le fabricant propose en Afrique des ordinateurs à bas prix, consommant peu d’électricité et pouvant être alimentés à l’énergie solaire. Pour les établissements scolaires et certaines administrations qui ont uniquement besoin des machines pour le traitement de texte et surfer sur Internet, il n’est pas nécessaire de proposer des ordinateurs avec les logiciels de photo, vidéo, etc. Il est toujours possible, en fonction du budget et des besoins, d’avoir toutes les options, avec une mention spéciale pour les logiciels libres qui permettent de réduire les coûts.

 

Téléphones solaires


Il n’y a pas que les ordinateurs qui cèdent à la mode green. Samsung Blue Earth est un téléphone mobile, fabriqué à partir de plastique recyclé, qui fonctionne à l’énergie solaire. Son principal concurrent n’a pas tardé à lancer des téléphones de même nature sous la marque LG Solar Mobile. En cours de lancement sur le marché européen, le téléphone solaire est déjà opérationnel en Afrique. Simu ya Solar, qui signifie téléphone solaire au Kenya, a été mis sur le marché cet été dans le pays. En partenariat avec la firme chinoise ZTE, l’opérateur de téléphonie Safaricom commercialise ce téléphone à 2999 shillings (environ 30 euros). Fabriqué à partir de matériaux recyclés, le combiné possède un panneau solaire qui permet l’alimentation en énergie. Un adaptateur au réseau électrique est néanmoins fourni. Cette innovation, qui est une première mondiale, est une preuve supplémentaire de l’existence de plusieurs niches de green business en Afrique.

 

Consommation d’énergie et alimentation en énergie solaire ou éolienne 


Le Professeur Gerhard Fettweis, de l’Université Technologique de Dresde en Allemagne, estime que, d’ici 25 ans, Internet représentera près de 50% de la consommation énergétique mondiale. Comme pour tous les produits électriques, l’analyse du cycle de vie des produits informatiques ou de télécommunication démontrent qu’ils consomment le plus d’énergie pendant leur phase d’utilisation. Il existe sur le marché des ordinateurs qui ont une puissance d’à peine 8 W. Ces machines contribuent ainsi aux économies d’énergies, contrairement aux ordinateurs classiques.

 

Opérateurs télécoms en éclaireurs


Pour alimenter les antennes de téléphonies mobiles, les opérateurs, à l’instar d’Ericsson au Kenya, ont de plus en plus recours à l’énergie solaire. D’après le cabinet In-Stat, la croissance annuelle des antennes autonomes de téléphonie mobile est de 30% en Asie, Amérique latine et Asie. D’ici 2015, Orange ambitionne d’utiliser 25% d’énergie solaire pour l’alimentation électrique de ses réseaux. Vu le potentiel solaire de l’Afrique et l’accessibilité de cette technologie, les opérateurs télécoms pourraient développer une politique d’énergie renouvelable un peu plus ambitieuse. Les Etats africains devraient notamment les y contraindre, pour soulager leur facture énergétique, limiter les délestages et contribuer au développement des zones rurales. Cette contrainte serait d’ailleurs une opportunité pour les entreprises. Dans le quotidien La Tribune du 17/09/09, Alcatel-Lucent, qui a développé une station fonctionnant au vent et au soleil, estime que le surcoût d’investissement dans un équipement autonome par rapport à un générateur diesel peut être amorti en deux ans, compte tenu des économies réalisées. De plus, le surplus d’énergie, issu par exemple du surdimensionnement des panneaux solaires ou d’éoliennes, pourrait être utilisé pour électrifier les zones rurales isolées et enclavées. L’apport d’énergie est indispensable au fonctionnement normal des dispensaires et écoles des villages. Dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant, Etats, collectivités territoriales et opérateurs télécoms peuvent tirer profit de la synergie TIC – énergie renouvelable – électrification et développement rural.

 

DEEE : de la contrainte environnementale au gisement de business


Chaque année, 20 à 50 millions de tonnes de déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) sont générés dans le monde. Face à une législation européenne de plus en plus stricte en matière d’éco-conception et d’élimination des déchets, grâce notamment au principe du pollueur-payeur, la plupart des entreprises envoient leur DEEE dans les pays en voie de développement, malgré la réglementation internationale. Certaines administrations, collectivités et ONG occidentales, sous couvert d’aide humanitaire, expédient également leurs déchets informatiques vers l’Afrique.


16% des réserves mondiales d’or se trouvent dans nos décharges…



En 2008, l’association écologiste Greenpeace a mené une enquête au Ghana, où ces déchets sont traités sans protection, parfois par des enfants, avant d’être brûlés à l’air libre. En plus de la question sanitaire, les sols et les nappes souterraines sont ainsi pollués par les métaux lourds et autres produits toxiques.

 

Le Simu ya Solar, qui signifie téléphone solaire au Kenya, a été mis sur le marché cet été dans le pays.

Le Simu ya Solar, qui signifie téléphone solaire au Kenya, a été mis sur le marché cet été dans le pays.


La valorisation des déchets électroniques


Perçus comme une contrainte, les déchets d’équipements électriques et électroniques peuvent être une réelle opportunité de business pour les pays et les entrepreneurs. En effet, la faiblesse du coût de la main-d’œuvre et la proximité géographique avec l’Europe sont les principales forces de l’Afrique. En travaillant sur ces faiblesses (protection des salariés, limitation de la pollution, renforcement des contrôles et de la législation environnementale, structuration des filières d’élimination des déchets, etc.), les DEEE offrent une réelle opportunité économique au continent. C’est le cas pour l’entreprise les Ateliers du Bocage, qui valorise et recycle les déchets de TIC au Burkina Faso. Les ordinateurs en état de marche et certaines pièces détachées sont revendus à bas prix sur le marché local et le reste des composants aux industries. Si en Afrique les DEEE n’ont aucun intérêt pour les pouvoirs publics, après les Chinois, les Japonais ont compris l’intérêt économique et stratégique de la valorisation des déchets électroniques. D’après le directeur général de l’usine de recyclage Dowa Holdings, un Japonais jette en moyenne 19 kg de déchets électroniques par an. La valorisation des 5,3 kg de métaux contenu dans ces déchets permettrait de récupérer chaque année, entre autres, près de 41 tonnes d’or. En 2008, une étude du professeur Komei Harada, de l’Institut de la science des matériaux, citée par le quotidien Le Monde du 17/07/09, démontre que le Japon possède dans ses déchets trois fois plus d’or, d’argent et d’indium (pour les écrans à cristaux liquides) que le reste de la planète. Les chiffres évoqués, pour la richesse des décharges du pays, sont impressionnants : 6800 tonnes d’or (16% des réserves mondiales), 60 000 tonnes d’argent et 1700 tonnes d’indium.

 

Boucler la boucle…


De l’e-formation à la télémédecine en passant par la virtualisation, le télétravail, l’e-banking, l’e-commerce, les green data centers, la dématérialisation, la prévision des catastrophes climatiques et les calls centers, les opportunités de business dans le domaine des IT en Afrique sont nombreuses. Le déploiement progressif de la fibre optique et le développement de l’Internet haut débit permettront l’explosion de ce marché dans les années à venir. Avec une stratégie ambitieuse de valorisation des DEEE, l’Afrique pourrait récupérer une partie des métaux rares qui sont exportés chaque année et ainsi boucler la boucle du business des green IT.




Source : Les Afriques, le 23 octobre 2009.


Repost 0
Published by Ibrahima - dans Avis-interview
commenter cet article