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  • : COMPRENDRE LE DEFI DU NUMERIQUE
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  • : Ce site traite de la question des usages des TIC par les collectivités locales, mais aussi par les individus. En Afrique particulièrement, mais également dans le monde.
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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 15:23

Phénomène en pleine explosion, les rencontres en ligne révèlent la difficulté contemporaine à trouver l'âme sœur. Elles font également franchir un pas à la mise à distance du corps, caractéristique de nos sociétés contemporaines. Derrière ses aspects ludiques, ce nouveau marivaudage pose en outre une question fondamentale : qu'est-ce qu'une relation ?


Match.com, Meetic, Netclub, Amoureux.com..., les sites de rencontres (SDR) sur Internet et autres plates-formes de discussion en ligne sont un véritable phénomène de société, rassemblant d'ores et déjà des millions de singles cherchant l'âme sœur, mais aussi des aventures. Comment, en quelques années, Internet est-il devenu un véritable eldorado pour toutes ces personnes en quête d'amour ? Quels sont les codes qui régissent la rencontre en ligne, et que nous apprennent-ils sur ce qu'est une relation aujourd'hui ?


Pour répondre à ces questions, nous avons mené une enquête (par questionnaires et entretiens) auprès d'utilisateurs de ces sites. Il faut néanmoins rappeler, au préalable, que les rencontres « à distance » ne sont pas nées avec Internet, mais s'inscrivent dans un contexte plus ancien et plus général de crise de la rencontre.

Le célibat, phénomène de société

La fin des années 1990 et le tournant des siècles ont confirmé une double révolution dans les sociétés occidentales : d'une part, le nombre toujours croissant de célibataires, deux fois plus nombreux qu'il y a trente ans (actuellement 12 millions environ en France). Ces singles ? selon l'expression désormais consacrée ? ont accédé à une étonnante visibilité médiatique et éditoriale, comme en témoigne le phénomène Bridget Jones. D'autre part, Internet a formidablement réussi sa pénétration sociale pour inventer des usages et des possibles inattendus, et toucher toutes les sphères de la société, de l'économie aux loisirs, de la culture à la pédagogie.


Il semblait donc logique que les célibataires investissent la formidable technologie sociale que constitue Internet pour y créer de nouvelles manières de se rencontrer. Car le nombre toujours croissant de célibataires traduit et trahit d'abord une difficulté contemporaine à rencontrer l'âme sœur, même si beaucoup de facteurs disparates et complexes ont contribué à la lente évolution du couple traditionnel.


Urbanisation, émancipation politique, économique et sexuelle de la femme, pression des discours médiatiques, tragique apparition du sida..., depuis la fin des années 1950, les couples et la manière de vivre l'amour s'étaient déjà trouvés bouleversés à plusieurs reprises, avant l'arrivée des nouveaux outils de communication : le Minitel d'abord, le téléphone portable ensuite, Internet enfin. Depuis, la montée en puissance du « contrôle social » (d'origine nord-américaine) des relations a encore complexifié les processus classiques de séduction (la « drague macho » du latin lover est décrite et décriée comme pratique rétrograde, primaire, insultante). Et ce parfois jusqu'à la juridicisation, avec la banalisation de la notion de harcèlement (moral et sexuel).


Parallèlement à cette « glaciation » des rapports, les singles ont vu depuis quelques années les spécialistes du marché de l'édition et des loisirs, les scénaristes de cinéma et de télévision, les publicitaires et les thérapeutes s'intéresser à eux, avec un empressement proportionnellement égal à la manne qu'ils représentent. A la fin des années 1990, les conditions étaient réunies pour que la « greffe numérique » prenne. Car la Toile doit s'envisager avant tout comme une gigantesque machine à produire des contacts, à tisser des liens, à générer des relations. L'ordinateur produit désormais des aventures et des histoires d'amour, et les couples Internet se comptent déjà par milliers.

De nouveaux modes de rencontre

Si pendant longtemps on s'est marié en obéissant à des logiques de classes et de communautés, on privilégie aujourd'hui l'épanouissement personnel et professionnel, et des expériences relationnelles et amoureuses plurielles. Avant même la formation du couple, la première difficulté aujourd'hui, pour le célibataire, c'est donc celle de la rencontre. Pour pallier cette crise, les agences matrimoniales ont longtemps rempli une fonction sociale aussi discrète qu'efficace. Mais dès les années 1960, d'autres modes de rencontre ont parallèlement gagné leurs lettres de noblesse. Moins impliquantes que les agences, moins onéreuses, préservant un confortable anonymat, les petites annonces (PA) ont fleuri dans les journaux et magazines à mesure que le célibat montait en puissance. Le Chasseur français, Le Nouvel Observateur, Libération (et ses chéri(e)s) : ces trois institutions de la presse française, visant deux grands lectorats, qui, des villes et des champs, poursuivaient la même quête de l'âme soeur, ont contribué à ériger les PA en genre à part entière, devenu un rendez-vous incontournable des célibataires, et un baromètre sociologique, aussi.


Il y eut ensuite, dans les années 1980, le Minitel (rose, entre autres), sulfureux, controversé, qui fut néanmoins une formidable expérimentation sociale, quinze ans avant le boom d'Internet.

Le Net, une révolution sociale et relationnelle

Mais depuis la fin des années 1990, Internet, les SDR et les forums de discussions métamorphosent les stratégies de séduction. La révolution est déjà quantitative, tant le Net a connu un engouement incroyable pour interconnecter des millions de personnes cherchant quelqu'un à aimer, et surtout constituer une incroyable internationale du célibat. Match.com, Meetic, Netclub, Amoureux.com, tels sont quelques-uns de ces SDR qui ont connu un essor incroyable, cotés en Bourse pour certains.


Sur les SDR, chacun devient son propre « cyberagent matrimonial ». Un pseudo, une fiche de présentation, un court texte résumant la personnalité et la quête, une photo éventuellement, et voici le (ou la) célibataire prêt(e) à entrer dans le grand bal masqué du Net sentimental. Ensuite, on s'écrit des messages dans les boîtes aux lettres électroniques (la relation est alors asynchrone) ou on chatte en direct sur les plates-formes de discussion (chatting forums). Chronophage, la pratique est si absorbante que de nombreuses web-singles souffrent de Net-addiction, illustrant à l'envi ce que certains spécialistes décrivent comme la tyrannie du branchement (Dominique Wolton) ou l'obsession du lien.


Révolution sociale et amoureuse, Internet constitue une révolution relationnelle, aussi, tant les timides peuvent oser là ce qu'ils ne se permettraient pas dans la vraie vie. Sur le Net, ils sont affranchis du regard d'autrui et libérés de la pesanteur de ces corps dont ils ne savaient que faire avant.


Désormais protégés par l'écran, l'anonymat du pseudo et l'absence des corps, bien loin des lieux de représentation sociale, les singles peuvent se permettre toutes les audaces. Orgueil, timidité et quant-à-soi se trouvent évincés d'un coup de clic, irrémédiablement relégués au rang de scories relationnelles d'avant le « cyberworld ». Quitte à voir se généraliser le zapping relationnel et l'industrialisation de la drague. Car on passe des un(e)s aux autres sans justification ni explication, et le jeu des lettres en « copier-coller » permet de contacter des dizaines de personnes en même temps.


Dès les pages d'accueil, les SDR proposent des modes de recherches très performants, accompagnés de listes d'amis, d'indésirables (black lists) et de coups de coeur. Ce faisceau de facteurs entérine un nouvel âge relationnel, caractérisé par un réalisme et un pragmatisme qui tendent à évincer le danger, l'erreur, les errements. Et la logique sentimentale qui s'impose est ostensiblement consumériste : réduction des risques de toutes sortes, catégorisation des termes de la quête, tentative de mise en adéquation entre ses aspirations et les contours très (et souvent trop) précis du partenaire idéal, et du couple rêvé. Avec, souvent, cette illusion que l'on sélectionne au mieux celui (ou celle) à aimer, en fonction de multiples critères physiques, sociaux et moraux : il faut en fait avoir les bonnes croix dans les bonnes cases. On peut à bon droit parler de marketing amoureux.


Mais le contexte numérique est aussi le premier qui voit des inconnus devenir intimes, tomber amoureux virtuellement, se séduire sans se connaître, reconfigurant (si l'on peut dire) le statut social et philosophique de la relation.


Auparavant, la relation (a fortiori amoureuse) se fondait sur la rencontre des corps, en première lecture (voir la thématique romantique du coup de foudre illustrée par Phèdre devant le bel Hippolyte). Et c'est alors que tout commençait. La Toile permet de faire les choses à l'envers, puisqu'on se découvre de l'intérieur.

Hommes et femmes, des attentes différentes

Le Net sentimental des SDR se fonde sur une série d'asymétries fondatrices. Parlant d'amour, une différence radicale oppose les hommes et les femmes quant aux attentes, source dès lors de bien des malentendus et d'autant de désillusions. La plupart des abonnées sont là car elles souhaitent une rencontre sérieuse, voire la rencontre qui changera leur vie. La thématique du prince charmant est omniprésente, et on trouve sur les SDR un suremploi féminin des majuscules absolutisant l'amour et les valeurs afférentes.


« Le public féminin a tendance à magnifier ses rencontres virtuelles. Ces femmes dissocient le sentiment amoureux du désir sexuel, et construisent l'image d'un autre proche d'un rêve qu'elles ont en elles. Le Net peut être un excellent moyen de fuir le corps (1). » Sur les SDR, les hommes, par contre, sont nombreux à rechercher des aventures rapides qui, éventuellement, déboucheront sur l'amour. Car presque toujours sont dissociés pour eux le sexe et la flamme. Et Internet est accessoirement devenu le premier vecteur des adultères numériques.


Télédrague, marivaudage et libertinage en ligne ont plus que jamais le vent en poupe, grâce aux SDR. Quelques décennies après les balbutiements du Minitel rose, voici revenue la mode de la sexualité orale, c'est-à-dire parlée. Ce nouvel érotisme se fonde sur l'échange épistolaire (puis rapidement téléphonique) de fantasmes entre des abonnés ayant déjà noué une relation virtuelle intime.


Plus qu'un épiphénomène, cette télésexualité ressortit encore à cette mise à distance généralisée, et à ce contrôle total que le (et surtout la) célibataire postmoderne souhaite exercer dans l'absolu. Car il est très sécurisant de maîtriser le désir d'autrui et de jouer ? voire de jouir ? de ce contrôle. Et ils sont nombreux à évoquer la toute-puissance découlant de la gestion de dizaines de relations amoureuses virtuelles menées simultanément.

Internet, lien social et lien amoureux

La Toile et son expansion actuelle produisent des effets sociaux et relationnels considérables. Mais avant tout, le Réseau pose des questions sociologiques d'importance. Car Internet, ni plus ni moins, renouvelle les notions de lien social et de relation, obligeant à les penser autrement.


Qu'est-ce qu'une relation ? Plus seulement un face-à-face, mais des liens qui peuvent outrepasser la présence et le visage, pour trouver leur origine ailleurs, avant ceux-ci, pour exister sans eux. Les critères classiques et millénaires de définition de la relation ont bel et bien été bouleversés par l'irruption d'Internet.


Depuis quinze ans environ, les (N)TIC posent avec acuité une vraie question épistémologique, oeuvrant surtout à une révolution copernicienne puisque l'on assiste à un changement de perspective. La première des révolutions d'Internet réside en effet dans ce décentrement et cette désincarnation des rapports sociaux, qui continuent pour autant à s'engendrer, quoi qu'en pensent les contempteurs du Net. Or, les célibataires sont les premiers bénéficiaires de cette « métamorphose du social ». Ils la vivent intensément, avec des risques et des délices nouveaux liés aux spécificités du Web.


Internet est peut-être une nouvelle forme de ce que Gregory Bateson appelait une « structure qui relie ». Il s'agit d'une matrice sociale qui, à l'instar des rites ou des fêtes, génère du lien, et contribue à engendrer et produire la société dans l'épaisseur insondable et la profondeur intangible de ses arcanes. Les technologies sociales d'une société hyperindividualiste produisent paradoxalement les conditions d'une nouvelle « connectivité », agrégeant des « solitudes collectives » (D. Wolton).


Gustave Flaubert affirmait que « ce ne sont pas les perles qui font le collier, mais le fil ». Des célibataires au Net, et des perles au collier, finalement, la métaphore est limpide. Ils sont désormais peu de chose les uns sans les autres. Perles et fil de longue date, singles et Web très récemment. Signe des temps, assurément...


NOTES

1

[1] P. Leleu, Newbiz, n° 17, janvier 2002.






Pascal Lardellier

Professeur en sciences de l'information et de la communication à l'université de Bourgogne, il a publié récemment Les Nouveaux Rites. Du mariage gay aux Oscars, Belin, 2005, et Le C?ur net. Célibat et amours sur le Web, Belin, 2004. Le présent article développe certains des points théoriques de cet ouvrage.



Toujours plus de personnes seules

Proportion en % de ménages de une personne parmi l'ensemble des ménages.

En 1999, les ménages composés d'une seule personne (c'est-à-dire, pour l'Insee, les personnes vivant seules dans leur appartement) représentaient 12,6 % de la population française, deux fois plus qu'en 1962. La moitié de ces personnes seules sont âgées de 60 ans ou plus. Avant 30 ans, une personne sur 6 vit seule, et on compte parmi elles autant d'hommes que de femmes. Entre 30 et 50 ans, la solitude concerne seulement une personne sur 10, et deux fois plus les hommes que les femmes. La parité est rétablie à partir de 51 ans, quand le nombre de personnes seules augmente fortement.




Source : SciencesHumaines.Com, le 28 septembre 2009.

 


 

 

 

 


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8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 17:12

Les collectivités ont tout intérêt à utiliser le canal mobile pour favoriser leur relation avec leurs citoyens. Quel formidable outil de prolongement vers le consommateur final que le mobile.

Aujourd’hui la mobilité est au cœur des problématiques des collectivités locales, qui cherchent par tous les moyens à faciliter la vie de leurs citoyens et à favoriser la proximité avec les activités de leurs pôles urbains. L’engorgement des villes rend en effet les distances difficiles à parcourir, les points d’intérêt sont plus difficiles à atteindre et les centres-villes sont contraints de constater une désaffection de leurs différentes facilités locales, tant commerciales que culturelles ou administratives.

Pour faire face à cette tendance de fond, les moyens de communication doivent contribuer à une meilleure fluidité de l’information. Les services par liaison téléphonique, Internet, le développement des réseaux sociaux, la domotique, l’accès à l’information par portage,… tout est simplifié pour rester connecté au monde extérieur. Les services n’en sont que plus efficaces et les villes peuvent ainsi profiter de plus d’interactivité et de plus de réactivité.

Avec 92% de pénétration sur la population française, le téléphone mobile est un canal incontournable et fortement plébiscité par les acteurs économiques afin d’entretenir la relation avec leurs consommateurs et développer l’accès et la proximité de nombre de leurs services.

Il doit en aller de même pour les collectivités locales et les municipalités quand il s’agit de développer les services à leurs administrés. En mobilité et de manière personnalisée, le mobile est désormais le point de contact le plus proche avec l’individu et doit donc pouvoir l’aider :

* A trouver la pharmacie de garde ou encore les conditions d’accès aux clubs de sport avec l’appui d’une carte géographique pour trouver un itinéraire.
* A découvrir l’histoire d’une ville ou du château voisin ou prendre connaissance du calendrier des activités culturelles, en s’abonnant à une lettre d’information municipale.
* A s’informer du programme des cinémas, et pourquoi pas réserver sa place grâce à un module d’inscription.

Bien d’autres services peuvent être mis en place, notamment grâce à l’accès à un espace personnel qui peut permettre de stocker des informations ou d’exercer les avantages d’un abonnement individuel.

Plus généralement, le téléphone mobile offre un panel de possibilités variées allant du moyen de communication le plus simple que représente le sms, au développement des technologies les plus sophistiquées comme l’accès à l’Internet mobile.
Toutes ces fonctionnalités favorisant la communication séduit une part de plus en plus importante des français :

* 56 millions d’abonnés à la téléphonie mobile,
* 11,5 milliards de sms échangés en 2008 (le double de l’année précédente),
* Près de 20 millions de français utilisateurs de services multimedia mobiles,

Le téléphone est titre de transport à Paris, porte-monnaie à Strasbourg, ticket de parking à Metz. Il est canal d’informations municipales par sms à La Rochelle, source d’informations locales sur site Internet mobile à Montélimar, guide touristique pour le département de la Drome.

Où qu’il soit dans sa ville, le citoyen possède son mobile sur lui. S’il devient de plus en plus sophistiqué, le mobile n’en est pas moins simple d’utilisation. L’iPhone d’Apple a lancé le mouvement des « grands écrans », tactiles, rapidement suivi par tous les principaux constructeurs du marché. Il est facile aujourd’hui de naviguer sur un site Internet dédié au mobile, et l’accès est d’autant plus simplifié que des moyens de connexion comme les bornes Bluetooth ou les codes 2D permettent aujourd’hui à l’utilisateur de se laisser mener presque sans rien faire sur un contenu interactif sur son mobile.

Le développement des forfaits illimités largement promus par les opérateurs permet en plus de profiter de ces services sans générer de surcoût sur la facture mensuelle des abonnés.

Le téléphone est désormais un formidable canal de « Masse », en ce sens qu’il sait donner accès à une population très importante, mais tout en donnant la capacité d’individualiser les contacts en s’adressant au mobile de chacun, et permet aussi de personnaliser le message…

Le citoyen est donc à portée de main ! Pourvu qu’on lui propose du contenu….


Source : RelationClient, le 8 septembre 2009.

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28 août 2009 5 28 /08 /août /2009 14:32
Point de vue attaquant la situation de crise actuelle du Cameroun, de l'affluence toujours grandissante dans les cyber-cafés et de la nouvelle forme de prostitution camerounaise

J’ai été tenté d'emprunter à Voltaire le titre d’un des ses ouvrages « Essai sur les mœurs », tant celui-ci sied au sujet abordé, mais je ne commettrai pas ce sacrilège en m’inspirant d’un horrible négrophobe. Je me contenterai juste de poser la question suivante :

Existe-il encore un Etat au Cameroun ?

Si l’on se fie au drapeau qui flotte au dessus des chancelleries, à la devise qui ceinture son armoirie officielle, à l’hymne nationale qui retentit lors des visites présidentielle et des compétitions internationales auxquelles participent les sportifs camerounais, on pourrait encore considérer le Cameroun comme un Etat. Or l’Etat est avant tout le garant d’une Nation, le moteur qui fait tourner son économie. Il ne se résume pas seulement à des symboles, mais aussi à la compétence de ses autorités et à la capacité de son gouvernement à résoudre les difficultés auxquelles ses citoyens sont quotidiennement confrontés. Depuis au moins deux décennies, l’Etat camerounais a failli à ses devoirs et ses obligations, parce qu’il n’existe plus.

Le Cameroun a réussi l’exploit de détrôner le Nigéria, pays limitrophe et 8 fois plus peuplé, en matière de corruption et de prostitution. Il fait cavalier seul dans le domaine du vice, en développant des fléaux difficiles à éradiquer. Ce pays qui a tant souffert avant d’accéder à l’indépendance, a vu ses illustres enfants mourir massivement dans les maquis au nom d’un idéal que la génération actuelle semble déshonorer : LA LIBERTE. Oh, si Umnyobé,  Moumié, Wandjé et leurs compagnons pouvaient voir ce qui s’y passe de nos jours, ils regretteraient leur sacrifice, car cela n’en valait pas la peine. Le Cameroun a payé très cher le prix de sa « souveraineté », malheureusement, ce ne sont pas ceux qui ont combattu les génocidaires qui sont parvenus à sa tête, mais les néocoloniaux. Et ils l’ont bradé au point d’en faire un bordel à ciel ouvert. Désormais, n’importe quel expatrié qui veut assouvir sa soif sexuelle peut se tourner vers ce beau pays, pourvu qu’il ait son visa, ses devises et son viagra. Le Cameroun serait-il devenu la Thaïlande de l’Afrique ? En tant que Bantu, j’en serai très triste.

Théoriquement, dans un pays agricole comme le Cameroun, personne ne devrait crever de faim, et je suppose que c’est le cas. Alors qu’est-ce qui explique l’effervescence des jeunes camerounaises pour les sites de rencontres ? Que ce soit à Yaoundé ou Douala, les Cyber-cafés ne désemplissent pas. Le marché de l’internet est si florissant, que certains propriétaires ont préféré convertir leur Cyber-café en Peep show, pour permettre aux femmes d’exhiber leurs nichons et leurs fesses en toute intimité. Là encore, le Cameroun vient d’innover dans la télécommunication, en créant un autre concept, le proxénétisme virtuel. De l’aube jusqu’au crépuscule de la nuit, une pléthore de femmes se précipite devant la webcam pour faire une démonstration de makossa ou de bikoutsi, les seins et les fesses en l’air. Conscientes de posséder une « marchandise » convoitée par les obsédés, de nombreuses Camerounaises ont fait de leur physique un véritable fond de commerce. Celles-ci multiplient les communications via internet pour accrocher le premier Blanc friand de la peau ébène. La prostitution est le plus vieux métier du monde, certainement pas en Afrique. J’en veux pour preuve, dans l’hinterland les femmes ne tapinent pas, elles demeurent pieuses.

Le 25 octobre 2007 au C.A.P.E (Centre d’Accueil de la Presse Etrangère), nous étions un certain nombre d’Africains à suivre la projection d’un documentaire sur la filière camerounaise de la prostitution. Nous sommes restés sereins pendant la séance, malgré la succession d’images et témoignages bouleversants. C’est en voyant une scène de zoophilie ; des filles d’Europe de l’Est s’offrant aux chiens, que le dégoût s’est emparé de chacun. Un vieil africain  présent dans la salle, s’exclama l’air désemparé « Tout ça pour de l’argent ! ». Mais le pire pour nous (Africain) fut l’aveu d’une prostituée camerounaise, prête à faire la même chose si elle en avait l’occasion, pourvu d’être en Europe. Olivier Enhogo, le réalisateur du documentaire, lui demanda, si elle ne redoutait pas de tomber malade en se livrant à une telle pratique. Sa réponse fut sèche : « Les chiens des Blancs sont propres, ils sont régulièrement suivis par des vétérinaires ». Il ne me restait plus que deux choix :

- poursuivre le visionnage du documentaire et péter définitivement un câble
- ou alors sortir de la salle pour ne pas terminer ma journée à l’asile.

Quand je pense, que trois jours auparavant, une somptueuse soirée avait été donnée au théâtre Mogador, en l’honneur de la visite officielle en France du Président camerounais Paul Biya. Le champagne coula à flot, des centaines de coupes furent servies, de quoi remplir une piscine olympique, j’y étais. C’est depuis ce jour que j’ai pris conscience du drame qui se vit au Cameroun. Depuis, les reportages s’enchaînent à la télévision (France Ô, direct 8, France 24, France 5…). Lors d’un volet consacré au Cameroun, Roger Youmbi Fensi, premier adjoint au maire de la ville de Yaoundé, a avoué avoir eu plusieurs fois froid dans le dos, en voyant de jolies demoiselles camerounaises rouler des pelles à des vieux expatriés édentés, pendant les cérémonies de mariage. Connaissant assez bien le Cameroun, je peux affirmer qu’il n’y a pas tant de misère dans ce pays pour justifier une telle situation.

C’est plutôt la cupidité d’une catégorie de Camerounaises friandes de luxe, qui est à l’origine de cette hécatombe. Et celle-ci ne s’est pas encore aperçue, qu’en se comportant ainsi, elle jette un total discrédit sur tout un pays. Une rencontre avec un expatrié sur le net ne garantie pas forcément le bonheur. Combien de Camerounaises ne se sont-elles pas retrouvées sur les trottoirs européens en plein hiver, après leur fameuse rencontre ? Tant que le gouvernement camerounais ne prendra pas les mesures nécessaires pour éradiquer ce fléau, de nombreux Camerounais se verront obligés de s’expatrier pour pouvoir se marier, à moins d’être blindés de devises. Quand il n’y a plus d’Etat dans un pays, c’est le bas peuple qui en pâti. Beau est le Cameroun, malade est sa société.


Source : Bonaberi, le 28 août 2009.



Voir la vidéo des jeunes africaines à la recherche de maris blancs via Internet
Source de la video : bonaberi.com










     
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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15 août 2009 6 15 /08 /août /2009 21:24
Une contribution de Denis Ettighoffer*

Il y a quelques mois, j’ai eu l’occasion de débattre en public avec un auteur spécialisé sur les évolutions du Web2 et des applications de la Toile. Ce qu’il y avait de curieux dans nos échanges c’était le contraste de nos approches respectives. Mon interlocuteur, auteur français venu de la Silicon Valley, était intarissable sur les dernières techniques et les nouveaux business models en cours de développement. J’avoue que je me sentais un peu déplacé dans un débat qui, encouragé par un journaliste qui se voulait branché, tournait au messianisme technologique là où je m’efforçais de montrer comment la Toile allait devenir l’instrument de tout un chacun. Etonnamment, le public semblait ce satisfaire de cet étalage de culture technologique, là où, pour ma part, j’essayais mais sans grand succès, avouons le, de faire la démonstration de l’utilité sociale et économique de la Toile. Deux discours, deux mondes. L’un qui s’enferme dans son « dot.com », le second qui tente de s’emparer de l’Internet pour qu’il ressemble plus à la société qu’à une grande surface. En tous cas je m’étais promis de revenir à la première occasion sur « Mon débat », à savoir comment, grâce à Internet, la migration des connaissances était source de Bien Être social. Je vous laisse juge.


Le nomadisme des commerçants sur la route des épices, de la soie ou les routes du sel a été une des premières sources des échanges de marchandises et de savoirs exotiques. Les voyageurs étaient reçus comme les pourvoyeurs des nouvelles et des innovations trouvées dans le vaste monde. C’est l’Internet qui joue ce rôle aujourd’hui. Ces nomades électroniques font le pont entre les organisations les plus diverses et favorisent de possibles coopérations. Au Brésil, dans une étroite vallée tropicale, les 300 habitants du village brésilien d’Ivaporunduva vivent encore dans des maisons faites de paille et de boue. Mais ils peuvent désormais demander conseil ou un rendez-vous en ligne avec un médecin, découvrir le prix et les marchés où vendre leurs fruits, télécharger des programmes de cours par correspondance pour les enfants, ou organiser des visites payantes du village ou des cavernes aux alentours. Auparavant, le village n’était relié au monde que par un vétuste radiotéléphone qui avait rendu l’âme. Des connexions internet similaires ont été installées dans 3.200 communautés rurales brésiliennes depuis deux ans et 1.200 autres l’ont été en 2006.


"L’accès au numérique est une politique efficace pour lutter contre l’exclusion sociale. C’est plus efficace que beaucoup d’autres politiques sociales", a déclaré au correspondant de Reuters, Antonio Albuquerque, responsable du programme. " Dans un groupe que je fréquente nous avons un « Mike » qui s’est investi dans l’éducation des enfants de pays en voie de développement. Il nous envoie des contributions qui un jour viennent de Syrie, un autre de New-York une autre fois du Mexique. Immergé dans la toile, il furète à longueur de temps et il dépose dans notre forum des idées, des réflexions, des papiers donnant des points de vue du bout du monde. Lui et des milliers d’autres sont des zélotes sociaux qui fertilisent par leurs approches respectives une grande diversité d’entre nous qui piochons allègrement dans cette matière généreuse. Ces porteurs de savoirs migrent maintenant sur la Toile afin de rendre plus fertile les domaines dans lesquels ils exercent leur métier. Déjà, la radio, la télévision, les programmes vidéos et des sites spécialisés sur Internet contribuent à la diffusion des savoirs sur la contraception, les soins de santé, la promotion de certaines plantes, les modes d’irrigation les plus appropriés. Internet a apporté une approche plus interactive de ces savoirs au gré des circonstances et des problèmes rencontrés.


Le réseau devient cerveau, chacun offre, découvre, propose des solutions qui répondent aux grands et petits problèmes des internautes. Tous les ressortissants de notre planète numérique, d’une manière ou d’une autre, contribuent à la fertiliser entraînant avec eux des innovations sociales, des modes de gouvernement, des ressources, des façons différentes de vivre, d’entreprendre ou de travailler. Bill Drayton travaille, comme il dit, « à changer le monde » depuis presque trente ans. En 1980, il a créé Ashoka, une association qui soutient des innovateurs sociaux par la fourniture de bourses et surtout par un vaste réseau d’influence[1]. Ce réseau mondial se développe en creux des modèles économiques marchands. Un réseau d’individus qui portent des idées aussi prosaïques que de faciliter l’insertion d’anciens toxicos au Brésil. Ashoka soutient des «porteurs de graines », des gens qui prouvent que l’on peut changer les choses. « Ils sèment leur grain avec une idée très pratique. Puis un autre porteur arrive qui la fait connaître dans une autre région du monde » explique Bill. Ils sont des centaines déjà qui font circuler les idées entre le Bangladesh, les Etats-Unis et le Brésil. Et ça fait boule de neige. Le réseau Ashoka est devenu une véritable pépinière mondiale de gestion des idées. Il applique des solutions qui ont marché dans une région. Ashoka devient un circuit de diffusion des savoirs, ce pouvoir est illustré par la progression fulgurante des applications du« social networking» sur la Toile. Elle illustre les possibilités des réseaux de solidarités coopératives. C’est comme cela qu’un ingénieur français indiquera à des producteurs indiens de briques d’argiles comment améliorer la maîtrise de la température de leurs fours après avoir appris qu’ils perdaient jusqu’à la moitié de leur production. Le troc d’information y est permanent, d’où une posture naturelle à l’échange gratuit, généreux.


Ces internautes participent à l’ensemencement d’idées ou des propositions sans calcul de retour sur investissement. Des compagnonnages virtuels soudent des liens entre personnes intéressées par des emplois ou des opportunités de formation pouvant leurs être offerts[2]. L’entraide prend de multiples formes et mélange de multiples motivations qui, de la communauté de commerçants[3] à celle de paysans et d’éleveurs[4] ont toutes pour particularité d’être promues et valorisées par internet sous une forme ou une autre[5]. Nous voyons émerger ici, au travers de l’appel à des compétences « à la demande », des porteurs d’idées et de savoirs de tous ordres qui nomadisent d’entreprise en entreprise tout en restant branchés avec leurs corps professionnels auprès de qui ils trouvent les ressources et les expertises dont ils ont besoin. Une idée centrale émerge : les talents sans frontières, les créatifs en réseaux sont en train de devenir une force qui remettra en cause bien des analyses sur les migrations de la matière grise dans la globalisation de l’économie. Partout, un maillage de générosités sans tapage, d’initiatives lancées d’une extraordinaire diversité, issues autant des personnes que des entreprises, tentent de remédier aux insuffisances du système économique classique, à la faiblesse d’une région que l’économie ignore. Une entreprise envoi ses cadres participer à la mise en place d’un réseau d’irrigation, une autre des pompes solaires.


Des associations de particuliers s’organisent et jumellent leurs villes ou leurs villages français avec des écoles ou des hôpitaux, des centres de soins au Mali, au Ghana, au Vietnam. Internet permet de garder le contact, de s’informer, de favoriser la coordination entre les intervenants de tous pays, préparer des voyages, des visites ou recevoir dans les meilleures conditions. L’école de la brousse devient la première bénéficiaire des savoirs qui peuvent être disponibles en ligne en favorisant des rencontres entre civilisations. L’IRED est un exemple de portail dédié à la coopération non monétaire des réseaux solidaires. Il offre des publications et des documents pour gérer des réseaux de pratiques. Fondé en 1981, l'IRED constitue un réseau international de partenaires locaux en Afrique, Amérique latine et Asie-Pacifique : associations de paysans, pêcheurs, éleveurs ou artisans, centres d'animations, ONG d'appui pour la formation et la technologie et Instituts d'études, de recherche et de formation.[6] En France un des plus réussis de ces portails logistiques pour la recherche et la gestion de ressources est Place Publique[7] qui englobe la quasi totalité du spectre des solidarités. Ces espaces numériques constituent des passerelles entre le local et le distant, entre les initiatives de quartiers et les aides ou pratiques connues dans l’espace européen[8].


Des fondations s’attaquent à ce nouvel espace de créativité pour façonner une autre société. Le site de la communauté scientifique et des idées qui changent le monde vous donne rendez vous sur le site de Cambridge[9]. Tout de ce qui bouge, les organismes qui mâchouillent le futur, qui défendent les réseaux open source, qui coopèrent dans les domaines de la santé, de la vie en société, et des milliers d’autres sujets sont ici, où « on change le monde en échangeant des idées de toutes sortes ». Les sites de communautés savantes se multiplient partout, véritables think tank mis gratuitement à disposition. La Sapling Fondation, créée par Chris Anderson, ex fondateur de Future Publishing, s’est donnée pour mission d’utiliser « le pouvoir des idées pour changer les médias et les marchés » [10]. En 2005, Chris Anderson, à l’occasion de la conférence TED (Technology, Entertainment et Design) se déroulant à Monterey en Californie, a offert une aide financière de 100 000 $ pour développer l’accès à Internet en Afrique.

Dans les rencontres de la TED on retrouve les plus grands noms des entrepreneurs anglo-saxons. Bil Gates, Rupert Murdoch, Jeff Bezos d’Amazon, Larry Page et Sergey Brin, pères de Google, sans compter les multiples figures qui, d’une façon ou d’une autre, ont apporté des idées significatives à la culture et au progrès. On peut affirmer sans grand risque que l’initiative de Chris Anderson aura donné des moyens de réalisation à des « créatifs culturels » de talent. Il aura suffit qu’ils tentent leur chance en soumettant leurs projets pour « changer le monde » à l’occasion des nombreuses manifestations auxquelles participe la Sapling Fondation. Pour valoriser les immenses gisements de matière grise, la libre circulation des idées et des savoirs contribue à la croissance économique, à la protection de la santé, à l’éducation des populations, à leur autonomie économique et, plus globalement, à une meilleure utilisation des ressources mises à la disposition des terriens. Internet est un média dont des médiateurs culturels se sont emparés pour faciliter les échanges savants de toutes sortes car il porte cette révolution consistant à aider des gens à « faire pousser leur blé » plutôt qu’à leur « vendre du pain ».

Denis Ettighoffer


[1] http://www.ashoka.asso.fr

[2] http://www.employlocal.net/goodpractice.asp

[3] http://www.entraidecommerciale.com/

[4] http://www.irenees.net/fiches/fiche-dph-3680.html

[5] http://www.ynternet.org/

[6] http://www.ired.org/modules/news/

[7] http://www.place-publique.fr

[8] http://www.projets19.org/

[9] http://www.cambridgenetwork.co.uk/default.asp

[10] http://en.wikipedia.org/wiki/TED_(conference)

*Denis Ettighoffer est consultant en organisation et management , il est spécialiste de l'impact des TIC sur les organisations, il a fondé en 1992 Eurotechnopolis Institut, société qui étudie les enjeux associés aux nouvelles technologies et au développement de l'innovation organisationnelle.

Son dernier ouvrage "NetBrain Planète Numérique, les batailles des Nations savantes" (Dunod-2008) a reçu le prix du livre de l'économie numérique (voir notre interview autour du livre : Partie I,Partie II).
Il est par ailleurs l'auteur d'un dizaine d'ouvrage parmi lesquels :

L'Entreprise Virtuelle,
Du mal travailler au mal vivre,
- Mét@-Organisations,
- eBusinessGeneration,
- Le Syndrome de Chronos,
- Le Travail au XXIe siècle
- Le Bureau du Futur




Source : Entretiens du futur, le 12 août 2009.


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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 18:28

Dans le cadre d'un "Tour de France", le secrétaire d'Etat à la Coopération et Francophonie s'exprime sur l'aide aux TIC dans les pays en voie de développement.


Quel rôle joue la France dans le développement des Technologies de l'Information et des Communications (TIC) au sein des pays en voie de développement ?


En marge d'un passage en Franche-Comté dans le cadre de son tour de France de la coopération décentralisée, c'est Alain Joyandet, secrétaire d'Etat en charge de la Coopération et de la Francophonie, qui a répondu brièvement à cette question dans une interview vidéo réalisée le 13 mars.


Le ministère des Affaires étrangères, dont dépend le secrétariat d'Etat Alain Joyandet, apporte son soutien logistique et financier à la coopération décentralisée. Autrement dit, aux projets de coopération mis en oeuvre entre des collectivités territoriales françaises et leurs homologues étrangères.


Si les aides se concentrent principalement sur le développement de l'économie et les ressources agricoles, les TIC commencent à prendre une place importante. Notamment dans l'éducation de la population, avec une priorité donnée aux enfants.


Pour preuve, le secrétaire d'Etat cite l'exemple de "Sénéclic", une opération de réduction de la fracture numérique initiée par Dakar, capitale du Sénégal. Elle a été montée avec l'appui de la Ville de Besançon, à l'origine de Besançon.clic.


Ce projet vise à offrir aux enfants scolarisés à l'école primaire, un ordinateur multimédia doté des mêmes logiciels qu'à l'école, accompagné d'une formation aux outils informatiques pour les parents.


"Le ministère des Affaires étrangères et européennes a participé au financement de Sénéclic à hauteur de 200 000 euros environ répartis sur trois ans [260 000 euros selon des informations fournies par le ministère, ndlr], ce qui n'est pas négligeable puisque cela correspond à un tiers du coût total de l'opération", indique Alain Joyandet.

Précisons toutefois qu'Alain Joyandet n'avait pas encore ses fonctions de secrétaire d'Etat en charge de la Coopération et de la Francophonie au sein du gouvernement lorsque ce soutien a été conclu.


Aujourd'hui, l'opération connait un vif succès en Afrique. A un tel point que de nombreuses demandes seraient arrivées à la Ville de Besançon pour étendre cette coopération avec d'autres territoires situés dans les pays en voie de développement...

Source : Vnunet, le 20 avril 2009.


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13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 13:34
A Cisco, on croit dur comme fer au potentiel tunisien pour la création d’une industrie de TIC développée à l’échelle locale et régionale. Le pays investit dans la formation et les infrastructures technologiques, et l’Etat déploie des efforts considérables dans la mise en place de programmes tendant à intégrer les technologies de l’information et de la communication dans tous les secteurs économiques. Entretien avec Anthony Vonsee, directeur général pour l’Afrique et les pays du Levant, et Skander Ghattas, responsable Vente-MM Tunisie.

Webmanagercenter: Que représente le marché tunisien pour une firme telle que Cisco ?

Anthony Vonsee : Pour nous, la Tunisie est un pays phare. Je suis très impressionné par l’adhésion du gouvernement à tout ce qui touche aux TIC. Cisco travaille avec lui à réduire la fracture numérique et à accélérer son exécution. Le gouvernement a une vision claire et une démarche bien définie par rapport aux TIC et exécute ce qu’il dit. La Tunisie est un pays stratégique pour Cisco.


Où êtes-vous implantés exactement dans la région MENA et en Afrique ?


A.V : Nous sommes implantés en Egypte, en Jordanie, au Liban, au Maroc, en Afrique du Sud, au Kenya, en Algérie, au Nigéria et au Sénégal. L’Afrique du Nord est très importante pour nous, la preuve en est que nous avons des sièges dans tous les pays, nous venons d’ailleurs de nous installer en Libye. Dans les régions subsahariennes, nous avons des bureaux par région. En Afrique de l’Est, nous avons un seul bureau, au Kenya à Nairobi qui gère tous les pays autour. Au Nigéria, un marché très important, nous avons un siège qui gère l’Afrique anglophone de l’Ouest; nous avons également une représentation à Dakar qui gère l’Afrique francophone. En Afrique du Sud, nous avons deux bureaux, l’un à Pretoria et l’autre à Johannesburg.


Vous êtes bien implantés sur tout le territoire africain. Envisagez-vous de créer une usine Cisco pour fabriquer du matériel sur place, ce qui réduirait éventuellement leur coûts ?


A.V : Il n’y a pas de projets concrets dans ce sens et je ne voudrais rien exclure dans l’avenir car tout est possible. Je ne pense pas pouvoir me prononcer là-dessus. Il revient à «Manufacturing Cisco» de juger de l’utilité d'un projet de ce type. Par contre, je ne crois pas que ce sont les équipements qui coûtent le plus cher, c’est plutôt la recherche et l’innovation, et Cisco investit énormément dans ces domaines qu’elle estime importants dans la création de la valeur ajoutée. C’est la connaissance qui crée la différence.


Pensez-vous que la consolidation de votre présence en Tunisie affectera le rôle de vos partenaires tunisiens, notamment au niveau de la formation ?


Skander Ghattas : Cisco s’appuie sur des partenaires de qualité que nous essayons de former et auxquels nous fournissons les connaissances les plus récentes sur les nouvelles technologies pour mener au mieux certains projets. Nous avons près de 10 partenaires tunisiens. Il y a des partenaires et des centres de formation techniques Cisco en Tunisie. Nous en avons au minimum deux qui dispensent des formations standard hebdomadaires aux étudiants et aux différents cadres des entreprises étatiques ou privées sur les technologies Cisco et utilisent nos équipements.

La technologie Cisco aide l’entreprise à être plus compétitive en ces temps durs où la concurrence est devenue ardue. Elle leur permet de se concentrer sur leur mission principale, augmenter la productivité et réduire les coûts.


Qu’en est-il de Cisco Networking Academie ?


S.G : Cisco Networking Académie est un concept lancé depuis des années en Tunisie et qui se présente comme suit : Cisco subventionne à grande échelle l’implantation des laboratoires Cisco dans des universités comme l’INSAT, SUPCOM ainsi que dans des universités privées. Elle les sponsorise en les équipant du matériel Cisco et en assurant également des cours. Elle assure la formation des formateurs en leur délivrant les modules de formation. L’objectif est de former les étudiants à ses technologies et ses concepts.

A.V : A ce jour, 3.000 étudiants ont été formés dont 30% sont des femmes, nous avons 14 académies et 24 formateurs certifiés dont 17% sont des femmes. Pour nous, ce programme revêt une grande importance, nous investissons dans la jeunesse.


Quels sont vos objectifs sur le plan commercial, logique de marché exige, et quels sont vos intérêts ?


A.V : Il y a deux dimensions. L’une, commerciale, et nous avons des programmes en direction des «Learning Partners» spécialisés dans une formation très professionnelle en direction de l’entrepreneuriat et de la profession. Nous travaillons sur des grands projets pour former les professionnels. La deuxième relève du mécénat et elle est représentée par la «Cisco Networking Académie», c’est une manière de servir la communauté.


Quels sont les pays où vous réalisez le chiffre d’affaires le plus important dans la région MENA ?


A.V : Aux Emirats Arabes Unis, en Arabie Saoudite et en Egypte aussi. La Tunisie est un marché très important et prometteur. C’est un pays qui évolue rapidement. Parce qu’on y est plus rapide dans l’exécution des programme de développement des TIC. Le gouvernement a très bien assimilé l’importance des nouvelles technologies et montre une très grande réactivité dans la réalisation des projets. On a compris qu’il s’agit de l’avenir du pays. Pour les étudiants, on peut soit tabler sur l’apprentissage par les supports papier ou par l’Internet. Il y a beaucoup de gouvernements dans la région qui ont beaucoup d’idées mais qui ne les exécutent pas aussi rapidement. Il n’est pas évident d’acquérir les connaissances par la manière classique, page par la page, par contre, quand on est connecté sur Internet, l’acquisition de la connaissance est beaucoup plus rapide.


Comptez-vous offrir des stages de formation aux Etats-Unis aux étudiants ou aux ingénieurs ?


Nous avons déjà des programmes de stages de formation à l’étranger mais pas uniquement aux Etats-Unis, en Europe également.


 

 

 

Source : WMC, le 13 avril 2009.



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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 15:00
Depuis quelques semaines, s’affiche, sur les sites de certaines publications sénégalaises, l’injonction selon laquelle toute reproduction, sans consentement, d’articles pourrait être passible de poursuites judiciaires.

Depuis quelques semaines, s’affiche, sur les sites de certaines publications sénégalaises, l’injonction selon laquelle toute reproduction, sans consentement, d’articles pourrait être passible de poursuites judiciaires. Une semonce qui semble s’adresser principalement aux portails généralistes et commerciaux qui foisonnent depuis quelques années au Sénégal et à l’extérieur.


Cette interpellation pose aussi un triple enjeu de taille concernant la gratuité de l’information ainsi que la protection du travail journalistique comme œuvre intellectuelle. Elle interpelle également sur les mutations et recompositions futures qui n’épargneront pas les médias sénégalais au regard des bouleversements frappant les grands groupes de communication partout à travers le monde.


En effet, dès les années 1990, se po-saient les premiers jalons de cette nouvelle configuration médiatique avec, la popularisation de l’Internet placé au cœur des technologies de l’information et de la communication. L’Internet qui a su capitaliser comme outil le potentiel des supports médiatiques déjà existant (son, image et texte) a déjà permis, dans la plupart des pays développés, une reconfiguration de l’économie tournant autour des médias. 


Progressivement, s’est développée une véritable économie numérique qui prend de plus en plus une place prépondérante dans la vie active de ces pays. Elle représente actuellement 17% de l’économie de la Corée du Sud, 13% des États-Unis et 6% de la France. Ces dernières années ont aussi dévoilé de nouveaux géants de la communication comme Google ou Yahoo qui, avec respectivement une capitalisation estimée à 108,5 milliards d’euros et 29,6 milliards d’euros, occupent les rangs de première et sixième entreprise de communication du monde. Le groupe Time Warner qui occupe la deuxième place mondiale arrive loin derrière Google, en termes financiers avec un capital de 60,3 milliards d’euros. 


Ces sites, devenus les fers de lance de la nouvelle économie, ont la particularité d’offrir des services et se présentent comme des «agrégateurs» n’ayant aucune ligne éditoriale et renvoyant directement à la page du site de l’article du journal sélectionné.  


La crise financière actuelle qui secoue l’économie mondiale n’épargne pas celle du numérique ou des médias virtuels. Sa croissance risque fort de chuter. L’Organisation de développement et de coopération économique (Ocde), dans sa dernière édition consacrée aux perspectives des Tic, estime que la croissance restera «plate ou négative» en 2009. Cette situation rejaillit fortement sur les médias un peu partout à travers le monde. Aux États-Unis, au Canada, en Europe, des restructurations sont annoncées parmi les géants comme le Washington Post, New-York Times, Cbc, etc. L’une des principales causes demeure l’incapacité des médias à trouver de nouvelles formules pour s’adapter à l’univers mouvant imposé par les Tic et surtout la place sans cesse grandissante des portails offrant, gratuitement, de l’information à un public qui n’a jamais été aussi submergé par le flot continu de nouvelles.


L’Internet est parvenu à rompre le monopole de la collecte et de la distribution de l’information des mains des journalistes et autres professionnels de l’information. Média du 21e siècle, il reste un des éléments centraux de la nouvelle société de connaissance lancée officiellement lors du premier Sommet mondial sur la société de l’information en 2003. Les médias qui ont su s’adapter rapidement et offrir des produits dérivés parviennent en fonction des réalités à maintenir le cap et à s’arroger une part du marché publicitaire virtuel naissant. De nouveaux codes, de nouvelles façons de traiter l’information et surtout une accessibilité à temps réel pour la population connectée sont apparus. Le rapport au savoir et à l’information a changé. L’interactivité, la gratuité, la multiplication des sources (ce qui ne traduit pas la diversité de l’information), entre autres sont autant de nouveaux rapports qui se sont développés au fil des années. Une reconfiguration et une restructuration s’imposent et ce à un double niveau : réadaptation des médias classiques et une professionnalisation des espaces desservant de l’information généraliste.


Il ne s’agit pas d’attendre ou encore de se faire tirer par la locomotive occidentale même si toutes les innovations technologiques sont développées dans les pays du Nord. Les acteurs de la presse et des médias en général, le plus souvent tournés sur des questions de revendications sociales et pécuniaires, devraient développer des axes de recherche autour de ces questions pour trouver avec les acteurs publics et privés des alternatives. En effet, le Sénégal qui dispose d’un des réseaux les plus performants d’Afrique, est doté d’une bande passante de 1,24 Gbps et possède d’énormes potentialités. Cette performance des autorités sénégalaises dans les télécommunications est le fruit des politiques initiées depuis les années 80 et reconnue au niveau international. Un des théoriciens des Tic les plus réputés, Manuel Castells, dégageait dans les années 90, le Sénégal de la zone désertique du cyberspace en écrivant : «L’Afrique constitue globalement la zone déconnectée par excellence. Cependant, 22 capitales étaient reliées à Internet en 1996, mais, sauf au Sénégal, l’accès à Internet était impossible en dehors de la capitale1.» 


Le parc Internet, encore très loin de la moyenne standard, a connu en 2006 une progression de 47%, selon le rapport 2007 de l’Agence de régulation des télécommunications et des postes (Artp). Une des autres potentialités est que la quasi-totalité des grands titres (quotidiens, périodiques, radios, télévisions, agences de presse) possèdent leur site Web, mis à jour continuellement. Aussi, plusieurs mesures comme la mise en place d’équipes composées de journalistes exclusivement tournés vers le site web de la rédaction, l’institution d’un système d’abonnement pour les portails ainsi que de nouveaux partenariats entre les exploitants des sites s’imposent-elles. Peut également être envisagé un système d’appui des autorités publiques et privées parmi les dispositifs institutionnels déjà existant ou à créer.


En effet, la pratique du «copier-coller» à laquelle s’adonne la quasi-totalité des sites ne peut continuer à prospérer. En dehors d’un nombre réduit de sites, comme Nettali et Ferloo qui proposent régulièrement leurs propres informations, la plupart des autres sites présentent, malgré leur diversité, un contenu identique car reproduisant intégralement dans leur grande majorité les articles des quotidiens, des agences de presse, des périodiques, de certains sites d’informations ainsi que certaines émissions radiophoniques et télévisuelles.  Aucune forme de rétrocession des profits engrangés n’est faite par ces concepteurs de sites, dont la tâche principale tourne autour de la compilation des articles les plus significatifs et susceptibles d’animer leurs forums et, par ricochet, d’accroître ou de fidéliser leurs visiteurs. 


L’option de limiter l’accès de leurs sites et des contenus aux gérants des portails risque fort de se généraliser. Il n’est pas démontré que les sites payants au fil du temps soient moins visités que les sites d’accès libre. L’exemple des quotidiens Wall Street Journal (Etats-Unis) ou des Échos (France) prouve que la formule payante peut réussir dans un univers où la gratuité d’accès reste le schéma favori pour beaucoup d’autres titres. Le cas de Ouest-France, devenu l’un des quotidiens de la presse régionale française le plus visité avec sa formule payante, peut être relevé. Les médias sénégalais doivent donc s’adapter et éviter aussi de faire de leur site Web une copie de la version papier numérisée. Les entreprises de presse ne peuvent plus être des structures tournées vers la collecte et le traitement de l’information exclusivement. L’Internet offre de nouvelles perspectives et voies à explorer et les médias et agences sénégalais doivent innover en multipliant leurs offres de services et voir dans quelle mesure l’édition online peut compléter l’édition traditionnelle et parfois même la devancer dans la fourniture de certaines catégories d’informations.


L’Internet offre de potentielles ressources qui peuvent être mises en exergue comme le renvoi sur des dossiers, des données de sites d’organismes officiels, publics ou privés, des compléments sur l’information du jour ou encore la création même d’évènements virtuels avec des invités ou des forums exclusivement menés par les équipes affectées à la gestion du site.


Sur le plan institutionnel, des appuis pourront être trouvés avec les autorités publiques, les sociétés de télécommunications et les autres acteurs du service privé. Il s’agira de trouver et de définir des critères (équipe composée de professionnels, mise à jour constante du site, accessibilité, etc.) définissant l’éligibilité des titres devant bénéficier de ces appuis qui peuvent être multiformes (formation des journalistes, logistique, etc.). La presse ne peut plus continuer à exister sans jeter une passerelle vers l’Internet qui, loin d’être un concurrent, peut stimuler davantage la créativité dans l’espace médiatique, ouvrir de nouveaux débouchés et ressources et surtout permettre une meilleure visibilité de l’information du Sud faite par des acteurs du Sud eux-mêmes.



Pape Macky SALL - Montréal, Canada.



Source : Le Quotidien, le 11 avril 2009.


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7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 11:25
Didier Quillot, 49 ans, dirige Lagardère Active, qui regroupe les activités magazine, audiovisuelles et Internet du groupe Lagardère. Il a ouvert, lundi 6 avril, la Semaine de la presse magazine, dans le cadre d'une table ronde sur le thème "Editeur, métier global". Il livre sa vision de l'évolution du secteur de la presse.

La presse traverse une crise sans précédent. Comment analysez-vous ce qui se passe ?


2009 est une année charnière où la crise publicitaire s'ajoute à une tendance structurelle : la migration des lecteurs vers Internet. Il faut utiliser cette crise comme une opportunité pour faire évoluer notre métier.


Les recettes publicitaires sont en fort recul. Assiste-t-on à une modification en profondeur du marché publicitaire ?


Personne n'est capable de dire aujourd'hui si l'on retrouvera les niveaux d'avant la crise. La réponse dépendra certainement des secteurs. Les titres uniquement tournés vers les services, comme les féminins pratiques, la presse professionnelle ou informatique, vont sans doute davantage souffrir du fait d'une exposition plus grande à la concurrence d'Internet. En revanche, la presse féminine, l'art de vivre ou les news magazines se porteront mieux, car les annonceurs investiront en priorité sur les segments qui apportent de la valeur d'image ou de la puissance, à condition que ceux-ci soient en position de leadership et soient porteurs d'une marque.


Qu'entendez-vous par là ?


Une marque de presse, c'est un concept éditorial, des contenus, des centres d'intérêts qui accompagnent les lecteurs-consommateurs dans leur vie au quotidien. Le meilleur exemple, c'est le magazine Elle. La lectrice l'achète, va plusieurs fois par jour sur le site, utilise une application iPhone sur son mobile, achète des produits sous licence "Elle Passions". Elle fait partie d'une communauté. On passe ainsi d'un contrat de lecture à un contrat de vie.


Quelles en sont les limites ?


Ne pas s'éloigner de l'univers de la marque, de ses valeurs, respecter ses lecteurs. La marque Elle s'adresse aux femmes dans toutes les composantes de leur vie. Elle fait rêver avec l'univers de la mode et ses égéries, traite de l'actualité culturelle. Elle est aussi citoyenne, parce que militante sur des sujets de société, comme les droits des femmes. Quand toutes ces dimensions sont réunies, pourquoi rester uniquement sur le papier ? Le métier d'éditeur doit devenir global.


Les rédactions vous suivent-elles dans cette évolution ?


Elle commence à être comprise et peut même être admise dès lors que le contrat de confiance avec le lecteur est respecté. Nous devons trouver de nouvelles formes de revenus pour un magazine, et cela passe aussi par la dimension marketing. Je suis optimiste, parce que le contexte économique nous oblige à faire preuve d'imagination.


Par exemple ?


Nous venons de lancer, le samedi, le Journal du Dimanche Première Edition. Avec près de 20 000 exemplaires de ventes supplémentaires, nous avons augmenté de plus de 20 % la diffusion en Ile-de-France et dans les villes de provinces concernées. C'est un bilan positif et encourageant, mais il faut viser encore plus haut pour que l'opération soit rentable. L'innovation, c'est aussi la nouvelle formule de Télé 7 Jours. Sur le plan publicitaire, nous proposons des offres couplées entre radio, presse et Internet. Par ailleurs, nous avons réuni dans un même lieu les rédactions d'Europe 1 et de Newsweb pour mettre en place un news flow, un "flux d'informations", dans le cadre de Lagardère News.


Quels impacts ont ces changements sur le plan social ?


Parce que 2009 est une année difficile, il faut faire preuve d'innovation, engager avec les organisations syndicales une réflexion sur tous les sujets, y compris le temps de travail, la formation.


Comment la presse magazine doit-elle aborder la concurrence d'Internet ?


Les deux sont complémentaires. Internet, c'est de l'immédiateté et de l'interactivité. La presse magazine permet la réflexion, la mise en perspective, l'analyse. Si elle ne fait que de l'information pratique, elle sera, à terme, en difficulté face à Internet. Quant au journaliste, l'idéal est qu'il puisse travailler à la fois pour le papier et pour le Web, et que les rédactions papier et Internet se rapprochent.


La gratuité des informations sur le Net est-elle un modèle viable ?


C'est la réalité actuelle du marché et elle va durer. Mais avec la crise publicitaire actuelle, il faut s'interroger sur la capacité de rendre payante une partie des informations. Cela nécessite des contenus éditoriaux enrichis. Nous sommes en train d'expérimenter une version e-magazine de Paris Match, avec des contenus complémentaires par rapport à l'édition papier, téléchargeables pour 99 centimes d'euros. Nous avons approché Apple pour une distribution sur iTunes. La génération Internet, qui est née avec cet outil, doit comprendre que ce qui a de la valeur a un prix.

 

 

Source : Le Monde, le 06 avril 2009.


 

 


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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 10:48
L'un des projets phares de l'ICANN, l'organisation en charge de réguler les noms de domaine sur Internet, reste certainement l'ouverture des extensions aux noms génériques. Au centre de la réfléxion, les membres du conseil du GNSO (Generic Names Supporting Organisation) sont chargés de soumettre les recommendations au conseil d'administration de l'ICANN. Après avoir interrogé Pierre Berecz, PDG d'Indom, sur les différents enjeux des sociétés sur Internet, NetEco s'est entretenu avec Stéphane Van Gelder élu au conseil du GNSO de l'ICANN en octobre 2008.

NetEco : Quand aura lieu l'ouverture des extensions des noms de domaine ?

Stéphane Van Gelder : D'après les dernières informations officielles, la libéralisation devrait débuter au plus tôt en décembre 2009. Cependant, d'après Paul Twaney, directeur de l'ICANN, ce sera plutôt en février 2010.

La société Indom pour laquelle vous travaillez en tant que directeur général aux côtés de Pierre Berecz est en charge de monter le dossier de la ville de Paris. Pourriez-vous nous en parler ?

SVG : Bien sûr. La ville de Paris a choisi Indom afin de mettre en place le .paris. Nous sommes donc chargés d'établir le dossier qui sera ensuite présenté devant l'ICANN lorsqu'ils ouvriront le premier cycle des nouvelles extensions début 2010. Il y a beaucoup de projets organisés par les villes comme ceux de New York City, Séoul, Tokyo, ce sont d'ailleurs les plus populaires.

Qui pourra bénéficier d'un nom de domaine en .paris ?

SVG : Tout le monde. Ce sera particulièrement pratique pour le domaine du tourisme, pour les entreprises ou encore les services publics. Le particulier aussi pourra choisir un domaine en .paris s'il le souhaite.

Qu'en pourra-t-on en bénéficier ?

SVG : Je dirais qu'à l'heure actuelle, il faut tabler sur fin 2010. L'ouverture aura lieu en début d'année prochaine, le .paris devrait être accepté dans le courant du premier trimestre, puis nous déploierons l'infrastructure nécessaire par la suite.

L'ouverture des extensions des noms de domaine est sujette à plusieurs polémiques. Certains pointent du doigt une syntaxe déstructurée pouvant porter à confusion l'internaute habitué à URL clasique en .com ou .net. Qu'en pensez-vous ?

SVG : Je pense au contraire qu'il s'agit d'une formidable opportunité pour changer nos habitudes. Aujourd'hui, le .com ne veut plus rien dire et l'on trouve toute sorte de site avec cette extension. Nous trouvons aussi des extensions géographiques comme le .fr pour lesquelles un phénomène similaire se produit car il est de plus en plus généralisé. L'ouverture des extensions permettra de former des mots-clés naturels au sein des moteurs de recherche. Un autre point positif c'est que Google ne fait pas de différence selon le suffixe.

Beaucoup s'interrogent le coût de création d'une extension jugé bien trop élevé. N'est-ce pas un frein pour les particuliers ?

SVG : Aujourd'hui une entreprise souhaitant ouvrir une nouvelle extension devra payer 180 000 dollars. Selon l'ICANN, cet argent servira à rembourser les frais de traitement et de validation. A ces 180 000 dollars, s'ajoutera un coût annuel de 25 000 dollars. S'il est évident que des projets de type humanitaires auront du mal à investir dans une extension, il s'agit cependant d'un frein nécessaire. Sachez par ailleurs qu'une société ayant vendu plus de 50 000 domaines sur une nouvelle extension devra reverser 25 centimes à l'ICANN pour chaque domaine supplémentaire créé. L'ICANN souligne que ces frais-là sont bien réels. D'après eux, en cas de surfacturation, l'argent en trop devrait être remis dans un fond pour l'Internet.... et c'est là que ca devient un peu vague.

Parmi les autres problèmes évoqués sur la libéralisation des noms de domaines, beaucoup craignent le cyber squatting. Est-ce l'un de vos principaux soucis ?

SVG : Absolument, il faut pouvoir prendre en compte les droits de la propriété industrielle. Les marques ne devront pas avoir à se protéger du cyber-squatting en achetant leur nom sur plusieurs centaines d'extensions, ce serait aberrant. C'est véritablement l'un des points bloquants qu'il nous faut résoudre avec la sortie du programme. A ce sujet nous travaillons sur un projet de base de données qui contiendrait une liste de mots déposés. Cependant la chose n'est pas facile car un même mot peut être présent chez deux sociétés par exemple.

Aujourd'hui l'ICANN est rattaché au Département du Commerce américain. Il y a plusieurs de polémiques autour de ce sujet. La chose va-t-elle changer ?

SVG : De toute façon, pour la direction de l'ICANN, les choses sont claires : cela ne peut pas rester comme ça et l'organisation souhaite véritablement devenir indépendante. Aujourd'hui l'ICANN a clairement mérité son indépendance même si l'organisme reste très anglo-saxon. Il y a des Américains, des Anglais, des Australiens, des Néo-Zélandais... On est dans une guerre diplomatique. Cependant, l'Amérique aura du mal à garder le contrôle complet de l'ICANN.


Source : NetEco, le 19 mars 2009.


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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 15:41

Les journaux de presse écrite sont en passe de disparaître, mais pas le journalisme, selon l'auteur scientifique et éditorialiste américain Steven Johnson, qui recommande de se débarrasser complètement du support papier.

"Je suis optimiste pour l'avenir des médias d'information", a affirmé Johnson, cofondateur d'une série de sites Internet et auteur de plusieurs ouvrages de vulgarisation, qui s'exprimait hier dans le cadre du festival South by Southwest Interactive, consacré aux nouvelles technologies à Austin (Texas, sud). "Je ne suis pas optimiste concernant ce qui se passe dans le secteur de la presse écrite : c'est moche et cela va devenir encore plus moche. De grands journalistes vont perdre leur travail et des villes vont perdre leur journal", a-t-il dit.

Mais, a expliqué Johnson, les journaux papier sont comme une vieille forêt et sous ses frondaisons, les blogs, le journalisme citoyen, l'utilisation de la mini-messagerie Twitter et d'autres moyens de communiquer à l'ère d'internet sont en train de prendre racine. Ce changement de génération était prévisible, mais n'a pas été anticipé, regrette-t-il. Or, selon lui, plutôt que de maintenir l'ancien modèle sous perfusion, il vaudrait mieux en changer et les groupes du secteur des médias devraient se débarrasser complètement du papier afin de "ne pas avoir à supporter les coûts d'impression".

Patrick McGovern, président d'International Data Group (IDG), dont la majeure partie des 450 publications dans 95 pays n'existent qu'en ligne, va dans son sens. "Les éditions papier sont les médias d'hier. Si quelque chose fait l'actualité, les gens veulent le savoir aussi vite que possible", expliquait-il récemment dans une interview à l'AFP.

Pour M. McGovern, le lectorat est prêt à payer un abonnement pour des médias uniquement disponibles en ligne, s'ils offrent des informations avec un fort contenu local et communautaire.


Source : Le Figaro, le 15 mars 2009.


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