Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : COMPRENDRE LE DEFI DU NUMERIQUE
  • COMPRENDRE LE DEFI DU NUMERIQUE
  • : Ce site traite de la question des usages des TIC par les collectivités locales, mais aussi par les individus. En Afrique particulièrement, mais également dans le monde.
  • Contact

Rechercher

Archives

28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 18:13

Les collectivités locales sur la marge ? (suite).

Evolution site wb Dk 



(...)

Formes d’appropriation et d’usages


Au centre de la production scientifique sur les TIC en Afrique on retrouve le thème de l’accès, des usages et de l’appropriation qui introduit le concept polémique de « fracture numérique ». Ce constat peut être illustré à travers l'analyse de la littérature concernant le Sénégal.

 

Si la connaissance des formes d’utilisation et des processus d’appropriation des TIC par la société sénégalaise a enregistré une nette avancée, c’est pour beaucoup grâce au programme Technologie, Entreprise et Société de l’Institut de recherche des Nations Unies pour le Développement Social (UNRISD), qui avait aiguisé la curiosité de beaucoup de chercheurs, universitaires et non universitaires, pour les TIC. Ce programme avait pris en charge des volets aussi diversifiés que :

          -   l’usage des TIC dans l’enseignement supérieur et  dans le système éducatif sénégalais en général ;

         -   l’appropriation sociale de ces outils et leur utilisation par certains groupes de population (les émigrés par exemple) ;

          -   le rôle et la place des TIC dans la gestion des affaires de l’Etat et des entreprises nationales ;

         -   l’usage des TIC dans les processus électoraux nationaux et leur apport dans la construction de la bonne gouvernance et la promotion de la démocratie locale.

 

L’« état des lieux » publié en 2000 par Olivier Sagna, l’un des auteurs africains les plus prolixes dans le domaine des TIC au Sénégal, a servi de support de travail à presque tous les autres chercheurs impliqués dans ce programme initié par l’UNRISD. En effet, l’étude d’Olivier Sagna[1] faisait le point sur les enjeux de l’évolution des NTIC au Sénégal, depuis l’introduction de ces outils dans le pays au cours de la période coloniale jusqu’en 2000. Son document présentait aussi les multiples questions et champs de recherche non investis à l'époque et qui méritaient de l’être.

 

Considérées dans leur ensemble, les recherches qui ont été menées dans le cadre de ce programme abordent rarement la question des TIC dans une perspective spatiale, c’est-à-dire celle intégrant la dimension géographique des usages des technologies et leurs traductions sur l’espace. Seules deux exceptions peuvent être relevées. En effet, Cheikh Guèye[2] a étudié le cas de Touba et de la communauté mouride pour tenter de comprendre la manière dont les habitants de cette ville se sont approprié les technologies et la façon dont ils en font des instruments de conquête de nouveaux territoires pouvant servir de champ d’expansion au mouridisme[3]. Son analyse qui mêle les TIC, la religion et le territoire mouride constitue en définitive un éclairage original du rôle des TIC sur les mutations enregistrées dans l’espace urbain « toubien ». Serigne Mansour Tall[4], lui, s’est intéressé à l’utilisation des nouvelles technologies par les émigrés sénégalais. Sa recherche a fait la lumière surtout sur la façon dont les Sénégalais de l’extérieur parviennent à garder les liens avec leurs familles d’origine et sur la façon dont ces outils de communication influent en retour sur leurs relations et leurs modes de vie. 

 

En parallèle aux programmes de recherche qui permettent par moment de combler quelques lacunes de la connaissance sur l’utilisation des TIC au sein de la société sénégalaise, les travaux universitaires se font de plus en plus nombreux. Les géographes s’impliquent, mais leur engagement dans ce champ reste encore faible. En prenant en exemple le département de géographie de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, et comme échelle temporelle la période de 1995 à 2005, on constate que seuls trois mémoires ont été produits sur le thème des télécommunications, à presque dix années d’intervalle. Le premier mémoire de géographie, celui d’Eric Thiaw[5], envisageait la question du développement des infrastructures de télécommunication au Sénégal, et particulièrement de l’infrastructure de téléphonie fixe, depuis la communication par ondes décamétriques jusqu’à l’utilisation du satellite en passant par les faisceaux hertziens et les câbles sous-marins. Le second mémoire de géographie a été produit en 2004 et portait sur le thème des usages du téléphone filaire et de l’Internet dans un quartier de Dakar[6]. Enfin, le troisième mémoire de géographie traitait de la relation entre TIC et mobilité à travers l’exemple des Systèmes d’Information Populaires et du Système d’Information sur les Marchés dans l’agglomération dakaroise[7]. Ce n’est finalement qu’à partir de 2007, notamment suite à la mise en place d’un « Collectif de recherche sur les TIC » que les problématiques liées au développement de la société de l’information ont commencé à intéresser quelques étudiants du Département de géographie de l’UCAD. Concrètement en janvier 2009, trois mémoires de maîtrise ont été soutenus sur ces questions[8].

 

D’autres travaux scientifiques ont été réalisés soit par des chercheurs ou étudiants français ayant leur terrain d’étude au Sénégal ou en Afrique en général, soit par des chercheurs sénégalais ou africains de manière générale inscrits dans une université française. Par exemple, Frédéric Barbier[9], dans son mémoire de maitrise, a étudié l’expansion des télécentres à Dakar. Il a notamment décrit la genèse de ces lieux publics d’accès au téléphone, le rôle des acteurs de départ tout en détaillant le processus débuté en 1992. Son approche de type comparatif permet aussi de comprendre la nature et les enjeux des télécentres à travers trois quartiers de Dakar : Plateau, Sicap et Parcelles Assainies. Anaïs Lafite[10], s’est intéressée aux cybercafés dans le principal quartier d’affaires de Dakar : le Plateau. Son étude renseigne sur les caractéristiques de ces entreprises et de leurs promoteurs, et présente en même temps des « témoignages » recueillis auprès des usagers qui les fréquentent. Ce qui permet alors de se faire une idée sur les modalités de mise en œuvre des cybercafés par les exploitants, les modalités de la fréquentation de ces lieux, les modes d’usages mais aussi les représentations que les internautes se font de l’outil Internet. Aussi, Ansoumana Sambou[11], dans son mémoire de fin d’études en journalisme, avait présenté les résultats d’une enquête menée auprès des acteurs des télécommunications au Sénégal. Son rapport titré Les cybercafés sur les traces des télécentres est ainsi constitué de plusieurs articles traitant du monopole de la SONATEL, des opportunités d’affaires et d’emplois liées au développement de l’Internet au Sénégal, des questions de coûts et des inégalités d’accès à Internet dans ce pays, et même de sujets plus larges se rapportant à l’oxymore « village planétaire ».

 

Les réseaux et systèmes de communication des commerçants sénégalais en France ont également fait l’objet de recherches universitaires. Moda Guèye[12] a en effet entrepris une étude concernant les modes de structuration et de fonctionnement de ces réseaux sociaux. Son analyse permet non seulement de comprendre les outils de communication mobilisés par les acteurs, mais renseigne aussi sur les mutations engendrées par les TIC dans leur façon de communiquer, de s’informer, de se déplacer, de vivre.

 

D’autres thématiques ont par ailleurs été traitées. En dehors des travaux  sur les télécentres, les cybercafés, les commerçants, le secteur informel et les migrants, le mémoire de DEA de Caroline Dulau[13] a porté le questionnement sur le rôle des Organisations Non Gouvernementales (ONG) dans la pénétration d’Internet au Sénégal. La place des TIC dans la coopération a attiré l’attention de Guilaine Thébault qui a alors analysé le cas particulier de l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF)[14].

 

Le secteur de l’éducation est aussi concerné par les recherches. Mamadou L. Seck a passé au peigne fin les politiques publiques d’Internet dans les établissements d’enseignement supérieur. Il a notamment souligné que « le retrait de l’Etat et l’activisme de la Coopération et des privés explique le caractère désarticulé des projets d’introduction d’Internet, la dispersion des initiatives et le manque de synergies qui entraînent une forte dissymétrie au sein de l’université avec des structures fortement équipées et d’autres totalement dépourvues d’infrastructures »[15]. De la même façon, Ibrahima Samba a envisagé cette question dans l’enseignement secondaire[16]. Maty Diallo Dia a pour sa part analysé la situation actuelle ainsi que les perspectives de l’accès du grand public aux TIC à travers les espaces numériques déployés dans les écoles sénégalaises[17].

 

Internet est-il une solution pour le développement du monde rural sénégalais ? Ainsi se pose la question à laquelle Baba Thiam avait tenté de répondre dans son mémoire de DEA en sociologie soutenu en 2002 à l’université de Dakar[18]. Dans ce travail, l’auteur chasse l’idée selon laquelle certaines populations rurales sont isolées et vivent en communautés fermées et auto-suffisantes. Pour lui, ce n’est rien d’autre qu’un mythe, d’autant qu’avec l’expansion des TIC, le « développement est à portée de clic ».  Et pour éviter de tomber dans les travers d’une conception magique des TIC, l’auteur fonde ses analyses dans l’observation de la communauté rurale de Ngoundiane (région de Thiès au Sénégal) qu’il considère comme une « cyber-communauté ». Ce qui constitue le point d’interrogation focal de la problématique des TIC en zone rurale, c’est en réalité l’accès à l’information. Le questionnement à formuler est donc pluriel : Quels sont les moyens d’accès des populations rurales à l’information ? Comment se déroule l’appropriation des TIC en milieu rural ? Quels sont les modes d’usage de technologies dans ces zones ? Quels sont les enjeux qui en découlent du point de vue économique, social et culturel ? Un article publié conjointement par les revues NETCOM et NETSUDS apporte quelques éléments de réponse à ces questions, notamment à travers l’analyse des usages du Système d’Information sur les Marchés par les horticulteurs de la zone des Niayes[19] à Dakar[20]

 

Quelle place pour les collectivités locales ?


Le premier constat à faire suite à ce rappel du bilan (non exhaustif cependant) de la recherche sur les TIC au Sénégal est que l’essentiel des travaux scientifiques disponibles à ce jour porte sur les usages de ces outils par les individus et par quelques groupes spécifiques (commerçants, émigrés, communauté confrérique). La plupart de ces études sont l’œuvre soit de sociologues, soit de spécialistes des sciences de l’information et de la communication, ou encore de membres d’instituts d’études politiques (de Bordeaux en particulier), mais rarement de géographes. Le champ géographique privilégié est constitué par la région de Dakar, le reste du pays étant pour le moment très peu visité.

 

Le second constat se rapporte à la pénurie de documents traitant de l’utilisation des TIC par les acteurs des collectivités locales. Quelques références peuvent toutefois être utilement mises à contribution. Il s’agit notamment des travaux de :

 

     -   Mame Birame Ndiaye (2004) dont le mémoire de DESS en aménagement a porté sur le rôle de Systèmes d’Information Populaires (SIP) initiés par le Centre de ressources pour l'émergence sociale participative (CRESP) de Yoff à Dakar en tant qu’outil de participation citoyenne[21] ;

 

     -    Moustapha Mbengue (2004) qui s’est lui aussi penché sur le cas des SIP afin d’appréhender les formes d’usages qui en sont faits ainsi que leur effet potentiel sur le développement local[22] ;

 

     -    Abdoul Aziz Wane (2005) qui a passé en revue les stratégies politiques de la mairie de Dakar dans le domaine de l’Internet et suivant deux entrées très liées : « l’accès » à travers l’audit des Espaces Publics d’Accès à Internet ; « le service public et la bonne gouvernance » par l’analyse de l’apport du site web mis en œuvre par la municipalité de Dakar[23] ;  

 

     -    Mamadou Fall (2006) dont le travail d’analyse réalisé sur le site web de la commune de Saint Louis du Sénégal a été une contribution originale à la compréhension du problème de communication entre administrateurs et administrés dans les collectivités territoriales[24] ; 

 

     -    Aminata Fall (2007) qui a étudié le rôle des TIC dans le mouvement de la décentralisation et le développement des collectivités locales, et notamment les usages faits de l’outil Internet par les conseillers régionaux de Louga (Sénégal)[25] ; 

 

     -    Ibrahima Sylla (2007) dont les recherches ont fourni, dix ans après la mise en fonctionnement du premier Système d’Information Populaire (SIP) au Sénégal, des éléments critiques pour un premier état des lieux du web municipal sénégalais[26] ;


     -    Abdou Ndao (2008) qui s’est penché spécifiquement sur le SIP de Grand Yoff[27].

     -    Ibrahima Sylla qui s’est intéressé, dans sa thèse, au thème relatif au défi du numérique, à travers l’étude du cas des communes d’arrondissement de l’agglomération dakaroise au Sénégal. Cette thèse révèle que l’abondance des discours performatifs sur les potentialités des TIC ainsi que le pouvoir des prédictions créatrices de mythes autour de la société de l’information conduisent à une interrogation sur l’existence d’un défi numérique qui interpellant les acteurs territoriaux. Ainsi, après avoir précisé les débats en cours et les hypothèses en discussion concernant l’idéologie du développement réactualisée par l’avancée des TIC, le raisonnement de l’auteur s’emploie à analyser la façon dont ces discours sont appropriés par les pouvoirs publics sénégalais et la manière dont leur appropriation participe de l’adoption de politiques publiques poursuivant l’objectif de l’intégration des TIC dans l’organisation et le fonctionnement des différentes instances politiques. Le contexte politique de la décentralisation dans lequel les observations sont entreprises est fécond en enjeux, mais l’enjeu privilégié dans la recherche est celui relatif à la communication d’une part entre les acteurs de la décentralisation et d’autre part entre ces derniers et les populations concernées par les décisions politiques. L’examen de cet enjeu révèle l’existence de nombre d’impératifs pouvant motiver l’appropriation des TIC par les acteurs publics locaux. En effet, l’évolution rapide des TIC ainsi que le développement de la société de l’information créent des défis pour tous les gouvernements, dans la mesure où les TIC participent de l’évolution de tous les secteurs d’activités, y compris les processus démocratiques et le travail des pouvoirs publics. Ainsi, l’emploi de ces outils dans la gestion administrative et dans les pratiques démocratiques est susceptible de donner de nouvelles possibilités de renforcer la participation des citoyens, ainsi que la transparence et la réactivité des institutions administratives centrales et locales. En outre, la modernisation des administrations et la mise en place d’une administration électronique donnent potentiellement la possibilité aux citoyens d’obtenir des informations auprès des autorités publiques, d’accomplir des démarches en ligne, d’exprimer leurs opinions, de débattre des sujets d’intérêt public et éventuellement d’influencer les processus de prise de décisions.
Toutefois, en dépit des opportunités dont les TIC sont porteuses, leur appropriation par les acteurs des collectivités locales demeure faible. Malgré l’existence, au niveau central, d’une vision politique dite « e-Sénégal », consistant à passer du gouvernement au « e-gouvernement » et du citoyen au « e-citoyen », les collectivités locales demeurent encore loin de l’ère du numérique, et continuent à vivre dans le monde de l’« analogique ».  

 

Ibrahima SYLLA

 

 

 


[1] Olivier Sagna, 2000, Les technologies de l’information et de la communication et le développement social au Sénégal. Un état des lieux, Technologie et société, Genève, UNRISD, Document n°1, 61 pages.

[2] Cheikh Guèye, 2002, « Enjeux et rôle des NTIC dans les mutations urbaines : le cas de Touba », in Momar-Coumba Diop (dir.), Le Sénégal à l’heure de l’information : Technologie et société, Paris, Karthala, Genève, UNRISD.

[3] « Le mouridisme est un mouvement religieux né au Sénégal sous l’impulsion du marabout Cheikh Ahmadou Bamba, à la fin du XIXe siècle. L’entreprise religieuse de ce cheikh (guide spirituel) suivi par ses taalibe (disciples), le conduira à affronter les colons qui voyaient dans ce mouvement un danger pour leur pouvoir. Exilé à plusieurs reprises, en tout pour une durée de plus de dix ans, son charisme entraîna des conversions de plus en plus nombreuses ». Cf. Sophie Bava, « Entre Touba et Marseille : le mouride migrant et la société locale », in Momar Coumba Diop (dir.), La société Sénégalaise entre le local et le global, Paris, Karthala, pp. 579-594 ; et Cheikh Guèye, « Touba, enveloppe et produit d’une confrèrie en mutation », Coumba Diop (dir.), La société Sénégalaise entre le local et le global, Paris, Karthala, pp. 597-636.

[4] Serigne Mansour Tall, 2002, « Les émigrés sénégalais et les nouvelles technologies de l’information et de la communication », in Momar-Coumba Diop (dir.), Le Sénégal à l’heure de l’information : Technologie et société, Paris, Karthala, Genève, UNRISD,  pp. 223-261.

[5] Eric Thiaw, 1995, Infrastructures et services des télécommunications au Sénégal : le développement de la téléphonie, mémoire de maîtrise de géographie, Université Cheikh Anta Diop de Dakar,  82 pages.

[6] Ibrahima Sylla, 2004, Approche géographique de l’appropriation des TIC par les populations : l’exemple des télécentres et des cybercafés dans le quartier Ouagou Niayes à Dakar, mémoire de maîtrise de géographie, Université Cheikh Anta Diop de Dakar,  114 pages.

[7] Ibrahima Sylla, 2005, Technologies de l’Information et de la Communication et mobilité en zone littorale : le cas de l’agglomération urbaine de Dakar, mémoire de DEA de Géographie - Chaire UNESCO de « Gestion intégrée et développement durable des régions côtières et des petites îles », Université Cheikh Anta Diop de Dakar, 74 pages.

[8] Abdou Ndao, janvier 2009,  Diffusion de l’information par les NTIC dans l’agglomération urbaine de Dakar : l’exemple du site web municipal de Grand Yoff, mémoire de maîtrise de géographie, Université Cheikh Anta Diop de Dakar, 101 pages ; Mamadou Moustapha Fall, janvier 2009, Mode d’appropriation de l’Internet par les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop : conditions d’accès et formes d’usages, mémoire de maîtrise de géographie, Université Cheikh Anta Diop de Dakar, 97 pages ; Idrissa Ndiaye, janvier 2009, L’usage des Technologies de l’Information et de la Communication dans l’agglomération urbaine de Dakar : l’exemple du téléphone à Grand Yoff, mémoire de maîtrise de géographie, Université Cheikh Anta Diop de Dakar, 92 pages. 

[9] Frédéric Barbier, 1998, L’expansion des télécentres à Dakar, mémoire de maîtrise de géographie, Université de Bretagne occidentale, Bretagne, 131 pages.

[10] Lafitte Anais, 2001, Les cybercentres  du Plateau : enquête sur les lieux et les usages de l’Internet, Rapport de stage,  IEP, 35 pages.

[11]  Ansoumana Sambou, 2001, Nouvelles technologies de l’information et de communication. Les cybercafés sur les traces des télécentres, mémoire de fin d’études, CESTI,  Université Cheikh Anta Diop de Dakar, 48 pages.

[12] Moda Guèye, 2001, Dynamiques des réseaux et des systèmes de communications des commerçants sénégalais en France, mémoire de DEA de géographie, Université de Bordeaux 3, 151 pages. 

[13] Caroline Dulau, 2002, L’Internet au Sénégal : modes d’insertion, différents usages et réseaux de communication mis en place par les ONG Dakaroises, mémoire de DEA, Université Bordeaux 3, 100 pages.

[14] Guilaine Thébault, 2005, L’usage des TIC : ’brancher’ les universités du Sud, l’expérience de l’Agence Universitaire de la Francophonie à Dakar, mémoire de Master, Sciences po Bordeaux 3, 103 pages.

[15] Mamadou Lamine Seck, Politiques publiques et Internet dans les établissements d’enseignement supérieur au Sénégal, mémoire de DEA en Sciences de l’Information et de la Communication, Université Charles de Gaulle (Lille 3), 2003-2004, 135 pages.

[16] Ibrahima Samba, 2004, Les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) dans l’enseignement secondaire : cas du lycée Blaise Daigne et du cours privé des Parcelles Assainies, mémoire de maîtrise de sociologie, Université Cheikh Anta Diop de Dakar, 121 pages.

[17] Maty Diallo Dia, 2005, Accès du grand public aux espaces numériques scolaires au Sénégal : situation actuelle et perspectives, mémoire de DESS en Sciences de l’information et de la Communication, Université de Paris X Nanterre, 85 pages.

[18] Baba Thiam, 2002, L’Internet, une solution pour le développement du monde rural ? L’exemple de la communauté rurale de Ngoundiane dans la région de Thiès, mémoire de DEA de sociologie, Université Cheikh Anta Diop de Dakar, 50 pages.

[19] Les Niayes constituent une bande littorale étroite et fertile s’étirant de Dakar à Saint Louis du Sénégal. Elle abrite d’importantes activités maraîchères qui font d’elle la principale source d’approvisionnement du pays en produits horticoles.  

[20] Ibrahima Sylla, « TIC et accès des ruraux à l’information : l’exemple du Xam Marsé de Manobi au Sénégal », in NETCOM, vol. 22 (2008), n° 1-2 & NETSUDS, vol.3 (2008), pp. 87-108.

[21] Mame Birame Ndiaye, Le Système d’information Populaire : outil de participation citoyenne, mémoire DESS Aménagement du Territoire et Décentralisation, ATEGU, ENEA, 2004, 97 pages.

[22] Moustapha Mbengue, Contribution des usages citoyens de l’Internet à la gouvernance locale et au développement communautaire au Sénégal : Le cas des Systèmes d’Information Populaires, mémoire de DEA, Université de Paris 8 Vincennes - St Denis, 2004, 124 pages.

[23] Abdoul Aziz Wane, Mairie de Dakar : Audit des Espaces Publics d’Accès à Internet : Utilisation des TIC pour une qualité de service public et de bonne gouvernance locale, mémoire de DESS EPN « Espace Public Numérique » - Développement et Aménagement Territorial par les TIC, Université de Paris X Nanterre, 2005, 84 pages.

[24] Mamadou Fall, Les Sites web municipaux au Sénégal : une offre publique en cours de constitution : le cas de la Commune de Saint Louis, mémoire DESS Aménagement, Décentralisation, Développement Territorial, ATEGU, ENEA, 2006, 100 pages.

[25] Aminata Fall, Usages des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication et développement des collectivités locales : le cas de l’Internet dans la gestion des compétences transférées au conseil régional de Louga, mémoire de maîtrise de sociologie, Université Gaston Berger de Saint Louis, 2007, 131 pages.

[26] Ibrahima Sylla, septembre 2007 Les sites web de l’information urbaine à Dakar, Toulouse, LISST-Cieu, 135 pages. 

[27] Abdou Ndao, janvier 2009,  Diffusion de l’information par les NTIC dans l’agglomération urbaine de Dakar : l’exemple du site web municipal de Grand Yoff, mémoire de maîtrise de géographie, Université Cheikh Anta Diop de Dakar, 101 pages.  

Repost 0
Published by Ibrahima - dans Mes billets
commenter cet article
28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 17:08
Les collectivités locales sur la marge ?
Evolution site wb Dk


Retour de la géographie.

 

Loin de connaître son épilogue, la problématique des relations entre TIC et espace géographique se renouvelle avec la croissance des médias tels qu’Internet qui se joue de certaines contraintes de l’éloignement. Mais la distance n'est pas que physique, c’est aussi un « produit social ». Ainsi, si le monde se contracte, ce n’est guère de manière uniforme ni identique pour tous et les conséquences de cette contraction ne sont pas ressenties dans la même façon partout. Il y a alors encore beaucoup à dire sur les évolutions en cours. Le formidable bouleversement actuel de notre rapport au monde appelé « globalisation » ne fait qu’accroître la nécessité d’une approche géographique et revitaliser l’intérêt d’une discipline qui se penche sur les relations entre les sociétés et leurs espaces, qu’ils soient actuels ou virtuels, architecturaux ou oniriques.

 

Par fin de la géographie, faut-il donc entendre en même temps fin de la discipline elle-même ? Certainement pas. Croire à cela revient à sous-estimer l'élargissement des champs ré-explorés au fil du temps par les géographes, de l'étude des imaginaires individuels ou collectifs à celle des ségrégations spatiales en passant par la diffusion des processus d'innovation. Adhérer à cette idée revient aussi à nier l'apport de nombreux travaux de géographes dans la mise à jour d'un véritable paradoxe : la poursuite de la concentration des entreprises mais aussi des populations à proximité des métropoles malgré les possibilités de dissémination offertes par les nouvelles technologies. Selon Etienne Piguet[1], « loin de marquer la fin de la géographie, la globalisation en marque le renouveau. Les thèmes ne manquent pas, la géographie n’a pas fini son histoire ».

 

L'histoire de la géographie des TIC est relativement récente. Elle est marquée par ce qu’on pourrait appeler une « lutte académique » qui avait pour vocation, selon E. Eveno[2], de revendiquer, pour la « spécialité TIC », une place moins marginale dans la discipline géographique. Cette géographie des TIC, appelée aussi « géographie du Catoblépas»[3] par ce même auteur, connaît jusqu’aujourd’hui quelques difficultés d’épanouissement, son intégration dans le corpus particulier de la géographie humaine étant ralentie voire complexifiée par des conflits de légitimité auxquels fait face la Commission Société de l’Information depuis sa création au sein du Comité National Français de Géographie[4].

 

Les géographes qui travaillent sur la question des TIC constituent un groupe très restreint que ce soit aux Etats-Unis, en France, au Canada ou ailleurs à travers le monde. Leur répartition épouse les schémas de la distribution spatiale des foyers de l’avènement, de la percée et de l’institutionnalisation de la question de recherche sur les TIC au sein de la géographie. Par conséquent, si l’Europe, la France en particulier, figure en tête de classement des territoires d’expression de cette méta-branche de la discipline, l’Afrique ferme incontestablement la marche.

 

En Afrique, la prise en compte des télécommunications dans la recherche géographique a été très lente. Il est extrêmement rare de trouver des écrits de géographes de la période coloniale et même postcoloniale qui traitent explicitement de la problématique spatiale des techniques de télécommunication. Le bilan de la pensée et des concepts géographiques sur l'Afrique Noire dans les cahiers d'Outre-Mer dressé par Claire Maitrier[5] pour la période allant de 1947 à 1980, confirme bien la part marginale des techniques dans les préoccupations des chercheurs de cette époque. Les techniques, lorsqu’elles étaient abordées, se rapportaient presque toujours au « monde rural », et le « dualisme entre tradition et modernité » marquait alors aussitôt les esprits.

 

Selon Eric Bernard[6], il n’y a pas eu de décalage entre la constitution du champ d'étude sur les télécommunications et son application sur l’aire géographique africaine si l’on considère la revue Netcom comme indicateur pertinent de l'état de la recherche sur le sujet. En effet, le premier article traitant de la question des télécommunications et de l’aménagement du territoire en Afrique est paru juste dans le second numéro du deuxième volume de cette revue, soit seulement une année après la création de celle-ci (1987). Dans cet article de dix sept pages, Jérôme N’zébélé envisageait le cas du Congo[7]. Toutefois, le premier article de Netcom consacré spécifiquement aux réseaux informatiques en Afrique ne fut publié que douze ans plus tard, soit en 2000, par Eric Bernard. Dans ce papier, l’auteur scrutait le cas spécifique du Réseau Intertropical d'Ordinateurs, un programme soutenu par l'Orstom[8], selon deux aspects : son rôle dans la mise en place des réseaux électroniques dans certains pays d'Afrique francophone subsaharienne et le trafic électronique qu'il a permis d'assurer entre ces pays et le reste du monde[9].

 

Pour ce qui concerne le débat sur la question de l’Internet en Afrique, il faut dire qu'il est relativement récent puisqu'il date du début des années 1990. Le thème central portait alors sur la connexion physique de l’Afrique au réseau télématique mondial, plus précisément sur la nature des infrastructures télématiques installées ou à installer pour le besoin des échanges médicaux et scientifiques, ainsi que sur le coût du matériel comme obstacle majeur de la connectivité de l’Afrique[10]. Ces thèmes vont prédominer jusqu’aux années 2000 lorsque la diversité des analyses converge vers un concept transversal, celui d’« enjeux des nouvelles technologies de communication en Afrique », qui englobe les changements multisectoriels ayant les NTIC soit comme cause soit comme effet dans ce continent[11]. Par rapport à cet axe thématique précis, la géographe Annie Chéneau-Loquay a été particulièrement prolixe.

 

Enjeux de la "mondialisation paradoxale"

 

A travers une hypothèse centrale (la mondialisation paradoxale) qu’elle développe dans de nombreux articles sur les TIC, notamment Internet et le téléphone mobile en Afrique, et dans deux principaux ouvrages collectifs qu’elle a dirigés (en 2000 et 2004), Annie Chéneau-Loquay a procédé à une analyse de multiples questions se rapportant à la géographie des télécommunications dans le continent noir. Elle a notamment passé en revue, entre autres sujets, le développement des usages des TIC pour les besoins de l’échange, la place de l’Afrique dans les réseaux de communication mondiaux, les relations entre l’Etat, le droit et les réseaux techniques dans le processus de modernisation, le rôle des Etats africains face au déploiement des réseaux de télécommunications, les territoires de la téléphonie mobile en Afrique, les défis liés à l'insertion des TIC dans les économies africaines à travers l’exemple d’Internet au Sénégal, les grandes tendances des modes d’accès et d’utilisation d’Internet en Afrique, la coopération en matière de NTIC dans ce continent, la compatibilité des nouvelles technologies avec l’économie informelle en Afrique, les formes et dynamiques des accès publics à Internet en Afrique de l’Ouest, etc.

 

Toujours dans le registre des « enjeux des TIC en Afrique », quelques autres travaux peuvent utilement être inscrits. En 2002, les opportunités de développement qu’offre ou représente l’Internet pour le continent africain avaient été analysées par Jacques Bonjawo dans un ouvrage paru aux éditions Karthala[13]. Une année auparavant, François Ossama avait étudié les enjeux que soulève l’insertion des nouvelles technologies en Afrique au sud du Sahara[14].

 

Patrick J. Brunet, Oumarou Tiemtoré et Marie-Claude Vettraino-Soulard se sont intéressés, quant à eux aux enjeux éthiques d’Internet en Afrique de l’Ouest[15]. Ces auteurs sont d’abord partis du constat selon lequel le monde connaît actuellement un profond changement lié au développement du réseau mondial de l'information que représente Internet. Pensant alors que l'Afrique est participante de ce développement, quelle que soit sa vitalité ou sa position vis-à-vis du reste du monde, ils se sont interrogés ainsi : «  le développement d'Internet en Afrique se traduit-il en termes d'intégration ou d'assimilation ? ». Leur ouvrage insiste sur le fait que le risque d'assimilation est réel et montre justement en quoi, non seulement par les contenus eux-mêmes, mais par l'usage de cette technologie, Internet provoque un bouleversement dans les modes et les pratiques communicationnels des communautés africaines. Ce bouleversement touche évidemment toutes les sphères du social, mais leur recherche a spécifiquement porté sur les aspects éthiques pour lesquels elle a montré toute l'importance des enjeux.

 

Le Centre de Recherche pour le Développement International (CRDI) a également mené d’intéressantes recherches sur la question des TIC en Afrique, notamment avec leur programme ACACIA[16]. Ces recherches ont abouti à la publication de trois volumes d’ouvrages portant sur les « Technologies de l’information et de la communication pour le développement en Afrique ». Le premier volume a été dirigé par Ramata Molo Thioune. Il résulte de la synthèse de quatre études de cas menées dans les communautés choisies, études ayant concerné des zones rurales et périurbaines de l’Afrique du Sud, du Kenya, de l’Ouganda et du Sénégal. Ces études sont de nature exploratoire et descriptive, et sont centrées sur les communautés, sur leurs réactions et leurs comportements vis-à-vis d’une innovation technologique susceptible d'apporter des changements profonds dans la vie quotidienne de ces communautés allant dans le sens d’une amélioration de leurs conditions de vie. Elles cherchent aussi à faire ressortir les processus, les changements observés au sein de ces communautés, à décrire les conditions optimales de mise en œuvre des projets TIC dans des environnements pauvres[17]. Le second volume de l’ouvrage sur les « Technologies de l’information et de la communication pour le développement en Afrique » a été codirigé par Florence Ebam Etta et Sheila Parvyn-Wamahiu. Il s’agissait cette fois-ci pour les contributeurs à cet ouvrage de discuter de « l’expérience des télécentres communautaires »[18]. Enfin, le troisième volume s’intéressait à « la mise en réseau d'institutions d'apprentissage – SchoolNet »[19]. L'histoire des SchoolNet en Afrique est celle d’une tentative visant à appliquer les TIC à des milieux où les ressources sont rares en vue de promouvoir l'éducation et le développement, et ensuite réduire la fracture numérique. Ce processus s'est déroulé dans un contexte caractérisé par un scepticisme profond qui animait les acteurs du développement quant à l'opportunité de promouvoir les TIC dans une Afrique minée par la pauvreté. L'histoire des SchoolNet en Afrique est un résumé de cette expérience riche en leçons de succès et d'échecs, de difficultés et de triomphes, de beaucoup de frustrations mais aussi d'espoirs inouïs. Ce troisième volume de l’ouvrage « Technologies de l’information et de la communication pour le développement en Afrique » analyse donc toutes ces questions.

 

Il existe aussi des mémoires universitaires qui ont alimenté le débat sur les modes d’insertion et d’usages des TIC en Afrique. Audrey Lainé par exemple s’est intéressé aux réseaux de communication et aux réseaux marchands en Afrique occidentale. Son étude se focalisait surtout sur l’utilisation des moyens de communication par des communautés de commerçants guinéens et sénégalais[20]. Une étude similaire a été réalisée par Caroline Dulau dans son mémoire de maîtrise de géographie. Cet auteur envisageait effectivement les systèmes de communications, les acteurs et les réseaux du « grand commerce » à Kayes au Mali[21]. En 2002, Nicolas Péjout apportait un éclairage sur les TIC en Afrique du Sud[22]. Son étude constitue d’ailleurs un diagnostic des représentations du développement découlant de l’usage des technologies, à travers une analyse des discours politiques sur les TIC et de l’action concrète en la matière. Quant à Béatrice Traoré, elle a exposé dans une étude récente les enjeux afférents à l’usage de l’Internet dans la crise ivoirienne. Cet auteur a en effet décrit, pour la période allant de novembre 2004 à décembre 2005, la place occupée par ce média dans la bataille médiatique que se livrent les différents groupes en conflit[23].

 

 

 

Lire la suite

 

 

 

 

 

 


[1] Etienne Piguet, 2004, « La fin de la géographie ? Leçon inaugurale », op. cit.

[2] Emmanuel Eveno, 2004 (2004a), « La géographie de la société de l’information : entre abîmes et sommets », op. cit., p. 14.

[3] Le Catoblépas est une bête fabuleuse dépeinte par l’écrivain et naturaliste romain Pline l'Ancien dans son monumentale encyclopédie intitulée Histoire naturelle. Cet animal qui était censé vivre aux abords du fleuve Sénégal, en Ethiopie ou sur les flancs du Mont Olympe où il se nourrissait de végétaux, avait une curieuse disposition. Son long et faible cou était incapable de supporter sa tête très lourde. Celle-ci était donc toujours inclinée vers le sol, et c'est heureux car n'importe quel humain qui eut croisé son regard mourrait aussitôt. Dans son ouvrage La Tentation de saint Antoine (version de 1874), Gustave Flaubert parle de cet animal en ces termes : « Gras, mélancolique, farouche, je reste continuellement à sentir sous mon ventre la chaleur de la boue. Mon crâne est tellement lourd qu'il m'est impossible de le porter. Je le roule autour de moi, lentement ; et la mâchoire entr'ouverte, j'arrache avec ma langue les herbes vénéneuses arrosées de mon haleine. Une fois, je me suis dévoré les pattes sans m'en apercevoir. Personne, Antoine, n'a jamais vu mes yeux, ou ceux qui les ont vus sont morts. Si je relevais mes paupières, - mes paupières roses et gonflées, - tout de suite, tu mourrais ».

[4] L’orientation principale de cette commission est, selon Henry Bakis, de « contribuer à l’essor d’une géographie des Télécommunications et des systèmes d’information qui constituent l’un des leviers de l’aménagement du territoire (désenclaver les territoires, améliorer les performances économiques, et permettre par diverses formes de téléactivités, une connexion inédite entre le niveau global et le niveau local ».

[5] Claire Maitrier, « La pensée et les concepts géographiques sur l'Afrique Noire dans les cahiers d'Outre-Mer : 1947-1980 », in Bruneau Michel et Dory Daniel (dir.), 1989, Les enjeux de la tropicalité, Paris, Masson, pp.98-110.

[6] Eric Bernard, décembre 2003, Le déploiement des infrastructures Internet en Afrique de l’Ouest, Thèse de Doctorat en Géographie, Université Montpellier III – Paul Valéry, p. 25.

[7] Jérôme N'zébélé, « Télécommunications et aménagement au Congo », in Netcom, vol. 2, n°2, décembre 1988, p.127-143.

[8] Institut français de recherche scientifique pour le développement en coopération, devenu par la suite l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD).

[9] Eric Bernard, « Le développement des réseaux électroniques en Afrique : l'exemple du Réseau Intertropical d'Ordinateurs », in Netcom, vol. 14, n° 3-4, 2000, pp. 303-322.

[10] Raphaël Tshimbulu Ntambué, « Débat sur l’Internet en Afrique. Thématique, typologie, caractéristiques », in Armand Mattelart et Gaëtan Trembley (dir.), 2003, 2001 Bogues. Globalisme et pluralisme, Vol. 4, Communication, démocratie et globalisation, Québec, Les Presses de l’Université du Laval,  pp. 201-218.

[11] Raphaël Tshimbulu Ntambué, ibid.

[12] Se référer à la bibliographie pour les détails de ces publications.

[13] Jacques Bonjawo, 2002, Internet, une chance pour l’Afrique, Paris, Karthala, 208 pages.

[14] François Ossama, 2001, Les nouvelles technologies de l’information. Enjeux pour l’Afrique subsaharienne, Paris, L’Harmattan, Col. Etudes africaines, 192 pages. 

[15] Patrick J. Brunet, Oumarou Tiemtoré et Marie-Claude Vettraino-Soulard, Les enjeux éthiques d’Internet en Afrique de l’Ouest : vers un modèle éthiques d’intégration, CRDI/L'Harmattan/Les Presses de l'Université Laval, 2002, 170 pages.

[16] Ce programme a été lancé en 1997. Ses objectifs étaient multiples mais il s’agissait principalement d’améliorer la compréhension et la connaissance des incidences des TIC sur la réduction de la pauvreté et le développement humain en Afrique ; de renforcer les capacités des pays africains de formuler et mettre en place des politiques nationales qui reconnaissent un accès équitable aux TIC et à l’information favorisant le développement socioéconomique ; de contribuer à la recherche propice au développement et à l’adoption de technologies abordables et fonctionnelles en Afrique ; de venir en aide à la recherche qui enrichit le contenu africain offert au travers des TIC ; et de tirer des enseignements de la recherche et de l’expérimentation communautaire de ce projet en veillant à diffuser ces connaissances au plus grand nombre. Cf. http://www.idrc.ca/acacia/

[17] Ramata Molo Thioune (dir.), Technologies de l’information et de la communication pour le développement en Afrique. Volume 1 : Potentialités et défis pour le développement communautaire, Ottawa, CRDI ; Dakar, CODESRIA, 2003, 220 pages.

[18] Florence Etta et Sheila Parvyn-Wamahiu (dir.), Technologies de l’information et de la communication pour le développement en Afrique. Volume 2 : L’expérience des télécentres communautaires, Ottawa, CRDI ; Dakar, CODESRIA, 2005, 201 pages.

[19] « Les SchoolNet sont des organisations essentiellement nationales chargées de la promotion de l'enseignement et de l'apprentissage par le biais des TIC. L'idée est née au Canada et en Europe où les premiers SchoolNet on vu le jour dans les années 80 et 90. Au centre du processus des SchoolNet, se trouve une transformation révolutionnaire dans la manière dont se déroulent l'enseignement et l'apprentissage. Depuis le début des années 90, l'initiative SchoolNet a pris racine en Afrique pour ensuite essaimer sur l'ensemble du continent. Ce phénomène a débuté sous forme de nœuds d'accès des communautés aux TIC, généralement initiés et catalysés par des organismes tels que le CRDI par le biais de son programme Acacia, et la World Links for Development Program de la Banque mondiale. Aujourd'hui, bon nombre de ces projets ont dépassé le cadre de simple points d'accès communautaires aux TIC et représentent des débuts timides d'une révolution éducationnelle au niveau des établissements scolaires ». Cf. Tina James (dir.), Technologies de l’information et de la communication pour le développement en Afrique. Volume 3 : La mise en réseau d'institutions d'apprentissage – SchoolNet, Ottawa, CRDI ; Dakar, CODESRIA, septembre 2005, 306 pages.

[20] Audrey Lainé, 1999, Réseaux de communications et réseaux marchands en Afrique de l’ouest : Premier éléments sur l’accès et les usages des NTIC dans le domaine du commerce en Guinée et au Sénégal, mémoire de DEA en Sciences Po, Université de Bordeaux 4, 124 pages.

[21] Caroline Dulau, 2001, Systèmes de communications, acteurs et réseaux du grand commerce à Kayes au Mali, mémoire de maîtrise de géographie, Université de Pau et des Pays de l’Adour, 134 pages.

[22] Nicolas Péjout, 2002, Les N-TT-IC en Afrique du Sud : outils et représentations du développement, mémoire de DEA « Recherches Comparatives sur le Développement, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, 226 pages.

[23] Béatrice Traoré, 2006, La crise ivoirienne sur la toile : les stratégies communicationnelles des parties en présence de novembre 2004 à décembre 2005, mémoire de master, IEP Bordeaux 3, 67 pages.

Repost 0
Published by Ibrahima - dans Mes billets
commenter cet article
1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 12:42
Dans un entretien publié dans L'Observateur du vendredi 27 Mar 2009, le nouveau maire de la ville de Dakar, Khalifa Sall, en essayant de tirer quelques leçons de la gestion du pouvoir par son parti, avant l'alternance politique survenue en 2000, affirmait ceci : « Nous avons compris qu'on ne peut pas travailler pour les populations sans travailler avec elles et sans être parmi elles. On a encore appris qu'il faut de la transparence en tout. C'est pourquoi, nous avons décidé d'instaurer un débat d'orientation budgétaire citoyen pour arrêter les grandes lignes du budget. Et puisque le budget sera sur Internet, tout le monde pourra voir ce qui se fait. Pour le compte administratif, on va instituer des séances de compte rendu aux populations qui décideront ». Dans sa livraison du mardi 28 avril 2009, L'Observation semble confirmer cette intention du maire de Dakar de faire de l'Internet une bonne carte de transparence de sa gestion des affaires publiques : « Internet moo xew ! La mairie de Ndakaaru va mettre sur la toile tous les documents de gestion qui peuvent intéresser les citoyens. Khalifa Sall qui est emmuré dans un silence (a-t-il peur les foudres de Gorgui ?) ne veut rien confirmer. Mais nos satellites sont formels, un projet est en train d'être ficelé dans ce sens. Par exemple, il sera possible de télécharger tout le budget de 2009 de la Ville de Dakar. De même que les « bons » documents de passation de service entre lui et Pape Diop. Succulent ! De là à dire que Khalifa Sall veut faire dans la transparence... Comment oserait-il piquer un sou de la mairie pendant que Highlander Wade surveille, sabre en main ? » peut-on lire dans ce journal.

L'intérêt que suscite en nous cet engagement du maire de Dakar en faveur des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC), de Internet singulièrement, se décline par rapport à une problématique située à la confluence de deux mouvements particulièrement significatifs de l'évolution de la société sénégalaise : d'une part, la décentralisation, à laquelle les autorités publiques accordent un intérêt patent et, d'autre part, la communication, mot intense et dense recouvrant de multiples aspects, tant techniques que politiques, mais aussi symbole de la société contemporaine dite « de communication » ou « de l'information », avec toutes ses virtualités positives et ses risques. Rapprocher les deux termes « décentralisation » et « communication », est en soi un exercice dont on peut assez rapidement se convaincre de l'actualité, de l'acuité, mais aussi de la sagacité. Les acteurs du processus de décentralisation ont réellement besoin de communication, surtout au moment où leurs actions sont rarement encensées, mais souvent conspuées dans la rue, lieu d'expression de certains corporatismes qui leur intentent un procès en diabolisation. La communication leur offre donc l'occasion d'améliorer le dialogue entre eux, et avec les populations à la base. Il y beaucoup plus à gagner d'une multitude d'initiatives concertées que de décisions indiscutées prises par un cénacle de techniciens ou d'experts, fussent-ils des plus éclairés. Il en va de l'intérêt général.


La décentralisation impose l'efficience de la gestion locale, or gouverner à l'ère de l'information comme cela était de mise il y a plus de vingt ans auparavant semble bien difficile sinon impossible. En effet, des sociétés démocratiques, riches, urbaines, éduquées, en contact constant avec l'extérieur ne peuvent pas être gouvernées de la même manière que des sociétés traditionnelles. Ces sociétés dites « sophistiquées » appellent des modes de gouvernement et d'administration plus souples, plus égalitaires, régis par le dialogue, la négociation et le compromis. Qui plus est, même en étant opposé à toute idée de déterminisme technologique, il est important de reconnaître l'existence de maintes contraintes qui empêchent de produire de l'intérêt collectif comme de par le passé.


Les contraintes budgétaires et matérielles, le manque d'information, l'inefficacité et les lenteurs administratives s'imposent au quotidien dans les collectivités locales sénégalaises, et les citoyens sont là pour le rappeler aux élus. Et puis, même si ces contraintes venaient à se desserrer, ce qui semble peu probable vu l'état actuel dans lequel les collectivités sénégalaises se trouvent, il ne serait pas insensé de penser que les évolutions démographiques rendraient de toute façon difficile le recrutement de personnel qualifié à même de répondre à tous les besoins des citoyens. Nécessité est donc définie d'intégrer les technologies qui offrent d'intéressantes opportunités pour prendre en charge certains aspects de la problématique de la communication territoriale.


Un premier enjeu se rattache à la modernisation de l'administration ou à de nombreux concepts synonymes, tels que « e-gouvernement », ou « e-administration » que l'on peut définir comme l'application des technologies numériques pour transformer et moderniser le fonctionnement de l'administration en vue d'améliorer son efficacité et sa performance, ainsi que la qualité des services rendus. En partant du postulat qu'un gouvernement doit avant tout orienter la société sur la voie de la réalisation de l'intérêt public, nous pouvons penser que la modernisation de l'Administration publique doit constituer un objectif majeur pour tous les Etats.


Le débat concernant la modernisation de l'Etat grâce aux opportunités offertes par les TIC prend de plus en plus en d'ampleur dans le monde. Internet, en particulier, est porteur d'énormes espoirs pour un accès rapide aux différents sites publics et privés, et pour un échange simplifié d'informations entre les diverses composantes de la société. Toutefois, il faut bien croire que contrairement à ce qu'expriment généralement les rapports publics (notamment des organismes internationaux et de certains pays comme la France), il n'existe pas d'un côté une administration « électronique » et de l'autre une administration « traditionnelle ». Il s'agit d'une seule Administration, qui mue progressivement, évoluant des modes de fonctionnement traditionnels (documents et procédures papier) vers des modes électroniques (documents et procédures numérisés circulant sur des réseaux accessibles aux guichets, par téléphone et sur Internet). D'ailleurs, il existe nombre d'ouvrages et de rapports qui ont défini théoriquement l'administration électronique, de sorte qu'aujourd'hui la question n'est plus « qu'est-ce que la « e-administration ? » (si ce n'est pour en définir le périmètre et les différents types d'usagers) mais « pourquoi la « e-administration ? ».


L'adoption des technologies numériques au sein de l'administration peut être à l'origine de profondes évolutions, pas seulement dans ses relations avec les citoyens mais aussi dans sa propre organisation. Les TIC peuvent potentiellement renforcer les stratégies de décloisonnement des relations avec les usagers du service public, favoriser l'organisation des réseaux administratifs internes, tout en dégageant des gains de productivité. En termes plus détaillés, en dépassant l'approche sectorielle, une administration traditionnellement cloisonnée gagne à privilégier  une vision transversale dans ses relations avec les citoyens. La mise en ligne de certaines informations essentielles détenues par les services de l'Etat participe à alimenter de nouveaux espaces de débats et de réflexions. De même, la dématérialisation systématique des procédures administratives facilite la vie du citoyen en lui permettant de réduire les déplacements physiques et l'attente devant les guichets de délivrance des documents administratifs. Sur le plan interne, l'organisation en réseau qu'autorisent les TIC peut être mise à contribution pour accélérer les processus de décision et « réinventer » les usages traditionnels, favoriser une évolution rapide des tâches administratives en supprimant les plus répétitives et les moins valorisantes, et enfin renforcer l'autonomie des agents tout en bonifiant leur performance. Par rapport au gain de productivité, l'adoption des TIC doit permettre une meilleure optimisation des dépenses et accroître le rendement des services publics.


Avec le développement croissant des TIC, la réforme de l'Etat est devenue une ambition cruciale dans beaucoup de pays à travers le monde. Que ce soit en Europe, en Amérique, en Afrique ou ailleurs, la « e-administration », ou administration électronique, se perçoit de plus en plus comme un moyen fort pour instaurer sinon revitaliser la confiance du citoyen dans la conduite des affaires publiques. Toutefois, bien que la « e- administration » soit porteuse de multiples opportunités, il n'en demeure pas moins que sa mise en œuvre représente un défi de taille, notamment sur le plan technologique, sur le plan stratégique et sur le plan des usages et de leur finalité.


Par rapport au premier défi, l'approche consiste à observer un état de la technologie et à réfléchir à ce que chacune peut apporter. De ce point de vue, le questionnement formulé se rapporte instamment à la technologie appropriée à chaque contexte et à la manière dont il faut s'y prendre pour porter efficacement en ligne une grande variété de textes administratifs, pour favoriser le travail collaboratif, et pour répondre promptement aux demandes du citoyen.


Par rapport au défi stratégique, il est important de favoriser le changement social, mais aussi le changement dans les relations qu'entretient l'Etat avec ses différents partenaires, parmi lesquels les entreprises, les organisations de la société civile. La mise en place d'une administration électronique ne peut être pensée dans une perspective de contrôle de l'argent du contribuable ou en termes d'économie par la suppression de postes de travail. Elle exige d'être bâtie sur une stratégie cohérente, tenant en respect l'environnement régulateur du pays et prenant en compte les prédispositions des utilisateurs finaux à s'approprier les services proposés.


Enfin, le troisième défi paraît des plus féconds, pour au moins deux raisons essentielles. La première raison est qu'il doit partir du bout le plus sensible de la chaîne, en l'occurrence le consommateur des services. L'enjeu à ce niveau est bien entendu de se mettre à l'abri du risque que celui-ci ne veuille pas de l'application mise en œuvre ou de la technologie choisie, ou qu'il estime tout simplement que la mise à disposition en ligne d'un service ne lui procure pas d'éléments différenciateurs par rapport à la prestation de ce même service de façon traditionnelle. La seconde raison concerne la mesure sinon l'appréciation générale de la finalité du projet de « e-administration ». Sous ce rapport, le contexte économique, social, politique et culturel de mise en place de l'administration électronique joue un rôle déterminant et participe de la discrimination des approches. 


La majorité des initiatives qui ont mises en œuvre dans les villes sénégalaises dans une perspective d'administration électronique ont piétiné du fait de l'absence d'une stratégie cohérente et inclusive, prenant en considération toutes les spécificités des contextes d'expérimentation. Qu'il s'agisse du projet des Systèmes d'Information Populaires (SIP) lancé par le Centre de ressources pour l'émergence sociale participative (CRESP) de Yoff en 1997, ou qu'il s'agisse d'autres actions « autonomes » comme celles tentées par la mairie de Dakar elle-même en 2000, ou par les Communes d'arrondissement de Gorée en 2002 et de Grand Dakar en 2008, le dénominateur commun à l'action publique est la faiblesse de la stratégie du projet. Or, en prenant l'Internet, ou les TIC en général, pour un remède miracle aux problèmes de gouvernance et de gestion administrative, comme une baguette abracadabrante ou tout encore comme un artefact monolithique n'ayant aucune prise avec les réalités locales, dès le départ le projet d'administration électronique court un risque : celui de paraître comme un investissement improductif.



Ibrahima.

 

 

 

 

 



Repost 0
Published by Ibrahima - dans Mes billets
commenter cet article
21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 21:07

[...]


Xam Marsé, une convergence de technologies aux multiples usages

 

Manobi exploite à la fois les technologies et les services de la plate-forme Mobile et Internet multimodale - WAP[1], Internet fixe et mobile, SMS[2], etc. - susceptibles de s'intégrer dans n'importe quel réseau mobile. Grâce à cette solution, chaque utilisateur dispose de la possibilité d'accéder en mode sécurisé à son bureau virtuel personnel afin de bénéficier de services d'information (sur les marchés et les produits), de communication (e-mails et news), de commercialisation et d'approvisionnement (places de marché, catalogues de produits, achats en ligne) et d'assistance métier (suivi des cultures)[3].


Manobi a développé plusieurs services tels que la Géolocalisation[4], le système de sécurité en mer utilisant le GPS/GSM et l'Internet pour les pêcheurs, le service météo via le mobile pour les pêcheurs-artisans[5], et le Xam Marsé pour les agriculteurs.


Figure 4 : Vue partielle de l'interface de Manobi et de la fiche d'inscription au SIM




 

 

 

 

Xam Marsé est une passerelle qui permet d'accéder à la base de données de Manobi, à travers une plate-forme déployée dans le réseau mobile de la Société nationale de télécommunications (Sonatel)[6]. Cette plate-forme contient des données que le producteur abonné au système peut utiliser, quel que soit son degré de mobilité ou d'isolement, avec le terminal de son choix ou en tout cas le mieux adapté à sa bourse[7].


La base de données du système est alimentée par des équipes d'enquêteurs qui suivent en temps réel sept places de marché "fruits et légumes" et trois places de marché "poissons". Ils prélèvent quotidiennement les prix des produits au détail, en gros ou demi-gros, selon leurs caractéristiques, leur variété, leur origine et leur conditionnement[8]. Les informations ainsi collectées intéressent une soixantaine de produits (fruits, légumes et produits halieutiques confondus) observés dans plus d'une dizaine de marchés de Dakar (Castor, Dalifort, Sandiniéry, Thiaroye, Tilène, etc.), de Kayar, de Kaolack, de Touba et d'ailleurs à l'extérieur du pays. Les informations prennent également en compte les variations temporelles des prix de chaque produit considéré.


Xam Marsé est l'un des services de Manobi qui a le plus de succès auprès de la clientèle de cette société. Sa particularité réside sur deux facteurs principaux : le premier est qu'il utilise toutes les fonctionnalités de la plate-forme mises en service par Manobi, ce qui permet aux producteurs et aux intermédiaires d'y accéder et de l'exploiter de la manière qu'ils souhaitent. Le second est relatif au fait que l'offre de services est transparente pour les usagers. En d'autres termes, ces derniers ne sont pas contraints à supporter les coûts de l'utilisation. En effet, Manobi ne facture pas directement ses abonnés, mais se rémunère plutôt à partir du trafic généré auprès de l'opérateur (la Sonatel). Cette stratégie marketing confère une certaine gratuité aux services du SIM et soumet par conséquent le système à une grande convoitise de la part des producteurs.


L'abonnement au service se fait directement via Internet, dans le site même de la société Manobi. Il suffit pour cela de remplir le formulaire d'inscription en ligne, où le futur client est invité à fournir aux gestionnaires du système des renseignements relatifs, entre autres, à sa profession, sa domiciliation, son numéro de téléphone, la marque et le numéro de la série de son téléphone portable, le nom de l'opérateur téléphonique auprès de qui il est abonné.


Pour garantir la gratuité de l'accès aux services que propose Xam Marsé à ses abonnés, dont les revenus sont souvent modestes, Manobi a misé sur le partenariat. A ce titre, les responsables du système précisent que l'idée est de faire financer les coûts de transmission des messages par le sponsoring. Cela permet d'assurer la durabilité de l'offre de service ainsi que son modèle de gratuité pour les producteurs. Le Crédit Agricole Sénégalais, la Sonatel et la Coopération Suisse ont été les premiers à soutenir l'initiative[9].


Xam Marsé, un outil d'information pour améliorer les revenus des producteurs

 

Le maraîcher qui ne dispose pas d'électricité et encore moins du téléphone peut penser ne pas être concerné par les innovations technologiques et continuer alors à produire et à vendre de manière classique. Il risque alors d'être menacé par un autre maraîcher qui exploite dans les mêmes conditions que lui mais qui a accès à l'Internet, au téléphone, ou à une toute autre technologie d'information et de communication. Ce dernier a plus de possibilités de disposer plus facilement des informations pouvant lui permettre d'acheter des intrants de meilleure qualité et au meilleur prix et de vendre au bon moment, au bon endroit et à un prix beaucoup plus intéressant[10].


Xam Marsé apporte de l'information professionnelle à ses utilisateurs. Pour le directeur général de société Manobi[11], l'accès à l'information est un droit. De ce fait, l'information de base sur les prix, les arrivages et la demande des produits frais doit être fournie à tous les producteurs, les ruraux en particulier, de façon à renforcer leur capacité à identifier et saisir les opportunités du marché, améliorer leurs revenus, choisir leurs voies de développement et, par conséquent, prendre en charge les services plus élaborés qu'ils estiment nécessaires d'avoir pour accélérer leur développement économique et social.


Selon les producteurs utilisateurs de Xam Marsé, l'un des grands avantages du SIM réside dans le fait qu'ils ne soient plus obligés de quitter leurs champs et leurs villages pour aller vérifier les prix sur les marchés. Le temps économisé est ainsi mis à profit pour améliorer leurs rendements et la qualité de leurs productions, et partant, rehausser leur niveau de revenus. Grâce au système d'information sur les fruits et légumes de Manobi, les agriculteurs des Niayes, par exemple, améliorent de plus de 50% par an leur prix de vente négociés directement dans les champs ou sur les marchés. Au total, sur les 7 000 ha de terres mises en exploitation dans les Niayes, le développement des usages de ce SIM sur mobile ramènerait plus de 10 milliards de FCFA, soit plus de 15 millions d'euro annuellement pour les bénéficiaires désormais plus enclins à prendre en charge les rênes de leur propre développement économique et social[12].



Usage du SIM par un producteur à

Keur Ndiaye Lô

Source : www.manobi.sn

 

"Tous les matins, avant de faire le tour de son exploitation de Keur Ndiaye Lô (à environ 30 kilomètres de Dakar), Mamadou Lamine Sané utilise son téléphone portable. Pas pour passer un coup de fil, mais pour se connecter à Internet. Grâce aux services multimédias professionnels développés par la société Manobi, l'agriculteur de 47 ans se renseigne quotidiennement sur l'offre et la demande des marchés locaux, consulte les prix auxquels ses produits (choux, oignons et tomates) doivent être vendus ou reçoit un courrier électronique.

Mamadou utilise cette technologie depuis deux ans et demi. « Lorsqu'un technicien de Manobi est venu me voir pour me proposer ce service, j'étais confronté à un vrai problème de gestion, se souvient-il. J'étais obligé de me rendre sur les marchés tous les jours pour vendre mes choux et mes oignons au bon prix tandis que ma femme s'occupait des tomates. Grâce à Manobi, je suis tranquille : je sais à quel prix vendre et je peux arpenter mes dix hectares et gérer mes huit employés. Et en deux ans et demi, ma production annuelle est passée de 270 à 310 tonnes, tous légumes confondus »".



Xam Marsé permet de rompre l'isolement et le manque d'information : le producteur abonné à ce service reçoit tous les jours, via le Net ou sur son téléphone portable, un mail le mettant au courant de la valeur marchande de chaque produit sur les différents marchés de la capitale et de quelques villes de l'intérieur. Mieux informé sur la situation des marchés, il dispose de la possibilité d'optimiser ses déplacements par un choix plus judicieux du lieu de commercialisation le plus approprié, géographiquement et financièrement parlant. Interrogés sur l'utilité de Xam Marsé, les producteurs des Niayes tiennent pratiquement tous le même discours. Ils valorisent ses avantages, vantent ses bienfaits sur l'amélioration de leurs revenus, apprécient le gain de temps qui leur est désormais permis.



Usage du SIM par un producteur à Sébikotane

Source : enquêtes personnelles, octobre 2005


"(...) J'ai une production diversifiée. Je cultive des oignons, des choux et de la tomate. J'y ajoute quelquefois de la carotte et du piment... J'écoule ma production sur différents marchés mais je vais souvent vendre à Dakar où c'est souvent plus rentable parce que plus cher. Quand je ne peux pas m'y rendre, je vais à Thiès ou à Mbour. Parfois aussi, je livre tout simplement mes produits aux bana-bana qui viennent jusque dans nos champs...

C'est un ami producteur qui m'a parlé de Manobi. Il m'a expliqué que ce sont des gens instruits et très forts qui sont à Dakar. Il m'a aussi fait comprendre qu'ils pouvaient m'aider, comme ils le font avec lui, à mieux choisir la destination de mes produits, à gérer ma production et à gagner plus d'argent. Il m'a par la suite mis en contact avec les gens de Manobi qui venaient le voir de temps en temps. Quand je les ai rencontrés, ils m'ont expliqué les modalités d'usage et j'ai tout de suite pensé à me procurer ceci [et il nous montre un téléphone portable de marque Nokia 3310 dont l'habillage est assez délabré]. Vous voyez ce téléphone ? Je l'ai payé moi-même à 28 500 francs et je ne le regrette pas du tout. Chaque matin, les gens de Dakar m'envoient un message pour me dire les prix auxquels les légumes que je produis peuvent être vendus sur beaucoup de marchés. Si ces prix m'intéressent, je me rends directement à Dakar, sinon je vais voir les hôteliers de Mbour ou je vends les légumes aux bana-bana".


 

S'il y en a qui doutent encore de l'utilité de l'Internet, surtout lorsqu'il s'applique aux pays sous-développés, les producteurs horticoles sénégalais, qui ont expérimenté sur leurs téléphones portables un service d'observatoire de prix des marchés de Dakar, n'en font certainement pas partie[13]. Grâce au SIM de Manobi, ils parviennent à renforcer leur capacité à identifier la demande des marchés, à concorder  leur offre et à saisir les opportunités qui en résultent et cela, en minimisant les déplacements coûteux ou inutiles. Mais ce ne sont pas seulement les producteurs qui bénéficient du service fourni. Les commerçants et les intermédiaires se l'approprient aussi afin d'être mieux informés sur la situation des marchés, d'optimiser leurs déplacements et de choisir efficacement leurs lieux de vente.


Selon le directeur général de Manobi, le potentiel d'utilisateurs des services de sa société varie entre 4000 et 5000 abonnés, agriculteurs, pêcheurs et intermédiaires confondus.


CONCLUSION


Xam Marsé ou Système d'Information sur les Marchés semble avoir initié l'utilisation du téléphone mobile comme outil d'information et d'interaction des producteurs dans leur filière de production et de commercialisation. Des producteurs, des pêcheurs, des commerçants des collectivités rurales, mais aussi de sociétés sénégalaises ont découvert un moyen de rompre leur isolement, leur manque d'information et leur faible compétitivité, grâce au téléphone et aux services répondant à leurs besoins respectifs. Ce qui était auparavant une simple innovation technologique est donc en phase de devenir un vecteur du "e-business". Grâce à la diversité et à la simplicité de son système qui combine des technologies faciles d'utilisation et une iconographie accessible même aux analphabètes, Manobi Sénégal jouit d'une bonne réputation auprès des producteurs sénégalais. Dès le démarrage de ses activités, beaucoup d'organisations professionnelles ont manifesté le désir de bénéficier de ses services. C'est le cas, par exemple, de Fenagie-Pêche, une structure regroupant plus de 45 000 pêcheurs, mareyeurs et femmes transformatrices de poisson. Manobi est ainsi l'une des toutes premières sociétés en Afrique à s'adresser au marché des ruraux en leur fournissant notamment des services-métiers à travers le réseau mobile et l'Internet.


L'Internet et la téléphonie mobile offrent sans doute la possibilité de se connecter à des réseaux de communication et d'information jusque là difficilement accessibles. Pour cette raison, elles se retrouvent aujourd'hui au centre d'importantes mutations économiques et sociales qu'elles influencent et définissent en même temps. D'aucuns voient d'ailleurs en ces technologies, et principalement en la téléphonie mobile, le moyen de faire profiter les zones rurales de l'instantanéité des mouvements communicants consécutive à la révolution numérique. En d'autres termes, ces technologies se présentent comme des outils pouvant aider à sortir ces zones de leur retard, et de les intégrer davantage aux espaces auxquels elles appartiennent.


Le marché rural constitue un important gisement de profit pour le secteur de la téléphonie mobile plus simple et plus rapide à déployer que la téléphonie filaire mais qui, en dépit de la croissance exponentielle du secteur des télécoms, demeure généralement absent sinon négligé du parc de clients des opérateurs téléphoniques. Sous ce rapport, Manobi semble avoir innové dans ce secteur et ce, pour deux raisons principales fortement liées. Premièrement, parce que cette société s'active dans la lutte contre la fracture numérique dans des endroits où ce phénomène a le plus d'ampleur. Deuxièmement, parce que le déploiement de ses services participe de l'identification de « nouvelles » zones d'activités qui, en bénéficiant d'une meilleure couverture des réseaux de télécommunication, pourraient constituer des pôles économiques importants pour le développement du pays. La question qui  se pose maintenant est de savoir si l'opérateur de téléphonie mobile avec lequel Manobi collabore, en l'occurrence la Sonatel, prendra en compte tous les critères retenus ainsi que les éléments d'appréciation qui lui sont définis pour mieux guider son plan de déploiement des infrastructures TIC vers les zones qui en ont besoin, et beaucoup plus que d'autres : les zones rurales.



REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

 

Ba Abdoul, 2003, Internet, cyberespace et usages en Afrique, Paris, L'Harmattan, 281 pages.

Bailly Antoine S, 1995, « Introduction au débat : perspectives en géographie de l'information et de la communication », in  Sciences de la Société, Territoire, société et communication, Presses Universitaires du Mirail Toulouse, n° 35, mai 1995, pp. 15-19.

Breton Philippe, 2000, Le culte de l'Internet : une menace pour le lien social ?, Paris, La Découverte, 125 pages.  

Castells Manuel, 2001, « Les incidences sociales des technologies de l'information et de la communication », in Les sciences sociales dans le monde, Paris, Editions UNESCO/ Editions de la Maison des sciences de l'homme, pp. 270-280.

Chéneau-Loquay Annie, 2004, « Formes et dynamiques des accès publics à Internet en Afrique de l'Ouest : vers une mondialisation paradoxale ? », in Annie Chéneau-Loquay (dir.), Mondialisation et technologies de la communication en Afrique, Paris, Karthala et MSHA, pp. 171- 207.

Chéneau-Loquay Annie, 2004, « Introduction : Technologies de la communication, mondialisation, développement », in Annie Chéneau-Loquay (dir.), Mondialisation et technologies de la communication en Afrique, Paris, Karthala et MSHA, pp. 11-22.

Coly Alain Just, 2003, « Utilisation des nouvelles technologies dans l'agriculture : Manobi-Sénégal s'installe après une période concluante », in Le Soleil, vendredi 10 janvier 2003, Article disponible à l'adresse suivante : http://www.osiris.sn/article407.html

Daffé Gaye et Dansokho Mamadou, 2002,  « Les nouvelles technologies de l'information et de la communication : défis et opportunités pour l'économie sénégalaise », in Momar-Coumba Diop (dir.), Le Sénégal à l'heure de l'information : Technologie et Société, Paris, Karthala, Genève, UNRISD,  pp. 45-96.

Dertouzos Michael, 2000, Demain : comment les nouvelles technologies vont changer notre vie, Paris, Nouveaux Horizons, Calmann-Lévy, 341 pages. 

Dieng Mbaye et Sylla Ibrahima, mars 2006, Les TIC dans l'espace économique ouest africain. Quelles stratégies pour une meilleure coordination des synergies ?, Dakar, Enda Diapol.

Direction de la Prévision et de la Statistique, juillet 2004, (Ministère de l'Economie, des Finances et du Plan, République du Sénégal), Rapport de synthèse de l'Enquête Sénégalaise Auprès des Ménages (ESAM II), Dakar, 262 p.

Dupuy Gabriel, 2007, La fracture numérique, Paris, Ellipses, 158 pages.

Guèye Cheikh, 2002, « Enjeux et rôle des NTIC dans les mutations urbaines : le cas de Touba», in Momar-Coumba Diop (dir.), Le Sénégal à l'heure de l'information : Technologie et Société, Paris, Karthala, Genève, UNRISD,  pp. 169-222.

Samba Guèye, août 2001, Internet et téléphonie mobile pour un nouveau système d'accès des ruraux au prix des produits, Proposition au CRDI, Dakar, Fenagie Pêche.

Iyok Ibrahim Jacques, 2003, « Entretien avec Daniel Annerose », le DG de Manobi. Echos Informatique et Communication, n° 13, mars, pp. 6-7.

Lancrey Gilles, 2006, « A la rencontre des technologies », in Les dossiers de l'Intelligent : 2006, année numérique. Jeune Afrique / L'Intelligent, n° 2351 du 29 janvier au 4 février, pp. 48-49.

Lancry Camille, 2004, « Systèmes et réseaux de communication dans une région de passage : Sikasso au Mali », in Annie Chéneau-Loquay (dir.), Mondialisation et technologies de la communication en Afrique, Paris, Karthala et MSHA, pp. 122-144.

Méadel Cécile, 1995, « La radio et ses territoires », in Sciences de la Société, Territoire, société et communication, Presses Universitaires du Mirail Toulouse, n° 35, mai,  pp. 113-122.

Miquel Christian, Mythologies modernes et micro-informatique : la puce et son dompteur, Paris, L'Harmattan, 1991, 156 pages 

Moati Philippe (dir.), Nouvelles technologies et modes de vie : aliénation ou hypermodernité ?, éditions de l'Aube, 2005, 284 pages 

Ndiaye Abdoulaye, 2000, « Les enjeux de la nouvelle économie », in Sud Quotidien, lundi 11 décembre 2000. Article disponible à l'adresse suivante : http://www.osiris.sn/article171.html

Paye Moussa, 2002, « Les nouvelles technologies et le processus démocratique », in Momar-Coumba Diop (dir.), Le Sénégal à l'heure de l'information : Technologie et Société, Paris, Karthala, Genève, UNRISD,  pp. 263-294.

PNUD, 2003, Rapport mondial sur le développement humain 2003, New York, PNUD.

Rousseau Philippe, 2003, « Bienvenue dans l'ère nomade ! », in Les dossiers de l'Intelligent, Nouvelles technologies : le monde à portée de main. Jeune Afrique l'Intelligent n° 2223, 26 oct. - 1er nov., pp. 50-53.

Sagna Olivier, 2000, Les technologies de l'information et de la communication et le développement social au Sénégal. Un état des lieux, Technologie et société, Genève, UNRISD, Document n°1, 61 pages.   

Sagna Olivier, 2004,  Rapport national sur le niveau d'e-préparation. Situation et potentiel de développement du commerce électronique au Sénégal, Dakar, CNUCED / OMC, 63 p.

Sagna Olivier, 2006, « Le Sénégal en marche vers la société de l'information (1996-2006) ». [Intervention aux Rencontres africaines d'eAtlas francophone de la Société de l'Information, Dakar, 26-28 avril 2006, 21 p].

Sonatel, 26 février 2007, Rapport Annuel 2005, Dakar. Rapport disponible à l'adresse suivante : ttp://www.sonatel.sn/documents/Rapport_SONATEL_2006_fr.pdf

Sylla Ibrhima et Mohamadou Abdoul, 2004, « Les télécentres et cybercafés : territorialisation et accès aux TIC dans le quartier Ouagou Niayes à Dakar », [communication de Enda Diapol, Séminaire « TIC et Développement territorial », Université Gaston Berger de Saint Louis, 22-23 novembre 2004.

Sylla Ibrahima, 2005, Technologies de l'information et de la communication et mobilité en zone littorale : le cas de l'agglomération urbaine de Dakar, Mémoire de DEA de Géographie, Université Cheikh Anta Diop de Dakar, 73 p.

Tall Serigne Mansour, 2002, « Les émigrés sénégalais et les nouvelles technologies de l'information et de la communication », in Momar-Coumba Diop (dir.), Le Sénégal à l'heure de l'information : Technologie et Société, Paris, Karthala, Genève, UNRISD,  pp. 223-261.

Thiombane Mandiaye, 2005, « Trois questions à Daniel Annerose, DG Manobi », in Nouvel Horizon, lundi 23 mai. Article disponible à l'adresse suivante : http://www.osiris.sn/article1804.html

Thioune Ramata et Sène Khamate, 2001, Etude panafricaine : Technologie de l'information et de la communication et développement communautaire. Leçons apprises des projets ACACIA : cas du Sénégal, Dakar, CRDI, 113 pages.


WEBOGRAPHIE


Http://www.artp-senegal.org

Http://www.journaldunet.com

Http://www.manobi.sn

Http://www.osiris.sn

Http://www.sonatel.sn




[1] WAP est l'abréviation de Wireless Application Protocol (protocole d'application sans fil), le standard international de communication sans fil dont la principale application concerne la consultation de sites Internet "allégés" depuis un téléphone mobile. Le fait que la première version du WAP ait été un échec dans beaucoup de pays européens dont la France confère une importance particulière aux applications mises en œuvre par Manobi. En effet, le WAP est un des principaux modes de communication utilisés par Manobi pour fournir des services et développer de nouveaux usages avec le téléphone mobile.

[2] Short Message Service ou Service de messages courts. Il s'agit de petits messages écrits qui s'affichent sur les écrans de téléphone mobile GSM. On les appelle également Texto en France.

[3] Http//:www.manobi.sn

[4] Il s'agit d'un système de positionnement cartographique en temps réel des camions des sociétés de transport par exemple, des forces de vente, des véhicules d'urgence et de sécurité, des personnels de maintenance... Ce système allie le réseau satellitaire de positionnement GPS aux outils classiques dont le mobile et Internet. La SDE (Sénégalaise Des Eaux) a été la première société sénégalaise à s'approprier cette technologie de pointe pour répondre aux besoins de gestion des dysfonctionnements sur son réseau. Ce qui lui a permis de réaliser des performances, des gains de productivité avec une réduction notoire du temps de réaction pour les dépannages qui est passé de 90 minutes en moyenne à 34 minutes.

[5] Grâce à leurs portables, ces derniers reçoivent l'information météorologique en temps réel et peuvent lancer un SOS depuis le large.

[6] Manobi travaille en partenariat avec la Sonatel et Alcatel. La première met à sa disposition les infrastructures de son réseau fixe et mobile, la seconde contribue à la fourniture de terminaux et de solutions GSM-fixe pour les zones non encore connectées.

[7] Ibrahima Jacques Iyok, « Entretien avec Daniel Annerose, le DG de Manobi », in Echos Informatique et Communication, n° 13, mars 2003.

[8] Samba Guèye, 2001, op. cit.

[9] OSIRIS, « Manobi lance au Sénégal un service SMS gratuit », article en ligne à l'adresse suivante :: http://www.osiris.sn/article1791.html

[10] Abdoulaye Ndiaye, 2000, op. cit. 

[11] Dans un entretien que Ibrahim Jacques Iyok du mensuel d'information Echos Informatique & Communication a réalisé avec lui en mars 2003 (n°13).

[12] Mandiaye Thiombane, « Trois questions à Daniel Annerose DG Manobi », in Nouvel Horizon, lundi 23 mai 2005. Article en ligne à l'adresse http://www.osiris.sn/article1804.html

[13] Alain Just Coly, « Utilisation des nouvelles technologies dans l'agriculture : Manobi-Sénégal s'installe après une période concluante », in Le Soleil, vendredi 10 janvier 2003. Article en ligne à l'adresse http://www.osiris.sn/article407.html



Repost 0
Published by Ibrahima - dans Mes billets
commenter cet article
21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 20:38

INTRODUCTION


Ce texte découle d'une recherche menée au cours de l'année 2005, dans le cadre d'un mémoire de DEA qui s'intéressait alors aux relations entre l'utilisation des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) et le degré de mobilité des populations au sein de la capitale sénégalaise. Dans le présent article, il est question d'analyser les enjeux de l'accès aux TIC dans un milieu généralement laissé-pour-compte par les schémas de distribution des infrastructures et des services de toutes sortes au Sénégal : le milieu rural. L'exemple présenté est celui du Système d'Information sur les  Marchés (SIM) communément appelé Xam Marsé[1], et qui a été développé par la société Manobi Sénégal. Le raisonnement s'organise autour de trois axes majeurs. Il s'agit dans un premier temps d'envisager les enjeux nés de l'émergence, grâce au TIC, d'une nouvelle économie au sein de laquelle l'information occupe une place primordiale ; en second lieu, d'étudier la distribution spatiale des infrastructures TIC de laquelle dépend fortement le niveau d'accès des populations du pays aux technologies ; et, enfin, de présenter les innovations introduites par Manobi dans le domaine de l'appropriation professionnelle des TIC, notamment en mettant à la disposition des producteurs agricoles un système d'information sur les marchés.


L'EMERGENCE DES TIC, POINT DE DEPART D'UNE NOUVELLE ECONOMIE DONT L'INFORMATION EST LE CAPITAL

 

Les TIC sont créditées d'un pouvoir transformateur des modes de vie et de production[2]. Comme l'a souligné la géographe Annie Chéneau-Loquay[3], ces technologies sont en général parées de toutes les vertus. Sésames pour le marché et le « grand bon en avant », outils de libération individuelle, elles sont censées en elles-mêmes accroître la qualité de la vie, stimuler la participation politique, promouvoir la cohésion sociale et l'égalité dans toutes les régions du monde. Dans le contexte des pays en développement,  beaucoup d'espoirs sont fondés sur le rôle que pourraient jouer les TIC dans la recherche de solution au problème de la pauvreté. L'avènement de ces outils d'information et de communication dans ces pays, tout comme dans d'autres d'ailleurs, s'est accompagné de beaucoup de changements perceptibles tant sur le plan politique (le processus de démocratisation par exemple) que sur le plan économique (les télécommunications comme moteur de croissance) et social (facteurs d'amélioration des conditions de vie).


Victimes de leur succès, les TIC font aujourd'hui l'objet de multiples débats autour de leur contribution au développement économique et social. Elles se retrouvent aussi au centre d'importantes discussions concernant les enjeux de pouvoir qui serait solidement lié à la détention de l'information, nouveau capital de la nouvelle économie, que les technologies permettent de diffuser plus largement. Selon A. Ndiaye[4], cette nouvelle économie est caractérisée par de nouveaux paradigmes : grâce aux TIC, l'information se démocratise, la mondialisation touche toutes les sociétés, le pouvoir se déplace vers les utilisateurs finaux, la localisation physique devient une délocalisation virtuelle. De nouveaux enjeux de développement sont donc créés pour les pays en développement.


Les TIC, des outils de diffusion et de partage de l'information

 

En moins d'une génération, le recueil, le traitement et la transmission de l'information ont été bouleversés sous les effets combinés des satellites de télécommunication, de la numérisation et de la miniaturisation, ainsi que par l'extension des réseaux électroniques. Le développement des systèmes d'information et la diversification des modes de communication s'effectuent à un rythme élevé, entrainant des changements profonds et poussant les uns et les autres  à parler de « révolution de l'information ». Si cette expression a pu faire fortune au point d'être employée aujourd'hui presque partout, c'est certainement grâce à la mutation de civilisation qu'elle désigne et qui est d'une ampleur plus grande que celle qu'ont obtenue, chacune en son temps, la révolution agraire et la révolution industrielle au début du XIXe siècle.  


La révolution de l'information présente de surcroît l'avantage, sinon la particularité, d'induire le changement à un rythme beaucoup plus accentué que toutes les autres révolutions qui ont marqué l'histoire du monde. Jamais une période n'a connu en un laps de temps si limité une évolution similaire à celle intervenue à la fin du XXe siècle. En effet, tandis que la machine à vapeur a mis près de cinq cents ans pour se diffuser à travers le monde, l'Internet qui est apparu au cours des années 1970 n'a même pas eu besoin d'un demi-siècle pour gagner tous les continents et beaucoup de pays tant riches que pauvres. La machine à vapeur, ou la révolution industrielle en général, avait entraîné une explosion urbaine et une expansion des réseaux de communication entre les localités éloignées ou séparées, attribuant alors aux centres urbains et aux grandes métropoles le rôle de locomotive dans la construction des économies nationales. Une transformation de même importance, mais amplifiée du fait de sa vitesse de propagation, est en phase avec l'avènement de la « Société de l'Information ». Il s'agit d'une société dont les Technologies de l'Information et de la Communication   constituent à la fois le support et le moteur ; une société caractérisée par l'émergence d'espace de flux et du « temps intemporel »[5], comme cadre des pratiques sociales des individus et des communautés.


La transformation des instruments technologiques de la génération du savoir, du traitement de l'information et de la communication a des effets sociaux et spatiaux capitaux. En effet, avec ces instruments, un nouvel élan s'est emparé des communautés et des individus. Les échanges ont été médiatisés par des outils de plus en plus complexes, capables de transcender les distances et de répandre les échos jusque dans les zones géographiques les plus retranchées sinon les plus difficiles d'accès. Avec ces nouveaux instruments de communication, même la communication naturelle est prise dans le mouvement. Tous les outils que l'homme a utilisés pendant des siècles, à savoir la voix, la mimique et autres sont dorénavant susceptibles de faire l'objet d'apprentissages finalisés. Conséquence de toutes ces évolutions, le poids de l'espace s'amenuise et l'information circule à un débit élevé. 


L'information consiste en un message susceptible de permettre des actions. Elle fait aujourd'hui l'objet de puissants enjeux stratégiques et devient instrument de pouvoir. Elle constitue un puissant facteur de transformation des sociétés humaines[6]. D'aucuns la considérèrent d'ailleurs comme un intrant du développement économique et social dont la maîtrise est essentielle. C'est le cas de Noah Samara, fondateur du réseau de télécommunications par satellite, WorldSpace, qui pense que l'information est à la base de la richesse ou de la pauvreté de toute nation développée ou en retard : « si vous regardez ce qu'il y a derrière la prospérité des nations, vous trouverez l'information ; derrière la pauvreté des nations, vous trouverez l'absence d'information. Si l'on veut un développement durable, une société civile saine et une véritable production intellectuelle, l'information est véritablement ce qui est nécessaire à tous les besoins ».


La diffusion de l'information, c'est-à-dire le processus d'expansion du message dans le temps et dans l'espace, pour être opérationnelle, a toujours obéi à une série de facteurs tels que l'effet de voisinage, la bonne accessibilité, les codes communs, les réseaux de diffusion, le temps de la propagation[7]. Avec les TIC, les contraintes de la communication se desserrent progressivement, de nouvelles perspectives de relations transfrontalières se dessinent, et la portée-limite qu'évoquaient d'antan les spécialistes de la communication tend à être illimitée.


Le développement des technologies semble aller de pair avec la démocratisation de l'accès à l'information. D'ailleurs, le fait de parler de révolution fait référence à l'accroissement de la possibilité offerte aux populations d'accéder à l'information en même temps que n'importe qui dans le monde et surtout de pouvoir communiquer avec d'autres sans grande difficulté. Cette décentralisation de l'information revêt toute son importance dans un contexte où l'information qui parvenait dans un pays ou dans une contrée donnée était triée, filtrée et contrôlée avant d'être diffusée par une chaîne d'intermédiaires[8] qui, une fois intéressés, ne laissaient passer que le message qu'ils avaient envie de vulgariser. L'affranchissement de l'information de cette chaîne d'intermédiaires constitue de ce fait le soubassement d'une nouvelle économie où l'information est la marchandise à plus haute valeur ajoutée.


L'appropriation des TIC, un enjeu de développement pour les pays du Sud


Beaucoup d'espoirs reposent sur l'usage et l'appropriation des TIC, ces dispositifs dont on vante souvent la faculté à juguler la pauvreté et à rattraper le retard économique des pays en voie de développement. Ainsi, bien qu'elles soient considérées comme des outils porteurs de modèles culturels et de savoirs produits au Nord[9], les Technologies de l'Information et de la Communication s'intègrent de façon progressive, mais à des degrés variables, dans les divers aspects de la vie des individus et des communautés. Ces instruments de communication ont réussi à pénétrer, et parfois avec une rapidité remarquable, dans les différents territoires, les différents pays du Sud.


L'Afrique, dont l'insertion au réseau électronique global serait le passage obligé de sa participation au processus de mondialisation en cours, demeure le continent le moins bien équipé en réseaux d'infrastructures de télécommunication. En 2001, il existait selon le rapport de développement humain du PNUD plus d'ordinateurs dans la seule ville de New York que dans l'ensemble du continent africain. En 2003, un autre rapport du même organisme faisait remarquer que l'Afrique qui représentait 9,7% de la population mondiale n'abritait que 0,1% des internautes alors que les Etats-Unis qui ne comptaient que 4,7% de la population mondiale concentraient plus du quart des internautes de la planète (26,3%)[10]. Plus récemment, les statistiques publiées en 2006 par le Journal du Net concernant le nombre d'internautes dans le monde révèlent la part marginale du continent africain. Cf. tableau n°1.  


Tableau 1 : Population internaute et taux de pénétration d'Internet dans le monde en 2006


Zones

Nombre d'internautes

Taux de pénétration d'Internet

Afrique

23.649.000

2,6 %

Asie

80.400.713

10,4 %

Europe

294.101.844

36,4 %

Moyen-Orient

18.203.500

9,6 %

Amérique du Nord

227.470.713

68,6 %

Amérique du Sud / Caraïbes

79.962.809

14,7 %

Australie / Océanie

17.872.707

52 %

Total

1.043.104.886

16 %

    Source : InternetWorldStats, 2006.[11]


Aussi, au  sein du continent africain, les disparités en matière d'équipements font légion entre les différents pays et à l'intérieur de ces derniers. Dans beaucoup d'Etats africains, le principal facteur de blocage du développement de la société de l'information réside dans la faiblesse des infrastructures de télécommunication qui empêche par conséquent l'épanouissement des applications et des services[12]. Malgré une forte demande, on note jusqu'à présent un sévère déficit d'infrastructure et leur inégale distribution spatiale. A cela s'ajoutent la faiblesse des gouvernements, la pauvreté et l'analphabétisme des populations, les inégalités socio-économiques croissantes, etc. qui sont autant de facteurs qui amincissent les chances des communautés à accéder aux technologies et celles des Etats à jouer leur partition dans cette mondialisation portée par les technologies. Ces facteurs limitatifs sus cités sont par ailleurs autant d'éléments de critique qui, d'une part, donnent sens à l'expression "fracture numérique[13]" et d'autre part, éprouvent l'idée que les TIC constituent pour l'Afrique un moyen pour combler, et en un temps record, son retard en matière de développement économique et social.


La question de l'accès aux ressources technologiques demeure ainsi d'une importance cruciale dans le continent. Elle définit les modalités de l'usage de ces outils qui, aujourd'hui, cristallise le débat autour de la contribution opportune des TIC au développement. Mais les situations nationales demeurent particulièrement différenciées.


Le Sénégal se singularise en matière de technologies au sein de l'espace ouest africain auquel il appartient. Il est, en effet, l'un des rares pays du continent noir à avoir mis en route, dès son accession à la souveraineté nationale, une économie de prestation de services reposant fortement sur les télécommunications. Aujourd'hui, il est particulièrement bien connecté aux réseaux de télécommunications internationaux via des liaisons satellitaires, des câbles sous-marins et des faisceaux hertziens. Les télécommunications ont fini de se positionner au sein du dispositif économique sénégalais, avec une contribution non négligeable dans le PIB (environ 7,3% en fin décembre 2005[14]) et une participation importante à la création d'emplois et de richesses. Les technologies se déclinent dans ce pays comme  un moteur de croissance économique et le rythme de développement des télécentres et cybercafés qui sont les principaux lieux publics d'accès aux TIC à travers le territoire national en témoigne éloquemment. Beaucoup d'études et d'analyses menées sur ces questions à travers le continent en général et le Sénégal[15] en particulier ont révélé que ces types d'activités sont d'un apport considérable dans la construction des économies nationales[16]. De ce fait, bien que sur le plan international le débat sur le lien entre l'appropriation, l'utilisation des TIC et le développement soit parfois marqué de scepticisme, le rôle de ces outils dans le développement national fait l'objet de consensus qui va s'élargissant. La grande question reste maintenant de savoir si l'émancipation technologique du pays profite à toutes les zones géographiques nationales ou si elle fait, à l'opposé, la promotion de certaines zones au détriment d'autres. Cette question reste d'autant plus pertinente qu'au Sénégal comme dans tous les autres pays en développement, l'appropriation des TIC et l'expansion des usages restent subordonnées à des facteurs tels que le niveau des revenus des populations, leur degré d'instruction, l'accessibilité physique et technique des infrastructures, etc. qui en font souvent des objets de luxe réservés à une petite élite[17]. Le niveau d'accès demeure de ce fait limité au regard de la géographie des infrastructures et les inégalités persistent entre les classes sociales, les sexes, les générations, entre les centres et les périphéries, mais surtout entre les zones urbaines et les zones rurales.


LOCALISATION ET ACCES AUX TIC AU SENEGAL : DES ZONES RURALES DEFAVORISEES


En dépit de sa forte demande en dispositifs d'information et de communication, le monde rural sénégalais demeure encore très peu servi en infrastructures de télécommunication. Les avancées significatives enregistrées ces dernières années dans le domaine des télécommunications dans ce pays n'ont guère permis de redresser la situation. De fait, le problème de l'accès  aux TIC dans ces zones reste toujours d'actualité.


Besoins et supports de communication en milieu rural : la question des technologies adaptées


Le besoin de s'informer et celui de communiquer à distance existent partout, tant en zone urbaine qu'en milieu rural, bien qu'ils fassent appel à des outils différents selon les lieux[18]. Toutefois, à l'examen de la configuration de ces deux ensembles géographiques humanisés et au regard des niveaux de développement des populations qui y vivent, on se convainc sans difficulté du fait que les besoins d'information et de communication sont beaucoup moins accrus dans les villes que dans les campagnes où en plus de la pauvreté économique la population doit faire face à des conditions climatiques parfois défavorables à un bon rendement, mais surtout à l'analphabétisme, véritable handicap au développement affectant près de 60% de la population nationale. Les populations à faibles revenus ont besoin d'un accès à moindre coût aux informations qui leur sont utiles, voire vitales, comme les prix de vente des biens qu'elles produisent, leurs droits civiques, l'accès aux soins de santé, à l'éducation, à la formation, ainsi qu'aux qualifications susceptibles d'améliorer leur sort. Les TIC pourraient leur faciliter cet accès.


Les analyses les plus diversifiées ont révélé que les TIC, une fois mises à la disposition des groupes démunis, ouvrent d'intéressantes perspectives de communication et accroissent l'accès, la disponibilité et l'impact des informations et des connaissances au profit du développement. A condition, bien entendu, que les dispositifs TIC déployés, ou plutôt à déployer, soient adaptées aux contextes particulièrement différents d'un milieu à l'autre, et que les contenus véhiculés, sinon à véhiculer, concordent avec les  besoins spécifiques à chaque zone et chaque groupe d'individus. La question de la technologie adaptée reste de ce fait cruciale.


Dans les campagnes sénégalaises, la radio a constitué pendant longtemps le médium au travers duquel l'information était diffusée. La radio est une « ancienne TIC », mais elle semble depuis quelques années renaître de ses cendres en raison des profondes mutations dont elle est le vecteur. Si la radio a connu un succès certain auprès de la population sénégalaise, c'est d'une part en grande partie grâce à la civilisation de l'oralité (la tradition orale) qui a presque tout le temps prévalu en Afrique en général et au Sénégal singulièrement, et d'autre part à cause de l'analphabétisme qui affecte une masse importante de la population nationale. En effet, la radio n'est pas un dispositif isolé. Pour se diffuser, il lui faut des dispositifs d'écoute mais aussi les moyens de les nourrir et de les faire connaître. Il lui faut surtout la capacité de nouer un dialogue avec ceux à qui elle parle. Elle a enfin besoin d'un langage commun d'intérêts et de passions[19]. Conçue pour surmonter l'isolement, pour effacer les distances et pour unir les individus dispersés et solitaires, la radio est une technologie qui s'inscrit dans la continuité de l'espace et apporte le monde à domicile. Elle abolit non seulement l'espace mais aussi le temps : celui qui est loin est ici et en même temps ; et l'on n'a plus besoin de se déplacer pour avoir le monde à sa portée. La coupure « traditionnelle »  avec l'extérieur est alors plus ou moins atténuée.


La radio s'est développée selon une logique locale et autour de groupe d'acteurs politiques et culturels. Elle est d'abord citadine mais sa vocation universelle est avérée. Elle unifie le territoire national, tisse le lien social, apporte les éléments de la modernité à la campagne, sans pour autant corrompre, comme le ferait une télévision par exemple, sa pure âme villageoise[20]. Il existe aujourd'hui plus d'une vingtaine de radios qui émettent en ondes moyennes et en modulation de fréquence dans tout le pays. Beaucoup de ces chaînes de radios utilisent les TIC notamment le téléphone mobile  et l'Internet pour mieux se diffuser et étendre leur auditoire. Moussa Paye[21][22]. montre d'ailleurs avec clarté la manière dont l'utilisation combinée du téléphone portable et de la radio a joué un rôle décisif lors des échéances électorales de février-mars 2000, notamment en facilitant le travail des journalistes, et en permettant aux populations de suivre en direct, à travers les ondes, les opérations de dépouillement. Ce qui a largement contribué à discipliner le personnel politique, à éviter les fraudes électorales, à renforcer le sentiment du caractère transparent des élections et donc à promouvoir la démocratie dans le pays. Certaines stations de radios sont diffusées sur le satellite WorldSpace. C'est le cas de Walf FM, de RSI (Radio Sénégal International) et de Lamp Fall FM (radio communautaire émettant depuis Dakar). La présence des chaînes de radio sur l'Internet est aussi un fait digne de considération puisque la toile leur garantit ex-territorialité et trans-nationalisation. Cinq stations de radio sont en ligne : RTS (Radiodiffusion Télévision Sénégalaise), Sud FM, Walf FM, RFM (Radio Futurs Médias) et Dunyaa FM


Depuis quelques années, la radio semble concurrencée par deux autres médias tout aussi performants sinon plus puissants : le téléphone mobile et l'Internet, deux technologies sur lesquelles se fondent beaucoup de promesses pour combler le déficit en lignes fixes dans les campagnes. En effet, aujourd'hui, le téléphone mobile sert à diverses fonctions. Il rend des services pratiques, personnalisés et localisés. Il permet par exemple de communiquer, de s'informer sur divers thèmes comme le cours des denrées agricoles sur les marchés. Le téléphone mobile a créé un nouvel enjeu économique et stratégique du nomadisme.[23]

De toutes les technologies, le téléphone mobile est celle qui a connu le développement le plus spectaculaire au Sénégal. En effet, le réseau GSM[24] a eu un succès immédiat dès son lancement en 1996. Il représente aujourd'hui un des maillons essentiels du secteur national des télécommunications, avec un nombre d'abonnés sans cesse croissant.


Tableau 2 : Evolution du parc total des abonnés mobiles au Sénégal entre 2000 et 2006


PERIODES

Déc. 2000

Déc. 2001

Déc. 2002

Déc. 2003

Déc.

2004

Déc.

2005

Déc.

 2006

 

Nombre d'abonnés

Sonatel Mobiles

195 508

301 795

455 645

575 917

781 430

1 050 192

2 086 914

Sentel

55 887

88 841

97 804

206 506

339 884

679 914

895 709

TOTAL

251 395

390 636

553 449

782 423

1 121 314

1 730 106

2 982 623

 Source : Données ARTP et Sonatel.


En décembre 2001, c'est-à-dire en moins de sept ans d'existence, le réseau cellulaire national comptait près de 400 000 abonnés, soit une densité une fois et demi supérieure à celle du téléphone fixe[25]. En décembre 2004, le parc de téléphones mobiles dépassait le million d'abonnés, soit une télédensité - nombre de lignes téléphoniques pour 100 habitants - d'environ 11%. Entre 1999 et 2004, le taux moyen de croissance annuel a été en valeur relative de près de 70%. A la fin de l'année 2006, le nombre d'abonnés avait déjà presque atteint les trois millions, élevant alors le taux de pénétration du mobile au Sénégal à environ 30%.


Figure-1.jpg


A l'image de l'augmentation du nombre d'abonnés, le taux de pénétration du mobile a cru de façon rapide. En six ans, il a été multiplié par dix, passant de 2,60% en décembre 2000 à 28,19% en fin d'année 2006. Qui plus est, ce chiffre aurait atteint 31,38% au 31 juin 2007 selon les statistiques de l'observatoire trimestriel de l'ARTP[26]. Cette évolution reflète les résultats d'une part des actions commerciales réalisées et, d'autre part des efforts consentis par les opérateurs mobiles en matière de déploiement de réseaux, aussi bien sur les axes routiers que dans les zones rurales.


Le développement fulgurant de la téléphonie mobile est à la fois vecteur de beaucoup d'évolutions dans le paysage des télécoms au Sénégal et porteur de multiples enjeux sous plusieurs rapports. En effet, tandis que le contexte des télécoms est marqué par une sévère concurrence entre les deux opérateurs de téléphonie mobile (Sonatel Mobiles et Sentel, devenus respectivement Orange et Tigo) et l'annonce de la venue prochaine[27] d'un troisième opérateur que les sénégalais attendent toujours[28], l'usage du téléphone mobile a fini d'être un phénomène populaire, un phénomène de fond. Cette technologie qui se retrouve aujourd'hui aussi bien en zone urbaine qu'en milieu rural présente un accès assez démocratique, à la limite égalitaire. Elle n'est d'ailleurs plus réservée uniquement aux couches de populations aisées des milieux urbains et/ou nantis.


La téléphonie mobile concurrence désormais la téléphonie fixe au lieu de lui être simplement complémentaire. Son usage revêt souvent plusieurs formes mais fait néanmoins l'objet d'unanimité quant à l'amélioration des conditions de vie relationnelle et économique qu'elle permet. En effet, beaucoup de nouveaux métiers ont été créés concomitamment avec la croissance du mobile. C'est l'exemple du télécentre GSM, de la distribution des produits mobiles et de cartes prépayées, de la réparation d'appareils mobiles et la vente d'accessoires téléphoniques, etc.


La perception de la fonction du téléphone mobile est très différente selon les groupes d'âge, le genre, l'occupation professionnelle des usagers, les zones de résidence. Ainsi, si d'aucuns le considèrent comme un instrument de prestige social (ce qui tend maintenant à disparaître), pour d'autres, c'est un outil de travail très utile. Mais dans un cas comme dans l'autre, l'importance de l'objet est reconnue. Ceci justifie le fait que cet instrument de communication se retrouve aujourd'hui un peu partout, aussi bien dans les endroits où sa présence peut paraître anodine que dans ceux où son utilisation serait incongrue. C'est dire que le téléphone mobile est entré dans le quotidien de la population, qui ne semble plus être en mesure de s'en passer.


Dans le contexte des pays en voie de développement comme le Sénégal, la technologie mobile semble être un moyen efficace d'intégration des  campagnes généralement retranchées et/ou défavorisées dans le partage des infrastructures de base utiles à la vie des populations. Dans une étude consacrée à l'utilisation des TIC par les émigrés sénégalais, Serigne Mansour Tall[29] a montré la fonction, ou du moins une des multiples facettes de l'importance du téléphone mobile en campagne sénégalaise. Comme le révèle le texte qui suit, on peut justement estimer que le téléphone mobile permet l'existence et le développement d'un tissu économique et social ailleurs que dans les zones urbaines.



"Alizé Khady Diagne": le lien ombilical entre Gade Kébé  et le reste du monde

 

Source : S. M. Tall, 2002.


Khady Diagne est une épouse d'émigré âgée de 30 ans environ, habitant le village de Gade Kébé, dans la région de Louga. Son village de près de 150 habitants, distant de deux kilomètres de Kébémer (chef lieu de département), n'est pas desservi par le téléphone filaire. Pour communiquer avec son épouse, son mari, émigré en Italie, lui a laissé l'appareil de téléphone portable qu'il utilisait lors de ses dernières vacances. Son appareil est le seul lien matériel entre le village et l'extérieur. Outil individuel, le téléphone portable de Khady Diagne est connu dans le village par le nom commercial de la Sonatel, ''Alizé Khady Diagne''. Tous les habitants de ce village se sont appropriés ce seul instrument de communication entre le village et l'extérieur. ''Alizé Khady Diagne'' remplit, entre autres fonctions, celles :


  • de point de réception d'appels domestiques pour tous les villageois. Le numéro de Khady Diagne fonctionne en effet comme un numéro communautaire. Souvent, elle donne l'appareil à un enfant qui se charge de le remettre au correspondant en ligne ;
  •  d'instrument de diffusion de l'information sur les cérémonies familiales. Les informations concernant des personnes habitant dans le village (cérémonies familiales, avis de décès, réunions administratives) sont communiquées à Khady Diagne, qui se charge de joindre les destinataires ;
  • de point de contact des jeunes filles du village qui travaillent comme domestiques dans la ville proche et ont besoin de communiquer avec leurs employeurs ;
  • de relais des commerçants «banas banas » qui ont besoin d'être joints par leurs clients et correspondants ou de connaître l'état des marchés. 

 

Internet connaît un succès similaire quant à son appropriation au sein de la société sénégalaise. Ce succès lui vaut même d'être qualifié de « nouveau territoire » qui, après les milieux ruraux, les zones urbaines et les espaces internationaux, devra être exploré et marqué par les idéologies et les pratiques des individus et des groupes[30].


Depuis 1996, année officielle de la connexion du Sénégal au réseau des réseaux, le débit de la bande passante - un indicateur pertinent de la qualité du service Internet - n'a cessé de croître.


Figure-2.jpg



De 42 Mégabits par seconde (Mbps) en 2000, le débit est passé à 90 Mbps en novembre 2002, à 310 en décembre 2003 puis à 512 Mbps en novembre 2004, avant de doubler un moins de deux ans plus tard. En septembre 2006, cette mesure a atteint 1,24 gigabits par seconde, offrant alors au Sénégal une bonne position à l'échelle ouest-africaine avec le réseau Internet le plus performant du continent, juste derrière la République d'Afrique du Sud[31].

Il existe un engouement public pour Internet au Sénégal. Les fournisseurs d'accès foisonnent, les lieux d'accès pullulent faisant croître de jour en jour le nombre d'internautes.


Figure-3.jpg


Le développement de l'Internet découle d'un ensemble de facteurs positifs. Il s'agit notamment de la diversification et de l'innovation dans les offres, de la forte présence des cybercafés dans tout le pays, du développement de la couverture de l'ADSL (l'Internet haut débit) et de la baisse des frais d'accès et des tarifs d'abonnement. Le succès de cette technologie et son entrée dans les mœurs de la population sénégalaise peut aussi être relié à une de ses applications aux multiples usages, en l'occurrence le courrier électronique ou e-mail, prisé des internautes du fait de sa simplicité, sa rapidité et sa puissance de transmission des messages[32].


Toutefois, en dépit de l'importance relative du parc d'abonnés au réseau Internet, le taux de pénétration de ce service reste encore relativement très faible au Sénégal (0,20%). Aussi, en raison de la subordination du développement du réseau Internet au déploiement du réseau électrique, et d'une certaine manière du réseau téléphonique filaire national, l'expansion des services Internet risque d'être confrontée à quelques difficultés. Par conséquent, le monde rural risque d'être laissé-pour-compte.


Le monde rural sénégalais, une grande clientèle condamnée à la traîne quant à l'appropriation et l'accès aux TIC


Au Sénégal, plus de 51% de la population vit dans les campagnes et dépend directement ou indirectement des performances du secteur primaire. Les deux tiers de la population pratiquent l'agriculture ou l'élevage. Les terres arables représentent 27% de la superficie nationale mais elles pâtissent de la monoculture de l'arachide, principale production du pays, et s'épuisent alors quand elles ne sont pas tout simplement victimes de la désertification due aux sécheresses répétitives qui affectent le Sahel depuis les années 1970.


Autant les acteurs du monde rural sont demandeurs d'équipements et de services à même d'améliorer leurs conditions d'existence, autant l'implantation des infrastructures sur le territoire national s'organise en leur défaveur, les centres urbains étant toujours mieux servis que toutes les autres zones du pays. L'existence, à l'ère de l'information, de disparités socioéconomiques et spatiales ou d'une quelconque tendance à leur accentuation n'est donc pas nécessairement en rapport avec l'inégal accès aux TIC. Au contraire, les inégalités relevées dans la dotation des différentes zones en infrastructures TIC ne font que renforcer les écarts enregistrés déjà dans l'implantation d'équipements de base.


Selon Camille Lancry[33], le processus de modernisation d'un pays par la construction de nouveaux réseaux de télécommunications fonctionne dans le cas où les technologies nouvelles s'insèrent dans un territoire déjà construit, maillé et équipé d'infrastructures de communication matérielles. Au moment où les technologies s'implantent en Afrique, les pays se caractérisent par des inégalités spatiales importantes avec certains espaces en réseaux et d'autres totalement dépourvus. L'accès reste ainsi le problème majeur concernant les TIC en Afrique, ce qui renforce l'idée que la fracture numérique est avant tout géographique. Elle se retrouve à toutes les échelles et se superpose aux disparités préexistantes. En fait, il n'existe pas un monde virtuel qui soit sans commune mesure et indépendant du monde physique et social. Il existe plutôt un continuum où les « communautés électroniques », pour reprendre Manuel Castells[34], seraient le reflet parfait des communautés sociales existantes qu'elles développent en les renforçant. Cette situation est d'autant plus persistante que certains observateurs versent dans le pessimisme, pensant que les 300 millions d'Africains qui vivent avec moins d'un dollar par jour ont d'autres préoccupations que les technologies[35].


Au regard des indicateurs de la répartition spatiale des infrastructures et services de télécommunications au Sénégal, le milieu rural apparaît nettement désavantagé. Les campagnes sont encore à la traîne. Le maillage du territoire national par les réseaux de communication suit au pas la logique de structuration de l'espace national par les autres réseaux, tel que celui de distribution de l'électricité, pour lequel la région de Dakar se démarque nettement de toutes les autres localités du pays. En effet, malgré la mise en œuvre de programme d'électrification rurale, une minorité des ménages (ruraux) - moins de 8% - a accès à l'électricité[36]. De la même façon, à la fin de l'année 2005, Dakar concentrait encore 64% du parc de téléphonie filaire, soit 171 352 lignes contre 95 260 lignes pour le reste du pays[37]. Cette concentration du service téléphonique dans la capitale sénégalaise confirme un déploiement et une disponibilité inéquitables de ce service sur l'étendue du territoire national. Sur les 14 000 villages que compte le Sénégal, seuls 1713 sont couverts par le réseau téléphonique fixe, soit moins de 15% de l'espace rural national.


L'Internet ne fait pas exception à cette inégale distribution spatiale des services en dépit des nettes progressions enregistrées depuis 2005 dans la couverture du pays par l'ADSL. L'essentiel des zones - plus de 39 - que ce service a couvertes est composé des capitales régionales et d'autres villes de moindre rang. L'espace rural demeure désavantagé.  


MANOBI INNOVE : UN SYSTEME D'INFORMATION SUR LES MARCHES A LA DISPOSITION DES PRODUCTEURS AGRICOLES


Généralement laissés à eux-mêmes dans une économie libéralisée, les producteurs agricoles sénégalais sont souvent isolés de toute information élémentaire sur les marchés. Ils se retrouvent de fait dans l'incapacité d'adapter leur production et d'arrimer, en tout état de connaissances, leur offre aux exigences de ces lieux de commercialisation. Les dispositifs existants jusque-là donnaient dans le meilleur des cas, à la radio par exemple, une information hebdomadaire sur les prix des marchés, soit à une fréquence qui, généralement, est complètement en déphasage avec la variation quotidienne de ces mêmes prix. Cette situation explique la marginalisation croissante des producteurs dans leurs différentes filières de production. Elle justifie aussi le développement de l'informel dans ces filières en raison de la prédisposition de ce dernier à mieux gérer l'accès à l'information. Toutefois, puisque le secteur informel ne crée presque pas de valeur matérielle dans les filières agricoles, celles-ci se retrouvent éprouvées et voient leur performance chuter, affectant du coup le niveau de revenus des petits producteurs dont les marges de manœuvre sont faibles[38].


Parvenir donc à rapprocher les producteurs de leurs marchés et de ceux chargés de les soutenir dans leurs démarches afin de leur offrir la chance de se développer et d'améliorer leurs revenus, voilà le bien-fondé de la mise sur pied d'un Système d'Information sur les Marchés (SIM) ou Xam Marsé par Manobi Sénégal[39].


Manobi est un opérateur de services à valeur ajoutée via l'Internet et la téléphonie mobile. Elle dispose d'une certaine expertise en télécommunications, en développement d'applications technologiques et en conceptualisation d'usages innovants dans le secteur des TIC. Ses cibles sont essentiellement les secteurs de l'agriculture, de la pêche et de l'agro-industrie. Elle fournit aux professionnels de ces secteurs des services métiers destinés à renforcer leur position dans leurs filières respectives et au niveau des marchés nationaux et internationaux. Manobi a démarré ses activités en septembre 2001 auprès des horticulteurs de Sébikotane, une communauté rurale située près de Dakar. Après une phase concluante de test du système, la société a élargi le service à d'autres zones du pays et principalement à la zone des Niayes[40].


[...]



[1] Littéralement « connaître le marché » en wolof, une langue nationale parlée par plus de 80% de la population sénégalaise.

[2] Il existe une littérature abondante sur le thème des effets potentiels de l'utilisation des TIC. A titre d'exemple, on peut juste citer les auteurs suivants : Dertouzos Michael, Demain : comment les nouvelles technologies vont changer notre vie, Paris, Nouveaux Horizons, Calmann-Lévy, 2000, 341 pages ; Philippe Moati (dir.), Nouvelles technologies et modes de vie : aliénation ou hypermodernité ?, éditions de l'Aube, 2005, 284 pages ; Christian Miquel, Mythologies modernes et micro-informatique : la puce et son dompteur, Paris, L'Harmattan, 1991, 156 pages ; Philippe Breton, Le culte de l'Internet : une menace pour le lien social ?, Paris, La Découverte, 2000, 125 pages ;

[3] Annie Chéneau-Loquay, « Introduction : Technologies de la communication, mondialisation, développement », in Annie Chéneau-Loquay (dir.), Mondialisation et technologies de la communication en Afrique, Paris, Karthala et MSHA, 2004.

[4] Abdoulaye Ndiaye, 2000, « Les enjeux de la nouvelle économie », in Sud Quotidien, lundi 11 décembre 2000. Article en ligne à l'adresse : http://www.osiris.sn/article171.html

[5] Manuel Castells, « Les incidences sociales des technologies de l'information et de la communication », in Les sciences sociales dans le monde, Paris, Editions UNESCO/ Editions de la Maison des sciences de l'homme, 2001.

[6] Antoine S. Bailly, « Introduction au débat : perspectives en géographie de l'information et de la communication », in  Sciences de la Société, Territoire, société et communication, Presses Universitaires du Mirail Toulouse, n° 35, mai 1995.

[7] Ibid.

[8] Abdoulaye Ndiaye, op. cit.

[9] Annie Chéneau-Loquay, « Introduction : Technologies de la communication, mondialisation, développement », in Annie Chéneau-Loquay (dir.), Mondialisation et technologies de la communication en Afrique, Paris, Karthala et MSHA, 2004.

[10] PNUD, Rapport mondial sur le développement humain 2003, New-York, PNUD, 2003.

[11] http://www.journaldunet.com/cc/01_internautes/inter_nbr_mde.shtml

[12] Olivier Sagna, « Le Sénégal en marche vers la société de l'information (1996-2006) ». Communication aux Rencontres africaines d'eAtlas francophone de la Société de l'Information, Dakar, 26-28 avril 2006.

[13] Il existe de nombreuses définitions de la fracture numérique, qui cachent souvent des conceptions ou des analyses différentes du phénomène. Mais, en général la fracture numérique - que l'on appelle aussi fossé numérique - renvoie à l'inégalité d'accès aux technologies entre les pays et à l'intérieur de ceux-ci. Elle reflète des inégalités sociales et économiques qui sévissent aussi bien dans les pays industrialisés du Nord que dans ceux en développement, ou du Sud. Pour plus de précisions, consulter l'ouvrage de Gabriel Dupuy (2007) consacré à ce thème.

[14] Estimation de l'Agence de Régulation des Télécommunications et des Postes à partir des données de la Direction de la Prévision et de la Statistique. Consulter à ce propos le site http://www.artp-senegal.org/

[15] A ce titre, on peut citer les travaux de : Abdoul Ba (2003), Ramata Thioune et Khamate Sène (2001), Olivier Sagna (2000), Gaye Daffé et Mamadou Dansokho (2002).

[16] Au Sénégal, les activités de services (télécentres, cybercafés) emploient près de 30 000 personnes sur toute l'étendue du territoire national, fournissent à la Sonatel plus de 50 milliards de FCFA (soit plus de 76 millions d'euro) de chiffres d'affaires par an et à l'Etat plus de 7,5 milliards de FCFA (soit plus de 11 millions d'euro) annuellement. Sur le segment de la téléphonie fixe, les télécentres jouent un rôle capital, permettant à un large public de disposer d'un accès au service téléphonique, notamment dans les zones rurales où le déficit d'infrastructures de télécommunications est plus prononcé. En cela, ils constituent un véritable moyen d'élargissement de l'accès aux services téléphoniques dans les villages dont ils contribuent aussi au développement économique et social.

[17] Mbaye Dieng et Ibrahima Sylla, Les TIC dans l'espace économique ouest africain. Quelles stratégies pour une meilleure coordination des synergies ?, Dakar, Enda Diapol, mars 2006.

[18] Annie Chéneau-Loquay, « Formes et dynamiques des accès publics à Internet en Afrique de l'Ouest : vers une mondialisation paradoxale ? », in Annie Chéneau-Loquay (dir.), Mondialisation et technologies de la communication en Afrique, Paris, Karthala et MSHA, 2004.

[19] Cécile Méadel, « La radio et ses territoires » in Sciences de la Société, Territoire, société et communication, Presses Universitaires du Mirail Toulouse, n° 35, mai 1995.

[20] Cécile Méadel, op. cit.

[21] Moussa Paye, « Les nouvelles technologies et le processus démocratique », in Momar-Coumba Diop (dir.), Le Sénégal à l'heure de l'information : Technologie et Société, Paris, Karthala, Genève, UNRISD, 2002.

[22] Olivier Sagna, Rapport national sur le niveau d'e-préparation. Situation et potentiel de développement du commerce électronique au Sénégal, Dakar, CNUCED / OMC, 2004.

[23] Philippe Rousseau, « Bienvenue dans l'ère nomade ! », in Les dossiers de l'Intelligent, Nouvelles technologies : le monde à portée de main. Jeune Afrique l'Intelligent n° 2223, 26 oct. - 1er nov. 2003.

[24] Abréviation de Global System for Mobile communications. Le GSM désigne la norme européenne pour les équipements de téléphonie mobile actuellement utilisée.

[25] Gaye Daffé et Mamadou Dansokho, «Les nouvelles technologies de l'information et de la communication : défis et opportunités pour l'économie sénégalaise », in Momar-Coumba Diop (dir.), Le Sénégal à l'heure de l'information : Technologie et Société, Paris, Karthala, Genève, UNRISD,  2002.

[26] Http://www.artp-senegal.org

[27] Cette annonce avait été faite au lendemain de la publication de la Lettre de politique sectorielle (2004- 2008) en janvier 2005. Cette Lettre est intervenue 6 ans après l'ouverture du capital de la Sonatel au privé et suite à la libéralisation du service mobile en 1998. Son objectif était de présenter les orientations générales à l'horizon 2008 ainsi que la stratégie du gouvernement du Sénégal dans le secteur des télécommunications.

[28] Depuis septembre 2007, Sudatel (soudanaise des télécommunications), adjudicataire de la deuxième licence globale à l'issue de la sélection effectuée par l'ARTP, est devenue le troisième opérateur de télécommunications au Sénégal. Cependant, sa venue dans ce pays soulève beaucoup de polémiques liées à des informations selon lesquelles le nom de cette société figurerait sur la liste noire du département américain, après qu'elle ait financé des opérations terroristes ayant rapport avec la rébellion en cours au Soudan.

[29] Serigne Mansour Tall, « Les émigrés sénégalais et les nouvelles technologies de l'information et de la communication », in Momar-Coumba Diop (dir.), Le Sénégal à l'heure de l'information : Technologie et Société, Paris, Karthala, Genève, UNRISD,  2002.

[30] Cheikh Guèye, « Enjeux et rôle des NTIC dans les mutations urbaines : le cas de Touba », in Momar-Coumba Diop (dir.), Le Sénégal à l'heure de l'information : Technologie et Société, Paris, Karthala, Genève, UNRISD,  2002.

[31] http://www.osiris.sn/article2528.html

[32] Ibrhima Sylla et Mohamadou Abdoul, « Les télécentres et cybercafés : territorialisation et accès aux TIC dans le quartier Ouagou Niayes à Dakar », [communication de Enda Diapol, Séminaire « TIC et Développement territorial », Université Gaston Berger de Saint Louis, 22-23 novembre 2004].

[33] Camille Lancry, « Systèmes et réseaux de communication dans une région de passage : Sikasso au Mali », in Annie Chéneau-Loquay (dir.), Mondialisation et technologies de la communication en Afrique, Paris, Karthala et MSHA, 2004.

[34] Manuels Castells, 2001, op. cit.

[35] Gilles Lancrey, « A la rencontre des technologies », in Les dossiers de l'Intelligent : 2006, année numérique. Jeune Afrique / L'Intelligent, n° 2351 du 29 janvier au 4 février 2006.

[36] Direction de la Prévision et de la Statistique, Rapport de synthèse de l'Enquête Sénégalaise Auprès des Ménages (ESAM II), juillet 2004.

[37] Sonatel (26 Février 2007), Rapport Annuel 2005. Http://www.sonatel.sn/documents/Rapport_SONATEL_2006_fr.pdf

[38] Samba Guèye, Internet et téléphonie mobile pour un nouveau système d'accès des ruraux au prix des produits, Proposition au CRDI, Dakar, Fenagie Pêche, août 2001.

[39] Manobi France (basée à Montpellier) et la Sonatel (opérateur historique de télécommunications au Sénégal) ont conjointement créé, en décembre 2002, Manobi Sénégal qui est ainsi leur filiale commune, détenue à 66% par le premier groupe et à 34% par le second.

[40] Les Niayes constituent une bande littorale étroite et fertile s'étirant de Dakar à Saint Louis du Sénégal. Elle abrite d'importantes activités maraîchères qui font d'elle la principale source d'approvisionnement du pays en produits horticoles. 


Repost 0
Published by Ibrahima - dans Mes billets
commenter cet article
28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 11:57

Ces tableaux présentent quelques résultats des enquêtes que j'ai réalisées auprès des 43 Communes d'Arrondissement de la Région de Dakar, dans le cadre de ma thèse. Suite à quelques sollicitations venant de quelques internautes (élèves et étudiants, sénégalais et étrangers) intéressés par la problématique de la communication territoriale et singulièrement par les modes de communication des municipalités, j'ai décidé de les publier, histoire de partager l'information, espérant contribuer à faire évoluer la connaissance sur des intérêts que nous partageons.


Ces tableaux sont à l'état brut. Le Logiciel de traitement utilisé est le Sphinx, le tri est à plat. Pour de plus amples informations concernant la méthodologie de collecte des informations déroulée dans le cadre de la recherche, merci de me contacter en cliquant ici.



Existence d'une commission chargée de la communication dans la mairie ?


Nb. cit.

Fréq.

Oui

27

62,8%

Non

16

37,2%

TOTAL OBS.

43

100%



Mode de communication de la mairie ?

Communiqué de presse

22,4

Affichage dans les locaux de la mairie

29,3

Affichage à l'extérieur de la mairie

20,4

Distribution d'annonce dans la rue

11,6

Affichage sur le site web de la Commune

4,8

Lettre aux acteurs organisés

1,4

Lettre d'information à toutes les familles

0,7

Crieur public

4,8

Imams/délégués de quartiers/ASC

3,4

Radios locales

0,7

Ecran Plasma pour les décisions d'autorité

0,7



Types d'informations généralement affichées ?


Nb. cit.

Fréq.

Convocation réunion

18

41,9%

Délibérés/procès verbaux de conseils municipaux

29

67,4%

Notes de service/circulaires

26

60,5%

Projets de la mairie

14

32,6%

Causeries

14

32,6%

Manifestations publiques

15

34,9%

Décisions importantes de la mairie

18

41,9%

Actes/arrêtés réglementaires

18

41,9%

Appels d'offre

4

9,3%

Offre d'emploi

5

11,6%

Informations scolaires

7

16,3%

Budget communal

3

7,0%

TOTAL OBS.

43



Le nombre de citations est supérieur au nombre d'observations du fait de réponses multiples (6 au maximum).



Ces informations peuvent-elles être jugées de sensibles ?


Nb. cit.

Fréq.

Non réponse

2

4,7%

Oui

6

14,0%

Non

35

81,4%

TOTAL OBS.

43

100%



La mairie diffuse-t-elle un bulletin d'information ?


Nb. cit.

Fréq.

Non réponse

1

2,3%

Oui

5

11,6%

Non

37

86,0%

TOTAL OBS.

43

100%



Si Oui, sous quel format ?


Nb. cit.

Fréq.

Non réponse

38

88,4%

Papier

5

11,6%

électronique

0

0,0%

TOTAL OBS.

43

100%



Périodicité de la parution du bulletin ?


Nb. cit.

Fréq.

Non réponse

38

88,4%

Hebdomadaire

1

2,3%

Mensuelle

0

0,0%

Bimestrielle

2

4,7%

Semestrielle

0

0,0%

Annuelle

1

2,3%

Non périodique

1

2,3%

TOTAL OBS.

43

100%



Public cible ?


Nb. cit.

Fréq.

Non réponse

38

88,4%

Population communale

5

11,6%

Autorités étatiques

1

2,3%

Diaspora

1

2,3%

TOTAL OBS.

43




Mode de distribution du bulletin ?


Nb. cit.

Fréq.

Non réponse

38

88,4%

Poste

1

2,3%

Agents communaux

5

11,6%

Liste électronique

0

0,0%

TOTAL OBS.

43




Types d'informations généralement diffusées dans le bulletin ?


Nb. cit.

Fréq.

Non réponse

39

90,7%

CR de réunion

3

7,0%

Activités de la mairie

3

7,0%

Délibérés des conseils

3

7,0%

Convocation réunion

0

0,0%

Culture

4

9,3%

Tourisme

1

2,3%

TOTAL OBS.

43



Le nombre de citations est supérieur au nombre d'observations du fait de réponses multiples (5 au maximum).



I.S.



Repost 0
Published by Ibrahima - dans Mes billets
commenter cet article
23 janvier 2009 5 23 /01 /janvier /2009 13:07
Au défi de la fracture numérique, la communauté internationale a répondu par un certain nombre d'initiatives. Parmi celles-ci, il y a eu l'organisation, en deux phases, d'un Sommet Mondial sur la Société de l'Information, SMSI. Cette rencontre aura permis de formuler de façon dialoguée une claire volonté politique, et de prendre des mesures concrètes pour jeter les bases d'une Société de l'Information ouverte et accessible à tous. De son côté, le continent africain a réagi en essayant de créer les conditions de sa propre insertion dans cette société en chantier. L'Initiative de la société de l'information en Afrique - AISI - a été ainsi mise en œuvre depuis 1996 et la stratégie du Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique - NEPAD - déroulée à la fin des années 90 par les Etats africains déterminés à mettre les TIC au service du développement. C'est dans ce contexte politique que sera adopté, en 2005, ARAPKE, le Plan d'Action Régional Africain sur l'Economie du Savoir, qui est donc l'aboutissement d'un long processus.


Au mois de mai 1996 a été lancée l'AISI à l'occasion de la 22e réunion de la Conférence des ministres de la Commission Economique pour l'Afrique - CEA - en charge du développement économique et social et de la planification. L'Initiative sera adoptée par la suite par le Sommet des Chefs d'Etat de l'Organisation de l'Unité Africaine - OUA - lors de la 64e session ordinaire du Conseil des ministres qui s'est tenue du 1er au 5 juillet 1996 dans la capitale camerounaise, Yaoundé. L'AISI a été définie comme un support de développement socioéconomique et comme un cadre d'action devant servir de base aux activités relatives aux TIC en Afrique. Son déroulement s'est d'ailleurs traduit par l'appui à l'élaboration et à la mise en œuvre dans les Etats africains de plans et de stratégies de l'Infrastructure Nationale de l'Information et de la Communication - NICI. Ces plans NICI, bâtis à partir des agendas de développement du secteur des télécommunications dans chaque pays, ont été de véritables mécanismes pour la mise en œuvre de la vision globale de l'AISI au niveau national. Ils ont eu pour effet l'élaboration dans beaucoup de pays africains de documents stratégiques de politique nationale visant le développement des technologies de l'information et de la communication.


Dans les années 2000, le cadre NEPAD est créé. Dans la stratégie NEPAD, les TIC occupent également une place centrale. En effet, ces technologies y sont présentées comme de puissants facteurs de développement du continent africain, dont l'usage est recommandé aux différents Etats à travers plusieurs points contenus dans le volet TIC du programme. Parmi ces points, il y a :


- l'augmentation de la densité de lignes téléphoniques et le rehaussement du niveau d'accès pour les ménages ;

- la diminution des coûts d'accès et l'amélioration de la fiabilité des services ;

- l'incitation des populations des Etats africains à utiliser les communications électroniques ;

- la formation des jeunes africains dans le domaine de l'informatique et de la télématique pour en faire des ingénieurs, programmeurs et créateurs de logiciels à contenus locaux concoctés  à partir de  la richesse culturelle du continent.


Il ressort en fait de la vision développée dans le cadre du NEPAD que les technologies de l'information et de la communication peuvent servir, entre autres, à impulser le processus de démocratisation et de bonne gouvernance dans les Etats africains, faciliter l'intégration du continent dans la nouvelle économie, lutter contre l'analphabétisme, développer le commerce électronique, promouvoir les activités d'enseignement à distance et de télémédecine.


Bien que l'AISI et le NEPAD aient joué un rôle déterminant dans le processus d'élaboration d'ARAPKE pour lequel ils ont servi de cadres de référence, il est important de signaler la tenue de plusieurs rencontres ayant constitué des étapes majeures dans le processus. Parmi ces rencontres, il y a :


- la deuxième conférence préparatoire régionale africaine pour le SMSI, tenue à Accra au Ghana du 2 au 4 février 2005 ;

- l'atelier d'Addis-Abeba en Ethiopie organisé le 24 avril 2005 en parallèle à la réunion du quatrième Comité de la CEA sur le Développement de l'Information - CODI - ;

- et la réunion du Caire tenue le 09 mai 2005 concomitamment à la Conférence préparatoire de la Région Arabe pour le SMSI (Prepcom III de la phase de Genève).


Toutefois, l'étape de Ghana a été particulièrement décisive. Elle a effectivement  adopté un certain nombre de résolutions relatives aux questions de la participation de l'Afrique au SMSI et aux TIC en général. Le document principal de présentation des résultats, intitulé « Engagements d'Accra pour Tunis 2005 », définit la position ainsi que la contribution du continent africain à la deuxième phase du SMSI. Il repose sur des principes généraux et sur une vision claire complétée par plusieurs aspects opérationnels. Les principes généraux du document peuvent se résumer à la nécessité de bâtir une Société de l'Information inclusive, impliquant toutes les catégories d'acteurs - gouvernements, secteur privé, société civile, agences de l'ONU, organisations régionales et internationales, média, parlements, universités, minorités et personnes vulnérables -, et où il serait possible d'atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement, afin de vaincre la pauvreté et d'améliorer les conditions de vie des populations. Quant à la vision développée dans les « Engagements d'Accra pour Tunis 2005 », elle s'articule autour du potentiel des TIC à accélérer le processus du développement, à promouvoir la bonne gouvernance et la stabilité, à renforcer le capital humain et les capacités humaines des régions en minimisant les inégalités internes, à créer des emplois et le bien-être, à donner de la voix aux groupes marginalisés qui peuvent désormais devenir membres à part entière de la Société de l'Information. Enfin, les aspects opérationnels des engagements d'Accra concernent le développement d'e-stratégies, la définition d'indicateurs pour évaluer le déroulement de la Société de l'Information, la création d'un environnement favorable pour le partenariat, l'adaptation de la gouvernance d'Internet aux besoins de la Société de l'Information, la mobilisation de ressources et la coopération internationale.


Le cadre proposé pour ARAPKE, le Plan d'Action Régional Africain sur l'Economie du Savoir, a été aménagé comme résultat direct de la conférence d'Accra dont il repose sur les « engagements ». ARAPKE est conçu avec deux objectifs majeurs. Il s'agit, d'une part, de définir des positions et une approche africaine dans la perspective du SMSI et, d'autre part, de créer un environnement propice à une coopération nationale, régionale et internationale pendant 10 ans, soit jusqu'en 2015, avec pour but d'améliorer les conditions de vie des populations africaines.


Le 21 septembre 2005, ARAPKE est adapté à l'issue de la réunion ministérielle africaine qui s'est tenue au centre de conférence des Nations unies à Genève.


L'élaboration d'ARAPKE aura en définitive enregistré la participation de la CEA, de l'Union Africaine des Télécommunications, de la Société Civile africaine et de la Diaspora - DAPSI -, du Bureau de Bamako, du Comité Consultatif Technique Africain - ATAC -, de la Commission de l'Union Africaine et des contributeurs en ligne..., bref autant d'acteurs importants qui pourraient lui assurer une parfaite viabilité. Pourtant, sa mise en œuvre n'est toujours pas effective dans le continent.

 

I.S.


Repost 0
Published by Ibrahima - dans Mes billets
commenter cet article
23 janvier 2009 5 23 /01 /janvier /2009 12:30
La Société de l'Information n'étant aujourd'hui accessible qu'à une faible minorité - 15% - de privilégiés, la fracture numérique ne demeure pas seulement un concept donnant lieu à des thèmes de propagande sans fondement. Au contraire, elle est une réalité qui se traduit dans le quotidien d'un grand nombre d'individus vivant dans une « indigence technologique » absolue. L'adoption de mécanismes de partage des bienfaits des technologies entre « info-riches » et « infos-pauvres » semble être une nécessité désormais mondialement reconnue. Le Fonds global de Solidarité Numérique - FSN - recouvre dans ce contexte une importance toute particulière.


Lancé par le Président de la République du Sénégal, M. Abdoulaye Wade, lors de la première phase du Sommet Mondial sur la Société de l'Information qui s'est tenue du 10 au 12 décembre 2003 à Genève, le FSN ne sera finalement validé qu'à Tunis, à l'occasion de la seconde phase de ce même Sommet organisée du 16 au 18 novembre 2005.


Le FSN se décline comme une initiative africaine déroulée à l'échelle internationale afin de venir à bout de la fracture numérique. Il fait partie en effet des priorités du Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique et bénéficie en même temps de l'adhésion et du soutien de 15 Etats nationaux, de 8 villes et régions, d'une entreprise privée et d'une organisation internationale. De même, le FSN, depuis son lancement, a obtenu d'importants soutiens politiques parmi lesquels celui de l'Union européenne dont le Conseil des ministres de l'économie et des finances réuni à Bruxelles en février 2005 a exprimé le souhait de voir le FSN « prendre sa place en tant qu'instrument original et complémentaire aux côtés des autres mécanismes de financement existants ».


Trois caractéristiques principales fondent, d'après Amadou Top, le Vice-président du FSN, la particularité ou du moins l'originalité du FSN. Il s'agit d'abord du fait que le Fonds propose un mécanisme innovant de financement reposant sur un engagement volontaire des collectivités publiques et des entreprises à mettre en œuvre le « 1% de solidarité numérique », baptisé « Principe de Genève ». Il s'agit d'une contribution de 1% sur les marchés publics relatifs aux TIC, prélevée sur la marge bénéficiaire du vendeur afin d'alimenter le Fonds. L'adhésion des institutions publiques et privées au principe du « 1% de solidarité numérique » est récompensée par le décernement du Label de la solidarité numérique. Ce Label - ci-contre - est un signe distinctif de l'engagement concret en faveur d'une société de l'information plus équitable, basée sur l'accès universel à l'information et aux savoirs, en mettant les TIC au service du développement. Il confère aux institutions qui le reçoivent une reconnaissance sur le plan international de leur engagement en faveur de la lutte pour la résorption de la fracture numérique. Il leur offre également la possibilité de communiquer - en déclinant le Label sur leurs supports de communication - sur leur action concrète pour l'édification d'une Société de l'Information plus inclusive et plus juste.


Deuxièmement, le FSN mobilise de nouveaux partenaires constitués par les pouvoirs publics locaux et nationaux, le secteur privé, les organismes internationaux, les ONG et les organisations de la société civile. En mobilisant toutes ces catégories de partenaires, le FSN s'assure de la pérennisation du financement du modèle de Société de l'Information qu'il veut contribuer à bâtir. Le Fonds est enfin un levier de coopération Sud-Sud qui permet, tout en s'inspirant de réalités locales, de mieux prendre en charge les besoins réels des communautés démunies.


Depuis sa mise en œuvre, le FSN a financé un certain nombre de projets communautaires. Ces projets partagent en commun la caractéristique fondamentale d'être en rapport avec les TIC et de s'inscrire dans le cadre d'une stratégie politique nationale ciblant la demande insolvable dans une perspective de création de nouvelles activités, de nouveaux emplois et, à terme, de nouvelles opportunités d'investissement. L'intervention du FSN s'organise en fonction du niveau de développement du pays porteur du projet proposé au financement. Ainsi, des projets soumis par des pays les moins avancés sont privilégiés et peuvent recevoir jusqu'à 60% des ressources financières mobilisables. Viennent ensuite des projets des pays en développement et des pays en transition ou déjà développés, qui ne peuvent prétendre respectivement qu'à 30% et 10% du potentiel de financement du Fonds.


L'Indonésie a bénéficié du soutien du FSN. Les ressources qui lui ont été allouées ont notamment servi à la reconstruction informatique de la municipalité de Banda Aceh, une province située dans la partie septentrionale de Sumatra Nord, dans les Grandes îles de la Sonde. Dans le continent africain, 10 projets de télémédecine et de télé-éducation ont été financés par le Fonds, au Burundi et au Burkina Faso. Le principal objectif visé à travers ces projets était de favoriser l'accès aux TIC et à la technologie Internet pour les communautés engagées dans la lutte contre le VIH/SIDA.


Grâce aux connexions haut débit que favorise l'intervention du Fonds mondial de Solidarité Numérique dans une zone, les structures médicales des localités les plus reculées disposent désormais de la possibilité d'être reliées, à travers le monde, à différents centres d'expertise, capables de leur relayer des informations nécessaires à une prise en charge efficiente de leurs patients.



I.S.



Pour aller sur le site du FSN, cliquer ici.


Repost 0
Published by Ibrahima - dans Mes billets
commenter cet article
1 janvier 2009 4 01 /01 /janvier /2009 12:53

Le téléphone portable est surtout connu pour le service personnalisé qu'il rend aux utilisateurs. Il attire l'attention des observateurs aussi parce qu'il affiche le rythme de progression le plus rapide de toutes les Technologies d'Information et de Communication.  On lui attribut les records de croissance annuelle du nombre d'abonnés les plus élevés, notamment en Afrique où toutes les prévisions d'expansion ont été assez rapidement dépassées. Selon un rapport de l'Union internationale des télécommunications (IUT) publié en juin 2008 au Caire, en Egypte, 65 millions d'Africains étaient abonnés à un réseau mobile en fin 2007, ce qui porte alors le parc du mobile à 280 millions de lignes[1]. Alors que seul un Africain sur 50 était abonné au mobile en début de l'année 2000, ils sont aujourd'hui près d'un tiers à détenir une puce de téléphone portable.


Utilisé par presque toutes les catégories sociales, le téléphone portable rend des services bien diversifiés. Il est par exemple bien connu l'apport de cet outil pour les exploitants agricoles ayant expérimenté le service du Système d'Information sur les Marchés ou Xam Marsé lancé par Manobi Sénégal. Dans d'autres pays aussi, il est possible aux agriculteurs de se tenir au courant des cours du marché en ville sans être obligés de se déplacer. En Ouganda, FoodNet a créé des bases de données, consultables par SMS, intégrant des informations concernant certains produits agricoles ainsi que leurs prix de gros et de détail. Il est également bien connu le rôle de l'outil dans la médecine, avec par exemple le système de suivi par téléphone cellulaire des sujets atteints de tuberculose en  Afrique du Sud[2]. Les exemples se multiplient par centaine. Et on parle désormais des possibilités de transactions financières par téléphone cellulaire. Du fait de l'augmentation fulgurante du nombre d'abonnés au mobile, le pourcentage de la population équipée d'un téléphone portable est supérieur au taux de population bancarisée dans certains pays africains. La téléphonie portable est donc en phase de devenir un moyen d'exécution de transactions financières en ligne. Le protocole signé en novembre 2008 entre l'opérateur sénégalais de téléphonie la Sonatel et la Bicis permettra semble-t-il, dès le deuxième trimestre 2009, de rendre effectives les transactions bancaires à partir d'un terminal mobile. « Orange Money », du nom de ce service, donnera alors la possibilité d'effectuer  via son téléphone portable le paiement de ses factures, l'achat de biens et services et le transfert d'argent[3]. Une vraie innovation !


Toutefois, s'il est un élément du téléphone portable auquel on prête peu d'attention, c'est bien le contenu des sms (short message service) échangés entre usagers. Historiquement, le sms était destiné à transmettre des messages de service provenant de l'opérateur téléphonique, dans le système GSM dont il est issu, avant de connaître ses utilisations actuelles. Le premier sms commercial aurait été envoyé en décembre 1992 par un employé de Sema Group, Neil Papworth, à partir de son ordinateur personnel vers un téléphone mobile sur le réseau GSM de Vodafone au Royaume-Uni. Le premier message rédigé depuis un téléphone mobile aurait été envoyé par Riku Pihkonen, étudiant en ingénierie chez Nokia, en 1993. Aujourd'hui le sms est devenu un marché à part entière. En effet, de nouvelles utilisations sont découvertes chaque jour (par exemple le vote dans les émissions télévisées, les jeux concours) que ce soit par l'utilisateur particulier ou le professionnel spécialisé.


La fin d'année est une occasion pour chacun de souhaiter « les meilleurs vœux habituels » aux membres de sa famille, à ses amis, ses collègues de travail, ses camarades de classes... Il faut faire preuve de doigté. Tout est permis, c'est sur écran que cela se passe. Il faut inventer ses mots, ses verbes, ses vers, ses propres expressions. Peu importe la manière de le dire, seul le message importe :


Sms 1, Abdou écrit : « L'an 08 s'en é alé 1 autr sanoce cé un momen solennel pr ns de raffermir no lien, j vs présente mé vœu fervant sanctioné par l félicité é l miséricorde divine » 


Sms 2, Laye : « A la banque du BONEUR, o guiché 2la SANTE, o numero 2compte 2009, je vs souéte 365j 2pai, 8760h 2joi, 2prosperité, 525600 mn 2reussit, 31536000s com argen bonne anné » 


Le message passe, avec peu d'effort.


Sms 3, Khady écrit : « Kan lé espri s rencntr, lé souè s partag, lé rév sacumul é k lespwr safirm, Dieu n p sempeché d confirmé, ané nvel, boneur nvo. sw heureu é ren heureu s kit m. bne ané »


Sms 4, Ndèye écrit : « Lobscurité senf8, la lumièr jayi 1nouvel année se lève. K dieu apor la santé, l pai, l beneur, l prospérité, en tw, ta famil, é dsuccé ds tu lé progé é d reusit »


Le message passe aussi, afin presque.


Sms 5, Adama écrit : « A toi je souhaite bne é heureuz ané 2009 ak poch you fess, nakar bou ress am moto keur ak depense visa ak chance yala moussal la si thiat ak ordonance »[4]


Là, c'est carrément plus compliqué, notamment pour quelqu'un qui ne comprend pas le wolof mais aussi pour ceux qui n'ont pas un entendement assez fin.


Au-delà de l'intérêt du message qu'ils contiennent et de leur valeur artistique, ces textes partagés de plus en plus entre les utilisateurs du mobile lors des fêtes et autres occasions spéciales véhiculent une certaine passion et un certain attachement que chaque utilisateur a pour son téléphone et pour son correspondant, et qu'il cherche à extérioriser à travers l'écriture. L'autre aspect important est l'application que chacun, à l'exception de ceux qui ne font que transférer les sms qu'ils reçoivent des autres, déploie afin de prouver ses talents artistiques, sa « magie des mots », mais surtout pour ne pas dépasser le nombre de mots correspondant à la tarification d'un sms unique. Enfin, sur le plan linguistique, ces textes semblent annoncer que le téléphone portable est entrain de rompre toutes les amarres inhérentes d'antan à son usage. Il était une fois où le téléphone avait entraîné la création plus ou moins intuitive de nouvelles formes de contact (à quelle heure est-il convenu d'appeler un ami, un professeur, un marabout, ses parents, etc. ? Comment s'adresser à chacun d'eux en début et en fin d'appel ? Comment vérifier que le message est passé ?, etc.). Aujourd'hui, très peu d'intérêt est accordé à ces questions, ces politesses, ces formalités. Le téléphone portable porte en lui un paradoxe. N'est-ce pas que sa finalité première était de parler de tout, n'importe où et en toute autonomie ? Elle semble avoir été détournée par des usagers qui en font des machines  à écrire portatives envoyant instantanément l'équivalent d'un mail, mais limité à un nombre restreint de caractères[5]


Il est toujours tâche fastidieuse de mesurer les conséquences réelles d'un phénomène récent même si nous sommes amenés à le vivre au quotidien. Toutefois, ce constat n'est en rien un appel à admirer béatement ces nouveaux « arts de faire » langagiers. Les linguistes s'interrogeront sur les pratiques linguistiques contemporaines. Mais chacun pourra réfléchir, en tant qu'acteur et observateur du phénomène, à la manière dont les usagers s'approprient ce nouveau mode de communication et, probablement, comparent leurs propres pratiques avec celles de leurs correspondants.


Nous osons penser que cette nouvelle forme de communication n'entraîne pas la naissance d'une nouvelle langue, qu'elle ne met pas en péril l'orthographe et la synthèse des langues qu'utilisent les « SMSseurs ». Les spécialistes de la linguistique pourront le confirmer ou prouver le contraire. Nous savons par contre que ce mode de communication électronique permet d'inventer de nouveaux mots, d'intégrer autrement les émotions dans les discours (émoticônes), d'imaginer des langages codés, secrets ou réservés à quelques initiés, bref de se réapproprier sa langue.


Le taux de pénétration du téléphone mobile au Sénégal enregistre une croissance exponentielle. Selon l'Agence de Régulation des Télécommunication et des Postes[6], en moins d'une dizaine d'années, ce taux s'est démultiplié près d'une vingtaine de fois, passant de 2,60% en décembre 2000 à 47,35% en septembre 2008. A ce rythme, tous les analystes, et en particulier les linguistes, les sociologues, les psychologues et autres spécialistes de la communication feraient bien de se préparer à répondre à une multitude de questions essentielles, comme la frontière entre langage écrit et langage parlé, que les usages du téléphone portable obligent à repenser. A partir du moment où cette nouvelle forme de communication écrite s'est emparée des jeunes au point de se retrouver même dans leurs devoirs et travaux scolaires et universitaires, il y a lieu de s'interroger. De s'interroger sur l'existence d'un nouveau défi que la modernité adresse une fois de plus à l'école,  à la société.


I.S.




[1] http://www.itu.int/net/home/index-fr.aspx

[2] Henri Tcheng, « Les télécoms en Afrique : un pas de plus pour le développement ? », le 31 août 2008. [En ligne] :http://www.journaldunet.com/expert/30785/les-telecoms-en-afrique---un-pas-de-plus-pour-le-developpement.shtml

[3] Jean Pires, «  La transaction bancaire par le mobile s'installe au Sénégal », in Le Soleil, lundi 17 novembre 2008. Disponible sur http://www.osiris.sn/article4055.html

[4] Dans une traduction approximative, l'auteur de ce sms veut peut-être dire : « ... 2009, avec des poches remplies (d'argent), que ta peine se dissipe, que tu aies une moto, une maison, une dépense (ou moyens de subsistance), un visa et de la chance. Qu'Allah te protège des mauvaises langues (ou du mauvais œil) et des ordonnances (donc de la maladie).

[5] Cédrick Fairon, Jean René Klein et Sébastien Paumier, 2007, Le langage sms : étude d'un corpus informatisé à partir de l'enquête « Faites don de vos sms à la science », Cahiers du CENTAL 3.1, Presses Universitaires du Louvain, 123 pages.

[6] ARTP, juin 2008, Etat des lieux du secteur des télécommunications au Sénégal en 2007, Dakar, 55 pages.

 

 

 

Repost 0
Published by Ibrahima - dans Mes billets
commenter cet article
27 décembre 2008 6 27 /12 /décembre /2008 18:21
En raison du développement de plus en plus massif des Technologies de l'Information et de la Communication, la communication est devenue l'objet d'une véritable « ivresse » et d'une « compulsion ». Elle est perçue comme une nouvelle « panacée sociale », en même temps qu'elle s'érige en un nouveau paradigme offrant une grille de lecture convaincante de la réalité du monde contemporain. L'usage effréné du vocable « communication » pousse aujourd'hui, et plus que jamais, à admettre l'existence d'un impératif communicationnel, s'exprimant tant dans la sphère politique que dans la sphère économique, sociale, artistique, etc. « Il faut communiquer ». « Tout est communication ». Ce mot d'ordre rappelle la mise en garde formulée par Paul Watzlawick qui, déjà en 1979, lançait cet avertissement : « on ne peut pas ne pas communiquer »[1].

 

Au Sénégal, l'importance du rôle des TIC en général et de l'Internet en particulier est progressivement reconnue au niveau national et local par les acteurs de la sphère politique, économique et sociale. Tous semblent se rendre à l'évidence que ces outils représentent un puissant levier pour favoriser le développement économique et social, bonifier les performances organisationnelles, susciter l'intérêt ainsi que l'implication des citoyens dans le jeu politique. Cette prise de conscience se traduit par une appropriation sans cesse croissante du vaste espace virtuel que représente le web. Par conséquent, le développement du cyberespace sénégalais s'effectue à un rythme élevé. Selon la Commission Université Réseaux d'Informations (CURI), un organisme rattaché à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar et chargé de l'enregistrement et de la gestion des noms de domaines « .sn », le nombre de sites web sénégalais déclarés serait passé de 62 en 1998 à 914 en 2002, soit une multiplication par plus de quatorze en en une période de quatre ans. En avril 2007, l'Observatoire  sur les Systèmes d'Information, les Réseaux et les Inforoutes au Sénégal (OSIRIS) estimait le nombre de domaines « .sn » déclarés à 1921, 540 étant le nombre de sites effectivement en ligne.


L'étude réalisée sur les sites web de l'information urbaine à Dakar dans le cadre du Projet eAtlas n'avait pas pour objectif de répertorier tous les sites en ligne. Il ne s'agissait pas non plus d'analyser dans le détail le contenu de chaque site. Il était question plutôt d'étudier certains parmi eux, choisis en fonction des domaines de préoccupations couverts par le projet eAtlas auquel nous avons été associé en tant que chargé de mission au Sénégal, mais aussi en fonction de préoccupations scientifiques personnelles[2]. Bref, il fallait répondre de manière générale à une série de trois questions simples : quelle est la nature des informations que fournissent les sites web d'information à Dakar ? A qui sont-elles destinées ? Comment sont-elles utilisées ?


Cette recherche réalisée entre dans le corpus géographique, notamment dans le champ de la géographie urbaine. Elle a été bâtie autour de la problématique encore nouvelle, tout au moins dans les pays en développement, de l'insertion des TIC dans la ville en tant que dispositifs de communication et d'information, d'action et d'interaction. De ce fait, le propos reposait sur l'hypothèse que les Technologies de l'Information et de la Communication, et Internet notamment, sont d'un grand apport dans la mise en œuvre des initiatives visant à garantir aux populations urbaines des conditions de vie meilleures. Par la rapidité des traitements qu'elles autorisent, et les masses d'informations qu'elles permettent de stocker et de diffuser, les TIC créent de nouveaux modes d'organisation caractérisés par une grande flexibilité des procédures de travail, une mobilité accrue, de nouvelles formes d'interactivité et de nomadisme ainsi qu'une gestion optimale des tâches en temps réel. Ces outils de communication sont alors susceptibles d'améliorer les relations entre élus et citoyens par exemple, tout en optimisant les politiques urbaines de mobilisation et de sensibilisation sociales.


Dans le cadre de la politique de décentralisation engagée par l'Etat du Sénégal depuis 1996, les Régions, les Communes et les Communes d'Arrondissement se sont dotées d'un nouveau panel de compétences touchant à la fois aux domaines politique, économique, environnemental, social et sanitaire. Avec les réformes issues de la décentralisation, le principe de la libre administration a été instauré dans ces collectivités territoriales qui, désormais, disposent d'instruments juridiques et institutionnels pouvant leur permettre de jouer un rôle crucial dans la création des conditions du développement local. Dans ce contexte précis, le questionnement élaboré renvoyait à l'analyse de logiques sociétales dans lesquelles s'inscrivent des procédures numériques. En effet, quel est le niveau de documentation de ces domaines de compétence et leur mise en application perceptible à travers le web ? Quel est le rôle que jouent les TIC dans ce domaine, notamment en termes d'éducation des citoyens au développement durable, de renforcement des connaissances et des compétences, d'information sur les décisions importantes des élus, de participation à la vie politique locale, de mise en réseau d'initiatives à l'échelle locale, nationale ou internationale ? Ce sont là quelques questions auxquelles l'étude a tenté de répondre.


Types de sites web d'information étudiés

 

Au total, plus de 200 sites ont été visités au cours de la recherche, 33 parmi eux ont été dépouillés et analysés. Les sites analysés ont été regroupés en trois catégories : les sites dits gouvernementaux, les sites dits municipaux, les sites des organisations de la société civile. Toutefois, pour diverses raisons, l'analyse a porté principalement sur la seconde catégorie de sites web[3].

  • Les sites gouvernementaux

Cette catégorie de sites web est constituée de tous les portails dont la création relève directement ou non de l'initiative du gouvernement ou d'une institution déconcentrée.


La création de ces sites s'inscrit en général dans le cadre de la stratégie NTIC mise en œuvre par l'Etat du Sénégal sous la conduite de l'Agence De l'Informatique de l'Etat (ADIE). Cette stratégie se décline en deux axes majeurs correspondant à une « double transition ». Il s'agit pour la première transition de passer d'un gouvernement à un e-gouvernement, un objectif qui nécessite l'intégration des nouvelles technologies dans le fonctionnement de l'Administration afin d'améliorer son efficacité, de doter les agents de l'Etat de tableaux de bord pertinents et d'offrir aux citoyens la possibilité d'accéder en ligne à des services publics de qualité. La deuxième transition préconise le passage du citoyen au e-citoyen. Pour cela, l'Etat envisage de démocratiser l'accès aux nouvelles technologies au sein de la société dans le but de permettre au plus grand nombre de bénéficier des opportunités dont elles sont porteuses.

  • Les sites municipaux

Les sites web municipaux sont les portails d'information mis en service par les mairies de Communes de villes et de Communes d'Arrondissement. Ces sites ont fait l'objet d'un traitement particulier au cours de l'étude.

  • Les sites des organisations de la société civile

Dans cette catégorie de sites, nous avons classé les portails d'information de quelques Organisations Non Gouvernementales s'activant dans le domaine des TIC ou disposant d'un volet TIC dans leur programme.


Que ce soit dans le domaine de l'éducation et de la formation, de l'économie, de la santé, ou du social en général, les ONG jouent un rôle particulièrement important dans la promotion de projets de développement. Ce constat est aussi valable pour le secteur élargi de la communication sociale, et en particulier pour celui de nouvelles technologies où ces organisations militent fortement pour la croissance de l'accès et l'utilisation des TIC par le plus grand nombre. Il existe plusieurs organisations à but non lucratif qui s'activent dans le domaine des TIC et qui pouvaient valablement être concernées par l'étude. Mais celles dont les sites ont été visités se distinguent des autres du fait de leur dynamisme remarquable à travers leurs réalisations respectives, mais surtout du fait qu'elles répondent plus ou moins aux deux critères principaux de sélection qui avaient été définis pour guider le choix. Il s'agit d'abord de leur rôle dans la fourniture d'informations en direction de divers publics et ensuite de leur implication dans le processus de décentralisation et dans la définition des formes de gestion urbaine.

 

Caractérisation des sites web d'information


Les sites web d'information urbaine de l'agglomération dakaroise présentent des différences notoires tant sur le plan des services qu'ils offrent que sur le plan managérial et fonctionnel. Même en s'intéressant de près à certaines caractéristiques et fonctionnalités de ces sites, comme l'interactivité, la mise à jour des informations, les procédures administratives en ligne ou autres, la recherche n'a décelé que quelques rares éléments de ressemblance. 

 



MODALITES


Sites gouvernementaux


Sites municipaux


Sites d'ONG

Types d'informations

- Organisation administrative

- Ministères

- Communiqués, textes officiels, rapports publics

- Grands projets de l'Etat

- Sénégal en bref

- Annuaires services administratifs

- Guides des procédures

- Infos pour investir au Sénégal

- Présentation de la Commune

- Potentialités économiques, touristiques, etc.

- Secteurs d'activités

- Actions du maire et de son équipe

- Associations de base

- Guides adresses

- Présentation

- Actions menées

- Publics / partenaires cibles

- Publications / bibliothèque électronique

Mode de collecte des informations

- Etudes

- Informations des services administratifs

- Professionnels de l'information

- Groupes de jeunes des ASC

- Agents municipaux

- Professionnels

- Public partenaire

Mise en ligne des informations

- Webmasters professionnels

- Webmasters formés en cascade

- Webmasters professionnels

Mise à jour

Irrégulière

Très rare

Fréquente

Formes d'interactivité

- Email (Votre avis)

- Forum discussion

- Contact téléphonique

- Email

- Contact téléphonique

- Forum discussion

- Lettre d'information

- Email

- Contact téléphonique

Démarches en ligne ?

 Oui        

www.demarches.gouv.sn

Non

Non

Trait dominant

- Services d'informations aux usagers

- E-administration

- Marketing territorial (recherche de partenaires, promotion du tourisme local)

- Promotion de la participation citoyenne et du développement local

 


Catégorisation des sites web d'information


Les sites web étudiés ont été classifiés en tenant que compte de la fonction qui leur a été assignée par leurs promoteurs. Les appellations utilisées sont cependant inspirées de la littérature existant sur et à propos de la technologie Internet et surtout par la classification proposée par l'Agence Régionale des Technologies de l'information en Île de France (ARTESI) dont la mission consiste à accompagner les collectivités locales de cette région administrative française dans leur politique TIC.



TYPOLOGIE DES SITES


Caractéristiques


Types de messages


Exemples de sites

« Site promotion »

 - Une page d'accueil

- Quelques pages supplémentaires de marketing territorial

- Pauvre en informations d'intérêt général

- " Ce site met en exergue les actions de la Commune, fait la promotion de la destination touristique de l'île et permet de découvrir son patrimoine".

- "Visitez notre ville, un vrai environnement touristique !"

  Goree

Ngor

Ville de Dakar

Camberene

Ouakam

« Site promotion avancé »

- Allie promotion de la ville et fourniture d'informations au public visiteur

"Une équipe municipale au service de sa population !"

Dalifort

Grand Yoff

Wakhinane Nimzatt

Parcelles Assainies

« Site passif »

- Caractère essentiellement descriptif

- Problèmes techniques

- Site moribond

Présentation générale non évolutive de la Commune

 

Mermoz

Rufisque Ouest

Hann Bel Air

« Site interactif »

- Permet l'échange et la collaboration entre élus locaux et citoyens

Promotion de l'approche participative du développement

Yoff

Médina

« Site dynamique d'information et d'actualité »

- Met en ligne diverses informations concernant l'actualité nationale ou internationale

- Observatoire

- Appui au développement

- Portails officiels

Sites d'ONG

Site de gouvernement


« Site mobilisation »

- Fournit des informations à l'endroit d'une communauté bien définie en vue de la mobiliser autour d'une cause déterminée

"Un quartier inondé douze mois sur douze. Des infrastructures (mosquées et centre de santé) et des maisons abandonnées à cause des inondations et des ordures. Sauvons Gounass !"

Médina Gounass

« Portail local citoyen »

- Facilite les démarches administratives par la mise en ligne de services d'informations souvent actualisées

"L'administration va s'organiser autrement en simplifiant ses procédures afin de se mettre à l'écoute et au service du citoyen. Avec demarches.gouv.sn, fini le temps des va-et-vient et des longues  attentes ! "

Le site des démarches administratives

 


Le web municipal sénégalais : quelques éléments d'appréciation


L'étude a révélé que le web municipal sénégalais se développe, mais avec de sérieuses difficultés. En l'an 2000, c'est-à-dire quatre années après la connexion officielle du Sénégal au réseau Internet, aucun service ni information pratique n'était offert en ligne de manière à éviter aux citoyens les déplacements inutiles, assurer une certaine transparence dans la gestion des affaires communales ou encore accroître la participation citoyenne. A l'époque, seuls la Mairie de Dakar, le Conseil Régional de Louga et le Conseil Régional de Tambacounda étaient présents sur le web. Aujourd'hui, la situation a évolué car plus de vingt six collectivités locales se sont aménagées un espace dans le web et beaucoup d'autres envisagent de le faire. Cependant, elles demeurent confrontées à quelques problèmes.


La majorité des collectivités locales qui disposent d'un site web se trouve dans la région de Dakar. Quinze d'entre elles ont concerné l'étude. Il s'agit notamment de la ville de Dakar et des Communes d'Arrondissement de Yoff, Cambérène, Grand Yoff, Médina, Yarakh (Hann Bel Air), Médina Gounass, Mermoz/Sacré-Cœur, Parcelles Assainies, Rufisque Ouest, Ngor, Ouakam, Wakhinane-Nimzatt, Dalifort et Gorée.


Conscients des défis à relever dans la gestion de leur ville à l'ère de la société de l'information, certains élus, selon des modalités diversifiées, s'attachent à innover dans leur action. On assiste à l'adoption au sein de beaucoup de collectivités locales sénégalaises de nouvelles formes d'action publique moderniste. Il ne s'agit pas d'un remplacement des modes classiques de l'action publique et du contrôle politique mais plutôt de l'intégration de nouvelles procédures, du développement de nouveaux savoir-faire, d'une nouvelle organisation des services destinée à rendre la gestion des affaires publiques plus efficace, et à donner aux institutions le dynamisme tant recherché.


A l'ère de l'information, le site web s'avère incontournable. Son potentiel informationnel, communicationnel voire transactionnel en fait un puissant outil de service à la population. Pour une municipalité, cet outil constitue le premier pas vers une utilisation des TIC destinée à offrir des services directement à ses citoyens par le biais d'Internet. Le web municipal est susceptible de rassembler toutes les composantes de la population autour d'une même vitrine, où elles peuvent s'informer tant sur les aspects législatifs, économiques, politiques que sur les activités socioculturelles de leur municipalité. La mise en œuvre d'un site web municipal peut aussi optimiser les chances d'atteindre les objectifs élaborés par les équipes municipales. Dans le contexte d'urbanisation massive et de décentralisation par exemple, ce type de site peut constituer un formidable moyen de sensibilisation des citoyens sur les problèmes auxquels ils seraient confrontés. Cet outil pourrait servir de médium pour la diffusion du message citoyen en ville, le message du comportement responsable, celui qui permettrait à tous les acteurs urbains de dialoguer afin de négocier leurs différences, celui qui, enfin, donnerait l'opportunité à l'administration locale d'opérer plus efficacement et d'agir de façon plus transparente et participative.


Pourtant, la mesure de l'information concernant la gouvernance urbaine à travers les sites web révèle une timidité de l'action des élus locaux, qui se cantonne encore à une présentation - avec un style essentiellement narratif - de l'organisation de l'administration locale telle que définie dans le cadre de la décentralisation. L'analyse ne décèle véritablement pas de dynamisme au sein des portails étudiés, l'information étant souvent statique, désuète et non renouvelée. De ce fait, aucune option sérieuse n'est affichée quant à une réelle volonté de faire du web un endroit où se diffusent, se partagent, se discutent, voire même où s'élaborent des décisions politiques relevant de stratégies de développement urbain, de promotion de l'économie locale, de financement des actions citoyennes qui ont rapport avec la lutte contre la pauvreté dans les territoires, de gestion concertée du patrimoine foncier et du budget de fonctionnement communal. Autant de facteurs susceptibles de donner, d'une part, du souffle à la démocratie locale et, d'autre part, de la transparence à la gestion des municipalités.  


Les lignes éditoriales des sites municipaux demeurent pour le moment partagées entre trois principaux ordres d'intention :

-          le « marketing territorial » procédant d'une volonté des élus de promouvoir l'image de leur ville sur l'international ;

-          le « prosélytisme politique » qui consiste à l'exhibition des réalisations de l'équipe municipale, dans le but de gagner la confiance d'un électorat sans cesse courtisé ;

-          la mise à la disposition des administrés de nouveaux services en ligne ou « e-administration ».


Cependant, il faut noter qu'en l'absence d'interactivité, cette dernière logique de production des sites municipaux se heurte à des problèmes quant à sa concrétisation. D'ailleurs, l'absence d'interactivité n'est pas le seul facteur bloquant. D'autres insuffisances peuvent également être soulignées concernant la mise à jour des informations portées en ligne. En effet, la plupart des sites municipaux se caractérise par la fixité de leurs pages. Les informations qu'ils véhiculent sont parfois en déphasage absolu avec l'évolution des actualités sur le plan local, national et international. A cela s'ajoutent les problèmes d'ordre managérial, liés à la carence de ressources humaines, à la modicité des moyens matériels et financiers, au manque de volonté de certains élus politiques, et quelquefois au désintéressement de leurs concitoyens. Ce qui se traduit par l'absence de généralisation et de mise en réseau des sites publics créés, l'absence de connexion à Internet dans les différents services administratifs et la sous-exploitation des potentialités organisationnelles des TIC en général et de l'Internet en particulier. La question des infrastructures technologiques dans les mairies est donc posée. Mais elle s'avère plus compliquée que les autres questions car elle a une implication budgétaire souvent délicate à gérer. Dans beaucoup de cas, l'investissement dans le domaine des TIC n'est pas positionné comme une priorité pour les élus qui, dans leur grande majorité, ignorent encore sinon perçoivent mal l'utilité d'un choix politique allant dans ce sens.


La situation est pourtant appelée à évoluer. Faut-il continuer à gaspiller du temps et de l'argent dans la réalisation de certaines procédures administratives alors qu'on dispose de la possibilité de promouvoir les téléprocédures qui non seulement permettent d'économiser toutes ces ressources, mais aussi ouvrent des perspectives plus intéressantes en matière de gestion administrative, de concertation, de développement économique et social ?


En fait, il ne s'agit pas, en répondant à cette question, de se positionner pour « pour » ou « contre » Internet. Le vrai débat, comme l'a souligné Joël de Rosnay[4], se situe ailleurs, sur les conditions d'entrée dans le nouvel espace-temps instrumenté par cet outil révolutionnaire. Les villes, à l'ère de l'information, sont face à l'obligation d'avancer, et les élus sont devant l'injonction de faire des choix à moyen et long terme, autant en ce qui concerne l'accès, que ce qui est des bonnes pratiques, et la volonté d'innovation. Sous ce rapport, les municipalités sénégalaises détiennent des atouts importants, étant donné que le pays dispose d'une bonne infrastructure technologique. En effet, en plus d'un réseau de télécommunications entièrement numérisé, d'une bonne liaison avec l'international par câbles sous-marins à fibres optiques et par satellite, etc. le Sénégal a une bande passante large de 3 Gbps, soit le réseau Internet le plus performant du continent après celui de la République sud-africaine. A cela s'ajoute bien entendu la disponibilité des ressources humaines, qualifiées et à bon marché.  


Les expériences menées à travers le monde, et pas seulement dans les Etats développés, ont abouti dans beaucoup de cas à des résultats concluants. Le site web municipal s'est avéré être un instrument de communication pouvant permettre aux élus de se rapprocher davantage de leurs concitoyens, de les informer au plus près de leurs préoccupations, qu'il soit de l'ordre de l'amélioration de la prestation de services, de l'engagement social ou de la performance économique. Par ailleurs, la production et la diffusion d'informations entraînent les municipalités sur le terrain de la transparence et de l'ouverture démocratique. Or, la démocratie participative passe par une meilleure information. Les élus et les services administratifs, en plus de faire leur métier, ont donc l'obligation de communiquer.

 


I.S.



[1] Paul Watzlawick & al, Une logique de la communication, Paris, Seuil, 1979. 

[2] Notamment nos recherches en thèse qui portent sur les  TIC et les collectivités locales, précisément les Communes d'Arrondissement de la Région de Dakar.

[3] Ces raisons sont liées d'une part au manque de temps, l'étude ayant été réalisée en une période de six mois, et, d'autre part, à l'intérêt que ces genres de portails Internet suscitent de plus en plus chez les décideurs et acteurs politiques au niveau local. En fait, l'insertion de ces outils dans les dispositifs de communication des villes suscite de grands espoirs quant à leur contribution à l'émergence d'une démocratie locale « dialogique ».   

[4] Joël de Rosnay, « Stratégie pour le cybermonde », Manière de voir, n°46, Révolution dans la communication, août-septembre 1999.



Repost 0
Published by Ibrahima - dans Mes billets
commenter cet article