Ce site traite de la question des usages des TIC par les collectivités locales, mais aussi par les individus. En Afrique particulièrement, mais également dans le monde.
Au mois de mai 1996 a été lancée l'AISI à l'occasion de la 22e réunion de la Conférence des ministres de la Commission Economique pour l'Afrique - CEA - en charge du développement économique et social et de la planification. L'Initiative sera adoptée par la suite par le Sommet des Chefs d'Etat de l'Organisation de l'Unité Africaine - OUA - lors de la 64e session ordinaire du Conseil des ministres qui s'est tenue du 1er au 5 juillet 1996 dans la capitale camerounaise, Yaoundé. L'AISI a été définie comme un support de développement socioéconomique et comme un cadre d'action devant servir de base aux activités relatives aux TIC en Afrique. Son déroulement s'est d'ailleurs traduit par l'appui à l'élaboration et à la mise en œuvre dans les Etats africains de plans et de stratégies de l'Infrastructure Nationale de l'Information et de la Communication - NICI. Ces plans NICI, bâtis à partir des agendas de développement du secteur des télécommunications dans chaque pays, ont été de véritables mécanismes pour la mise en œuvre de la vision globale de l'AISI au niveau national. Ils ont eu pour effet l'élaboration dans beaucoup de pays africains de documents stratégiques de politique nationale visant le développement des technologies de l'information et de la communication.
Dans les années 2000, le cadre NEPAD est créé. Dans la stratégie NEPAD, les TIC occupent également une place centrale. En effet, ces technologies y sont présentées comme de puissants facteurs de développement du continent africain, dont l'usage est recommandé aux différents Etats à travers plusieurs points contenus dans le volet TIC du programme. Parmi ces points, il y a :
- l'augmentation de la densité de lignes téléphoniques et le rehaussement du niveau d'accès pour les ménages ;
- la diminution des coûts d'accès et l'amélioration de la fiabilité des services ;
- l'incitation des populations des Etats africains à utiliser les communications électroniques ;
- la formation des jeunes africains dans le domaine de l'informatique et de la télématique pour en faire des ingénieurs, programmeurs et créateurs de logiciels à contenus locaux concoctés à partir de la richesse culturelle du continent.
Il ressort en fait de la vision développée dans le cadre du NEPAD que les technologies de l'information et de la communication peuvent servir, entre autres, à impulser le processus de démocratisation et de bonne gouvernance dans les Etats africains, faciliter l'intégration du continent dans la nouvelle économie, lutter contre l'analphabétisme, développer le commerce électronique, promouvoir les activités d'enseignement à distance et de télémédecine.
Bien que l'AISI et le NEPAD aient joué un rôle déterminant dans le processus d'élaboration d'ARAPKE pour lequel ils ont servi de cadres de référence, il est important de signaler la tenue de plusieurs rencontres ayant constitué des étapes majeures dans le processus. Parmi ces rencontres, il y a :
- la deuxième conférence préparatoire régionale africaine pour le SMSI, tenue à Accra au Ghana du 2 au 4 février 2005 ;
- l'atelier d'Addis-Abeba en Ethiopie organisé le 24 avril 2005 en parallèle à la réunion du quatrième Comité de la CEA sur le Développement de l'Information - CODI - ;
- et la réunion du Caire tenue le 09 mai 2005 concomitamment à la Conférence préparatoire de la Région Arabe pour le SMSI (Prepcom III de la phase de Genève).
Toutefois, l'étape de Ghana a été particulièrement décisive. Elle a effectivement adopté un certain nombre de résolutions relatives aux questions de la participation de l'Afrique au SMSI et aux TIC en général. Le document principal de présentation des résultats, intitulé « Engagements d'Accra pour Tunis 2005 », définit la position ainsi que la contribution du continent africain à la deuxième phase du SMSI. Il repose sur des principes généraux et sur une vision claire complétée par plusieurs aspects opérationnels. Les principes généraux du document peuvent se résumer à la nécessité de bâtir une Société de l'Information inclusive, impliquant toutes les catégories d'acteurs - gouvernements, secteur privé, société civile, agences de l'ONU, organisations régionales et internationales, média, parlements, universités, minorités et personnes vulnérables -, et où il serait possible d'atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement, afin de vaincre la pauvreté et d'améliorer les conditions de vie des populations. Quant à la vision développée dans les « Engagements d'Accra pour Tunis 2005 », elle s'articule autour du potentiel des TIC à accélérer le processus du développement, à promouvoir la bonne gouvernance et la stabilité, à renforcer le capital humain et les capacités humaines des régions en minimisant les inégalités internes, à créer des emplois et le bien-être, à donner de la voix aux groupes marginalisés qui peuvent désormais devenir membres à part entière de la Société de l'Information. Enfin, les aspects opérationnels des engagements d'Accra concernent le développement d'e-stratégies, la définition d'indicateurs pour évaluer le déroulement de la Société de l'Information, la création d'un environnement favorable pour le partenariat, l'adaptation de la gouvernance d'Internet aux besoins de la Société de l'Information, la mobilisation de ressources et la coopération internationale.
Le cadre proposé pour ARAPKE, le Plan d'Action Régional Africain sur l'Economie du Savoir, a été aménagé comme résultat direct de la conférence d'Accra dont il repose sur les « engagements ». ARAPKE est conçu avec deux objectifs majeurs. Il s'agit, d'une part, de définir des positions et une approche africaine dans la perspective du SMSI et, d'autre part, de créer un environnement propice à une coopération nationale, régionale et internationale pendant 10 ans, soit jusqu'en 2015, avec pour but d'améliorer les conditions de vie des populations africaines.
Le 21 septembre 2005, ARAPKE est adapté à l'issue de la réunion ministérielle africaine qui s'est tenue au centre de conférence des Nations unies à Genève.
L'élaboration d'ARAPKE aura en définitive enregistré la participation de la CEA, de l'Union Africaine des Télécommunications, de la Société Civile africaine et de la Diaspora - DAPSI -, du Bureau de Bamako, du Comité Consultatif Technique Africain - ATAC -, de la Commission de l'Union Africaine et des contributeurs en ligne..., bref autant d'acteurs importants qui pourraient lui assurer une parfaite viabilité. Pourtant, sa mise en œuvre n'est toujours pas effective dans le continent.