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Ce site traite de la question des usages des TIC par les collectivités locales, mais aussi par les individus. En Afrique particulièrement, mais également dans le monde.

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Le monde virtuel fait un retour en force dans le monde réel

La deuxième édition du forum Netexplorateur s'ouvre ce jeudi à Paris. Décryptage des tendances...

Pour «20 Minutes», Bernard Cathelat, docteur en psychologie sociale au Centre de communication avancée décrypte les cinq tendances qui animent Internet aujourd'hui et qui seront développées lors du forum Netexplorateur.


· Le Web devient source de création


«C'est la tendance mère qui génère toutes les autres. Dans un premier temps, le Web a servi de monde virtuel idéalisé, de refuge. Du coup, la créativité, l'anticonformisme, l'esprit d'initiative et de solidarité ont déserté la vie réelle pour se réfugier sur Internet. On assiste à un début de renversement de cette stratégie de fuite. De plus en plus d'initiatives nées sur la Toile sont ramenées dans la réalité pour y être appliquées. C'est là qu'on vient chercher des idées, des énergies. Le Web devient une base de ressources pour enrichir la vie réelle.»

· La naissance de l'activisme 2.0

«Dans la vie réelle, le militantisme est en déclin dans tous les pays développés. Internet est une solution pour les activistes qui veulent changer le système de l'intérieur, notamment dans le domaine de l'écologie ou de l'aide au développement. Avec les réseaux sociaux, des gens parviennent à mobiliser des énergies ou à rassembler de l'argent. Par exemple, à San Francisco, les habitants d'un quartier poussent les commerçants à avoir un meilleur comportement écologique en s'engageant à acheter chez celui qui fera le plus d'efforts. Du point de vue local, ce n'est pas grand-chose, mais appliqué à un pays ou à des entreprises multinationales, ça commence à devenir sérieux. Un nouvel acteur social est en train de naître, mais c'est un acteur potentiellement sauvage et clandestin avec lequel les institutions pourraient avoir du mal à discuter.»

· Un savoir partagé et partageable

    «Sur Internet, il est plus facile de constituer des bases de savoir plus riches, plus spontanées, plus naturelles. C'est l'idée d'un savoir universellement partageable et partagé qui s'oppose au monde du savoir marchand et élitiste. Inconvénient: avec 100 copains on peut fausser des données. En matière d'information, cela conduit à une application comme Ushahidi [témoignage enswahili] utilisée durant les émeutes au Kenya, où il n'y avait pas de journalistes: cette plate-forme de géolocalisation a permis de situer les foyers d'émeutes. Mais c'est aussi très facile à manipuler et il n'y a pas de contrôle sur les sources.»


    · Baliser son chemin dans la vie réelle


    «Le monde est devenu trop compliqué. Il y a un énorme besoin d'informations sur ce qui nous entoure. Aujourd'hui, on peut taguer, localiser et tracer n'importe quoi autour de nous pour donner un avis, ou au contraire obtenir des renseignements: savoir si un restaurant est bon ou pas, l'histoire d'un tableau dans un musée... Avec certaines applications, on peut être averti de la présence de quelqu'un de sa communauté près de soi. On peut aussi citer le projet sud-coréen Songdo City, une ville créée de toutes pièces sur Internet, où tout est surveillé, connecté, enregistré, personnalisé et toutes les bases de données partagées par tous. On échange la liberté individuelle contre la sécurité.»

     

    · La gratuité pour modèle


    «Un nouveau modèle économique est-il en train de naître, qui serait l'inverse de celui de la réalité? Dans la vie réelle, on essaie de nous faire payer tout, la moindre relation client, la moindre demande d'info... Sur Internet, il y a une mythologie de la gratuité et toute une génération n'a pas conscience de la propriété. Il y a plein d'exemples de business où la prestation de base est gratuite et où ce que l'on vend, ce sont des valeurs ajoutées secondaires. Certains tentent même de monétiser le piratage des fichiers vidéo ou musicaux qui circulent sur Internet, en plaçant des publicités dessus. On ne peut pas arrêter? Donc on crée un business de la délinquance.»


    Source : 20minutes, le 05 février 2009.




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