Ce site traite de la question des usages des TIC par les collectivités locales, mais aussi par les individus. En Afrique particulièrement, mais également dans le monde.
Depuis 2003, l'école Serigne Amadou Aly Mbaye (SAAMb) est le lieu de l'expérimentation, baptisée Framatice, qui vise principalement l'amélioration des apprentissages en français et en mathématiques. L'équipe de recherche est dirigée conjointement par le professeur Philippe Jonnaert, de l'ORÉ et le professeur Papa Guèye, de l'INÉADE.
L'intégration d'ordinateurs dans l'école et leur connexion à Internet n'est en fait qu'une partie du projet, basé sur une approche pédagogique qui amène les élèves à tirer le maximum de toutes les ressources situées dans leur milieu (approche située).
Pour M. Jonnaert, les jeunes doivent apprendre à aller au-delà des savoirs scolaires pour se tourner vers d'autres outils qui se trouvent à l'école ou en dehors de l'école. Il souhaite inciter les jeunes à développer leurs compétences de plusieurs manières, notamment en utilisant les TIC. Ainsi, les jeunes sont de plus en plus curieux. « On n'apprend pas en étant assis sur un banc en silence », dit-il.
Placide Munger a participé au projet au niveau de l'utilisation didactique des TIC. Il a également produit un documentaire sur l'expérimentation. Celui-ci est maintenant disponible en ligne sur le site de l'Université du Québec à Montréal.
« Les ordinateurs et Internet ont été une ressource pour les élèves et les enseignants qu'il fallait lier de façon très serrée à la vie des élèves dans leur milieu pour que ceux-ci développent des connaissances immédiatement utilisables. Ce n'est donc pas, comme on le voit parfois, une culture TIC au sens propre. C'est une imbrication, selon le terme même du directeur de cette école, de la culture numérique des élèves avec celle de la culture des enseignants et, il faut le souligner, avec celle du Sénégal dans ses efforts pour se doter d'un système scolaire moderne », fait remarquer M. Munger.
Le projet porte ses fruits. Depuis le début, le taux de réussite des élèves est en progression fulgurante. « Les chiffres ne disent pas tout et beaucoup reste à faire pour analyser les causes de ces performances aux examens réguliers. Mais, il demeure un fait, la durée de présence des élèves dans le projet est fortement associée à leurs réussites. » Concrètement, la première et la deuxième année du projet, le taux de réussite était de 27,18%, puis de 33,80%. Les troisième et quatrième années, il a fait un bond à 64,78%, puis à 83,33%.
Justement, il n'y a pas que les pourcentages. Dans le documentaire de M. Munger, une enseignante témoigne du fait que les élèves sont très intéressés par l'utilisation de l'ordinateur, que l'utilisation de cet outil les incite à écrire davantage. « Ils aiment ce qu'ils font. Ils sont pressés de venir en classe ».
Un enseignant soutient qu'il devient plus facile d'enseigner avec l'ordinateur comme outil. Les élèves sont plus autonomes, ils cherchent davantage de sources d'information. « L'élève est devenu l'artisan de son propre savoir », dit-il.
Le projet pilote tire maintenant à sa fin. Les chercheurs ont complété leurs observations et le financement du CRDI arrive à terme. La suite est incertaine, selon M. Munger. Plusieurs ordinateurs auraient besoin de maintenance. Cependant, l'école a changé de directeur depuis la dernière rentrée et le nouveau directeur est beaucoup moins enclin à utiliser les TIC que le précédent.