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Jeudi 12 février 4 12 /02 /Fév 12:12
A la faveur des élections locales, officiellement prévues le 22 mars prochain, les suspicions d'une fraude organisée en amont fusent de partout. Les techniciens du ministère de l'Intérieur s'en défendent. Mais force est de constater qu'on se perd facilement dans la nébuleuse informatique. Beaucoup de sociétés tournent autour du fichier électoral, dont la gestion a nécessité le décaissement d'une vingtaine de milliards de francs Cfa du budget de l'Etat.

La presse a évoqué la présence de la société Delarue, sans parler des autres entreprises bien établies dans la place, souvent filiales de grands groupes étrangers. En plus de Delarue (société anglaise) dont les techniciens occupent le premier niveau de la Direction de l'autonomisation du fichier (Daf), on peut aussi citer Synapsys. Cette société avait établi son état-major au 6ème étage d'un immeuble situé à la rue Amadou Assane Ndoye, en face du Centre Culturel français (Ccf), avant de déménager du côté du Centre commercial de Dakar-Plateau. Synapsys gère la base de données du développement du fichier électoral, alors que la société Quintessence en assure l'administration. Ce n'est pas tout, East Shore, une autre entreprise qui a réussi la prouesse de ne pas se faire de la publicité sur elle, est un maillon pourtant essentiel dans le dispositif du fichier électoral. Niché au deuxième niveau de la Daf, elle gère le fameux système du traitement automatisé des empreintes électorales, dénommé Afis (Automed fingerprint identification system). East Shore est une petite structure de moins de 20 personnes qui fait travailler la société Sigma Technologies devenue SOLANUM, que connaîtrait bien Thierno Ousmane SY, fils de Cheikh Tidiane SY, actuel ministre de l'Intérieur.


Comment peut-on confier à une société créée en 2005, aussi bien la maintenance du fichier, le système AFIS (East-shore) que le système d'impression (Delarue) ? Quelles sont les références d'East Shore ? Quelle est la fiabilité réelle de l'AFIS d'East Shore ? Autant de questions que se posent les spécialistes.


Dans cette « jungle » des sociétés qui s'activent dans la confection et gestion du fichier électoral, figure également Cfao Technologies. Cette société s'est occupée de l'infrastructure technique (rooters, connectivité, etc.). Au total, le système tourne autour de 256 serveurs qui assurent le traitement des informations. Il y a précisément le système de traitement des images (photos), des empreintes digitales et de l'Etat-civil. Tâche confiée à la société East Shore. Le système d'impression est piloté par DeLarue. Sigma Technologies s'assure de la bonne maintenance du système alors que Synapsys gère la fiabilité du système en s'assurant de l'exactitude des données fournies par Afis et les supports provenant des commissariats de police et des préfectures.


« Saucissonnage »


Dans les normes, ce système devait fonctionner comme lettre à la poste. Mais, des techniciens supérieurs de l'Informatique indexent des « failles majeures » liée à l'absence de biométrie. « Il n'y a aucune garantie de biométricité. L'on semble confondre numérisation des données et biométrie », assure, sous le sceau de l'anonymat, une source proche du système. Elle ajoute qu'« il n'y a pas toujours de correspondance entre les données enregistrées et les données réelles ».


Preuve que la biométrie n'est pas prise en compte, nos sources révèlent qu'une seule et même personne peut, avec ce système, se démultiplier par cinq, voire plus. La biométrie ne concerne que les deux doigts enregistrés. Imaginez que le même électeur se rende à un autre point pour s'inscrire une seconde fois. Il peut bien, avec la complicité de l'agent qui l'enregistre, présenter deux autres doigts. Le système ne fait pas de différence entre le pouce, l'index, la majeure, etc. Il enregistre juste les données », explique un informaticien qui connaît bien le système. « Prenez une base de 100 000 personnes dans le vivier électoral, faites leur faire 5 cartes en entrant à chaque fois deux doigts différents. Ce qui vous fait 500 000 électeurs dont 400 000 qui sont virtuels. Avec la complicité et l'élasticité de notre état-civil, vous pouvez facilement arriver à la majorité aux élections, quel que soit le poids de l'opposition ». L'expert en informatique se demander « pourquoi ne pas avoir enrôlé les dix doigts dans le système ? Aujourd'hui, il existe sur le marché des capteurs capables de prendre en charge les dix doigts de la main. Pourquoi n'a-t-on pas fait le choix de carte à puce biométrie ; à ce moment, on aurait mis l'empreinte sur la carte, ce que les experts appellent le « matching on CARD ». Ceci aurait permis de vérifier qu'aucune carte n'a été imprimé hors du système car, avant de voter, l'électeur aurait rentré sa carte dans un lecteur de carte biométrique qui aurait fait la comparaison et valider l'authenticité de la carte ».


Au total, des spécialistes bien au fait de la chose électorale soupçonnent que le « saucissonnage » des opérations obéit à une stratégie de brouillage des pistes. « Personne n'a l'intelligence totale du processus. Chaque boîte a une parcelle d'information », concluent nos sources.

Source : L’observateur, le 12 février 2009.


Par Ibrahima - Publié dans : Politiques publiques
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